21 Déc 2008

Je partage, comme tant d’autres, l’espoir de voir se construire ce que Pierre Bourdieu appelait une « gauche de gauche » qui, sans complexe, reconnaîtrait la réalité de la lutte des classes, dénoncerait le comme responsable de l’exploitation des humains et de la nature et porterait un projet alternatif conduisant vers une société consacrant l’autogouvernement des humains en harmonie avec la nature.

J’ai, comme tant d’autres, souffert de l’échec rencontré lors de la tentative de donner au « non » de gauche au une traduction politique. Un échec dont la responsabilité première revient au Parti Communiste Français qui, une semaine après le référendum du 29 mai 2005, annonçait la candidature de MG Buffet, ce qui a conditionné l’attitude de la LCR et toute la suite.

Je tire, à l’inverse de beaucoup d’autres, des leçons différentes de cet échec. Et je ne veux pas revivre le scénario de 2006 qui n’a laissé, à gauche, qu’un champ de ruines. Et d’immenses déceptions. Or, j’observe que l’illusion, créée par les 125 propositions, d’une possible sur un projet alternatif, amène certains à reprendre le même scénario. Ces 125 propositions, dont certains aujourd’hui font une sorte de bible, restent pour moi comme le plus petit dénominateur commun dont je retiens surtout les sujets passés sous silence, les ambiguïtés et les concessions, toutes faiblesses consenties dans l’espoir de voir le PCF renoncer à imposer sa candidature.

Il faut tirer les conséquences de l’échec de 2006 :

1. il n’y a pas aujourd’hui de projet alternatif précis sur l’essentiel d’une perspective anticapitaliste. Mais seulement des ébauches telles qu’elles apparaissent dans le processus du , dans le processus dit de Miremont des écologistes radicaux et dans les intentions exprimées en termes généraux par les protagonistes de la « Fédération » en gestation.

2. il n’y a pas, à la gauche du PS, de stratégie commune pour éviter de (re)tomber dans les pièges du carriérisme politique et de l’alliance mortifère avec la social-démocratie. Il n’y a que de la confusion, des incohérences et des ambiguïtés dont l’appel de Politis fournit l’exemple le plus spectaculaire.

Le désir d’unité est à ce point fort que beaucoup préfèrent ne pas regarder cette double réalité et se précipitent à nouveau dans ce qui, les mêmes causes produisant les mêmes effets, reproduira l’échec de 2006.

Je propose une démarche différente de celles initiées jusqu’ici. Elle consiste à définir les caractéristiques d’une unité possible en privilégiant le contenu et la démarche. A mes yeux, la recherche de l’unité doit privilégier trois caractéristiques :

1) une unité sur un contenu réel qui ne renie pas les raisons pour lesquelles on a combattu ce projet de société que fut le TCE, qui couvre à la fois la question sociale et la question écologique et qui s’inscrive en rupture avec le système et non en accompagnement du système et de ceux qui le défendent ; autrement dit l’unité pour porter un projet anticapitaliste au contenu précis et pas seulement l’unité pour l’unité qui ne débouche sur rien ;

2) une unité qui s’inscrive dans la durée et ne se limite pas aux élections européennes. Quel sens aurait une unité qui, d’emblée, s’arrêterait après les élections européennes faute d’accord sur les enjeux nationaux ? L’unité doit être un processus continu. Sinon, elle n’est qu’une posture et un prétexte pour la formation d’un cartel électoral occasionnel réduisant la démarche à du pur électoralisme sans véritable volonté transformatrice. Il n’y a pas davantage d’unité à géométrie variable, une fois avec les uns, une fois avec les autres, au gré de calculs électoraux qui s’appuient sur un contenu réduit à des généralités. Il ne faut pas prendre les gens pour des idiots, les décevoir et risquer de les voir de nouveau se tourner vers de prétendus sauveurs ;

3) une unité qui ne soit pas seulement électoraliste et qui se retrouve sur le terrain, dans les luttes sociales et écologiques, contre la casse sociale, contre le démantèlement du droit du travail et des services publics, mais aussi contre le productivisme, le nucléaire, la marchandisation du vivant. La crise du capitalisme exploiteur et productiviste est une crise de civilisation que la démarche électorale seule ne pourra résoudre. Les résultats historiques du Front populaire ont dépassé le programme électoral limité du Front populaire parce qu’il y a eu un puissant mouvement social accompagnant le processus électoral et son résultat. Mais au final, le Front populaire a échoué parce qu’il ne remettait pas en cause la capitalisme et tentait, provisoirement, d’en atténuer les effets.

