18 Sep 2008

 Aujourd’hui, pour certains, le temps est venu de « dépasser » – c’est le mot à la mode – le clivage entre les partisans de l’Europe telle qu’elle se fait et ses adversaires. Il semble que ce soit le nouveau discours convenu dans une frange de ce qui fut la gauche du « non » au . Un refus qui fut et reste  d’actualité, puisque l’acte de décès de cette copie conforme du qu’est le n’a pas été prononcé. En dépit de son rejet par le peuple irlandais.

Après la synthèse rose du , voici la synthèse verte. Du et des , depuis la gauche plurielle – en voie de reconstitution – les partisans d’un éco-socialisme, c’est-à-dire d’une réelle transformation sociale non productiviste, savent qu’il n’y a rien à attendre. Mais plus surprenante est la synthèse de ceux qui, en même temps qu’ils font cette synthèse, veulent une alternative à gauche.

Ainsi, l’hebdomadaire Politis. Il avait condamné la synthèse socialiste du Mans. Mais, pour lancer son Appel pour une alternative à gauche, il a demandé à des partisans comme à des adversaires du TCE de figurer parmi les premiers signataires invitant d’autres à signer. Et depuis, il ne manque aucune occasion d’accréditer cette idée que le clivage entre le « oui » et le « non » a cessé d’être pertinent :

– « on ne peut pas faire non plus du « non » du 29 mai un critère de sélection pour toujours! » (Politis, n°1012-1014). « Pour toujours » !!! Mais le TCE, c’était il y a trois ans et son jumeau, le traité de Lisbonne, c’était au début de cette année-ci ! Et son sort n’est pas encore réglé. Même si, juridiquement, après le rejet irlandais, ce traité est caduc, l’hypothèse de le voir mis en œuvre, en tout ou partie, par les gouvernements qui ont obtenu sa ratification parlementaire ne peut être exclue. L’Allemagne et la France font pression sur l’Irlande pour qu’un nouveau référendum y soit organisé. Que feront alors ceux qui auront renoncé à leur « non » ?

– les débats entre « ouistes » et « nonistes » seraient des « débats d’arrière-garde », selon Politis (n° 1015). Autrement, dit, ce serait ringard que de s’opposer à un projet de société que TOUS les gouvernements de l’ veulent encore et toujours nous imposer ;

– la référence au « non » serait « dépassée », se plaît à citer Politis dans son numéro 1016. Or, rien n’a changé dans les politiques décidées par nos gouvernements quand ils se retrouvent à 27 et qu’ils appuient les propositions de la Commission européenne, un directoire sans contrôle démocratique qui s’avère plus néolibéral même que l’administration Bush !

Mais à quoi disons-nous « non » ?  Aussi bien au TCE hier qu’au traité de Lisbonne aujourd’hui. Nous disons « non » à un projet qui impose durablement un modèle de société caractérisé par le déclin des pratiques démocratiques, le rejet de la laïcité, la négation de l’autonomie de la femme, la primauté de l’économique sur le politique, la régression des droits sociaux, la disparition des services publics, l’abandon de la solidarité au profit de la compétition, le productivisme, la généralisation du dumping social et des précarités, l’aliénation définitive à l’OTAN. Nous disons « non » à une entreprise européenne dont l’objectif est de permettre la remise en cause, par le haut, de tous les acquis démocratiques et sociaux arrachés depuis plus de deux cent ans.

Et nous continuerons à dire « non » à cette « révolution conservatrice » (Bourdieu). Notre combat n’était pas une parenthèse qu’on puisse aujourd’hui refermer. Nous ne nous sommes pas battus pour qu’en fin de compte, l’effort premier soit de « dépasser » ce qui nous a opposés aux partisans de ce projet de société. Parce que rien n’a changé et que cette Europe-là continue plus que jamais de démanteler le droit du travail, d’imposer la destruction des services publics, de protéger la libre circulation des capitaux (et la spéculation financière qu’elle favorise), de pousser à la privatisation de la santé et de l’éducation, de protéger les dividendes des firmes de l’agrobusiness et de la chimie plutôt que la santé des gens, d’édifier des barbelés et des prisons pour les populations que le capitalisme européen affame dans le Sud. Pendant que s’accomplissent les privatisations déjà préparées depuis que l’Union européenne a négocié l’Accord Général sur le Commerce des Services, depuis qu’elle a adopté le Traité de Maastricht, la Stratégie de Lisbonne et les Décisions de Barcelone. Tout cela a-t-il disparu qu’ont défendu et que défendent le PS et les Verts ?

Comment est-il possible de « dépasser le non » et de s’allier avec ceux qui aujourd’hui, avec une hypocrisie facilitée par le peu de mémoire des gens et la complicité des médias, protestent contre la privatisation de la Poste, alors qu’ils ont négocié, adopté ou soutenu tous les textes internationaux et européens qui la rendent obligatoire au regard de ces textes ?

