27 Fév 2008

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09 Jan 2019

Le gouvernement vient de donner la liste des réformes qui auront sa priorité dans les douze mois à venir. Parmi les cinq premières figure une révision de la loi du 9 décembre 1905 « concernant la séparation des Églises et de l’État ».

Pourquoi modifier une loi qui constitue un des fondements du principe républicain d’ailleurs consacré par le premier article de la Constitution des IV et Ve Républiques ? Et pourquoi une telle hâte ?

Comme le soulignait Jaurès, un des principaux acteurs, avec Aristide Briand, du débat qui a conduit à cette loi, « la démocratie ne peut assurer son office qui est d’assurer l’égalité des droits que dans la laïcité ». Pour lui, démocratie et laïcité sont « indivisibles » puisque la mission de la démocratie est de réaliser l’égalité dans la liberté. Jaurès, comme tous ceux qui n’oublient rien de notre histoire commune, garde à l’esprit les conflits extrêmement sanglants qui ont opposé catholiques et protestants pendant des siècles ; il vient de vivre les déchirements de l’affaire Dreyfus où s’est répandu le poison de l’antisémitisme.

Jaurès est aussi particulièrement conscient du rôle des institutions religieuses. Le monothéisme pousse à l’absolutisme. Les Églises sont des instruments de pouvoir sur la société. A défaut de s’emparer de l’État comme elles l’ont fait pendant des siècles – et comme c’est encore le cas dans certains pays -, elles interviennent dans le débat public et s’emploient à infléchir la décision politique dans un sens conforme aux dogmes qu’elles tentent d’imposer.

Il faut donc, par une loi, tout à la fois immuniser l’État contre les Églises et garantir, dans la liberté de chacun, l’égalité de tous les citoyens qu’ils soient croyants ou pas et qu’elles que soient leurs convictions philosophiques ou religieuses. Tel est le fondement de la loi de 1905.

Il s’exprime dans l’article 1er de la loi : « La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l’intérêt de l’ordre public. » ainsi que dans l’article 2 : « La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte (…). » Avec la loi de 1905, c’est la formule de Victor Hugo qui devient réalité : « L’Etat chez lui, l’Église chez elle ».

Qui demande de la remettre en cause ? Lire la suite »

06 Jan 2019

NOUS NOUS OPPOSONS AUX MODIFICATIONS DE LA LOI DE SÉPARATION DES ÉGLISES ET DE L’ÉTAT DU 9 DÉCEMBRE 1905

Depuis 113 ans, la Loi de séparation des Églises et de l’État est un texte fondateur de notre République. Cette loi et nulle autre, assure la liberté de conscience et affirme sans ambigüité ni faux-semblants que la République ne reconnaît, ne salarie, ne subventionne aucun culte. Elle garantit le libre exercice des cultes assuré par des associations dont l’objet et le patrimoine doivent être strictement cultuels.

Par l’esprit et la lettre, elle œuvre au rassemblement des êtres humains par-delà leurs différences. Avec la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789, elle est au cœur du fonctionnement de notre vie collective, elle est le moteur du développement de nos libertés, elle contribue de manière décisive à l’égalité entre tous les citoyens quelles que soient leurs convictions.

La Loi de 1905 est la clé de voûte de l’édifice démocratique et républicain qui nous abrite et l’expression de l’idéal de justice et de fraternité universelle qui nous anime. Le principe de laïcité qui en découle est si fondamental qu’il a été inscrit à l’article 1er de notre Constitution.

Par l’universalité des principes qu’elle affirme et des dispositions qu’elle édicte, la Loi de séparation s’applique à tous les cultes et pose le principe de leur adaptation à la société républicaine. Non l’inverse.
Les signataires de l’appel sont conscients des inquiétudes soulevées par les menées communautaristes et par les dérives intégristes de l’islamisme politique, qui affaiblissent la société française. L’organisation du culte musulman, la transparence de ses financements et le contrôle du respect de l’ordre public par les organes cultuels sont les trois préoccupations que met en avant le gouvernement pour envisager la révision de la Loi de séparation.
En aucun cas la modification de cette Loi ne saurait être l’un des moyens de droit permettant de résoudre ces graves problèmes. L’organisation d’un culte et a fortiori ses principes théologiques ne regardent pas l’État mais les croyants et les pratiquants. La transparence du financement privé des cultes peut être assurée par des mesures de police fiscale et par des contrôles étroits autorisés par les lois françaises. La police des cultes est déjà entièrement contenue dans la Loi de 1905. Quant à la lutte contre les menées subversives et terroristes, elle ne relève pas de cette loi.
Au moment où l’unité citoyenne et la paix sociale sont mises en péril, il ne peut être question d’affaiblir leurs fondations en ouvrant la voie aux exigences de tous les groupes de pression et en relativisant le caractère inviolable de leurs principes.
C’est pourquoi les signataires demandent à tous les citoyens et toutes les citoyennes, toutes les associations, tous les syndicats, tous les partis politiques républicains de se rassembler autour de cet appel pour en faire une très large pétition nationale exigeant le respect de la Loi de Séparation des Églises et de l’État du 9 décembre 1905. Lire la suite »

