07 Avr 2010

C’est avec une vraie tristesse que je dois faire part de ma grande déception. Comme des milliers de femmes et d’hommes qui, tout au long de l’année 2008, ont rejoint le processus de création du , j’ai cru que s’ouvrait une fenêtre d’opportunité avec la dissolution de la LCR et l’appel à un vaste rassemblement où devaient se retrouver celles et ceux qui refusent d’accepter le capitalisme comme l’horizon indépassable de l’humanité.

Au terme d’un processus qui a commencé avec le printemps 2008, force m’est de constater l’échec du projet NPA. La résolution adoptée à l’issue du Conseil Politique National (CPN) des 27 et 28 mars est sans appel : son point 8 confirme une ligne politique inchangée : celle de la démarche solitaire d’une avant-garde qui agit conformément à la tradition sectaire d’une faction de l’extrême-.

J’ai espéré – mes écrits en attestent – qu’allait triompher cette conviction qu’un parti n’est qu’un outil au service d’un projet et que privilégier son existence n’est, en aucune façon, un objectif en soi. Car l’échec d’une véritable union de la gauche anticapitaliste et antiproductiviste s’explique aussi par la religion du parti qui sévit dans toutes les formations.

Cette conviction fondait une espérance largement partagée de voir le NPA offrir un cadre nouveau et ouvert pour un large rassemblement de femmes et d’hommes capables de transcender leur passé militant pour réaliser l’indispensable . Ce faisant, je me suis aveuglé sur les intentions réelles des initiateurs du projet NPA, comme j’ai sous-estimé la pesanteur des allégeances et la capacité de résistance des appareils.

La campagne électorale pour les européennes et l’échec du NPA qui s’en est suivi m’ont ouvert les yeux : 1. même si, comme je l’ai souvent écrit, le temps est venu de s’interroger sur la forme « parti » (qui date du 19e siècle) de l’action politique ; 2. l’unité ne se fera pas en dehors et encore moins contre les appareils et les militants qu’ils encadrent ; 3. le projet NPA est prisonnier de la culture et des pratiques politiques de ses concepteurs.

La suite ne fut qu’une longue confirmation de ce triple constat.

« Perverare diabolicum », dit le précepte. L’heure est  celle d’un bilan qui ne peut être différé. Des urgences nous convoquent qui interdisent tout report. Des ébranlements se produisent à la gauche du PS dont il faut saisir l’opportunité. Des recompositions se préparent. Une autre gauche est possible. On ne peut pas passer son temps à rater les rendez-vous de l’Histoire.

Il n’est plus temps de s’épuiser à un acharnement thérapeutique totalement vain. J’observe les efforts pathétiques de quelques-uns qui, pour sauver l’espérance que le NPA a fait naître, vont jusqu’à scruter à la loupe les intentions subliminales supposées à l’origine de certains votes lors du dernier CPN. Je comprends cet effort pour sauver ce qui peut l’être. Mais il est vain selon moi. Il confirme cet aveuglement qui motive des pratiques stériles dont se nourrissent les appareils.

Qui ne voit, en effet, ne fut-ce que rétrospectivement, que pas un seul instant, dans le processus de création puis de direction du NPA, la décision n’a échappé à la petite dizaine de femmes et d’hommes qui sont à son origine ?

Qui ne vérifie, au jour le jour, que le logiciel qui encadre le mode de fonctionnement et alimente la pensée dominante du NPA demeure, pour l’essentiel, celui de la LCR ? Le mixage des cultures politiques réunies à l’origine du NPA ne s’est pas accompli.

Qui peut contester que l’écologie comme outil d’analyse du capitalisme et alternative politique ait jamais été intégrée sérieusement dans la démarche et le discours du NPA ainsi que cela a été déploré à maintes reprises et, récemment encore, par la commission écologie elle-même, à l’occasion de la préparation des textes pour les régionales ? L’écologie au NPA, c’est un sujet pour groupe d’études ; ce n’est pas une pensée intégrée dans l’action.

Qui peut nier que les libertés, la démocratie et les institutions qui la font vivre aient été des sujets délibérément négligés par la direction du NPA ? Alors que les libertés fondamentales reculent sans cesse, alors que des fondements de la démocratie sont remis en question, alors que les institutions subissent des mutations contraires à l’intérêt général, pas une seule réunion du Comité exécutif n’a été consacrée à ces questions.

Qui peut objecter que la pensée dominante au NPA se réfère principalement aux acteurs de 1917 ? Le NPA n’a été capable ni d’innover la pensée politique anticapitaliste, ni d’intégrer les réalités écologiques et sociales du 21e siècle, ni d’adapter son langage aux temps présents.

Quel esprit lucide peut se dispenser de procéder à un tel bilan ? On peut le partager ou le contester. C’est en tout cas le mien. C’est mon ressenti des deux années écoulées. Il n’est plus temps, pour moi, de me livrer à de vaines batailles d’arrière-garde où les contres-résolutions et les amendements et sous-amendements ne servent qu’à alimenter de stériles discussions d’appareil et à différer un diagnostic qui dès à présent s’impose : le NPA est cliniquement mort.

Je ne suis qu’un militant parmi d’autres. Déçu comme tant d’autres. Comme je l’ai déjà écrit, sur mon blogue, j’ai le sentiment d’avoir été bien plus utile pour la cause qui nous est commune quand, m’efforçant d’appliquer les conseils de Pierre Bourdieu, je décortiquais et dénonçais les accords de l’Organisation Mondiale du Commerce et les négociations gouvernementales qui sont à l’origine de la mondialisation néolibérale ou quand j’analysais le Traité constitutionnel européen et combattais sa ratification.

Parce que les altermondialistes ont, à de multiples reprises, vérifié la nécessité d’un prolongement politique à leur travail d’analyse et d’éducation populaire, j’ai cru que le NPA allait offrir cet outil efficace dont la a besoin. Dans la formidable bataille des idées qui nous oppose aux tenants et aux résignés du capitalisme, par rapport à ce que tout un chacun doit aux valeurs qu’il prétend défendre, je crois, avoir mieux servi celles-ci avec mes travaux sur l’Europe qu’avec ma candidature aux européennes.