Celles et ceux qui ont tenté de nous tromper en voulant faire accepter le TCE hier, le traité de Lisbonne aujourd’hui ont-ils subitement changé à la fois de méthode (le mensonge) et d’opinion (leur soutien à cette Europe-là) ? Ont-ils rallié le camp des adversaires d’une Europe au service prioritaire des multinationales ?  En aucune façon.

Que signifie dès lors une démarche où se retrouvent des contraires ?  Le traité de Lisbonne n’est pas sorti du débat. Quelle est la crédibilité d’une démarche pour une alternative de gauche qui réunit des gens qui lui sont favorables et d’autres qui lui sont hostiles ? Quel crédit accorder à des formations politiques, comme le PS et les Verts, dont un candidat, sur une question majeure, prône exactement le contraire de ce que défend un autre candidat ?

Historiquement, ce sont les conservateurs qui ont toujours nié la réalité d’une opposition entre exploiteurs et exploités, entre la gauche et la droite, qui ont poussé au consensus, qui ont répété sans cesse que « nous sommes tous dans le même bateau ». Cet unanimisme, auquel tant de gens sont sensibles, est l’instrument pervers des privilégiés. Il est plus que jamais à l’œuvre aujourd’hui. Il semble, malheureusement, qu’il ait gagné une gauche qui ne veut plus le conflit, une gauche gangrenée par le complexe du compromis, une gauche qui, de concessions en concessions, n’est plus qu’un ersatz de la gauche.

Une gauche de la synthèse avec les choix de la droite, ce n’est plus la gauche.

Ils doivent bien sourire dans les couloirs de la Commission européenne, dans les bureaux des lobbies bruxellois, dans les conseils d’administration des firmes multinationales quand ils entendent et lisent à gauche qu’il faut dépasser le « non » de gauche à l’Europe capitaliste.

L’exploitation des humains et de la terre a encore de beaux jours devant elle.

RMJ, 18.09.2008

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19 Réponses pour “« Dépassé », le « non » à cette Europe-là ?”

  1. jolibois a dit :

    Pourquoi écrivez-vous « la privatisation de la Poste, alors qu’ils ont négocié, adopté ou soutenu tous les textes internationaux et européens qui la rendent obligatoire au regard de ces textes ? » , alors qu’il est faux que l’UE impose la privatisation?

    http://www.eurogersinfo.com/actu6006.htm

  2. Raoul Marc Jennar a dit :

    L’AGCS (accord de l’OMC), le Traité de Maastricht, la Stratégie de Lisbonne, les Décisions de Barcelone, la directive dite Bolkestein sont des textes qui rendent obligatoire la libre circulation des services, ce qui signifie leur mise en concurrence et par application du principe du « traitement national » (voir les textes descriptifs de l’AGCS), il y a transmission quasi mécanique d’un processus de libéralisation à un processus de privatisation. La Poste étant une activité de service soumise à la concurrence en vertu de l’AGCS et des dispositions légales européennes, sa privatisation est l’aboutissement ultime du processus prévu par ces textes. Bien évidemment, on prendre pour argent comptant les propos de la Commission européenne, mais les textes ayant force de loi sont plus importants que les commentaires trompeurs des eurocrates. Bien évidemment, devant des parlementaires – nationaux de surcroît – un Commissaire européen ne demandera jamais la privatisation d’un service public. Cela se fait par d’autres canaux, comme le comité 133. Qui pourrait nier que la libéralisation des services conduit, progressivement, à leur privatisation ? Et, le plus souvent, à la diminution de la qualité du service et à l’augmentation des prix au consommateur. Mais la Commission européenne et tous les idéologues du libéralisme persistent à affirmer que la libéralisation profite aux consommateurs. Ces gens-là ne paient sans doute jamais eux-mêmes leur eau, leur électricité,…

  3. durand gasselin samuel a dit :

    Il me souvient d’un certain cahier n°13 de l’OCDE – la fameuse officine ultralibérale, grande manipulatrice de statistiques.. – écrit ( mais confidentiel , et diffusé par erreur ?) en 2003, pour donner des conseils aux gouvernements sur la meilleure façon de faire passer la pilule des privatisations : faire baisser la qualité des services publics pour que les gens aient envie de services privés.
    Dans ces conseils, il y a de toute évidence une lacune : l’Europe bien commode pour faire imposer les privatisations…Mais avec le risque que les peuples la refuse. C’est ce qui s’est passé et c’est pourquoi ils sont très discrets en ce moment sur ce sujet.