En toute bonne, foi, est-il impossible de se parler et de commencer à construire l’unité sur la base de ces trois caractéristiques ? Si certains veulent bien oublier leurs vieux contentieux personnels dont on n’a rien à faire. Si d’autres sont prêts à faire ce qu’ils disent. Si tous font passer à l’arrière plan leur préoccupation de boutique, que celle-ci soit minuscule ou en pleine croissance.

J’ai la conviction que c’est possible. Et je m’y consacre là où je milite.

RMJ

Membre du Comité d’Animation Nationale du NPA

21 décembre 2008.

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18 Réponses pour “L’unité, oui. Mais comment ?”

  1. L’unité, oui. Mais comment ? | NPA - Parti anticapitaliste dans le Morbihan a dit :

    […] Lu sur le blog de Raoul Marc Jennar […]

  2. Pons a dit :

    Bonsoir Raoul !
    Dans l’exercice de style qui nous est demandé afin de donner un nom au bébé
    à naître, j’hésite encore entre PPCM et PGCD.
    Avec la perspective des européennes qui se rapproche, générant d’innombrables « appels » (ça devient une spécialité de Politis, mais ils font école …), on sent déjà comme des crispations et d’ignobles senteurs de division. Je crains fort qu’on n’y coupe pas et que le NPA ne se casse la gueule sur ce premier obstacle. Je crains aussi, cher Raoul, que l’écologie ne constitue pas le liant suffisant pour éviter ce pire. On se battra bien sûr pour gagner, mais l’offre à gauche de la gauche me paraît aujourd’hui encore supérieure à la demande, aussi étonnant que cela puisse paraître dans un tel contexte.
    Tu parles des « préoccupations de boutique ». Oui, sans doute, mais l’esprit boutique procède d’une attitude culturelle acquise à grands coups de marchandisation et, politiquement parlant, ce pays n’est plus qu’une immense galerie commerciale où chaque boutique propose son produit, qui un nouveau parti, qui une fédération; qui un réseau. On peut même acheter par internet.
    Mais là aussi, c’est la crise, le pouvoir d’achat d’idées est en berne.
    Ce soir, c’est pas la joie, et pourtant notre comité local vient d’atteindre sa trentaine de cartes. Mais tous ces autres que je connais, dont je sais à quel point ils sont en phase avec moi, et qui pourtant, me regardent comme un zombie quand j’essaie de les décider à sortir de leur trou, c’est consternant !
    Des trois unités (comme au théâtre …) dont tu parles plus haut, seule la première est à peu près vécue. Il est là notre PPCM. La deuxième est à construire, mais dépend étroitement de la troisième, qui elle, n’existe pas encore puisqu’elle supposerait une condamnation définitive et sns appel du capitalisme, alors que la droite de notre gauche de gauche, Mélenchon mais aussi bien d’autres; chez les alternatifs par exemple, croit encore possible d’en conserver les mécanismes essentiels à condition de les « socialiser ».
    Tant mieux si tu as la moëlle, surtout si tu en as assez pour te rallier tous les boutiquiers dans une holding de l’espoir. Ce sont là souhaits qu’on peut s’offrir de bon coeur !!!
    Porte toi bien.
    Georges

  3. Van Praet Alain a dit :

    Il sera évidemment beaucoup question d’unité dans les mois à venir, une unité qui est certes souhaitable sur l’on se place sur le terrain des grands principes généraux. Mais le vrai débat, et je rejoins RM, c’est le contenu politique de cette unité, qui par ailleurs ne doit pas se contenter d’être une opération électorale ponctuelle et sans lendemains.

    Le NPA doit être ouvert au débat avec toutes les forces qui se situent à gauche de la gauche, mais à un débat clair autour d’un projet politique alternatif qui doit être anticapitaliste et éco-socialiste.

    Et qui n’esquive pas une question centrale : l’indépendance totale par rapport au social-libéralisme porté par le PS, toutes tendances confondues (Aubry et Royal) !

    De ce point de vue, les discussions avec le PC et e PDG (Mélenchon) devront apporter les clarifications nécessaires.

    Nous savons tous que le PC, au delà des élections européennes, est prêt à s’inscrire dans un projet de « gauche durable », c’est-à-dire dans une formule « gauche plurielle » relookée. Et il n’est pas certain que Jean-Luc Mélenchon ne soit pas prêt à gouverner avec ce même PS. Il est en tout cas disposé à travailler de manière étroite avec le PC qui, lui, ne cache pas son ouverture vis-à-vis dudit PS (pour sauver ses élus).