J’ai donc, à regret, décidé de quitter le NPA. Désormais, libre de toute attache, je suis, comme beaucoup, en attente et en recherche, jamais las de scruter la moindre lueur d’espérance. Et résolu, avec celles et ceux qui ne se résignent pas au monde tel qu’il est, à construire des pour une alternative au capitalisme.

Raoul Marc Jennar

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97 Réponses pour “Les yeux qui s’ouvrent”

  1. Pierre Gaugain a dit :

    @ un peu tout le monde,

    correction orthographique à mon message numéro 30, il faut lire « ….sait ce que c’est », et non « …c’est ce que c’est », ce qui du reste ne veut pas dire grand chose….

    Maintenant j’en profite pour dire tout mon amitié à Raoul et lui faire savoir que j’ai vraiment honte de lire certains des commentaires présents dans cette discussion , qui ne sont je l »espère que l’expression d’une certaine jeunesse et du moins un manque d’expérience évident, même s’ils se veulent pas trop méchants comme celui juste au dessus de cette intervention,

    Bonne continuation Raoul, du travail, il va y en avoir et même de trop…..compte tenu de certains niveaux…de certains sectarismes.

    Pierre Gaugain.

  2. Raoul Marc Jennar a dit :

    Aux petits esprits qui ne sont capables de voir dans une démarche que de basses ambitions ou d’amères rancoeurs, je tiens à dire que rien n’autorise les procès d’intention qui me sont faits. Toute ma vie en témoigne : je n’ai aucune ambition personnelle. Si c’était le cas, sur le plan professionnel, j’aurais avant toute chose derrière moi ce qu’on appelle une « carrière » . J’ai plusieurs fois changé d’activité pour toujours rester fidèle à mes convictions. Si c’était le cas, sur le plan politique, j’aurais choisi les opportunités qui me permettraient d’être un élu. Est-il si difficile d’accepter que je puisse agir simplement par conviction ? En me trompant, peut-être, mais de bonne foi, sans nul doute.
    On ne me verra plus dans un parti politique. Mais on me verra militer pour des causes, en solidarité avec celles et ceux qui les partagent. Et tant pis pour les Georges Pons dont les propos frisent l’insulte.

  3. Raoul Marc Jennar a dit :

    @Georges Pons
    Difficile d’écouter France Inter depuis Phnom Penh !
    Quant à vous prendre pour le bon peuple, quelle arrogance !
    Le bon peuple, je suis, à mes heures libres, à ses côtés aujourd’hui dans les bidonvilles ou sur la décharge de Phnom Penh, comme je l’étais en Belgique puis en France, dans les corons ou dans les quartiers populaires.
    Et je n’appartiens à aucune élite.
    Votre mépris signe ce que vous êtes.

  4. job Lamer a dit :

    @Evelyne PERRIN – pourquoi appeler ça un logiciel alors que ce qui est en jeu ce sont des relations entre des humains en non des logorythmes

  5. jean-marie Robert a dit :

    J’interviens à nouveau pour signaler aux « Jivaros » du net que tout ce qui est excessif est dérisoire … que le débat sur l’action et la réalité du NPA, mérite mieux que des jugements lapidaires et injustes, envers Raoul.

    C’est comme prétendre maintenant que la campagne avec Bové n’a servi à rien, juste à créer de la confusion et finir lamentablement par un « lâchage » du Ténor du Larzac : rien n’est écrit et cela aurait pu se passer tout autrement, si …
    L’Histoire montrera un jour peut-être, que c’est le PCF qui a organisé la division de la gauche antilibérale, avec la complicité objective de la direction de la LCR, car ces 2 organisations ne voulaient pas d’une candidature … SALESSE, promise au sortir des votes des Collectifs et garante d’une véritable unité à la base. J’en suis toujours pas remis !!!

    Pour revenir à notre sujet, il est important de savoir si l’erreur était dans l’intention : la création du NPA !
    La question est délicate, non ?
    Les arguments de Raoul sont tirés de son expérience et ils sont sincères, comme tout ce qu’il entreprend ; ça n’empêche nullement de les discuter sur le fond.

    J’ai moi-même « commis » une erreur identique en intégrant la PG, suite aux déclarations « miel et sucre » de Mélenchon envers la « décroissance » ; la réalité vu de l’intérieur fut tout autre … et comme Raoul, j’en ai tiré les mêmes conclusions.
    C’est certain, il est très difficile de changer une organisation de l’intérieur ; ce qui était fondamental à sa création, le restera !
    Après, on peut se dire que le NPA se trouve dorénavant à la « croisée des chemins » et qu’il lui faut faire un choix déterminant = l’antiproductivisme, qui l’amènera à l’Ecosocialisme.

    J’ai participé à un Meeting à Rennes avec Krivine et je l’ai trouvé bien disposé à notre égard (les OC), admettant que la LCR avait perdu beaucoup de temps en refusant d’intégrer l’écologie dans toute sa dimension politique : maintenant, y a t-il réellement une volonté de sortir de l’ouvrièrisme et d’abandonner LO à sa funeste dérive … la « survie » est dans la réponse qui sera proposé.

    Le dernier texte de Löwy sur l’écosocialisme est très intéressant et pourrait servir de base à des discussions au sein de l »écologie radicale, afin de réaliser une plateforme politique commune.

    En pensant à toi Raoul, je cite ces quelques mots de Jean Cocteau :  » ce qu’on te reproche, cultive-le ! »
    Amitiés,

    Jean-Marie

  6. Raoul Marc Jennar a dit :

    @jean-marie Robert
    Merci, cher Jean-Marie. Et à bientôt j’espère.

  7. guillaume de Dieppe a dit :

    @job Lamer

    Le mot de « trotskophobie » m’amuse… comme s’il n’y avait qu’un seul trotskisme. En France, il y a au moins trois trotskismes et même beaucoup plus quand on regarde les différentes tendances au sein des mouvements révolutionnaires. Or ce n’est pas tant le Trotskisme qui est en cause que les pratiques et les paroles de ceux et celles qui, au nom d’une certaine orthodoxie, prétendent dire le vrai et neutralisent tout ce qui ne correspond pas à leur culture. Ce que disait Denis Berger au déut des 90′ est plus que jamais d’actualité…

    Nous devons découvrir d’autres chemins et effectivement approfondir notre reflexion sur l’écosocialisme. Je crois même qu’un forum sur l’écosocialisme s’impose aujourd’hui, une dynamique authentiquement participative qui reconnaît les diversités et ne prétendrait pas les subsumer à une identité monolithique.