  4. Gaétan a dit :

    Oui, l’UE n’a jamais demandé la privatisation de La Poste ! Et Georges W Bush n’a jamais dit faire la guerre à l’Irak pour le pétrole mais…

    Sinon, je ne pense pas que le non au TCE doit être la ligne de partage de la gauche. En effet, reconnaissons le droit aux Ouistes de s’amender de leurs égarements capitalistes et anti démocratiques et de rejoindre une vraie gauche anticapitaliste. Après, pour ceux qui persistent…

    En revanche, penser que ceux qui assument le Oui ne puisse un jour réitérer cette infâmie et assurer à la gauche un véritable enracinement anti libéral, c’est être bien naïf. Certains ont fait un choix. Celui du renoncement et de l’accompagnement, même social et écologique, à un système capitaliste qui finira par détruire l’individu et la planète.

  5. Raoul Marc Jennar a dit :

    @Gaétan

    Bonjour. Je serais très heureux, évidemment, d’apprendre que les signataires de l’Appel de Politis qui furent partisans de l’Europe néolibérale ont changé d’avis et ont rejoint le camp de ses adversaires. Qu’ils le disent ! Changer d’opinion est la marque d’un esprit qui réfléchit. C’est parfaitement respectable.
    L’opposition entre le « oui » et le « non » à l’Europe néolibérale trace à mes yeux, je l’ai dit et écrit avant le 29 mai 2005 comme après, une ligne de partage entre deux projets de société. Que chacun ait le courage de choisir son camp.
    La gauche meurt du consensus mou où se mélangent des opinions contraires. Il est temps de sortir du marais dans lequel nous enferme l’idéologie dominante et de retrouver la clarté des oppositions franches et nettes.

  6. John Mullen a dit :

    Je suis d’accord avec toi qu’on ne doit pas oublier l’importance de l’opposition au Traité Européen. Pourtant j’ai signé l’appel de Politis. Je ne crois pas que le centre de gravité de l’appel soit telle ou telle personnalité. C’est plutôt une initiative à visée antilibérale et, tout aussi importante, à visée militante et combative. Mais avec des confusions, des questions à régler, des combats d’idées à avoir etc.

  7. Copas a dit :

    Les ouistres ont plutôt cimenté en règle générale leur engagement anti-démocratique et anti-social.

    La question de l’attitude par rapport à la construction actuelle de l’UE est quand même une des questions les plus graves de la gauche.
    ca demeure une ligne de fracture considérable, qui n’empeche pas des batailles communes sur tel ou tel point mais empêche tout accord politique.

    Construire un texte à vocation de rassembler politiquement qui aligne ouistres et nonistes (Politis, ou le triumviart en gestation Bové, Hulot, Cohn Bendit, ou les alliances direction PCF et PS recherchées désespérément par Buffet) montre + la nullité de celui-ci et l’incapacité de produire des choses écrites qui dégagent l’essentiel.

    Ce sont des rassemblements qui permettent à la forfaiture de continuer et de prospérer, faute de mots clairs sur les grands enjeux.

    Dans la tourmente actuelle , le rôle de cette Europe de la nomenclatura nécessite une franchise d’un autre calibre que des phrases ronflantes qui n’empêchent pas des privatisateurs d’y faire nid.

    La question des directives anti-sociales, de casse des services publics, la question des textes concentrateurs comme le TCE ou le TCE-bis, sont essentielles et séparent politiquement.

    Les choses sont toujours d’actualité et nous vivons en plein dedans. Les grands écarts des verts et du PS dépassent l’entendement de ce qu’on peut entendre par une politique un tant soit peu honnête.

    La ligne de fracture du TCE n’a pas changé de place, elle est toujours là. Rien n’est changé au fond.

  8. GUILLOT a dit :

    Contrairement à ce qu écrit John Mullen, le centre de gravité de l’appel n’est pas tel ou tel personnalité-c’est pour cela sans doute que Raoul Marc Jennar n’en cite aucune ici- . Son « centre de gravité » c’est Politis et son orientation implicite. Elle est implicite car elle transparait seulement au travers des comptes rendus dans l’hebdo des différentes initiatives où effectivement l’appel de Politis constitue leur centre de gravité.En relevant seulement des déclarations allant dans le même sens- celui du dépassement du « non »- émises par différentes personnalités, c’est une orientation que l’on veut insinuer.
    Orientation que confirme aussi la nature floue de leur appel ainsi que la composition des premiers signataires aurait pu nous mettre la puce à l’oreille Je me souviendrais toujours d’une interview « à l’eau de rose » de Laurent Fabius faite dans cet hebdo au moment de la campagne du non au TCE. Alors qu’avec d’autres personnalités, plus à gauche que Fabius; leurs journalistes pouvaient se montrer durs. Cette fois, John Mullen le remarquera, je ne dresse pas un carnet de « traitres » mais un faisceau d’indices pemettant de caractériser une orientation, celle de Politis dont je ne fais pas le procès. Et John conviendra avec moi que le projet du NPA défendu par la LCR n’est pas leur tasse de thé.

