21 Août 2009

Chères Amies, Chers Amis,

Chers Camarades,

Comme Samy Johsua dans la contribution qu’il a adressée aux membres du CPN, je souhaite, à propos du débat qu’il appelle de ses voeux sur l’avenir de notre mouvement, « que tout le monde soit mis en situation de pouvoir contribuer aux élaborations à égalité« .

Lors du dernier CPN, j’avais appelé à ce qu’on s’interroge sur les raisons de l’effacement de membres venus au NPA par choix et qui sont aujourd’hui déçus. Non pas à cause de la stratégie adoptée à l’occasion des européennes, ni à cause du montant de la cotisation, mais parce qu’ils ne trouvent pas l’espace de dialogue dont la nature même du NPA fait devoir à tous ses militants, quelle que soit leur origine, de le privilégier. J’avais appelé à ce que le processus d’ouverture du NPA se poursuive.

Je connais des gens qui ont renoncé tout simplement parce qu’en dehors des luttes dans les entreprises, il n’y a, dans leur comité local, aucune place pour les combats écologiques ou pour les questions institutionnelles ou pour des débats sur des enjeux de société ou sur le capitalisme et ses alternatives (en dehors, bien entendu, de la lecture liturgique des textes sacrés du 19e et du 20e siècle). Et en plus, on les a envoyés paître chaque fois qu’ils ont tenté de mettre ces questions à l’ordre du jour. J’en connais dans le Morbihan, dans le Lot et Garonne, en Haute-Savoie, dans les Alpes de Haute Provence. J’en connais aussi dans d’autres départements qui m’écrivent qu’ils ne vont plus rester longtemps au NPA tant, à leurs yeux, le fossé est grand entre les principes fondateurs d’une part et d’autre part, le discours et la pratique du NPA au quotidien.

Allons-nous fermer les yeux devant ces départs «  sur la pointe des pieds » de militants qui avaient rejoint plein d’espoir le processus de création du NPA ? A celles et ceux qui ont décidé la création du NPA, je voudrais rappeler ce propos de Michel Benasayag : une erreur serait de croire « qu’il ne faut accepter la diversité que comme un impôt dont il s’agirait de s’acquitter. »

A la veille de l’Université d’été où malheureusement je ne pourrai pas, en fin de compte, me trouver (mon audition à Phnom Penh a été avancée au 2 septembre et je dois la préparer), je voudrais rappeler un très important chapitre du livre de Philippe Pignarre : Etre anticapitaliste aujourd’hui, Les défis du NPA.

Il s’agit du chapitre 5 où la question est clairement posée du choix entre un parti révolutionnaire ou un parti anticapitaliste et des implications de ce choix.

Je voudrais citer un passage extrêmement important à mes yeux (pp.126-127) :

« Ce qui est important, c’est que [les anticapitalistes] qui (…) rejoignent le NPA doivent venir l’enrichir de cette pratique qui les définit par ailleurs. Ils doivent pouvoir apporter dans le NPA cette compréhension du capitalisme qui est issue de cette manière de s’y opposer, (…).

La réponse la plus folle – autodestructrice – que les révolutionnaires pourraient leur apporter est de ne pas savoir les écouter, de ne pas comprendre qu’ils apportent avec eux le bruit du monde qui nous entoure et nous définit malgré nous, Si les révolutionnaires croient que les activistes anticapitalistes sont seulement « le symptôme de la carence des grandes organisations à répondre aux nouveaux enjeux », ils n’apprendront rien avec eux. Et s’ils n’apprennent rien avec eux, les anticapitalistes ne resteront pas ; ils partiront sur la pointe des pieds, car ils auront l’impression d’être inutiles. »

Le NPA est le projet politique nécessaire pour faire face aux défis du XXIe siècle avec des réponses du XXIe siècle. Pourvu qu’il tienne les promesses inscrites dans ses principes fondateurs et dans ses statuts.

Pour ce qui concerne le respect des cultures politiques différentes et des expériences militantes différentes, il y a eu, dans trop de cas, des défaillances. Et elles ont été tolérées. Pour protéger de vieux – ou de vieilles – camarades. Au détriment des nouveaux. Partis depuis lors.

Alors que je dois m’absenter jusqu’en septembre de l’an prochain pour des raisons professionnelles, je tiens à redire mon adhésion pleine et entière au projet que fut et que reste malgré tout le NPA. J’aimerais à mon retour pouvoir me réjouir des progrès accomplis et ne pas avoir à demander : qu’avez-vous fait de cet indispensable projet ?

Raoul M. JENNAR

CPN et CE jusqu’à ce jour.

