27 Fév 2008

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15 Fév 2018

A toutes et tous,

J’ai consacré une partie importante de ma vie, depuis 1988, au Cambodge.

Je ne peux me taire quand je lis ce qui se publie dans la presse en Europe et aux Etats-Unis. Le Cambodge est un pays que nous avons très mal traité, nous les Occidentaux. Un pays certes imparfait. Mais lequel peut prétendre être parfait ?  Sauf dans les délires d’un Trump, terriblement typique de la plupart des Américains, n’en déplaise à ceux qui se démarquent de lui.

Sauf aussi, dans les autosatisfactions béates et arrogantes de la plupart des gouvernements européens complices de s’être tus quand les Polpotistes massacraient leur peuple et d’avoir infligé, pendant douze ans, le plus terrible des embargos pour punir le peuple cambodgien d’avoir été libéré d’un régime génocidaire par les « méchants » vietnamiens.

Voici un document auquel j’ai contribué, qui constitue une réponse, sans doute incomplète et imparfaite, aux critiques violentes adressées au Gouvernement du Cambodge par un certain nombre de gouvernements occidentaux, d’organismes de l’ONU et d’ONG.

On peut, depuis Bruxelles, Paris, Genève, Londres, New York et Washington, formuler des critiques et des  exigences quant aux imperfections de la démocratie cambodgienne. D’un point de vue théorique, je suis même prêt à les partager. Mais le fait est que nous ne sommes pas dans la théorie et que les chevaliers blancs des droits de l’Homme seraient bien avisés de s’en rendre compte, eux qui furent totalement muets quand les hommes de Pol Pot – considérés alors comme des « progressistes  » – massacraient plus de deux millions de Cambodgiens.

Merci de prendre le temps de lire ce long texte. Vous y découvrirez tout autre chose que ce que vous pouvez lire dans Le Monde, dans Libération ou dans l’Express ou de ce que vous pouvez entendre sur  France Inter, Radio France International ou TV5 Monde.

rmj

Royaume du Cambodge

Ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale

CAMBODGE

Stabilité et développement d’abord !

Février 2018

 

Des membres du Congrès des Etats-Unis et du Parlement européen, certains gouvernements occidentaux, certaines institutions des Nations Unies et certaines ONG de défense des droits de l’Homme ont exprimé récemment de très vives critiques à l’égard du Gouvernement cambodgien. Ils seraient bien avisés d’étudier davantage l’Histoire contemporaine de notre pays.

Ils apprendraient ainsi qu’une des pires tragédies du vingtième siècle infligée à notre pays au cours des décennies écoulées fut le résultat d’ingérences étrangères. On pourrait ironiser sur le gouvernement qui a inspiré le coup d’Etat de 1970 quand on se souvient qu’il prétendait imposer une démocratie libérale et le respect des droits de l’Homme pour prévenir la propagation du communisme. Ce gouvernement a provoqué le remplacement d’un dirigeant légitime par un groupe de personnes dont il pouvait s’assurer le contrôle, ce qui a conduit à la guerre et, pire, à un régime génocidaire. Le coup d’Etat de 1970 fut à l’origine des souffrances extrêmes du peuple cambodgien.

C’est la dure leçon que les autorités cambodgiennes retiennent aujourd’hui de ces évènements : le devoir prioritaire du Gouvernement royal est de protéger à tout prix sa population contre les ingérences de certains gouvernements occidentaux dans les affaires intérieures du pays. De par le monde, certains pays occidentaux ont très souvent invoqué le modèle occidental de démocratie et des droits de l’Homme comme prétexte pour renverser des dirigeants dont les orientations nationales n’étaient pas favorables à leurs intérêts.

