28 Mar 2006

environnement1.jpgTrès souvent les écologistes, qu’ils soient organisés dans un parti politique ou non, sont convaincus que la survie des écosystèmes et des espèces végétales et animales comme la protection du cadre de vie transcendent le clivage gauche/droite.

Certes, ce clivage gauche/ droite, que d’aucuns prétendent dépasser, a sans doute perdu de sa pertinence, non parce que désormais seul le consensus serait pertinent, mais bien parce que le terme « gauche » ne revêt plus de signification claire. C’est devenu un terme qui désigne aujourd’hui la chose et son contraire, le et l’antilibéralisme. Si la droite est bien à droite et plus que jamais, la gauche gouvernementale n’est plus à gauche. Pascal Lamy, un membre éminent du Parti socialiste français, dirige la plus puissante institution internationale, l’OMC, véritable machine à libéraliser, déréguler, flexibiliser, c’est-à-dire précariser. Il bénéficie du soutien enthousiaste (voir le communiqué publié lors de sa nomination) du PS français et du Parti Socialiste Européen. Par contre, il existe une gauche dite radicale qui entend poursuivre les idéaux de liberté, d’égalité et de justice en dénonçant le . Le clivage néolibéral-antilibéral demeure une grille d’analyse tout à fait pertinente.

Or, elle est importante si on ne veut pas se bercer d’illusions et abuser les opinions. Il n’y a pas d’avenir pour notre planète et les espèces qui y vivent si le néolibéralisme continue d’y faire la loi. Le néo-libéralisme, c’est-à-dire le projet politique qui tend à accorder la plus totale liberté individuelle dans un cadre institutionnel où les pouvoirs publics voient leur capacité d’action limitée à des tâches sécuritaires, représente la pire menace pour la survie de l’humanité.

En effet, le néolibéralisme considère que la compétition (la concurrence) est le moteur de la croissance, source unique de bien être. Il faut donc, pour favoriser la concurrence, encourager l’individualisme. Le discours convenu, distillé à hautes doses par la majorité des média, va donc inciter à la « responsabilité individuelle » et dénigrer tout ce qui relève du collectif. Il s’agira dès lors de dépouiller les Etats et les pouvoirs publics subordonnés de leur capacité à réguler, à encadrer la vie socio-économique, à subordonner l’intérêt général aux intérêts particuliers, à organiser la solidarité par la redistribution de la richesse produite.

C’est la vague des privatisations que nous subissons depuis les années quatre-vingts. Ce sont les mesures destinées à déréguler et à flexibiliser le marché du travail. Ce sont les libéralisations qui tiennent lieu, en Europe, de politique puisqu’il s’agit d’affaiblir les Etats au profit des acteurs privés. Politique européenne du transport routier : on libéralise et on lance sur les routes des centaines de milliers de camions qui sont une des sources principales de pollution et de réchauffement climatique. Politique de l’énergie : on libéralise sans que cela se traduise par le moindre gain pour le consommateur, mais la compétition incite à une consommation préjudiciable à l’environnement.

Les biens communs de la planète sont privatisés réservant ainsi l’exercice de droits fondamentaux (accès à l’eau, aux soins de santé, à l’éducation, à la culture) à ceux qui peuvent les payer. La logique de la croissance apporte la déforestation et l’épuisement des ressources naturelles. Cette logique amène la suppression des espaces de gratuité. Tout doit être inscrit dans un rapport marchand, car là où il y a gratuité, il n’y a plus concurrence. Cette logique écarte systématiquement les comportements qui créent du lien et qui sont économes en ressources tout en atteignant l’objectif recherché ; ainsi, par exemple, on encourage la voiture individuelle au détriment des transports en commun.

Par contre, les promesses de la croissance annoncées par les libéraux de droite et de gauche ne se vérifient pas pour le plus grand nombre. Ce qu’on observe, ce sont des millions de chômeurs, des millions d’emplois précarisés, des catastrophes sanitaires dues le plus souvent aux pratiques d’une agro-industrie motivée avant tout par l’appât du gain; des catastrophes climatiques qui se multiplient année après année, une planète qui, pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, est en danger. Et une toute petite minorité qui concentre des profits d’un niveau jamais égalé.

Le néolibéralisme, c’est la mort. Il est urgent d’en prendre conscience.

JdM, 28 mars 2006

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