    Un forum qui n’ait rien à voir avec une cpn ou un cnir qui le plus souvent sont des instances de non-choix où les différentes positions se neutralisent , où ce qui est déterminant en dernier recours sont les positions de pouvoir et non les orientations politiques.

    GB

  8. job Lamer a dit :

    @guillaume de Dieppe – dire qu’il y a trois trotskysmes c’est parler de trois organisations qui se sont réclamées du trotskysme et l’ont réduit à une petite sauce.
    je pensais à des militants de la trempe de Pablo ou Frankeal et bien d’autres dans d’autres pays.
    J’ai souvent été d’accord avec JM Vincent et denis Berger.
    Aujourd’hui il faut un mouvement écosocialiste qui luttera pour la gratuité et le « faisons le nous même ». Ainsi sera démantelé les fétichisme de la marchandise et de la croissance…

  9. job Lamer a dit :

    cependant , pour terminer, le mot trotskophobe est utile pour décrire le processus qui met tous sur le dos des prétendus magouilles trotskystes et oublie l’analyse concréte de la situation concréte et les formations inconscientes qui nourrissent nos aliénations politiques, sociales et religieuses…

  10. GUILLOT a dit :

    pour revenir au bilan du trotskisme, puisque j’entends encore les médias qualifier le NPA

  11. GUILLOT a dit :

    de trotskiste ! Je serais d’accord avec le regretté Daniel Bensaïd , on devrait parler de trotskismes. Beaucoup estiment que ce courant politique n’a plus lieu d’être depuis la fin de l’empire soviétique et en France la déstalinisation du PCF.

    Théoricien marxiste, Ernest Mandel, lui définissait le trotskisme comme une tentative d’explication du XX° siècle. C’est la théorie de la révolution permanente, démentie selon Philippe Pignarre dans son livre sur le NPA. En affirmant cela, je ne pense pas qu’il l’ait bien comprise. Et je pense qu’elle reste encore d’actualité, et comme au XX° siècle, elle est toujours « opérationnelle » à l’échelle internationale. La théorie trotskiste expliquait bien pourquoi la Russie, la Chine et Cuba furent les « maillons faibles » de l’impérialisme ainsi que la possibilité d’instaurer des régimes socialistes.

    Pour analyser le formidable développement de l’économie chinoise au XXI° siècle, l’économiste Michel Husson utilise comme élément d’explication la loi du développement inégal et combiné. Et celle-ci ne tombe pas du ciel mais provient, comme ile reconnaît lui même, de la théorie trotskiste de la révolution permanente !

    A mon niveau, j’emprunterai encore dans la panoplie des outils les concept de « front unique », d’auto organisation des masse » (en 1905, .Trotski fut aussi président du Soviet de St Pétersbourg), ou de « programme de transition » .

    Ce programme, il doit ressembler comme un goûte d’eau à une stratégie de conquête du pouvoir, même s’il prend l’aspect d’une plate forme renvendicative , véritable point d’appui pour les mobilisations.

    Ces mobilisations devraient atteindre l’intensité d’ une crise politique, économique et sociale telle que la question d’un nouveau pouvoir et d’une nouvelle constitution est posée.

    Il serait vain d’opposer la stratégie trotskiste de conquête du pouvoir à travers un programme de transition à l’exercice du suffrage universel. Même pendant la révolution russe, il y avait un parlement élu au suffrage universel avant, pendant et après octobre 17. Rosa Luxemburg, condamna sévèrement la décision des communistes russes de dissoudre l’assemblée constituante quelques semaines après octobre.Et les communards de 1871 firent élire leur conseil communal de Paris au suffrage universel (masculin) direct.

    Il existe donc un schéma trotskiste de conquête du pouvoir, alliant luttes extra parlementaires et luttes parlementaires. Aujourd’hui , le NPA en est loin.Et le Front de gauche ne partage pas du tout ce schéma non plus.
    Alors, en attendant que le NPA se dote d’une stratégie, définisse une politique d’alliance pour les (nombreuses) séquences électorales (chez les trotskistes « canal historiques »le terme de « Front unique » est réservé aux luttes) , il serait bon de « commencer par le milieu » et non de partir de rien.

  12. J.D a dit :

    RMJ quitte le NPA au moment où s’ouvre le congrès, regrettable mais bon!
    Plus important, son ralliement immédiat au texte unitaire de Braouezec et qqs autres, il faut se demander ce que ce texte apporte. L’appel à l’unité de la gauche radicale n’est pas nouveau, on a connu en 2006/2007 cent textes identiques, il n’aborde tout simplement pas la question qui fâche.
    Où s’arrête cette unité à gauche?, Cette gauche radicale unifiée peut elle comme l’a fait le le PC, puis ensuite le front de gauche (sauf en LR, Limousin et P de Calais) se rallier au PS et EE et gérer avec celui ci les régions et les départements dans le mêmes éxecutifs avec rigoureusement la même logique que la droite ?
    Non bien sur sauf à se renier sans arrêt.
    Alors nous sommes tous confrontés à ce dabat là: comment regrouper la gauche anticapitaliste sans être la force d’appoint au PS et à EE?
    Comment être independant , radical et le rester la semaine après les déclarations du week end, et savoir réaliser l’unité pour battre la droite, Sarkozy et sa politique que nous combattons tous sur la question sociale comme sur l’écologie?
    C’est cela, entre autres, qu’abordent les textes de congrès du NPA, RMJ est impatient, cela le rend amer. Dommage, sa voix était utile au NPA.
    J.D

