27 Fév 2008

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Comment_Malraux-est_devenu_Malraux_thumb couverture _GMT_thumb Khieu Samphan et les Khmers rouges 30 ans depuis Pol Pot
AGCS_thumb Europe : La trahison des élites Menaces sur la civilisation du vin Quelle Europe après le NON ?

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17 Nov 2018

16 novembre 2018. Cette date entre dans l’Histoire. Celle du Cambodge, mais aussi celle de l’humanité, de cette humanité qui réclame que tous les crimes de masse, quels que soient leurs auteurs, soient punis. Un petit pas vient d’être franchi à Phnom Penh dans cette longue marche vers une justice pénale internationale applicable à tous. Khieu Samphan, ancien Chef de l’Etat du régime de Pol Pot et Nuon Chea, numéro 2 de ce régime viennent d’être condamnés à la réclusion criminelle à perpétuité pour crimes contre l’humanité, violations graves des Conventions de Genève et génocide.

Non seulement les deux plus hauts dirigeants encore en vie de ce régime barbare sont jugés et justice est rendue, mais le jugement considère qu’il s’est agi, au sens juridique de l’expression, d’une « entreprise criminelle commune » impliquant directement les hauts dirigeants nommément cités comme auteurs des crimes commis : Pol Pot, Nuon Chea, Khieu Samphan, Ieng Sary, Ieng Thirith, Son Sen, Vorn Vet, Ta Mok, Ke Pauk, Koy Thuon, Chou Chet, Ruos Nhim et Sao Phim. Le tribunal a donc procédé en quelque sorte à une condamnation posthume des dirigeants ayant échappé à sa juridiction du fait de leur décès avant ou pendant la procédure entamée en 2007.

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01 Nov 2018

 

On sait la passion qui m’anime pour l’œuvre et la vie d’André Malraux.  Je ressens avec une très grande tristesse le décès de sa fille Florence.

Nombreux sont ceux qui ont bien davantage de titres à faire valoir pour parler de Florence Malraux. Je suis un des derniers arrivés dans le cercle très large de ses relations. Mais quand j’ai frappé à sa porte, elle m’a immédiatement accueilli.

C’était en 2014. J’avais entamé des recherches sur l’aventure indochinoise de Malraux. Je voulais actualiser cette œuvre pionnière que fut l’ouvrage de Walter Langlois paru en 1967, c’est-à-dire avant la publication des mémoires de Clara. L’ambition de mon livre, c’était de montrer qu’au-delà de l’épisode du vol d’éléments archéologiques dans les ruines non classées du temple de Banteay Srei, la séquence 1923-1925 était décisive parce que ces 26 mois ont fait du Malraux indifférent à la condition humaine un homme engagé au service de la dignité qui est en chacun. Je voulais aussi rendre à Clara la place qui revenait à cette femme remarquable.

Certes, je n’étais pas tout à fait un inconnu pour sa fille. Fin août 1989, lors du festival « Un livre à la mer, à Collioure, aux côtés de Jorge Semprun qui évoquait « Malraux et l’Espagne », j’avais traité de « Malraux et l’Asie ». Elle avait apprécié, m’a-t-on dit.

Comment dire l’émotion qui étreint un passionné de la vie et de l’œuvre d’André Malraux lorsque, à l’étage du 193 rue de l’Université, s’ouvre la porte et qu’il découvre Florence ? Car très vite, comme pour beaucoup, elle est devenue tout simplement Florence. Peut-être aussi parce que je ne lui avais pas caché mon émotion. Lors de cette première rencontre, nous avons parlé autant de Clara et de Semprun que de Malraux.

Nous nous sommes revus quelques fois. Elle s’est proposée de soutenir chez Gallimard mon livre dont elle appréciait les passages que je lui présentais. Mais j’avais un engagement moral à l’égard d’un éditeur de Perpignan. Elle m’avait confié son plaisir à la lecture des extraits où je parle de sa mère. Si elle trouvait impossible d’interpréter La Condition humaine au cinéma, elle souhaitait par contre voir La Voie Royale adaptée pour le grand écran. Elle espérait que mon ami le réalisateur cambodgien Rithy Panh puisse relever ce défi.