    Tout cela ne contribue pas à créer un climat et à réunir les conditions pour concrétiser le dépôt d’une liste « unique » de la « gauche de gauche » pour le scrutin du 7 juin.

    Il reste à souhaiter que la situation se décante dans la bonne direction et que MG Buffet, Jean-Luc Mélenchon et d’autres encore abandonnent toutes ambiguités et expliquent clairement le projet politique et les alliances qu’ils comptent réaliser dans les prochaines années.

  4. Raoul Marc Jennar a dit :

    @Van Praet Alain

    Bonjour Alain,
    On est bien d’accord. Mais ne réduisons pas les interlocuteurs pour l’indispensable débat sur l’unité, ses modalités et son contenu aux seuls PCF et PG qui incarnent tellement le passé et le passif d’une gauche traditionnelle. Entre, d’une part, un parti pétrifié, qui se conçoit comme une fin en soi et un professionnel de la politique habile à adopter la chose et son contraire et, d’autre part, les Alternatifs, les Ecolos radicaux, les Décroissants, les Altermondialistes, organisés ou pas, je fais une distinction nette sur des questions de fond qui sont les défis d’aujourd’hui : le productivisme, le nucléaire, la marchandisation du vivant, la conception du gouvernement des humains. C’est avec ces derniers, dont les aspirations anticapitalistes rejoignent largement celles véhiculées au sein du NPA, qu’il nous faut débattre d’abord. C’est aussi parmi ces derniers qu’on trouve la multitude de gens en attente d’unité sans esprit de boutique, sans calcul politicien. Ce sont ces derniers que le NPA décevra s’il ne dialogue pas avec eux. Pas les godillots de Buffet ou Mélenchon.

  5. Toucouch a dit :

    Bonjour,

    Si j’ai bien compris l’objet de ce texte, il est question des élections européennes de 2009 et de l’unité qui sera nécessaire pour y faire un bon score.

    Mais avant de poser l’éternelle question de l’unité pour les élections, s’est-on sérieusement posé la question de l’intérêt de se présenter à ces élections ? (Peut-être a-t-elle été posée, mais je ne l’ai pas entendue pour l’instant.)

    J’ai quitté Attac en 2004 à cause de la tentative de récupération « politicarde » (listes « 100% alter ») qui a eu lieu à l’occasion des diverses élections de cette année-là. En 2005, c’est donc en tant que simple citoyen que je me suis jeté de toutes mes forces dans la bataille contre le TCE.

    Aujourd’hui, je ne me vois absolument pas rencontrer mes concitoyens pour leur dire de voter pour une coallition de gens qui espèrent des sièges au parlement de l’UE après avoir tous dénoncé le TCE en 2005, et qui reprochent à peu près tous à l’UE d’être une parodie de démocratie dont les élus n’ont pratiquement aucun pouvoir politique réel. Je ne vois pas ce que je pourrai opposer aux interlocuteurs qui me diront que le NPA, comme tous les autres partis, cherchent juste à avoir des élus pour avoir des élus. Car, qu’y a-t-il à espérer de ces élections pour le NPA, hormis avoir l’occasion de montrer ses petits biscotos à la classe politique française et faire rentrer un peu d’argent dans ses caisses fort peu remplies ? Personnellement, je ne vois pas, et dans ces conditions, il n’est pas question que je mouille ma chemise pour cette mascarade.

    L’UE prouve en permanence son mépris le plus total pour la démocratie. Pourquoi le NPA, qui place la démocratie au centre de ses valeurs, n’appelle-t-il pas tout simplement à un boycott massif de ces élections ? Pourquoi ne pas demander aux citoyens qui ont voté « NON » en 2005 de tout simplement recommencer en mettant à nouveau un bulletin « NON » dans l’urne ? Pour une fois, le décompte des bulletins nuls pourraient avoir une signification claire.

    On m’a déjà objecté que le NPA ne devait pas avoir peur de prendre le pouvoir. Mais de quel pouvoir parle-t-on ? D’un pouvoir marginal qui ne permet certainement pas de fondamentalement remettre en cause le système. Si c’est juste pour prendre des postures et voter « NON » à la mise en place d’une taxe Tobin en disant qu’on est contre l’aménagement du système capitaliste (exemple totalement fortuit), je ne vois vraiment pas l’intérêt.