02 Jan 2019

L’imprudente référence de François Ruffin à Etienne Chouard a remis en lumière ce personnage ambigu.

Chouard n’est pas un fasciste. C’est un naïf devenu un agitateur d’idées connu suite à son implication dans la campagne contre le TCE et les conférences qu’il donne depuis. C’est l’exemple parfait de ces individus sans véritable culture politique qui participent, dans cette période de crise comme dans les années Trente, à une effrayante confusion des idées. Mais un naïf, en politique, peut être dangereux.

Deux raisons de se méfier de lui.

a). Dans l’argumentaire qu’il déploie pour dénoncer l’état de notre système politique et faire valoir certaines de ses propositions, il n’hésite pas à reprendre à son compte les slogans des ligues fascistes des années Trente. Son « tous pourris » vise sans nuances tout le spectre politique. Et sa violente attaque contre le suffrage universel est digne des conservateurs les plus radicaux lorsqu’ils combattaient ce progrès. Il développe tout l’argumentaire des adversaires de la démocratie parlementaire. Il rejette toutes les propositions de réformes du mandat au motif qu’elles ne sortent pas du principe de la démocratie représentative dont il affirme que ce n’est pas la démocratie : ni la représentation proportionnelle, ni le suffrage universel obtenu après tant de combats douloureux, ni une conception du mandat interdisant tout cumul, limitant l’exercice d’un même mandat à deux ou trois mandatures, ni le référendum révocatoire ne trouvent grâce à ses yeux. Avec des arguments poujadistes et des références historiques tout à fait contestables, il défend une conception mythique et impraticable de la démocratie et s’en prend aux idéaux pour lesquels nos aînés se sont tant battus afin d’assurer la présence du peuple dans la représentation nationale. Lire la suite »

18 Déc 2018

Je m’interroge. Quand j’observe que, sur la base de critères identiques, le taux de pauvreté en France est plus élevé qu’au Cambodge. Quand j’entends les témoignages des « sans dents », des « riens », de toutes ces femmes et ces hommes, dans la force de l’âge, et de tous ces retraités. Quand je constate que la prétendue « mondialisation heureuse » a accru les inégalités dans des proportions dignes de la Chine. Quand j’observe ce basculement entre les générations qui espéraient plus pour leur descendance et celles qui redoutent l’avenir pour leurs enfants et petits enfants. La France retourne-t-elle à ce qu’elle fut avant 1936 ?

Chacun peut apporter son témoignage de ce qu’il subit du fait d’un pays mal gouverné par des élites arrogantes, méprisantes et, si on pense au changement climatique et à la destruction de la biodiversité, totalement irresponsables.

Nous subissons incontestablement ce que Serge Halimi appelait déjà « Le grand bond en arrière » (Fayard, 2004). Lire la suite »

17 Nov 2018

16 novembre 2018. Cette date entre dans l’Histoire. Celle du Cambodge, mais aussi celle de l’humanité, de cette humanité qui réclame que tous les crimes de masse, quels que soient leurs auteurs, soient punis. Un petit pas vient d’être franchi à Phnom Penh dans cette longue marche vers une justice pénale internationale applicable à tous. Khieu Samphan, ancien Chef de l’Etat du régime de Pol Pot et Nuon Chea, numéro 2 de ce régime viennent d’être condamnés à la réclusion criminelle à perpétuité pour crimes contre l’humanité, violations graves des Conventions de Genève et génocide.

Non seulement les deux plus hauts dirigeants encore en vie de ce régime barbare sont jugés et justice est rendue, mais le jugement considère qu’il s’est agi, au sens juridique de l’expression, d’une « entreprise criminelle commune » impliquant directement les hauts dirigeants nommément cités comme auteurs des crimes commis : Pol Pot, Nuon Chea, Khieu Samphan, Ieng Sary, Ieng Thirith, Son Sen, Vorn Vet, Ta Mok, Ke Pauk, Koy Thuon, Chou Chet, Ruos Nhim et Sao Phim. Le tribunal a donc procédé en quelque sorte à une condamnation posthume des dirigeants ayant échappé à sa juridiction du fait de leur décès avant ou pendant la procédure entamée en 2007.