Quand le livre est sorti, Florence lui a apporté son soutien par sa présence lors de la présentation que j’en ai faite à la librairie parisienne Le Phénix, le 17 juin 2015. Elle avait aussi apprécié le facsimile de L’Indochine que j’avais fait réaliser pour cette présentation qui s’est tenue, jour pour jour, 90 ans après la sortie du premier numéro de ce journal au service des colonisés.

Reparti au Cambodge, j’espérais lui rendre visite lors de mes retours qui me faisaient passer par Paris. Mais la maladie avait commencé ses ravages. Je ne l’ai plus revue. Simplicité, générosité, vivacité d’esprit sont les termes qui me viennent spontanément à l’esprit pour évoquer cette très grande dame.

Raoul Marc JENNAR

28 Oct 2018

Il devient de plus en plus manifeste que les prochaines élections européennes, en mai 2019, vont revêtir une importance exceptionnelle par rapport à ce qu’a représenté, jusqu’ici, ce scrutin.

En France, le retour à une liste nationale unique va renforcer l’enjeu national d’une élection qui va donner au peuple la première occasion de s’exprimer sur une présidence dont la politique conduit à imposer un modèle de société qui est en rupture totale avec ce qu’est la France, par une aggravation brutale des politiques néolibérales amorcées à partir de 1983.

En Europe, pour la première fois, le débat va porter sur le modèle d’union des peuples d’Europe tel qu’il s’est progressivement imposé depuis le grand tournant de l’Acte unique européen de Jacques Delors (1986) et l’adhésion totale du supranationalisme européen à un néolibéralisme qui porte en lui les germes de la destruction même de cette union.

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27 Août 2018

Pour beaucoup, l’Europe, c’est une certaine idée de l’homme et de la société. Les idéaux du Siècle des Lumières. Le message de la Révolution française, de 1793. L’idée d’un Etat démocratique et redistributeur. Mais pour beaucoup aussi, et parfois les mêmes, l’Europe ce fut la base de départ d’une conquête du monde dès que les technologies de la navigation ont permis de franchir les océans. A partir du XVe siècle, les Européens se sont emparés, par le feu et par le sang, des Amériques, de l’Afrique et de l’Asie. C’est-à-dire de la planète entière. Il s’est agi, souvent, de propager « la vraie foi ». Puis, dès la colonisation en place, d’exercer « une mission civilisatrice ». Il ne s’agissait, en fait, que d’appropriation et d’exploitation. C’est-à-dire de capitalisme. Lire la suite »

01 Juin 2018

Le projet politique connu sous le nom d’Union Européenne est arrivé à son terme. L’expérience consistant à affaiblir sinon à vider les Etats de leur substance et d’évoluer vers une Europe fédérale tout en démantelant les politiques sociales et en détruisant traité après traité, directive après directive, les résultats des luttes en vue de conjuguer démocratie politique avec démocratie sociale offre aujourd’hui un bilan très contrasté.

S’il ne fait aucun doute que le Marché commun fut à l’origine d’une prospérité réelle, même si la redistribution fut insuffisante, le marché unique voulu en 1985 amorce cette dérive ultra-libérale et anti-démocratique qui est devenue la marque de l’UE. Avant cette année fatale, une Europe intergouvernementale, respectueuse des souverainetés, mettant en commun, au cas par cas, les politiques chaque fois qu’il y avait un intérêt à le faire, fut une réussite (Ariane, Airbus, …).

L’UE est devenue le cadre légal pour imposer à tous la dictature des marchés, des firmes transnationales et de la finance internationale. L’espoir de voir l’U.E. permettre de retrouver sur la scène internationale une indépendance et une influence que les Etats pris isolément ne peuvent plus atteindre s’est avéré un énorme échec vu, après 1969, une mentalité d’abandon des acteurs politiques qui poussait à un alignement quasi systématique sur les politiques décidées à Washington. Lire la suite »

15 Fév 2018

A toutes et tous,

J’ai consacré une partie importante de ma vie, depuis 1988, au Cambodge.