    Albert

    Albert

    Guillot

  9. Étienne Chouard a dit :

    .
    Merci Raoul, pour ce texte important.

    Je trouve José et Politis sont plutôt désespérants, ces temps-ci.

    Merci d’exister, cher ami.

    :o)

    Étienne.

    PS : pour prévoir un financement réaliste des vrais projets humanistes, on devrait analyser enfin sérieusement *la création monétaire* et la confiscation actuelle de ce droit régalien par les banques privées (confiscation ruineuse et paralysante à laquelle, à ma connaissance, bizarrement, aucun parti ou syndicat de gauche ne s’attaque frontalement, pour l’instant).

    Sur ce sujet stratégique, voir :

    http://etienne.chouard.free.fr/forum/viewtopic.php?id=81

    http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?2007/05/01/72-non-ce-n-est-pas-trop-cher-le-financement-des-besoins-collectifs-est-rendu-sciemment-ruineux

    http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?2008/05/16/94-la-dette-publique-est-une-affaire-tres-rentable-mais-pour-qui

  10. jolibois a dit :

    A Raoul Marc Jennar (réponse 2)

    C’est VOTRE interprétation, qui comme telle est bien entendu estimable, mais qui n’en reste pas moins une interprétation.

    Vous seriez beaucoup plus crédible (du moins à mes yeux) si vous citiez une jurisprudence de la Cour de justice des Communautés européennes qui coroborre votre thèse. car je rappelle pour ceux qui ne le savent pas (pas vous bine sur mais peut-être certains lecteurs) que c’est la Cour qui assure ne pratique l’interprétation des dispositions communautaires (qui dit le droit) et donc dit comment elles doivent être mis en oeuvre. Or, jamais la Cour n’a dit que le privatisation était imposée par les textes communautaires. Jamais.

    Par conséquent, la privatisation résulte bien de choix politiques nullement fondés sur les textes européens mais sur l’idéologie aujourd’hui dominante dans les pays européens. A contrario, si nous avions des partisans des services publics au pouvoir les traités européens n’y feraient pas obstacle. La preuve: ces traités sont en application depuis 1957 et ils n’ont pas empêché l’existence d’entreprises publiques et de SP puissants en France. Vous vous trompez de combat.

  11. jolibois a dit :

    Je viens d’écrire que vous vous trompez de combat. J’aurais plutôt du écrire que vous vous trompez de cible. Mais quoi qu’il en soit, cela est exemplaire et explique l’inefficacité et l’impuissance actuelle des mouvements d’opposition à la dérégulation aveugle.

  12. Gaétan a dit :

    Jolibois,
    Je pense que tu n’as pas saisi ce que RMJ a voulu t’expliquer. Les textes ne prévoient en effet aucunement les privatisations. Aucun traité ne dit littéralement « Privatisez! ». Mais ils mettent en place un ensemble de mesure, comme l’AGCS d’ailleurs, qui conduisent fatalement à la privatisation. L’un de ses ressorts privatisants, comme le disait RMJ, c’est le « traitement national ». On pourrait aussi citer le traitement de la nation la plus favorisée. je te renvoie aux travaux de RMJ ou Agnès Bertrand, en autres…

    En fait, nul ne peut ignorer l’influence des lobbys patronaux, comme l’ERT, au sein de la commission européenne. Il suffit de voir les rapports établis par ces lobbys et les mesures prises par l’UE ou par les pays européens et soutenues par l’UE pour s’en convaincre. C’est du copié collé. Exemple frappant: la loi Fillon (2005) qui notamment mettait en place une éducation axée sur l’apprentissage du français, des maths, des nouvelles technologies et des langues étrangères, surtout l’anglais. C’est exactement les recommandations du conseil européen sur l’éducation (2001) suite à la stratégie de Lisbonne, ces propositions étant un copié collé d’un rapport du lobby patronal ERT en 1994.

    Et puis, il serait naïf de s’en tenir à une lecture au premier degré de textes élaborés par des personnes (politiques, lobbys, etc) qui nous mentent à longueur de temps et détournent les richesses produites par tous aux profits de quelques uns. Il faut lire entre les lignes. Mais même une lecture au 1er degré du TCE ou de l’AGCS montre les logiques libéralisantes et donc privatisantes à terme. Des services publics qu’on affaiblit et qu’on lance dans la jungle concurrentielle, le piège est gros mais fonctionne encore!