    Mais mes capacités d’analyse politique sont limitées, et ma connaissance du fonctionnement de l’UE plus limitée encore. Pourriez-vous donc, M. Jennar, me donner votre point de vue sur cette idée de boycott, sur le pouvoir effectif des députés européens et sur les perspectives de transformation sociale que l’on pourrait espérer en cas de « victoire » ?

    Par avance, merci. Cordialement.

  6. Raoul Marc Jennar a dit :

    @Toucouch
    Bonjour,
    Je ne partage pas du tout l’idée qu’on améliore la démocratie en s’en retirant, même si elle est imparfaite. Pour moi, boycotter des élections, qu’elles qu’elles soient, c’est toujours donner plus de pouvoir au pouvoir en place. L’abstention n’a jamais rien changé.

    Je suis de ceux qui critiquent le plus la destruction démocratique que représente la « construction » européenne. Je n’ai donc aucune illusion sur les pouvoirs réels d’un élu européen de transformer radicalement la société et même les institutions européennes. Il faut pour cela beaucoup plus que des élus (et c’est la même chose au niveau national).

    Toutefois, le Parlement européen est une tribune. Et une tribune qui a de l’impact. Si vous questionnez, par exemple, les quelques élus qui défendent les droits du peuple palestinien, ils vous diront qu’ils ne pourraient pas faire ce qu’ils font – qui est peu, mais mieux que rien – s’ils ne disposaient pas de ce titre de parlementaire européen et des moyens qu’il confère . Pourquoi, pensez-vous, tant d’opprimés du Sud viennent au Parlement européen chercher un appui ? Y compris contre les choix de l’Union européenne ? Et qui, croyez-vous, les écoute, si ce ne sont les quelques député(e)s de la gauche radicale ?

    Dans les matières où le Parlement européen (PE) est co-législateur, il y a une possibilité de faire un honnête travail, soit pour atténuer les effets néfastes d’un texte (ex : la proposition Bolkestein), soit pour pousser à son rejet (ex : les propositions de directive sur la privatisation des activités portuaires ou sur le temps de travail).

    Dans des domaines où le PE n’a qu’un pouvoir d’avis, quand la gauche radicale parvient à convaincre, elle peut bloquer la Commission (ex : les propositions de libéralisation des services faites par Pascal Lamy en 2003).

    Certes, ce n’est pas la révolution. Ce n’est pas la transformation du système. Mais cela peut permettre d’enrayer l’aggravation des maux du système. Si des voix anticapitalistes sont absentes, sauf à vouloir l’accumulation des souffrances pour provoquer le changement, la capacité d’endiguement est moindre.

    Pour avoir travaillé près de deux ans comme consultant du seul groupe parlemenaire à la gauche de la social-démocratie, j’ajouterai qu’une présence au PE, c’est une capacité de disposer d’informations de première main sur les intentions de la Commission européenne et donc une possibilité quasi unique d’être en mesure d’organiser au PE, mais aussi sur le terrain, les résistances et les ripostes qui conviennent.
    On ne doit pas avoir des élus au PE pour servir l’Union européenne, mais pour la combattre. C’est un lieu de ce combat parmi d’autres. Il n’y a aucune raison de le sacraliser, ni de le déserter.

    Il n’y a aucune possibilité de « victoire » de la gauche anticapitaliste aux élections européennes. D’abord, parce que le PCF rend l’unité du 29 mai 2005 impossible par ses exigences et son positionnement qui consiste à ne pas effaroucher le PS (son texte sur l’Europe est très en retrait des critiques du TCE). Ensuite, parce que le découpage de la France en 8 circonscriptions ne permet pas de transcrire en sièges la victoire au référendum du 29 mai 2005, ni même d’inverser le rapport des forces entre la gauche anticapitaliste et la gauche social-libérale.

    Mélenchon trompe les gens et crée de fausses illusions en faisant croire le contraire. Les réalités du découpage électoral pour les européennes sont là.

    Notre seule espérance est d’avoir dans ce PE quelques voix discordantes en capacité d’exprimer un autre discours que le discours dominant imposé par la sainte alliance de la démocratie chrétienne et de la social-démocratie. Et de miner la crédibilité de cette institution aux ordres des lobbies de la finance et du business.

    Je suis de ceux qui pensent que si la gauche anticapitaliste a des élus, il sera de leur devoir d’être présents autant sur le terrain des luttes que dans les discussions de Bruxelles et Strasbourg. Ils devront remplir un rôle d’informateurs de ce qui se trame dans les institutions européennes. Ils devront mettre les moyens dont ils disposent pour que nous devenions pro-actifs plutôt que réactifs. Afin que nous puissions donner aux résistances une efficacité qu’elles perdent lorsqu’elles s’expriment au plan national après que tout ait été décidé au plan européen. Afin que nous puissions organiser les mobilisations à un niveau où elles ne se réduisent pas à des combats d’arrière-garde.