Les Accords de Paris de 1991, qui n’ont pas apporté la paix au Cambodge du fait de leur volonté d’inclure les hommes de Pol Pot dans la solution, prétendaient imposer d’un seul coup un modèle parfait de démocratie libérale dans un pays qui n’a jamais connu ce système politique. Les auteurs occidentaux de ces Accords ont délibérément ignoré les conséquences sur une société brisée et profondément traumatisée et sur une génération qui a perdu l’immense majorité de ses ressources humaines. Ils ont totalement négligé l’impact de l’embargo impitoyable qu’ils ont imposé aux survivants en les empêchant pendant douze ans de se reconstituer en tant que nation et de reconstruire leur pays. C’est aux autorités cambodgiennes qu’il a incombé, en dépit de ces obstacles, de réaliser la pacification du pays et d’introduire les fondements d’une démocratie libérale dans un pays qui était loin d’être préparé pour un tel système.

Depuis 1991, certains gouvernements occidentaux ont tenté d’imposer leurs protégés à la direction du pays. Pendant les élections organisées par l’ONU en 1993, un haut fonctionnaire de l’ONU, de nationalité américaine, ne cachait pas que l’objectif était de chasser le PPC du pouvoir. En 1997, les mêmes gouvernements ont condamné le PPC parce qu’il avait anticipé un coup d’Etat qui aurait eu pour effet de ramener les Khmers rouges au pouvoir. Et depuis lors, l’opposition n’a pas cessé de bénéficier de l’appui financier et politique des mêmes gouvernements occidentaux. Tout au long des années écoulées, en exprimant sa gratitude pour l’aide occidentale, le Gouvernement royal devait consolider sa démocratie et reconstruire un pays.

L’Histoire a prouvé qu’un programme imposé par l’étranger n’a jamais été bénéfique pour le Cambodge et qu’au contraire il a conduit au bain de sang et à d’abominables destructions. Néanmoins, ignorant cette cruelle réalité, certains de ces pays veulent à tout prix répéter leurs fautes passées en tentant de provoquer un changement de régime, même si cela prend des formes plus sophistiquées et secrètes.

Ce document s’efforce de remettre en perspective les grandes difficultés auxquelles le Cambodge fait face pour maintenir la paix et promouvoir son développement alors qu’il est en butte aux ingérences étrangères permanentes qui ne cessent d’exiger des changements vers une « démocratie pure et parfaite » qui n’existe qu’en théorie. Il a pour objectif de présenter la vérité des faits sur les récents développements politiques du pays en démentant les accusations sans fondements et les insinuations d’institutions et de personnalités étrangères qui se moquent des conséquences de leurs actions. Lire la suite »

09 Fév 2018

Ce monogramme utilisé par les empereurs de la branche autrichienne des Habsbourg résume la formule latine Austria Est Imperare Orbi Universo, il est de la mission de l’Autriche de dominer le monde. Il suffit de remplacer Austria par America et on trouvera la synthèse d’un document que vient de signer Donald Trump et qui s’intitule National Security Strategy of the United States of America – December 2017.

En 55 pages, les plus hautes autorités américaines confirment avec force leur volonté d’imposer à la planète entière leur leadership et par là même leur refus de s’inscrire dans un monde multipolaire qui réduit de fait leur sphère d’influence aux pays qui entendent demeurer leurs vassaux.

La vision messianique du rôle prépondérant des Etats-Unis d’Amérique dans le monde demeure plus que jamais le credo de la politique étrangère américaine : « America will lead abroad » affirme le document. Puisque « American principles are a lasting force for good in the world » On ne pourrait pas mieux répéter, une nouvelle fois, que ce qui est bon pour l’Amérique est bon pour le monde.

L’émergence d’autres puissances est perçue comme un défi, une menace pour les Etats-Unis, leurs alliés et leurs partenaires. Il ne peut y avoir sur la planète qu’une seule influence dominante, celle des USA. Le légitime développement d’autres pays qui les conduit à exercer un rôle déterminant dans les relations internationales est interprété dans ce document comme une menace pour la puissance, l’influence, les intérêts et donc la sécurité et la prospérité des USA. La Chine et la Russie sont désignés comme les plus grandes menaces auxquelles sont associés la Corée du Nord et l’Iran.