  13. Raoul Marc Jennar a dit :

    @J.D
    Je ne suis ni impatient, ni amer. Déçu, très déçu, parce qu’au départ, le NPA était un beau projet. Comme l’écrit très bien un des membres du NPA : « la majorité des nouveaux adhérents n’ont pas envie de mener des « batailles internes » ce n’est pas dans leur culture. Batailles internes pour redresser une ligne politique qui aurait du être celle qui a été expliquée publiquement justement pour créer le NPA et qui a abouti à faire l’inverse. »
    Non seulement, ce n’est pas dans notre culture, mais pour beaucoup de celles et de ceux venus au NPA depuis le monde des ONG et des assoc, il y a un besoin de concret, un refus des palabres, un désir d’efficacité qui nous fait rebuter les interminables discussions sur des mots, des bouts de phrase, des textes, qui, en fin de compte, au niveau de l’action, ne changent rien. Et qui, vu les manipulations auxquelles nous avons assisté dès le congrès fondateur, n’ont rien à voir avec la démocratie (on nous affirmait que des amendements avaient été intégrés dans les textes, ce qui évitait d’en débattre et de voter, et on constatait le lendemain du congrès qu’il n’en était rien !).
    Effectivement, ce n’est pas notre culture et pour ma part, je n’ai pas envie de m’enliser là-dedans. Attendre novembre, c’est perdre 8 mois pour la difficile construction de l’unité.
    Comment regrouper la gauche anticapitaliste et antiproductiviste sans devenir la force d’appoint du PS ? Mais c’est le pari de l’unité ! Le pari d’inverser le rapport des forces, grâce à la dynamique créée par l’unité. Ce qui fut réussi en 2005. Oui, un pari, car il n’y a jamais aucune certitude aussi longtemps qu’on n’a pas essayé.

  14. Van Praet Alain a dit :

    @Raoul Marc Jennar

    Raoul,,

    Il est difficile de comprendre bien des aspects de ta logique.

    i. Tu prétends qu’il y a eu « manipulations » dès le congrès de fondation du NPA. Alors pourquoi n’as-tu pas quitté immédiatement ce parti et pourquoi as-tu accepté d’en devenir l’un des porte-parole lors de la campagne des élections européennes (où sauf erreur, tu as été l’une des sept têtes de liste du NPA) ?

    ii. Tu critiques aujourd’hui vertement le NPA, comme tu as critiqué violemment hier le PC ou le PG. Crois-tu que c’est en dénigrant ces partis que tu feras avancer la cause de « l’unité » ? Car, que cela plaise ou non, il n’y aura pas demain d’unité significative « à gauche de la gauche » sans le PC, sans le PG et sans… le NPA ! Et crois-tu que c’est en tapant sans cesse sur bon nombre de leurs militants (accusés pêle-mêle d’être des « manipulateurs », des « doctrinaires », des « sectaires », etc.) que cela favorisera l’indispensable instauration d’un climat plus serein entre « anticapitalistes » ? Il suffit de lire certaines contributions sur ce blog pour avoir une petite idée de la réponse…

    iii. Les appels généraux (et généreux) à l’unité sont aisés à lancer (chacun-chacune pourrait en écrire mille !). Mais ils n’épuisent pas la question de savoir sur quelles bases programmatiques ou stratégiques peut se concrétiser cette unité tant désirée. Car je suppose que tu n’est pas favorable à une unité sans principe. J’ai en tout cas le souvenir de certains de tes textes, écrits notamment à l’occasion des élections européennes, où tu fustigeais le schéma de « l’unité pour l’unité », sans un contenu clair. As-tu modifié ton point de vue à ce sujet ?

    iv. Tu donnes la priorité à l’action sur les « palabres ». Mais nierais-tu que les militants du NPA, comme souvent aussi ceux du PC ou du PG, mettent toutes leurs forces dans les batailles menées contre les politiques libérales et antisociales ? Pourquoi vouloir opposer théorie et pratique, discussion et action, dire et faire ? Les combats qui ont le plus de chance d’aboutir ne sont-ils pas les combats menés sur la base d’objectifs clairs ? Ce qui passe par de larges débats, y compris à l’occasion de congrès. Il est à ce propos étonnant de lire dans ta contribution que tu ne veux pas attendre 8 mois, alors que la lutte « pour l’unité » prendra beaucoup plus de temps et qu’il n’est même pas certain qu’elle aboutisse (tu considères toi-même qu’il s’agit d’un… « pari » !).

    v. Finalement, la véritable raison de ta démission, et de celle d’autres amis et camarades, ne tient-elle pas dans la difficulté d’être à un moment donné « minoritaire(s) » ? N’existe-il pas des militants que ne supportent pas de rester dans un parti ou dans une organisation dès que ce parti ou cette organisation ne défend pas intégralement leur(s) point(s) de vue. Certains ne préfèrent-ils pas avoir raison « tout seul » plutôt que des rester aux côtés de beaucoup d’autres, quitte à devoir assumer des divergences ? Bref, qu’est-ce que ton départ va apporter de plus aux débats au sein du NPA et de la « gauche de gauche » ?

  15. GUILLOT a dit :

    « Le refus des palabres, le désir d’efficacité qui nous fait rebuter les interminables discussions sur des mots, des bouts de phrase, des textes qui, au niveau de l’action, ne change rien ». Bref, la culture des « batailles internes » n’est pas celle de la majorité des adhérent-e-s, surtout si elle n’a pas la culture des militant-e-s aguerri-e-s, n’a pas lu, ou participé à une « école de formation » comme l’était tes exposés sur le TCE, Raoul.

    C’est aussi pour ses mêmes raisons qu’une partie des adhérent-e-s ont soutenu la motion B- du moins chez mois- assimilant la démarche unitaire du NPA au moment des régionales à des palabres inutiles, mais aussi dans leur esprit elle tournait le dos au projet fondateur du NPA !

    Le rejet de cette culture de la palabre, tu l’as pourtant bien surmonté dans tes 200 réunions publiques sur le TCE, en montrant où se nichait la « queue du saurien » dans ces textes abscons.

    A quoi bon soutenir un texte comme celui du dernier appel pour un « front de gauche élargie », lorsque tout le monde peut le signer pour la bonne raison qu’il écarte soigneusement les questions qui fâchent, permettant ainsi plusieurs « rêves » et jette en même temps injustement le discrédit sur « les logiques partidaires »?