    Nous trompons nous de cible ? L’UE est elle la digue face au rouleau compresseur libéral ? je ne suis pas sûr que les pays africains, des caraibes et du pacifique, les plus pauvres en somme, soient d’accord quand on voit que ces derniers dénoncent les méthodes éuropéennes dans les négocations de l’OMC ou de traités économiques bilatéraux. Ils nous dénoncent comme encore plus agressifs que les américains. Et puis n’oublions pas les signatures de Chirac et Jospin en 2002 au sommet européen de Barcelone qui visait la libéralisation du secteur de l’énergie en Europe et a conduit EDF et GDF dans la situation actuelle. Et n’oublions pas les directives européennes conduisant à la libéralisation du service postal…

    alors, non, je ne crois pas que nous nous trompions de cible, bien au contraire !

  13. jolibois a dit :

    Désolé Gaétan mais ta réponse montre que tu ne connais pas le droit communautaire ni primaire (les traités) ni dérivé (directives, règlements) ni jurisprudentiel. Je ne fais pas ce distingo pour faire « le malin » mais parce que sans savoir de quoi on parle on ne peut lutter efficacement contre ce que l’on désapprouve. Et c’est pourquoi je dis que vous vous trompez de cible.

    C’est toi qui ne comprends pas ce que je dis. Je ne nie pas qu’il y ait une majorité politique actuellement à la manoeuvre dans l’UE (à la Commission, au Conseil, et au Parlement) pour appliquer un programme néolibéral. C’est une évidence. Mais les directives prévoyant par ex. la libéralisation du SP postal sont des textes de droit dérivé c’est à dire votés par les représentants des états et les eurodéputés. Et elles traduisent des choix politiques. Jusqu’au pipeau consistant à nous faire croire que la privatisation de la Poste c’est Bruxelles qui l’impose : un pipeau qui fait bien le jeu du gouvernement et de Sarkozy.

    Les traités européens n’imposent nullement cette dérive. Et cela, RMJ ne le dit pas. Il entretient volontairement la confusion entre les textes fondamentaux et le droit dérivé pour tout mettre sur le même plan. C’est ainsi qu’il a pu prétendre que le TCE instaurait une politique néolibérale alors qu’en fait il reprenait, en ce qui concerne les politiques les dispositions des traités actuels. Or ces dispositions, je le répète, n’ont jamais obstacle à l’existence de SP et d’entreprises publiques en France jusqu’à ce qu’effectivement, nos dirigeants y compris socialistes, changent leur fusil d’épaule et se rallient à la doxa libérale (en fait, il faudrait remonter à l’acte unique européen négocié par Laurent Fabius qui ensuite se reconvertira en opposant au TCE au nom de la lutte contre le néolibéralisme: bel exemple de manipulation). C’est un choix purement conjoncturel. L’UE n’est que le prétexte en l’espèce. Tant que vous ne voudrez pas comprendre cela votre combat sera aussi efficace que de donner des coups d’épée dans l’eau.

    Mais après tout, tu peux me rétorquer justement que tu n’as rien à faire de mes remarques. C’est dommage car je crois que sur le fond nous avons une vision proche, mais nous divergeons clairement sur les causes.

    L’Europe pourrait être effectivement une digue contre le rouleau compresseur ultralibéral. Je te conseille de diversifier tes sources d’information et d’aller voir sur le site dont je donnais l’adresse
    http://www.eurogersinfo.com
    ce que fait l’UE par exemple par le biais des SPG et des SPG+ pour le développement des pays pauvres. Ca, ce sont des informations appuyées sur des sources et non pas des assertions générales.

    Quant à l’AGCS, c’est encore un autre problème dont ce site d’ailleurs traitait déja en 2003 avant que la plupart des gens ne se réveillent ( RMJ y est cité). A mon avis, il est utile d’aller s’informer auprès de gens qui non seulement donnent les sources mais aussi donnent les opinions diverses sur une question et non un avis unilatéral. C’est du moins ma vision de l’information: sourcée, critique, complète, pour que le lecteur puisse se faire sa propre opinion après avoir pesé le pour et le contre.

  14. Gaétan a dit :

    C’est parce que j’ai lu l’AGCS, les rapports de l’ERT (lobby industriel européen), les textes de la commission européenne, du conseil de l’europe, le TCE et bien d’autres textes de loi, traités, rapports… que j’en suis arrivé à certaines conclusions. Je ne prétends pas être un expert en UE certes mais en diversifiant mes sources (institutionnelles, journalistiques, militantes…), j’ai développé une certaine aptitude à déceler quelques rouages du capitalisme qui nous ont conduit dans la situation présente. Et souvent les faits, me donne raison. Bien entendu, on peut travailler sur diverses sources et en trouver plein qui donnent des avis, des analyses et des chiffres différents. L’OMC et ATTAC peuvent ravailler sur un même sujet et en ressortir des conclusions à l’opposé l’une de l’autre.