Pour restaurer la suprématie US – America first ne signifie pas seulement d’abord l’Amérique, mais aussi l’Amérique über alles – le document établit la politique US sur quatre piliers : sécurité, domination économique et énergétique, augmentation de la force militaire, exaltation des valeurs américaines. Lire la suite »

17 Jan 2018

Alors que des femmes se battent en Algérie, en Arabie Saoudite, en Iran, en Indonésie, partout dans le monde musulman, pour le droit à la libre disposition de leur corps dans tous les moments de la vie, nous défendons chez nous le droit à la différence qui conduit au communautarisme et à la différence des droits.

Alors que nous nous sommes battus, pendant des siècles, contre l’absolutisme meurtrier de l’Eglise catholique, qui a inventé sa propre technique de torture (la Question), qui a terrorisé des populations entières avec sa propre Gestapo (l’Inquisition), qui a exterminé des peuples entiers au nom de l’évangélisation, qui a exercé une véritable dictature morale jusqu’au milieu du XXe siècle, qui encore aujourd’hui s’oppose à de nouveaux droits qui ne s’imposent à personne, nous invoquons le danger de stigmatiser une communauté religieuse pour tolérer ce que nous avons combattu ici et ce que combattent là-bas ces femmes qui se battent pour leur liberté. Au prix de leur vie.

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21 Déc 2017

 

https://thmeythmey.com/?page=detail&id=59907

(voir aussi sur ma page facebook)

Je viens de donner une interview à un media cambodgien. J’aurai sous peu l’occasion de livrer mon analyse de ce qui se passe dans ce pays et qui s’écarte assez largement de ce que racontent les médias occidentaux (mais nous savons depuis longtemps que leur plume ou leur langue sont serves dès qu’il s’agit de gouvernements qui ne plaisent pas).

Dans cet entretien,  je rappelle la responsabilité des Européens dans leur soutien à la guerre infligée aux Cambodgiens par les USA entre 1970 et 1975, dans leur silence pendant le régime génocidaire de Pol Pot (1975-1979) et leur soutien à l’embargo voulu par les USA pour punir les Cambodgiens d’avoir été libérés des Khmers rouges par les Vietnamiens et avoir ainsi privé les survivants d’une des plus grandes tragédies du XXe siècle de toute aide pendant 12 ans (1979-1991).

Et aujourd’hui, ils veulent infliger des sanctions à un pays qui n’est pas encore en état d’appliquer la démocratie parfaite que les Occidentaux ont voulu implanter dans un pays qui n’avait jamais connu ce modèle de démocratie qui n’existe nulle part ailleurs sur le continent asiatique.

Mais quand on sait que Mme Rona Smith, Représentante spéciale de l’ONU pour les droits de l’Homme au Cambodge, qualifie de simples « troubles du siècle passé » le fait que le Cambodge ait été, du fait des USA, le pays le plus bombardé de toute l’histoire de l’humanité (2. 756.941 tonnes de bombes – plus que sur l’Allemagne et le Japon réunis, les deux bombes A comprises) et qu’il a subi par la même aviation, la plus longue guerre chimique connue jusqu’ici, que son peuple a souffert sous un régime génocidaire qui a rayé des vivants 2.200.00 êtres humains (sur environ 7.200.000) et qu’il a subi pendant douze ans l’interdiction de toute aide au développement, on a compris ce que signifie « la morale internationale ».

Meilleurs voeux aux survivants de toutes les lâchetés et de toutes les viles complicités de ceux qui nous gouvernent.

rmj

21.12.2017

 

23 Oct 2017

Quand les compromis diplomatiques ignorent les réalités du terrain

 Les Accords de Paris furent, à de rares exceptions près, très positivement accueillis par la plupart des observateurs et leur mise en œuvre par l’APRONUC (Autorité Provisoire des Nations Unies au Cambodge) eut droit le plus souvent à des évaluations très positives. Aujourd’hui, des analyses plus nuancées ont été publiées en particulier dans le cadre de travaux comparant plusieurs opérations de maintien de la paix des Nations Unies.