    Inutile de te rappeler dans quelles circonstances est née la V° république gaulliste.

  16. Raoul Marc Jennar a dit :

    @Van Praet Alain
    Vous avez raison, camarade ; vous savez mieux que moi ce qui me motive : je ne supporte pas d’être mis en minorité ; je suis un ambitieux déçu; j’aime faire parler de moi, j’insulte tout le monde, etc, etc, etc,
    Votre vérité puise dans vos procès d’intention. Mais en matière de vérité, vous la détenez, n’est-ce pas ?
    Vous avez raison, je porte tous les tors dont vous et vos camarades m’affublez; ça vous va comme ça ?
    Je n’ai plus aucun désir d’échanger avec vous et je ne le ferai plus. Sans doute un signe évident de mon refus du débat, de ma lâcheté, etc, etc ,etc. Vous devez avoir en réserve une bonne série de qualificatifs, je vous fais confiance.
    Au fait, personne ne vous oblige à visiter mon blogue. Mais ce propos est, lui aussi l’indice de mon individualisme petit-bourgeois et de mon incapacité à accepter d’autres points de vue. Bien vu, camarade !

  17. Van Praet Alain a dit :

    @Raoul Marc Jennar

    Je ne comprends pas cette agressivité.

    Je m’efforce de mettre dans le débat quelques éléments de réflexion et quelques arguments,et en retour je dois me contenter, comme d’autres contributeurs, de phrases lapidaires et d’un refus de tout dialogue rationnel et argumenté.

    (Je ne sais pas d’où viennent -par exemple- des formules comme « ambitieux déçu » ou « individualisme petit-bourgeois », mais certainement pas des textes que j’ai postés ! ).

    Quant au blogue, est-il ouvert uniquement à celles et ceux qui sont entièrement sur la même longueur d’ondes, ou d’autres opinions peuvent-elles s’exprimer sans s’attirer des foudres verbales ?

    C’est évidement votre droit de ne pas « vouloir échanger » , mais si vous adoptez demain la même attitude avec toutes celles et tous ceux qui défendent un autre point de vue, et si tout un chacun se comporte de la même manière, « l’unité » sera bien difficile à réaliser !

    Dommage…

  18. J.D a dit :

    RMJ, ta décision a l’air douloureuse mais est douloureuse pour nous tous ex LCR ou non la période que nous traversons,car , acceptes en le postulat, nous avons voulu – et voulons toujours – construire une nouvelle orga – on peut se taire ou partir sur la pointe des pieds, tu as choisi de faire autrement, de le dire haut et fort , de t’exposer , tu sais les risques du débat, accepte la contradiction!

    On est en plein dans le débat de fond là.
    J’ai l’impression d’un remake des débats de 2006/2007 que tu as menés et assumés tu as choisi la voie Bové puis ensuite celle du NPA Quoi de neuf aujourd’hui dans cet appel?

    Tu dis: »c’est le pari de l’unité ! Le pari d’inverser le rapport des forces, grâce à la dynamique créée par l’unité. » Mais la dynamique ne résistera pas aux questions de fond qui ne seront pas réglées Oui ou non peut on plus en 2010 composer avec le PS qu’en 2008 alors que ce parti ne cesse son évolution à droite (M Valls demande aux syndicats d’ arreter la greve à la SNCF, Hollande réaffirme sur canal+ qu’il faudra cotiser + longtemps pour les retraites. De cela il faut tirer des engagements clairs qui définissent une stratégie, ce ne sont pas des discussions de vieux trotskistes!,

    je ne crois pas aux raccourcis qui sont des impasses et ce n’est pas un proces d’intention c’est l’énoncé d’un problême qui se pose à moi mais aussi à toi et à tes cosignataires.
    Sans rancune,
    JD

  19. Raoul Marc Jennar a dit :

    @Van Praet Alain
    Je ne veux plus échanger avec vous parce que vos propos ne se contentent pas d’exprimer un point de vue – ce que je respecte même si je ne le partage pas – mais ils sont chaque fois assortis de procès d’intention que vous me faites. Et je n’ai pas besoin de procureur.Je n’ai pas à être mis en procès. Point barre.

  20. Van Praet Alain a dit :

    @Raoul Marc Jennar

    Mais où sont donc ces fameux « procès d’intention » ?

    Dans les questions ouvertes posées par une démission ?

    Je constate que vous critiquez durement le NPA et que vous considérez que la machine à manipuler était à l’oeuvre dès le congrès fondateur (contribution 63). J’ai demandé pourquoi, dans ces conditions, être resté et avoir accepté de conduire la campagne des élections européennes. Pas de réponse.

    Je constate que vous considérez que la « forme parti » est dépassée et que vous n’hésitez pas, depuis des années, à contester les partis politiques, qui en ont tous pris pour leur grade à un moment ou à un autre : PS, Ecologistes, LO, PC, PG, NPA…J’ai demandé avec qui, demain, vous pensez pouvoir réaliser l’unité souhaitée. Pas de réponse.

    Je constate que les appels à l’unité ne manquent pas. J’ai demandé sur quelles bases politiques pouvait être concrétisée une démarche unitaire. Pas de réponse.

    Je constate qu’un débat large est ouvert au sein du NPA autour du bilan des dernières élections et dans la perspective de son premier congrès national. Je me suis interrogé sur la nécessité de claquer la porte dès maintenant, et j’ai demandé pourquoi ne pas mener le débat jusqu’au bout. Pas de réponse.

    Je constate que le NPA est un jeune parti. J’ai demandé s’il était raisonnable d’attendre de ce jeune parti qu’il change toute la donne politique en quelques mois et qu’il bouscule des pesanteurs plus que centenaires, J’ai demandé s’il n’était pas plus opportun et plus positif de laisser du temps au temps, car rien ne peut se construire en dehors de la durée. Pas de réponse.

    Si vous considérez que débattre, confronter des arguments, tenter de clarifier des positions, élucider ce qui est peu compréhensible, est une démarche de « procureur », alors je comprends votre peu d’empressement à « échanger ».

    Hélas, dans ces conditions, tous les dialogues et toutes les discussions présentes et à venir seront extrêmement compliquées.