20/08/2009

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6 Réponses pour “Message au NPA”

  1. Mylène a dit :

    Bonjour,
    Je suis militante NPA et je ressens une certaine forme d’inutilité de mes idées personnelles dans le NPA, comme si tout son discours était déjà prévu et bloqué à l’avance. Mais je ne me décourage pas et, avec mes camarades, nous écoutons, nous parlons, nous nous documentons, nous échangeons et menons une action locale concertée. Certains d’entre nous ont failli quitter le NPA, mais ne l’ont pas fait, pour l’instant.
    Ce parti sera ce que nous en ferons, nous, tous les militants qui ne partent pas.
    J’espère qu’en rentrant, vous aurez une impression toute différente.

  2. langue-rouge a dit :

    En tant qu’ancien de la LCR, mais de la génération 2002, j’ai constaté avec plaisir à la dernière université d’été que les choses començaient à bouger. J’ai vraiment eut l’impression d’être dans un nouveau parti, bien plus ouvert qu’à la LCR.
    Par contre je reconnais que ce n’est pas facile tous les jours de faire tenir ensemble certains « anciens » militants de la LCR que je qualifierais de dogmatiques et les nouveaux militants.
    En gros, c’est très inégal et cela dépends fortement de la réalité locale.

    La solution ?
    Que le national prenne à bras le corps le problème. Qu’il y ait une commission référente sur cette question (la commission démocratie interne?) à laquelle pourrait faire appel n’importe quel militant de base quand il a du mal à s’intégrer, et que le CPN et l’exécutif tappent du poing sur la table pour rappeler quelques vérités aux militants les plus dogmatiques et les moins ouverts.

    Mais encore une fois, rien ne se fera en douceur. Un tel processus suppose des grincements de dents, des chocs de culture et avant de prendre une décision quasi irréversible (quitter le navire) laissons un peu de temps au parti.
    Au moins jusqu’au prochain congrès.

    Tout cela n’empêche pas une meilleure structuration locale en développant des commissions localement. Moi j’habite en région parisienne, et j’ai à portée de main toutes les commissions mais il faudrait développer comme la Kilt des commissions « écologie », « quartiers populaires » etc…localement pour que l’intervention locale se diversifie.

  3. grassineau Didier a dit :

    Bonjour,
    Cette phrase, entre parenthèse, veut -elle dire que la candidature aux élections européennes était une mascarade, ou éventuellement une issue de secours financière ?

    ……. ( Alors que je dois m’absenter jusqu’en septembre de l’an prochain pour des raisons professionnelles….. ) , je tiens à redire mon adhésion pleine et entière au projet que fut et que reste malgré tout le NPA. J’aimerais à mon retour pouvoir me réjouir des progrès accomplis et ne pas avoir à demander : qu’avez-vous fait de cet indispensable projet ?
    Raoul M. JENNAR
    CPN et CE jusqu’à ce jour.
    20/08/2009

  4. Raoul Marc Jennar a dit :

    Comment peut-on qualifier de « mascarade » la somme des efforts consentis pour cette campagne ? Comment peut-on évoquer « une issue de secours financière » alors que les statuts du NPA prévoient très explicitement la statut financier de l’élu ?
    Faut-il avoir l’esprit pervers pour concevoir une telle question ! Mais bien évidemment on n’attribue à autrui que ce qu’on est capable de faire soi-même.
    Je suis, par profession, consultant en relations internationales. Il est normal que j’exerce ma profession là où elle m’appelle et que j’en accepte les contraintes. Mais ceci échappe sans doute à l’entendement d’un esprit malveillant.

  5. Didier Grassineau a dit :

    « Mais bien évidemment on n’attribue à autrui que ce qu’on est capable de faire soi-même. »

    L’attaque est la meilleure défense, mais moi aussi a mon petit niveau j’ai participé a cette campagne, distribué des tracts, collé des affiches, participé a des réunions…( comme celle de Marseille, par exemple ). Tout ça bénévolement, ni mon temps ni mon essence n’ont été remboursés comme pour les milliers de militants de toute la France.
    Je suis aussi trésorier local BENEVOLEMENT ! Alors pas de leçon sur mon honnêteté !
    Je comprend par ce texte que le NPA accepte le cumul de consultant et de député Européen, Il me semblait que pour faire correctement un travail, il fallait l’exercer a temps plein, j’ai du me tromper.

  6. Raoul Marc Jennar a dit :

    @Didier Grassineau-

    1. je n’ai aucune leçon à recevoir pour ce qui est du bénévolat
    2. le NPA est contre la professionnalisation de la politique, ce qui implique qu’on conserve une capacité à conserver/retrouver une activité profesionnelle soit si on n’est pas élu, soit après avoir exercé son mandat
    3. il est regrettable que se trouvent dans les rangs du NPA des personnes dont la malveillance et la suspicion sont manifestement les motivations premières.

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