  7. Toucouch a dit :

    @Raoul Marc Jennar – Merci pour votre réponse.

  8. Pingouin094 a dit :

    Je souhaite comme toi l’union, mais je tire une analyse légèrement différente de l’échec de 2006.

    Les « 125 propositions » ont démontré l’impossibilité de commencer par établir un programme commun et de s’unir ensuite. On peut le regretter, mais c’est un fait, commencer par construire le programme et s’organiser ensuite, c’est ce qui a causé l’échec de la candidature unique.

    Donc, ton point 1°) me parait une volonté de rééditer la tentative d’élaborer les 125 propositions de 2006 et donc conduire à un échec certain.

    Je pense au contraire qu’il faut progresser pas à pas, lentement, et construire au fur et à mesure que ça vient.

    Un programme commun complet et entier anticapitaliste, c’est impossible. Un programme commun au parlement de Bruxelle, basé sur le dénominateur commun qu’est le refus du TCE et du traité de Lisbonne, c’est possible.

    Demander aux différents partis d’oublier leurs identités pour s’unir ad vitam eternam, c’est impossible. Demander aux différents partis de marcher main dans la main sur un objectif clair, (en l’occurence, les européennes) c’est possible.

    Et après ? Me diras-tu ? Je te dirais : laissons du temps au temps. Voyons déjà comment se passeront les européennes, et si ça marche bien, il sera toujours temps de penser à l’avenir.

    Y aller lentement, mais sûrement, c’est peut être la meilleure façon de réussir, qu’en penses-tu ?

    PS : J’ajouterais que la base, c’est l’anticapitalisme. Ca ne fait aucun doute pour le NPA ou le PCF (c’est écrit dans leurs noms respectifs). Quant à Mélenchon, sur le bulletin d’adhesion à son parti, il y’a écrit « dépasser la logique capitaliste » et plus loin « le capitalisme n’est ni amendable ni humanisable ». Donc, ça me parait acceptable, non ?

  9. Didier a dit :

    Posté parRaoul Marc Jennar
    Je ne partage pas du tout l’idée qu’on améliore la démocratie en s’en retirant, même si elle est imparfaite. Pour moi, boycotter des élections, qu’elles qu’elles soient, c’est toujours donner plus de pouvoir au pouvoir en place. L’abstention n’a jamais rien changé.

    Un visiteur, récemment de passage en Lozère m’a dit :
    « Quand tous les dégoutés se retirent que reste t’il ? Les dégoutants » 🙂

  10. Chico a dit :

    Pingouin 094 a dit :

    PS : J’ajouterais que la base, c’est l’anticapitalisme. Ca ne fait aucun doute pour le NPA ou le PCF (c’est écrit dans leurs noms respectifs). Quant à Mélenchon, sur le bulletin d’adhesion à son parti, il y’a écrit “dépasser la logique capitaliste” et plus loin “le capitalisme n’est ni amendable ni humanisable”. Donc, ça me parait acceptable, non ?

    C’est écrit ?! Ah ben si c’est écrit…

    Mais c’est la pratique qui compte !

    Dans la pratique, le PCF a géré le capitalisme au sein du gouvernement Jospin (gouvernement privatiseur, gouvernement sous lequel la part des salaires a continué à décroître au profit du capital).

    Dans la pratique, des piliers du Parti de Gauche clament haut et fort qu’ils font bien toujours parti des majorités de gauche menées par le PS dans les exécutifs (mairie de Toulouse, conseil régional Rhône-Alpes…).

    Cerise sur le gâteau : j’ai entendu Jack Lang affirmer sans rire à la télé (il y a quelques années, 4 à 6 ans…?) qu’il était anticapitaliste.

    Chico

  11. tonton a dit :

    @Pingouin094
    D’accord.
    Évidement, vu le paysage politique français et mondial, seul un processus itératif, et avec objectifs clairs, permettra à une gauche de gauche d’abord de s’unir, ensuite de créer l’adhésion des forces indispensables à un changement politique. partis, associations-syndicats, sympathisants, …

    Prédéterminer un programme, donc énoncer à priori des mesures, au sens opérationnelles, est suicidaire. Il faut pourtant des objectifs raisonnables de transformations sociales. Recréer de la solidarité, et par là redonner du travail à chacun, casser la logique individualiste et suicidaire du capitalisme et du marché mercantile qui de fait crée des inégalités donc détruit dans leur essence, les sociétés – républicaines – démocratiques (et notre milieu de vie !).