    Au final, le monde va mal et ni l’OMC, ni l’UE ne semble améliorer les choses, voir les empirent petit à petit. l’écart grandissant de richesses et de conditions de vie entre payx riches et pays pauvres en est un exemple. Après, pourra t on trouver à l’ONU ou au FMi un rapport disant qu’au contraire l’écart se réduit…

    « Notre » cible, c’est le capitalisme. Et l’UE comme l’OMC, comme les gouvernements européens et occidentaux, comme beaucoup de monde en fait, est une structure capitaliste. Pourrais tu le nier ? Même si on te suit dans ta logique d’une UE barrage au rouleau compresseur néolibéral, comme l’UE adhére aux thèses capitalistes (et libérales si on fait un distingo de chronologie et de forme!!!), ce rempart est voué à l’échec. adoucir du capitalisme par du capitalisme n’a jamais empêché le capitalisme ! De fait, l’UE est dans l’erreur et il est de notre devoir de le dire.

    Pour ma part, l’UE fait du néolibéralisme en ayant conscience de ce qu’elle fait et toutes ses politiques sont tournées vers cette logique. Bien entendu, nous ne sommes pas encore en dictature néolibérale et il esrt encore possible, même au sein de l’UE, de gagner certaines choses ou du moins de retarder certaines choses comme la fin des services publics. Mais au vu de la position agressive de l’UE aux négocations de l’AGCS pour la libéralisation mondiale des services (y compris publics), ça ne va pas durer ! Et puis, ils sont assez malins pour ne pas privatiser soudainement les services publics. Ils suivent là aussi une logique, un plan dresser par les lobbys et experts libéraux.

    Mais de toute manière, nos avis semblent diverger et ils semblent que, pour certaines luttes, nous ne ferons pas cause commune. C’est ainsi et nous ferons avec. Nous garderons cette cible. Libre à chacun de nous suivre si nos arguments touchent et à d’autres de nous combattre ou de s’abstenir de toute aide s’ils estiment que nous sommes dans l’erreur…

  15. Alain a dit :

    Bien, personnellement je vais faire court.

    Bien sur que le Oui/Non au TCE reste une ligne de partage forte. Doit-elle être pour autant infranchissable? Je ne le crois pas.

    Quand Cohn Bendit parle de décroissance, dois je m’interdire de l’écouter parce qu’il a proné le Oui. Et Dois-je au contraire écouter Besancenot qui parle si peu des enjeux écologiques parce qu’il a voté non?

    Va-t-on de nouveau créer de nouvelles formes de dogmatisme? Ou réellement ouvrir les débats?

    Alain

  16. copas a dit :

    Ouais, mais il y a quand même un hic :

    On voit bien Besancenot parler de décroissance; On voit bien dans une partie des luttes écolos un peu sa frimousse et celle de ses amis,

    mais on ne voit pas Cohn Bendit du côté des luttes sociales, du côté de la démocratie dans les entreprises, je ne l’ai pas trop vu parler aux travailleurs des entreprises concassées , contre le TCE et l’UE anti-sociale, ……..

    Maintenant je peux peut-être me tromper mais je n’ai pas vu (à part dans le passé, mais….).

    D’ailleurs les verts semblent se foutre un peu de la nécessité de traiter au concret la résistance au capitalisme, à part dans quelques discours à l’assemblée.

    Ca fait quand même un abime en comportement, montrant en cela que ce n’est pas un à un, balle au centre.

    Il n’y a pas là d’égalité, même de loin.

    Par ailleurs, effectivement, rien n’empêche des batailles sur telle ou telle question, aucun sectarisme ne doit faire barrière aux bonnes volontés dans les batailles. Quand on est d’accord sur une question bien fol serait celui qui fait fine bouche pour conjuguer des forces.

    Par contre, sur le terrain d’une alliance politique c’est beaucoup plus compliqué et il est difficile de faire ami-ami avec ceux qui se sont prononcés, des fois très grossièrement, pour une constitution anti-démocratique, anti-sociale, ultra-libérale, pro-OTAN, mettant sur même plan dignité humaine et droit des entreprises capitalistes , agressant puissamment la bataille pour la séparation des pouvoirs enclenchée depuis 200 ans en Europe, ….

    Une alliance politique ressort de questions fondamentales et la gauche n’a que trop crevé de perdre son âme dans des alliances aux programmes piteux et qui faisaient dans la pratique décalcomanies, les couleurs en +, des politiques de droite .

    Toutes ces questions demeurent en place, je n’ai pas connaissance, comme pour le PS d’ailleurs, d’une inflexion d’attitude , d’un changement quelconque, l’orientation semblant se confirmer , le virage vers la droite cimenté.

    Le projet de société, la place qu’on accorde au descellement d’une société hierarchiste , capitaliste, la place qu’on accorde à une société construite sur des valeurs de démocratie ouvrière tranche avec ceux qui se sont coulés aisément, comme horizon indépassable, dans les habits de la démocratie limitée, jetant aux ordures à la vitesse de l’éclair ce qui fondit une grande partie des Verts à l’échelle continentale : le désir d’une société autogestionnaire pour son organisation humaine et écologique pour ses axes essentiels de fonctionnement économique .