    Et il ne s’agit nullement de ma personne (que vous ne vouliez pas débattre en voulant me le faire comprendre à coup d’invectives, de réactions épidermiques ou de « point barre », ne changera pas la face du monde, convenons-en). Parce que je ne dispose évidemment d’aucun « pouvoir  » et ne détiens aucune clé de l’évolution de la gauche de gauche en France.

    Mais je suis néanmoins préoccupé, comme d’autres apparemment, par l’hostilité que vous manifestez à l’égard de vos contradicteurs. Et j’ai la faiblesse de penser que ce type d’attitude, si elle devait être généralisée, n’annonce pas nécessairement des lendemains unitaires enchanteurs.

    Encore une fois, dommage…

  21. JACQUES Muriel a dit :

    Petit break entre amis : Que font deux Trotskistes qui se rencontrent ?
    Réponse, une scission

  22. Georges Pons a dit :

    Reconnaissons au moins que la démission de Raoul nous aura valu quelques belles interventions, qu’elles soient en sa faveur, ou de manière plus constructive qu’elles amorcent le débat indispensable que nous aurons, pour longtemps encore au NPA, car j’espère qu’il survivra à toutes les saignées, électorales ou non.
    Ce qui est vraiment curieux, c’est que les réactions de Raoul constituent en elles-mêmes un déni de possible unité, en tout cas sous une autre forme que les innombrables « appels » dont sont friandes les « personnalités ».
    Pour quelqu’un qui invoque l’efficacité pour justifier ses impatiences, ca manque peut-être un peu de cohérence ?

  23. job Lamer a dit :

    @JACQUES Muriel – et allons plus loin …Que font trois Trotskystes qui se rencontrent: au moins quatre internationales…
    Que font dix trotskystes qui se rencontrent au moins cinquante scissions…C’est comme compter les moutons, c’est un bon traitement en cas d’insommnie et que font deux trotskophobes qui se rencontrent L’un expliquent à l’autre qu’il n’est pas un vrai trotskystes et l’autre dit la même choses…
    mais que font des staliniens qui rencontrent des trotskystes: en france, ils décollent leurs affiches et les accusent de diviser mais en URSS ils les envoient directement au goulag…

  24. JACQUES Muriel a dit :

    Le problème de Mr Jennar, c’est qui est anti mondialiste mais pas anti capitaliste. Et pour nous, cela va de pair.

  25. DAVID a dit :

    Mr Jennard , je vous ai écouté avec plaisir lors de votre intervention sur la « constitution » européenne en 2005, à Mâcon.
    Eh oui, même si on trouve des militants ouverts au sein du NPA, la structure elle-même me semble dépassée par les questions qui se posent à l’humanité aujourd’hui.
    Je préfère un front de gauche qui se construit lentement (mais sûrement?) en France, de même on assiste à la montée de « die Linke » en Allemagne, et peut-être d’autres structures analogues dans de (nombreux?) pays d’europe, afin que celle-ci devienne sociale et écologique (pas comme l’économie sociale de marché écologique et sociale et hautement compétitive de la « constitution ». Il nous faut un processus démocratique qui parte des citoyens, avec des élus d’une vraie gauche qui fassent la synthèse de pensées politiques novatrices. Je pense en particulier au contre grenelle qui a eu lieu à deux reprises à Lyon pour contrer le grenelle de l’environnement de l’ultralibéral Sarkosy. Des textes sur ce contre grennelle se trouvent sur le site: http://www.contre-grenelle.org.

  26. Véro dolot a dit :

    Salut Raoul,

    Ben depuis les Européennes, il en a coulé de l’encre et des mails… T’as raison sur un point : p..tain que c’est dur au sein du NPA d’avoir de la légitimité si tu ne fais pas parti du cercle… J’avoue que j’ai été exactement comme toi, farouchement convaincue que ce parti était créé pour rassembler, enrichir, diversifier… Heu on dirait que je me suis plantée ma faucille dans l’œil! Soit tu es un bon soldat, soit tu es persona non gratta… La rencontre a été difficile entre ex-LCR et nouveaux militants… Très surprenant pour moi en effet de découvrir et d’appréhender un mode de débat très réglementé, où le mot camarade devient presqu’à tous les coups un préambule à une critique! Mais j’avais envie, donc j’ai fait l’effort et comme beaucoup d’adhérents du NPA qui n’avaient pas de cartes avant, ben je me suis plongée dans le champ lexical obligatoire… J’ai même lu « karl MArx pour les nuls » histoire de mieux comprendre ceux avec lesquels j’allais combattre, leurs références, parfois même leur vocabulaire… Mais depuis un an maintenant l’histoire se répète et l’appareil se met lentement en place, dégoutant peu à peu ceux qui croient au projet originel… J’avoue que l’idée même du combat que nous allons tenter de mener en interne pour que la démocratie vive au sein de ce parti me dégoute d’avance. Une sorte d’épuration sociologique est en cours : sois un bon petit soldat ou meurt! Mais là ou je ne te rejoins pas (faut bien sinon tu finirais par avoir la grosse tête…) c’est sur les motivations de ce cercle. Je ne crois pas qu’il s’agisse d’autre chose que de l’habitude. Habitude de la guerre des courants, habitude de passer sa vie à militer dans une salle de réunion, à s’écharper sur le fameux « avec qui j’accepte de combattre » et surtout, je pense que l’attitude autoritaire vient aussi de la panique : comment gérer cet afflux de militants qui, parce qu’ils ont pour beaucoup participé à la création de l’outil se sentent (à juste titre) légitimes pour agir et décider, mais aussi une panique de voir définitivement disparaître ce qu’a été la LCR… Peut-être l’erreur est-elle là? ne pas avoir tiré le bilan de l’ancienne structure? J’en sais trop rien et j’avoue que ce n’est pas l’envie qui me manque de t’emboiter le pas! Mais, (heureusement il y a un « mais » magnifique) j’ai des camarades au NPA (j’ai fini par adopter le mot, mais dans son sens originel…) ! Ceux de mon comité, et tous les autres, dont je sais qu’ils n’ont qu’une seule idée en tête faire la peau à ce système économique barbare! Alors l’unité avant même qu’elle soit une question de « chapelles » doit se faire sur un plan humain : si la personne à côté de moi s’est ralliée à cette bannière anticapitaliste, elle devient de fait mon « camarade ». Mon égal! C’est bien d’ailleurs là que ça coince souvent, le problème de ce parti égalitaire, c’est qu’il n’y a pas de petits barons dedans, pas facile même pour les trotskistes de voir disparaître les baronnies…
    Pendant ce temps le capitalisme poursuit sa dévastation et l’incinérateur fume au pied de ma maison… Mais c’est pas demain la veille qu’on ira taper dessus, d’abord faut qu’on décide du reste, comme ils disent…
    Je sui très déçue d’avoir raté ta dernière venue à Marseille! Pour être informé de la réunion ben fallait être dans un cercle (y’en a plusieurs il parait maintenant…) et moi je refuse d’appartenir à aucun… Dommage j’aurai aimé pouvoir échanger quelques nouvelles et te raconter comment je recyclais les précieux arguments que j’avais glanés au cours de tes meetings chez nous pour les Européennes…
    J’espère qu’on se croisera dans les luttes (si les débats internes nous laissent le temps d’y participer…)!
    A très bientôt
    Véro
    NPA Ouest étang de Berre!