    Les mesures à prendre sont donc des scénarios à évaluer à discuter, à élaborer avec prudence tant pour leurs effets que pour leur acceptation.

    Tout est encore possible dans une certaine sérénité, mais plus pour longtemps; on ne voit pas comment ce système féodal supporterait longtemps une contestation aussi radicale, qui évidement refuse la spoliation du bien commun.

  12. LAPEYRE a dit :

    A lire ces textes,comme ce que je peux lire par ailleurs, me font penser que je suis un extra terrestre ou un illuminé.
    Je commence donc par une citation d’Albert JACQUARD : Tu ne peux JE que parce que tu es le TU de touis les autres.
    Pourquoi cette référence ? Parce qu’il me semble totalement erronné de porter un jugement ou de figer des positions et des propositions d’un parti ou d’une personne ……. car ce parti ou cette personne exprime une idée qui est le résultat à la fois de sa « personnalité » et de son environnement.
    Alors, il est indéniable que cela soit une erreur, que cela ne traduise pas ce qu’il(elle) est. Cela dit, est ce que cela autorise quiconque à se positionner en juge, à classer « définitivement » ce parti, cette personne ? Qui peut dire, voire affirmer, que cet Autre est « malveillant », veut tromper les gens ? Pourquoi refuser à cet Autre le fait que ses agissements ne soient pas motivés par le désir d’apporter un « plus » pour le Collectif, le Sociétal ?
    Tel que je comprends ce que je lis, le rassemblement des forces de Gauche à la gauche du PS se résumerait à des Citoyen(ne)s isolé(e)s car nul n’est « blanc ni n’est « pur ». Et même dans cette configuration, quelle est la personne qui soit toujours en conformité avec son idéal, ses idéaux ?? Quelle est la personne qui peut affirmer que tel(le) ou tel(le) ne peut pas évoluer, corriger ses erreurs, son égarement ??
    Alors, commençons par accorder à l’Autre la confiance que chacun(e) estime mériter des autres.
    Pour ce faire, il faut avoir un projet car c’est lui qui sera la référence pour mériter et conserver dans le temps la Confiance des Autres. Je pense, à tord peut être, que la confiance ne se donne mais elle se mérite. C’est ainsi que chacun(e) sera en capacité de « rappeler à l’ordre » celles et ceux qui « dérapperaient » ….. Ca ne veut pas dire exclusion immédiate mais engagement d’un échange dont le but est de rappeler le respect de l’objectif. Bien évidemment, si celui ou celle qui dérappe occupe une fonction « dirigeante », son remplacement sera certainement nécessaire.

    Pour ma part, ma conception du rassemblement des forces de Gauche (là, je ne dis plus à gauche du PS car dans les forces de Gauche j’inclus les électeurs) ne se résoud pas seulement aux partis, mouvements et autres organisations. L’essentiel des forces de Gauche, ce sont les électeurs que je n’ose encore appeler Citoyens car ils n’en assument pas réellement les droits et les devoirs. Je ne les critiquent pas car le fonctionnement de la démocratie occidentale et de notre propre pays ne permet pas ce comportement ou du moins ne le facilite pas.

    Rassembler avec cet objectif implique inévitablement une conception démocratique qui donne plein pouvoir à la base, y compris celui de révoquer ses représentants.
    Nous avons à prendre exemple sur ce qui se passe en Amérique latine, la Bolivie entre autre.
    Rassembler avec cet objectif implique inévitablement de construire un projet politique avec la base. Ce n’est pas parce que le projet politique a été conçu avant la désignation du candidat unique qui a été cause de l’échec pour la présidentielle mais la bataille des Egos, des procès d’intention ….. et, je livre ma pensée, du « rejet » à priori du PCF. Selon moi, il avait tout à fait le droit de désigner un(e) candidat(e) à la candidature unique !!! Depuis, je crois plutôt que beaucoup de membres du CAUN étaient opposés à une candidature PCF …… C’est du passé, tirons les leçons qui s’imposent.

    Cet échec a montré le chemin qu’il reste à parcourir pour changer nos pratiques politiques, démocratiques et sociales.