Pour ma part, ce n’est pas comme politologue ou comme intellectuel, au sens que Malraux donnait à ce mot, mais c’est tout simplement comme être humain, que je ne peux partager ce degré de satisfaction que j’ai pu entendre.

Mon niveau, celui où je me suis tenu et où je me tiens encore, c’est celui que j’ai perçu comme étant le niveau des survivants de l’holocauste cambodgien. C’est aussi celui d’un Européen honteux d’avoir vu des pays qui me sont particulièrement chers, la Belgique et la France, punir avec d’autres les Cambodgiens d’avoir été libérés par les Vietnamiens en adoptant à l’ONU les positions que l’on sait. Si depuis 28 ans, j’entretiens avec ma troisième patrie – au sens où Cicéron entendait ce mot : l’endroit où on se sent bien – un lien si intense, c’est comme une manière de demander pardon pour le mal que nous avons fait, pardon pour l’injustice que nous avons commise depuis le confort des chancelleries où on joue le sort des peuples comme des pions sur un jeu d’échec. Jamais, jamais, je ne pourrai m’accommoder du cynisme d’un Henry Kissinger soutenant le coup d’Etat de 1970 ou d’un Zbigniew Brzezinski, conseiller à la sécurité nationale de Jimmy Carter organisant au Cambodge une guerre par procuration.

Les ombres des disparus hantent les rizières devenues des charniers et les murs des pagodes et des écoles transformées en centres de torture. Elles nous interrogent, nous Occidentaux : « pourquoi avez-vous traité ainsi ceux que nous avons laissés derrière nous ? »

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09 Août 2017

Je viens de rentrer en France par la voie des mers. Sur le conseil d’un ami aujourd’hui disparu, le grand journaliste italien Tiziano Terzani, j’ai effectué le retour en douceur de l’Orient extrême vers l’Europe. J’ai loué une cabine sur un cargo, en l’occurence un porte-conteneurs. C’est une expérience que je recommande vivement quand on veut rompre avec le rythme qu’impose aujourd’hui un certain modèle de société.

Les Chinois ont un proverbe pour chaque situation. « Un voyage de dix mille lieues commence aussi par un premier pas » disent-ils. Mon voyage de 8050 milles (en mer on compte en milles, soit 15.000 km) avait commencé par la route de Phnom Penh à Vung Tau, au Vietnam. Dix heures en minibus. Avec passage par Neak Loeung. Jusqu’il y a peu, c’est là qu’on franchissait en ferry le Mékong, large à cet endroit d’au moins deux kilomètres. Avec l’aide des Japonais, les autorités cambodgiennes ont construit un superbe pont qui rappelle celui qui passe au dessus de la Seine au Havre. Puis vient la frontière vietnamienne. On change de véhicule après avoir franchi les services de l’immigration à une vitesse proportionnelle au nombre de dollars glissés à un des agents qui proposent leur aide. Le 14 juillet, en fin de matinée, à Vung Tau, c’est l’embarquement sur le CC Lapérouse.

Pendant 23 jours, j’ai goûté d’un bonheur rare, d’un vrai luxe aujourd’hui : être coupé du monde. Vingt-trois jours d’un total isolement. Pas de courriers sur mes messageries, inaccessibles. Pas d’infos, ni de commentaires sur mes blogs ou sur Facebook, inaccessibles eux-aussi. Pas de télé. Pas de radio. Aucun motif de préoccupations. Aucune agression des réseaux sociaux. Aucune nouvelle des turpitudes humaines.  Lavé, par l’océan, des miasmes de la politique politicienne à la française. Une véritable cure de désintoxication.