  27. GUILLOT a dit :

    Véro Dolo

    J’ai beaucoup de mal à croire que « l’appareil[de l’ex LCR je suppose] se remet lentement en place » et pour plusieurs raisons.

    1) la direction nationale du NPA, notamment sur les campagnes où les choix d’intervention n’a jamais eu une « autorité » quelconque sur les comités, comme à attac où chaque comité fait ce qu’il veut dans son coin (l’exemple médiatisé du Vaucluse). De surcroît, son CPN est pléthorique, rendant difficile toute élaboration ou prise de décision débattue collectivement par l’ensemble du CPN.

    2) La « tôle » que la NPA a reçu aux régionales porte le coup de grâce à l’équipe dirigeante et beaucoup de d’adhérents risquent de ne retenir que sa faiblesse politique.Comme tous les adhérents, elle sait qu’il n’y a plus une majorité politique susceptible de prendre le gouvernail et qu’il n’y a plus de boussole non plus depuis la consultation nationale sur les motions A,B et C. Les membres du CE restent tout de même élus jusqu’au congrès de novembre, et (heureusement) peuvent toujours prendre des décisions, conformément au statut.

    3) il y a 7 textes issus du bilan des régionales traduisant 7 sensibilités différentes. Verra-t-on ensuite 7 plate forme différentes pour le congrè ?.Les Verts on connu à plusieurs reprises cet éclatement, y compris jusqu’au congrès. Ces 7 textes peuvent constituer des groupes de travail dans un premier temps. Mais on peut espérer un congrès moins éclaté (la majorité des membres du CPN n »ont pas encore pris position sur les 7 textes)

    Nous sommes plusieurs « vieux » de la LCR dans ma fédé et nous faisons le maximum pour laisser aux nouveaux adhérent-e-s prendre la relève pour les responsabilités. Le problème, c’est qu’il est difficile de trouver des militants expérimentés et qui acceptent de prendre des responsabilités parmi les primo adhérents. Celles ou ceux qui en ont volontairement pris sans expérience se sont mis en retrait, autant pour des raisons personnelles (recherche d’un boulot) que d’avoir surestimé les difficultés .

    Autre chose. C’est bien beau de « vouloir faire la peau à ce système économique barbare » Mais ces jeunes militants ne veulent pas aussi que le NPA perde son temps dans une démarche unitaire électorale ou pas avec le front de gauche, ni qu’on discute sur les élections en comité. Parlons plutôt comité de précaires, groupe femmes, coordination de collectifs, convergence des luttes, grève générale ! Ce « basisme » me rappelle d’ailleurs beaucoup celui des comités attac.

    Toute organisation comporte des risques bureaucratiques (ex du Réseau Sortir du Nucléaire avec le licenciement de Stéphane Lhomme, son porte parole). Aussi bien au NPA qu’ailleurs. la constitution d’un(petit) appareil au NPA n’est pas forcément signe de bureaucratisation. La meilleure garantie contre ce risque reste encore la formation des adhérent-e-s. Et la participation à un débat de congrès peut être aussi formateur ou susciter le besoin de se former.

    J’espère pouvoir convaincre les jeunes camarades activistes de ma fédé de s’y intéresser.

  28. Véro dolot a dit :

    @GUILLOT
    Mais moi tu vois je fais parti de la branche qui refuse de s’allier avec les socialistes, tant que ceux-ci ne se seront pas clairement prononcés sur le capitalisme, il en va de même pour EE… Je ne me sens pas sectaire de fait, j’ai juste décider de ne PLUS composer avec le capitalisme…
    Quand à l’interne : tu vois tu t’y mets : comment définis-tu le « militant expérimenté » dont tu parles? quel CV faut-il donc avoir pour espérer être légitime? quel diplôme en supermilitantisme? tu vois bien l’incohérence de ton propos : on a ouvert aux nouveaux adhérents, mais ils ne sont pas assez expérimentés pour prendre les rennes ? Ben ouai évidemment ce sont de nouveaux adhérents!! et puis je ne fais pas de distinction entre «  »jeunes » et vieux » ça n’a rien à voir avec l’âge!!! je fais une distinction entre ancien de la LCR et les autres… parce que moi j’ai des camarades très jeunes, anciens de la LCR et quand je les écoute, j’ai l’impression qu’ils ont mille ans de plus que moi…. La question reste donc : que faudra-t-il donc prouver quand on avait pas sa carte à la LCR pour espérer être légitime dans cette maison que nous avons contribué à créer ?
    Pour conclure tu me parles du CPN pléthorique…. où siègent 82% d’anciens de la LCR…. si même les militants diplômés n’arrivent pas à s’organiser où va-t-on ?

  29. GUILLOT a dit :

    Toujours un problème de vocabulaire entre nous. Quelle dommage ! Pas assez expérimenté pour prendre les rennes ?