    Dans le bilan il y a quelque chose de terrible sur ce qu’il en est advenu.

    L’alliance politique avec Cohn bendit et une partie des verts parait impossible, s’allier avec des agresseurs de la population et des travailleurs extrêmement difficile.

    Car il faut mettre des mots sur les choses, sur la réalité des comportements.

    Les évènements économiques et environnementaux se précipitent diablement et il me parait utile de se positionner , quand c’est une élection politique, ou un regroupement politique, sur un langage et une pratique à minima en rupture avec ce qui malmène la société , sans s’allier avec ceux qui soutiennent une orientation qui brunise et brunisera l’Europe pas à pas.

    La question du type d’organisation humaine qui portera une série de questions, dont une décroissance de la sur-exploitation des ressources de la planète (avec l’ensemble des conceptions industrielles liées à une telle orientation) doit être construite sur le respect des hommes et des femmes, sur leur place au cœur des décisions , d’où le soutien au vieux rêve de socialisme, qu’on l’appelle autogestion, conseillisme, autogouvernement , comme on veut, du moment que soit au programme l’éjection du capitalisme , l’interdiction de l’exploitation de l’homme par l’homme, etc.

    Les propositions de décroissance qui ne traitent pas du capitalisme, de son organisation, de ce qu’il suppose en hierarchisme dans les relations humaines, de brutalités, qui ne proposent pas ce qui pourraient le remplacer, qui n’y travaillent pas, par l’ampleur des défis environnementaux , risquent bien de nous confronter à une façon de faire de la décroissance avec une violence inouïe en laissant en place les fonctionnements de prédation.

    Ces questions sont sous-jacentes avec la brutalité des conceptions qui se sont mises à poindre dans l’essentiel de la gauche socialiste et dans une partie des verts, dans le soutien au TCE, puis le soutien au TCE-bis pour l’essentiel. L’UE actuelle vire au brun, je parle là de son appareil, et ses élites nationales, elle prone de plus en plus des murs de la honte sur ses frontières sud et est, frontières qui tuent de plus en plus d’hommes et de femmes, noyés en mer, elle continue de laisser les mains libres à la BCE pour sa politique qui n’a rien d’écolo mais est également anti-sociale de façon agressive.

    C’est difficile, ce n’est pas acceptable pour faire des mamours politiques. Libres aux verts de faire des groupes communs avec le PCF à l’assemblée, et libre au PCF également d’en assumer la contradiction (mais du moins ceux-là, cette partie là du PCF, est passée depuis un certain temps dans de drôles d’eaux).

    Une grande partie du drame de la gauche en Europe, et des Verts également , ce sont les attitudes insoutenables qu’ont eu une partie de leurs représentants, et qu’ils ont toujours, dans l’appareil de l’UE, sur les questions essentielles.

    Mener des batailles sur le nucléaire (pour la LCR ce n’est pas un scoop ni une nouveauté mais une vieillerie) , sur tels ou tels points, ensembles, OK, mais s’allier politiquement non !

    Je n’ai pas répondu court, mais il me semble déplacé, ou pour le moins exagéré, de parler de dogmatisme quand on ne veut pas s’allier avec des gens qui soutiennent toujours l’UE autoritaire et en soutiennent les évolutions conventionnelles anti-sociales, anti-démocratiques.

    Ouvrir les débats est effectivement essentiel, mais des alliances c’est déjà déplacer les choses bien loin.

    Je ferai également remarquer qu’il me semble utile d’engager le débat également avec ceux tous ceux qui sont frappés par une société injuste et inégalitaire, une société qui n’accorde pas la démocratie dans le centre de puissance du système : l’économie.

    C’est le complément indispensable à tous débats.

    Le déplacement des lignes provoqué par le NPA est de ce point de vue salutaire et la seule nouveauté dans le paysage politique français, sur la conception de la politique, sur la volonté pour l’instant encore valide de ne pas accepter comme indépassable le cadre capitaliste.

  17. philippe a dit :

    ah c’est etrange donc le npa est une nouveauté qui ne considere pas que le cadre capitaliste est indepassable…je m’en rejouis! d’avance mais que propose t’il ? la meme chose que la LCR aux dernieres elections à savoir un capitalisme light mais un capitalisme quand meme vu que la LCR ne parle jamais d’exproprier les sociétés capitalistes sans indemnité, d’ailleurs c’est vrai c’etait pas marqué dans leur programme donc au mieux on leur fait payer quelques taxes mais on touche pas au controle de l’economie par ces grands groupes… il y a de moments je crois que l’ ecosocialisme qui semble se dessiner dans vos propros est a peu pret la meme chose que la social democratie…et quand on sait se qu’a amené la social democratie a savoir un pouvoir accru du capitalisme on est pas sorti de l’auberge…