    Le projet politique établi démocratiquement avec la base ne peut se résumer qu’à une seule élection. Il se projette sur le long terme et le rassemblement ne peut donc qu’avoir la même durée, c’est à dire « infini » à moins de considérer qu’il soit possible d’atteindre la Société parfaite, définitivement construite.
    Dans l’état actuel de notre organisation politique et « démocratique », le rassemblement des forces organisées de Gauche ne peut se faire que par « addition » des différentes structures sous le contrôle permanent de la base. Pourquoi ce retour permanent vers la base ? Si les dirigeants des structures peuvent aller à des accords « pour sauver le rassemblement », la base, elle, exigera que les accords soient conclus pour « sauver le projet », reflet des besoins et des aspirations du Peuple.
    Nous sortirons ainsi du processus classique qui nous a mené aux échecs depuis l’ére du programme commun.

    Depuis la bataille contre le TCE, je propose que soient pris en compte des textes de portée internationale pour ne pas dire universelle car cela nous permet d’avoir une vision nationale qui inclut l’international et un projet qui fédére au delà des frontières nationales, européennes et continentales.
    Avant de les énoncer, je demande à celles et ceux qui vont de suite réagir, en disant que ce n’est pas de l’anticapitalisme, de quand même mesurer la portée qu’aurait leur mise en oeuvre. Je veux dire à tous ceux là de bien prendre en compte la réalité de la vie politique française. Si les gens sont globalement d’accord pour le changement de Société, ils n’ont pas encore dit ce qu’ils entendaient par changement de Société ….. et, malheureusement, les discours et appels de la Gauche, même la plus à Gauche ne sont pas suivis par « les masses ». Pour concrétiser mon propos, je constate qu’il y a des gens bénévoles dans les associations caritatives dont beaucoup ne sont pas engagés, ni dans un syndicat, ni dans un parti …. Et pourtant la machine à créer des pauvres est bien plus efficace que celle sensée « sortir » les pauvres de leur misère.
    Sans se résigner à cette situation, cette réalité montre le décalage qu’il nous faut combler et nous n’y parviendrons qu’en partant de là où en sont les gens, de leur capacité à croire en un Autre Monde est possible, en une Autre façon de Faire de la Politique.

  13. LAPEYRE a dit :

    Une erreur de manipulation a fait que le message est parti avant la fin de mon intervention.
    Ce qui suit est à rattacher au message n° 12.

    J’en viens à mes textes.

    Il s’agit de la Déclaration de l’OIT de 1944, dite Déclaration de Philadelphie, de la Déclaration des Droits de l’Homme de l’ONU en 1948. A ces deux textes, peuvent également être annexés la déclaration du Millénaire de l’ONU en 2000 et celle des droits de l’Homme et du Citoyen de 1793.
    Ces textes, selon moi, malgré leur dimension « révolutionnaire » s’ils venaient à être mis en oeuvre, ont l’avantage d’avoir acquis l’approbation de la majorité des Etats du monde (donc, psychologiquement connoté de possible, voire réalisable pour les gens), seraient un liant fort, non négociable et référent pour le positionnement de chacun(e) et de tous, que ce soit pour un parti ou un Citoyen(ne).
    Qui pourrait refuser la prise en compte de l’un de ces textes ? S’ils ne sont pas aplliqués aujourd’hui, c’est parce que les Etats font ce qu’ils veulent et que les Peuples n’exercent pas leur contrôle ?

    Et c’est toute la responsabilité de celles et ceux qui seront en charge de conduire ce rassemblement de rédiger la charte de la « nouvelle pratique démocratique » pour que la base trouve une énième raison de croire en la possibilté de changer notre France … et le Monde. La déclaration de 1793 contient ce qu’il faut pour rédiger cette charte.
    Je crois, naïvement peut être mais en prenant en compte le fonctionnement des gens, toujours selon ma perception, que si nous franchissons cette étape là, le Peuple aura envie d’aller plus loin, de progresser au sens de l’organisation et de la vie de la Société, à l’opposé du progrès capitaliste qui se nomme productivisme, marchandisation, profits et qui produit pollution, guerres, misère, maladies, en un mot « l’enfer » pour la majorité des gens.
    Si nous savons et si nous voulons franchir ce pas démocratique, si nous voulons et savons regarder l’Autre avec ce souci du Respect pour faire Ensemble, alors, Oui, tout est possible.
    Si certains restent encore dans la position du juge suprème, alors nous courrons à l’éche. Les coupables seront ces juges et les responsables, nous tous les citoyen(ne)s qui les auront laissés faire.