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01 Nov 2018

 

On sait la passion qui m’anime pour l’œuvre et la vie d’André Malraux.  Je ressens avec une très grande tristesse le décès de sa fille Florence.

Nombreux sont ceux qui ont bien davantage de titres à faire valoir pour parler de Florence Malraux. Je suis un des derniers arrivés dans le cercle très large de ses relations. Mais quand j’ai frappé à sa porte, elle m’a immédiatement accueilli.

C’était en 2014. J’avais entamé des recherches sur l’aventure indochinoise de Malraux. Je voulais actualiser cette œuvre pionnière que fut l’ouvrage de Walter Langlois paru en 1967, c’est-à-dire avant la publication des mémoires de Clara. L’ambition de mon livre, c’était de montrer qu’au-delà de l’épisode du vol d’éléments archéologiques dans les ruines non classées du temple de Banteay Srei, la séquence 1923-1925 était décisive parce que ces 26 mois ont fait du Malraux indifférent à la condition humaine un homme engagé au service de la dignité qui est en chacun. Je voulais aussi rendre à Clara la place qui revenait à cette femme remarquable.

Certes, je n’étais pas tout à fait un inconnu pour sa fille. Fin août 1989, lors du festival « Un livre à la mer, à Collioure, aux côtés de Jorge Semprun qui évoquait « Malraux et l’Espagne », j’avais traité de « Malraux et l’Asie ». Elle avait apprécié, m’a-t-on dit.

Comment dire l’émotion qui étreint un passionné de la vie et de l’œuvre d’André Malraux lorsque, à l’étage du 193 rue de l’Université, s’ouvre la porte et qu’il découvre Florence ? Car très vite, comme pour beaucoup, elle est devenue tout simplement Florence. Peut-être aussi parce que je ne lui avais pas caché mon émotion. Lors de cette première rencontre, nous avons parlé autant de Clara et de Semprun que de Malraux.

Nous nous sommes revus quelques fois. Elle s’est proposée de soutenir chez Gallimard mon livre dont elle appréciait les passages que je lui présentais. Mais j’avais un engagement moral à l’égard d’un éditeur de Perpignan. Elle m’avait confié son plaisir à la lecture des extraits où je parle de sa mère. Si elle trouvait impossible d’interpréter La Condition humaine au cinéma, elle souhaitait par contre voir La Voie Royale adaptée pour le grand écran. Elle espérait que mon ami le réalisateur cambodgien Rithy Panh puisse relever ce défi.

Quand le livre est sorti, Florence lui a apporté son soutien par sa présence lors de la présentation que j’en ai faite à la librairie parisienne Le Phénix, le 17 juin 2015. Elle avait aussi apprécié le facsimile de L’Indochine que j’avais fait réaliser pour cette présentation qui s’est tenue, jour pour jour, 90 ans après la sortie du premier numéro de ce journal au service des colonisés.

Reparti au Cambodge, j’espérais lui rendre visite lors de mes retours qui me faisaient passer par Paris. Mais la maladie avait commencé ses ravages. Je ne l’ai plus revue. Simplicité, générosité, vivacité d’esprit sont les termes qui me viennent spontanément à l’esprit pour évoquer cette très grande dame.

Raoul Marc JENNAR

28 Oct 2018

Il devient de plus en plus manifeste que les prochaines élections européennes, en mai 2019, vont revêtir une importance exceptionnelle par rapport à ce qu’a représenté, jusqu’ici, ce scrutin.

En France, le retour à une liste nationale unique va renforcer l’enjeu national d’une élection qui va donner au peuple la première occasion de s’exprimer sur une présidence dont la politique conduit à imposer un modèle de société qui est en rupture totale avec ce qu’est la France, par une aggravation brutale des politiques néolibérales amorcées à partir de 1983.

En Europe, pour la première fois, le débat va porter sur le modèle d’union des peuples d’Europe tel qu’il s’est progressivement imposé depuis le grand tournant de l’Acte unique européen de Jacques Delors (1986) et l’adhésion totale du supranationalisme européen à un néolibéralisme qui porte en lui les germes de la destruction même de cette union.

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