  18. Gaétan a dit :

    Que proposes tu Philippe ? Se faire élire sur un programme révolutionnaire qui soit pas de transition ? Dire aux français en 2012, on fait tout tout de suite ? Ou alors, on fait la révolution, la vraie, celle avec des armes, des morts… ? Tu penses que l’une ou l’autre, au vu du contexte actuel peut marcher ? Si oui, je reconnais là un optimisme réjouissant mais bon soyons sérieux entre l’idéal et l’immédiat, il y a tant de choses à faire… Après si les français veulent prendre les armes, je serai le premier sur la barricade ! S’ils veulent voter un programme pour l’apllication immédiate de la destruction du capitalisme, je serai le premier à exproprier les sociétés capitalistes sans indemnité. Mais en est on là ? Non et nous en sommes encore loin. Il y a des structures qui a des stades divers cherchent des programmes de transition entre capitalisme et communisme ou tout autre forme d’alternative.

    Ce qui est bien avec l’éclatement de la gauche, c’est que tout le monde en a pour ses nuances ! Maintenant, rien ne t’empêche de rejoindre une fédération anarchiste quelconque et nous laisser devenir les futurs sociaux démocrates de la politique française. Certains d’entre nous, au NPA ou aux collectifs unitaires, on choisit une autre voie de résistance et d’alternatives au capitalisme. Tu peux la juger mauvaise, vouée à l’échec et qu’il n’existe qu’un seul programme anticapitaliste et d’en oublier certaines parties c’est devenir capitaliste mais rabacher que le NPA est un parti politique capitaliste ne sert à rien. Je crois que l’on a compris le message mais que nous sommes en désaccord avec ton analyse. L’histoire jugera.

  19. Copas a dit :

    Pour Philippe :

    Je ne suis ni à la LCR, ni au NPA, mais comme beaucoup, je fais partie des gens qui s’en rapprochent en souhaitant que ce parti soit un cadre convenable pour rassembler les révolutionnaires, êtres étanches au concret vis à vis de l’incrustation dans l’appareil d’état et de cesser de se regarder le nombril.

    J’accorde un respect aux démonstrations au concret d’indépendance et pas aux gargarismes remplis de drapeaux rouges et de grandes proclamations qui finissent par faire des alliances anti-sociales comme dans certains états (et ce qui se fit en France également).

    Les clowneries sur la LCR qui serait pour un capitalisme light nécessitent autre chose comme démonstrations que des affirmations démenties par les textes et l’orientation du manifeste de la LCR. :

    « Appropriation sociale et planification autogestionnaire

    « L’appropriation publique des grands moyens de production, d’échanges, de financement et de communication, fondement de la société socialiste, peut prendre des formes différentes. Mais, dans son principe, elle ne signifie pas que ces biens appartiennent aux seuls pouvoirs publics – ni d’ailleurs au seul collectif de l’entreprise concernée. Ils sont la propriété du « peuple souverain ». C’est à lui de déterminer les diverses formes de cette propriété publique, ses modes d’organisation et de gestion. Ce sont les travailleurs et les citoyens qui gèrent l’économie, au niveau des entreprises et à l’échelle du pays, au travers de leurs conseils et assemblées élus. Parce que l’appropriation publique ce n’est pas l’étatisation bureaucratique et centraliste. Une planification autogestionnaire doit tendre à réduire les décisions centrales aux grandes priorités, à distribuer autant que possible les compétences au niveau local et sur les lieux de travail, à favoriser l’épanouissement de rapports contractuels dans le cadre des options générales librement décidées. L’appropriation sociale et la planification autogestionnaire s’appuient donc sur une redistribution des pouvoirs permettant une remise en cause radicale des fonctions bureaucratiques de l’État dans la perspective de son dépérissement en tant qu’appareil bureaucratique répressif. » Manifeste de la LCR

    J’ai de sérieuses divergences avec certains aspects de ce texte mais il ne correspond pas à des propositions de gens qui seraient pour un capitalisme light. Sauf à essayer de prendre les gens pour des couillons.

    Maintenant, une fois le cadre posé politiquement , convaincre les gens (on n’en convainc jamais beaucoup) et surtout faire en sorte qu’ils fassent des pas en avant concrets qui leur en apprennent plus que mille discours sur la révolution, me parait ce qui est le plus utile.

    Pour un parti anticapitaliste et pour l’autogestion , les questions du TCE, du TCE-bis, des politiques fondamentales menées par l’UE, sont déjà des questions élaguantes entre ceux qui sont dans les faits et dans les actes anti-sociaux .

    Et cette question est très taraudante parmi les couches populaires.

    Ca ne suffit pas à faire des fées en tutu blanc et rose, le vote NON n’a pas rassemblé que des anges.

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