Je ne peux me taire quand je lis ce qui se publie dans la presse en Europe et aux Etats-Unis. Le Cambodge est un pays que nous avons très mal traité, nous les Occidentaux. Un pays certes imparfait. Mais lequel peut prétendre être parfait ?  Sauf dans les délires d’un Trump, terriblement typique de la plupart des Américains, n’en déplaise à ceux qui se démarquent de lui.

Sauf aussi, dans les autosatisfactions béates et arrogantes de la plupart des gouvernements européens complices de s’être tus quand les Polpotistes massacraient leur peuple et d’avoir infligé, pendant douze ans, le plus terrible des embargos pour punir le peuple cambodgien d’avoir été libéré d’un régime génocidaire par les « méchants » vietnamiens.

Voici un document auquel j’ai contribué, qui constitue une réponse, sans doute incomplète et imparfaite, aux critiques violentes adressées au Gouvernement du Cambodge par un certain nombre de gouvernements occidentaux, d’organismes de l’ONU et d’ONG.

On peut, depuis Bruxelles, Paris, Genève, Londres, New York et Washington, formuler des critiques et des  exigences quant aux imperfections de la démocratie cambodgienne. D’un point de vue théorique, je suis même prêt à les partager. Mais le fait est que nous ne sommes pas dans la théorie et que les chevaliers blancs des droits de l’Homme seraient bien avisés de s’en rendre compte, eux qui furent totalement muets quand les hommes de Pol Pot – considérés alors comme des « progressistes  » – massacraient plus de deux millions de Cambodgiens.

Merci de prendre le temps de lire ce long texte. Vous y découvrirez tout autre chose que ce que vous pouvez lire dans Le Monde, dans Libération ou dans l’Express ou de ce que vous pouvez entendre sur  France Inter, Radio France International ou TV5 Monde.

rmj

Royaume du Cambodge

Ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale

CAMBODGE

Stabilité et développement d’abord !

Février 2018

 

Des membres du Congrès des Etats-Unis et du Parlement européen, certains gouvernements occidentaux, certaines institutions des Nations Unies et certaines ONG de défense des droits de l’Homme ont exprimé récemment de très vives critiques à l’égard du Gouvernement cambodgien. Ils seraient bien avisés d’étudier davantage l’Histoire contemporaine de notre pays.

Ils apprendraient ainsi qu’une des pires tragédies du vingtième siècle infligée à notre pays au cours des décennies écoulées fut le résultat d’ingérences étrangères. On pourrait ironiser sur le gouvernement qui a inspiré le coup d’Etat de 1970 quand on se souvient qu’il prétendait imposer une démocratie libérale et le respect des droits de l’Homme pour prévenir la propagation du communisme. Ce gouvernement a provoqué le remplacement d’un dirigeant légitime par un groupe de personnes dont il pouvait s’assurer le contrôle, ce qui a conduit à la guerre et, pire, à un régime génocidaire. Le coup d’Etat de 1970 fut à l’origine des souffrances extrêmes du peuple cambodgien.

C’est la dure leçon que les autorités cambodgiennes retiennent aujourd’hui de ces évènements : le devoir prioritaire du Gouvernement royal est de protéger à tout prix sa population contre les ingérences de certains gouvernements occidentaux dans les affaires intérieures du pays. De par le monde, certains pays occidentaux ont très souvent invoqué le modèle occidental de démocratie et des droits de l’Homme comme prétexte pour renverser des dirigeants dont les orientations nationales n’étaient pas favorables à leurs intérêts.

Les Accords de Paris de 1991, qui n’ont pas apporté la paix au Cambodge du fait de leur volonté d’inclure les hommes de Pol Pot dans la solution, prétendaient imposer d’un seul coup un modèle parfait de démocratie libérale dans un pays qui n’a jamais connu ce système politique. Les auteurs occidentaux de ces Accords ont délibérément ignoré les conséquences sur une société brisée et profondément traumatisée et sur une génération qui a perdu l’immense majorité de ses ressources humaines. Ils ont totalement négligé l’impact de l’embargo impitoyable qu’ils ont imposé aux survivants en les empêchant pendant douze ans de se reconstituer en tant que nation et de reconstruire leur pays. C’est aux autorités cambodgiennes qu’il a incombé, en dépit de ces obstacles, de réaliser la pacification du pays et d’introduire les fondements d’une démocratie libérale dans un pays qui était loin d’être préparé pour un tel système.