Pendant 23 jours, autre bienfait, pas de contrainte horaire, à l’exception des repas de midi et du soir qui ont rythmé les journées. Pas d’obligation de me lever à une heure dite, d’être ici ou là à tel moment, d’avoir à faire ceci ou cela pour telle heure ou tel jour. Il s’est trouvé un moment où, désireux de quitter la passerelle, je me suis rendu compte que je n’étais tenu à rien, que je n’avais aucune obligation à satisfaire. Ce fut comme si je redécouvrais la liberté. Un instant rare de pur bonheur. La seule contrainte que je me sois infligée, c’est celle d’écrire. Mais écrire n’est en rien une contrainte, c’est un plaisir. Presqu’un besoin. Je reviens avec un carnet de notes d’une centaine de pages d’une écriture bien serrée. Du coup, entre les longues heures de méditation face aux étendues marines, l’écriture et les contacts avec l’équipage, je n’ai pas vu le temps passer.

Pendant 23 jours, j’ai vécu à côté de marins. Une communauté humaine qui m’était totalement inconnue. Et je me garderai bien d’écrire que je la connais désormais, tant il doit y avoir des vies de marin très différentes et tant chaque vie à bord est liée à une activité spécifique. Mais je retiens que pas un seul n’a refusé de me sourire, de me parler, de m’informer. Avec les Indiens et les Philippins, seul l’anglais permettait les échanges. Ils furent nombreux et plus que cordiaux, notamment avec les timoniers philippins sur la passerelle. Avec les officiers français dont je partageais l’apéro au carré des officiers et la table ensuite à la salle à manger, les rapports furent toujours très chaleureux. J’ai eu beaucoup de chance d’être le seul passager, car on m’a permis ce qu’on n’autorise sans doute  pas à tout un groupe (ce navire là dispose de six cabines pour passagers).

Pendant 23 jours, je me suis regardé dans le miroir des immensités marines. Moins pour faire un bilan que pour penser l’avenir. Un avenir très différent de ce qui m’a occupé en France depuis dix ans (voir mon billet précédent).

Tiziano avait raison : c’est une expérience exceptionnelle.

Raoul

 

04 Juil 2017

A partir de 1999, je me suis adressé aux Françaises et aux Français à travers des articles, des livres et des conférences. Je l’ai fait d’abord pour alerter sur l’Organisation Mondiale du Commerce et les accords qu’elle gère, instruments de la mondialisation néo-libérale voulus, négociés et adoptés par nos gouvernements et ratifiés par nos parlements. Je me suis surtout concentré sur l’Accord général sur le commerce des services (AGCS) dont la mise en oeuvre progressive conduit au démantèlement par étapes de tous les services publics et à l’ubérisation de nos sociétés et aussi sur les droits de propriété intellectuelle qui réduisent l’accès aux médicaments essentiels, favorisent les manipulations génétiques sur le vivant végétal, animal et humain et portent gravement atteinte à la biodiversité en légalisant la bio-piraterie. Ce qui m’a amené à mettre en lumière le rôle néfaste de l’Union européenne dans ces domaines, notamment par un livre à l’origine d’une évolution de mon engagement dans la sphère politique : « Europe, la trahison des élites ».

Ce livre, dont un chapitre analysait le projet de traité constitutionnel européen, m’a conduit, en 2004, à être, avec Yves Salesse, le co-auteur de l’appel des 200 pour un « non » de gauche au TCE et à devenir un des animateurs de la campagne pour ce « non ». Ce rejet du TCE se fondait sur l’espoir d’une possibilité de réformer l’UE. C’était un « non » pour un « oui » à une autre Europe, plus démocratique, plus sociale, plus écologique. J’ai animé 132 réunions publiques en 2004-2005. Notre victoire m’a conduit à participer, avec des centaines d’autres, à une tentative de transformer l’essai à l’occasion de l’élection présidentielle de 2007 en élaborant un projet politique qui serait porté par une candidature commune. Nous avons passé toute l’année 2006 à travailler sur 125 propositions émergeant de dizaines de comité unitaires antilibéraux, les fameux CUAL. Mais nous nous sommes fracassés sur le choix de cette candidature, le PCF entendant imposer à tout prix sa candidate. Un authentique rassemblement alternatif se brisait sur la volonté d’un appareil politique partisan. Première immense déception.

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