    Debout le Peuple sera invincible. Citoyen(ne)s, mettons nous en marche pour construire cette Société tant espérée depuis des siècles. Reprenons les rennes pour conduire l’attelage au bon endroit, pas dans les banques mais sur la Terre, notre mère nourricière, celle où doivent régner Paix, Amour, Amitié, Fraternité, Liberté, Solidarité, Egalité, des valeurs universelles, rassembleuses par delà toutes les frontières.
    Sans aucune pensée de leader ship, sachons être à l’avant garde comme nos prédécesseurs le furent en 1789 et en 1793 …… et prenons le risque d’un tel défi car la crise du capitalisme nous y oblige !!!

    salutations citoyennes à tous.

  14. anny paule a dit :

    Je souscris tout à fait au propos de Lapeyre.
    Il ne doit s’agir, pour aucun des responsables et/ou dirigeants des partis, mouvements et courants de pensée de la gauche de gauche, de confisquer les droits du peuple souverain.
    Nombre de nos concitoyens souffrent au quotidien des méfaits, chaque jour plus criants, du système capitaliste en place. Plus nombreux, parmi eux, sont ceux qui ne sont pas « inféodés » à un quelconque parti ou mouvement… mais qui sont en attente de participation effective.
    L’exemple bolivien est un excellent exemple: la base réfléchit, se forme, propose ; les élus sont là pour appliquer les demandes communes et répondre de leurs actes devant l’ensemble des citoyens.
    Si les responsables des divers partis et mouvements, en France, en ce moment précis, ne sont pas en mesure de comprendre l’extrême nécessité de se fédérer pour répondre à la demande du peuple, si leurs egos passent avant l’intérêt général, l’intérêt vital… les capitalistes souverains ont de beaux jours devant eux et le fascisme rampant aussi.
    L’avenir nous appartiendra si, et si seulement, la sagesse l’emporte sur la volonté de puissance de certains. Aucun des différents partis n’est capable, dans l’immédiat, de peser, même s’il monte en puissance à la faveur du mécontentement général et de la crise… Il n’est d’autre solution que de se fédérer.

  15. Mistigris a dit :

    Ah bon ? Alors comme ça la responsabilité de l’échec du rassemblement de gauche pendant les élections présidentielles en incombe uniquement au PCF ? Je pense que chaque parti en est responsable, le PC comme la LCR et comme LO, la LCR en étant parti dès le début (au moins le PC a fait un effort de discussion…).

    Besancenot sait très bien ce qu’il fait (il est pour le moins aussi médiatique que José Bové), et il commence à avoir des attitudes pas très recommandables. Savez-vous qu’il a choisi le camp de la CGT contre les sans-papiers (ce qui lui a valu des échauffourées avec certains africains en grève depuis l’été, ceux de la Bourse du Travail, qui ont été lâchement abandonnés par ailleurs), alors, pourquoi, de la part d’un homme politique qui se réclame d’aucune alliance et d’aucune compromission ?

    Je sais bien qui vous êtes, je sais que vous étiez dans la campagne à Bové. Mais je pense que maintenant au sein du NPA il faudra se méfier de la bureaucratie en place depuis un certain temps, et se méfier d’attitudes qui ont pu être aussi bien reprochées au PC, que l’on pourrait qualifier, osons le dire, de staliniennes (nous en avons eu l’expérience avec les campagnes suivantes municipale et législative en Auvergne, pendant lesquelles des gens de la LCR de Toulouse nous ont étés parachutés pour contrer des tentatives unitaires d’extrême-gauche).

    Je sais que toute alliance doit être réfléchie, mais le NPA risque fortement de décevoir en son sein et à l’extérieur en refusant toujours de travailler avec des tendances proches de lui, et surtout en refusant le pouvoir politique. Car la LCR et Besancenot NE VEULENT PAS le pouvoir. Alors je sais très bien que c’est louable, mais la majorité des gens qui rejoignent le NPA ont plutôt l’idée qu’il y a une urgence, et tant pis, préfèrent pour l’instant le combat politique traditionnel… Cela risque de clocher au bout d’un certain temps…

  16. BA a dit :

    En France, dans les mois qui viennent, le contexte social sera explosif. Nous allons traverser une zone de turbulences terribles. Lisez cet article :

    http://www.latribune.fr/actualites/economie/france/20090119trib000333309/france-le-deficit-et-le-chomage-exploseront-en-2009-selon-bruxelles.html

  17. samy durand a dit :

    comment es-tu passé de la critique du néolibéralisme à la critique du capitalisme ?

  18. berlin a dit :

    Gut!

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