Depuis 1991, certains gouvernements occidentaux ont tenté d’imposer leurs protégés à la direction du pays. Pendant les élections organisées par l’ONU en 1993, un haut fonctionnaire de l’ONU, de nationalité américaine, ne cachait pas que l’objectif était de chasser le PPC du pouvoir. En 1997, les mêmes gouvernements ont condamné le PPC parce qu’il avait anticipé un coup d’Etat qui aurait eu pour effet de ramener les Khmers rouges au pouvoir. Et depuis lors, l’opposition n’a pas cessé de bénéficier de l’appui financier et politique des mêmes gouvernements occidentaux. Tout au long des années écoulées, en exprimant sa gratitude pour l’aide occidentale, le Gouvernement royal devait consolider sa démocratie et reconstruire un pays.

L’Histoire a prouvé qu’un programme imposé par l’étranger n’a jamais été bénéfique pour le Cambodge et qu’au contraire il a conduit au bain de sang et à d’abominables destructions. Néanmoins, ignorant cette cruelle réalité, certains de ces pays veulent à tout prix répéter leurs fautes passées en tentant de provoquer un changement de régime, même si cela prend des formes plus sophistiquées et secrètes.

Ce document s’efforce de remettre en perspective les grandes difficultés auxquelles le Cambodge fait face pour maintenir la paix et promouvoir son développement alors qu’il est en butte aux ingérences étrangères permanentes qui ne cessent d’exiger des changements vers une « démocratie pure et parfaite » qui n’existe qu’en théorie. Il a pour objectif de présenter la vérité des faits sur les récents développements politiques du pays en démentant les accusations sans fondements et les insinuations d’institutions et de personnalités étrangères qui se moquent des conséquences de leurs actions. Lire la suite »

09 Fév 2018

Ce monogramme utilisé par les empereurs de la branche autrichienne des Habsbourg résume la formule latine Austria Est Imperare Orbi Universo, il est de la mission de l’Autriche de dominer le monde. Il suffit de remplacer Austria par America et on trouvera la synthèse d’un document que vient de signer Donald Trump et qui s’intitule National Security Strategy of the United States of America – December 2017.

En 55 pages, les plus hautes autorités américaines confirment avec force leur volonté d’imposer à la planète entière leur leadership et par là même leur refus de s’inscrire dans un monde multipolaire qui réduit de fait leur sphère d’influence aux pays qui entendent demeurer leurs vassaux.

La vision messianique du rôle prépondérant des Etats-Unis d’Amérique dans le monde demeure plus que jamais le credo de la politique étrangère américaine : « America will lead abroad » affirme le document. Puisque « American principles are a lasting force for good in the world » On ne pourrait pas mieux répéter, une nouvelle fois, que ce qui est bon pour l’Amérique est bon pour le monde.

L’émergence d’autres puissances est perçue comme un défi, une menace pour les Etats-Unis, leurs alliés et leurs partenaires. Il ne peut y avoir sur la planète qu’une seule influence dominante, celle des USA. Le légitime développement d’autres pays qui les conduit à exercer un rôle déterminant dans les relations internationales est interprété dans ce document comme une menace pour la puissance, l’influence, les intérêts et donc la sécurité et la prospérité des USA. La Chine et la Russie sont désignés comme les plus grandes menaces auxquelles sont associés la Corée du Nord et l’Iran.

Pour restaurer la suprématie US – America first ne signifie pas seulement d’abord l’Amérique, mais aussi l’Amérique über alles – le document établit la politique US sur quatre piliers : sécurité, domination économique et énergétique, augmentation de la force militaire, exaltation des valeurs américaines. Lire la suite »