    Nous avons des primo militant-e-s qui ne connaissaient pas l’existence des comités Bové par exemple, ne sont pas syndiqués, n’avaient jamais mis les pieds dans un collectif quelconque et leur première expérience militante ont été les comités NPA.

    Un certain nombres d’entre eux étaient même fier d’annoncer leur « virginité politique »! Nous leur avions jamais demandé un « certificat de légitimité » ni un CV quelconque pour prendre des responsabilités-ce qu’ils ont pourtant fait en 2008- au contraire ! Parmi eux, une qui représentait le département aux réunions du CAN précèdent le congrès de fondation a même accepté de se faire élire au CPN !

    Il en était déjà de même à la LCR au moment des présidentielles 2007, où nous avions accepté que 2 nouvelles recrues(un jeune tailleur de pierre et un ouvrier dans les fruits et légumes) issues de la campagne Besancenot soient dans la foulée candidats aux législatives (sur 3 circonscriptions) !

    Je fais(toujours) partie des anciens qui attendent avec impatience une relève mais j’ai dû accepter de prendre la trésorerie départementale, faute de volontaire (et puis c’est ingrat!).

    Il est vrai que j’ai commencé à avoir des responsabilités assez tôt (syndicales; lorsque j’étais jeune, j’ai été secrétaire d’un syndicat CFDT de postiers de 600 adhérents dans le 92). Cela m’a aidé beaucoup par suite , dans des collectifs ou associations notamment.

    Je trouve cet échange plutôt « surréaliste ». Pour moi en effet, le passage de relais aux nouvelles générations reste un des grands défis du NPA

    Les chiffres sur la composition du CPN que tu donnes ne correspondent pas à ceux transmis au l’endemain du congrès de fondation. Ils étaient plutôt 55/45, en tous cas dans ces eaux là. C’ est encore trop, je le conçois.

    Pour revenir à la LCR, pendant longtemps, avoir fait ses preuves sur le terrain pour prétendre siéger dans une direction nationale ( DN, aujourd’hui CPN) était indispensable . Ces preuves consistaient à avoir animer ou jouer un rôle important dans des syndicats, des collectifs, des grèves, sur des bases de classe et de masse, c’était en quelque sorte un CV.

    Lors des élections présidentielles de 74, la LCR avait proposé la candidature de Charles Piaget, militant du PSU, de la CFDT et l’un des animateurs le plus connu de la grève des Lip à Besançon. 1000 ouvriers avaient vécu un long conflit mais aussi une expérience de grève et d’usine autogérées aux rebondissements nationals (Messmer, le 1° ministre avait même montré son irritation par ses mots: « je le répète, Lip, c’est fini »! Lip, c’est fini »!).

    Une candidature pour les présidentielles symbolisant une véritable autogestion ouvrière, il n’y avait pas de meilleurs CV ! Et sa non adhésion à la LCR n’était pas un obstacle. Les leaders nationaux de son syndicat et de son parti (Michel Rocard) ont pourtant bloqué sa candidature, afin de ne pas gêner leur ralliement à celle de François Miterrand.

    Cela montre tout de même jusqu’à quel point l’esprit boutiquier de la LCR pouvait aller : soutenir la candidature d’un adhérent d’un autre parti ! (La LCR avait fait rebelote avec celle du communiste Pierre Juquin en 1988)

  30. Frédéric a dit :

    Eh oui, les rats quittent le navire !!
    Ou encore: qui veut noyer son chien l’accuse de la rage !!
    Mr Jennar, votre absence ne manquera pas au NPA; elle fait partie du tri naturel entre les vrais militants, qui en veulent et qui ne s’enfuient pas à la première difficulté, et les autres.
    Bon vent à vous.

  31. Christophe a dit :

    Bonjour,
    Egalement ex-LCR, parti depuis maintenant quatre ans, j’attends désespérément une changement de ligne. Que la LCR, ou plutôt le petit groupe qui le dirige, ne se considère plus comme « l’élite éclairée du prolétariat », sa conscience, parfois malgré et contre elle.
    J’en avais marre de ces discours portant une forme de mépris et d’élitisme envers les « masses », les « quartiers », les « travailleurs » etc. alors que le principe même qui nous porte est que tout un chacun est capable de penser et d’agir, de se représenter.
    Je me suis tenu au courant du NPA. Mais rien ne semblait bouger réellement. Votre départ confirme ce mouvement.
    Vite, ne perdons pas trop de temps !
    Avec tous mes respects
    Christophe

  32. Jean-Marie Bartoli a dit :

    Qu’est-ce que vous attendez, tous, NPA, PG, PCF, FASE, Alternatifs, Front Populaire du XXIe siècle, etc, etc, pour vous retrouver autour d’une même table alors que vos espoirs anticapitalistes sont les mêmes pour l’essentiel ?

    Ras le bol les pinailleurs qui ne réussissent rien d’autre qu’à démobiliser, qu’à briser tout espoir.

    Divisés, nous ne faisons que renforcer le courant droitiste du PS, alors qu’unis nous pourrions le faire éclater et l’obliger à se positionner clairement.

    Ras le bol tous ces « séminaristes » qui par leurs exigeances excessives ne veulent pas voir qu’ils laissent les mains libres à ceux qui nous font tant souffrir. La pureté à tout prix est l’ennemi des miséreux. C’est du sectarisme.

  33. Martine la Girondine a dit :

    @Jean-Marie Bartoli
    Nous sommes de plus en plus nombreux, je crois, à cesser d’obéir bêtement à des « dirigeants » dont l’objectif principal ( mais pas forcément conscient : ne sous-estimons pas – quoi qu’en dise Onfray – la découverte du petit père Freud ! L’inconscient « ça » agit à l’insu de nos pleins grés ) est de conforter leur « place » , leur pouvoir, leur contrôle sur le déroulement des évènements…Au nom du « bien du peuple » bien évidemment, puisqu’ils se considèrent comme « l’avant-garde éclairée » !
    Sauf que, peu à peu, « le peuple » commence à voir ce qui se passe…le peuple commence à ne plus avoir confiance dans ces « chefs bien aimés » de plus en plus descendus de leurs piédestals ( piédestaux ?? ) ! et commence à émerger ( oh très timidement encore) l’idée que l’on pourrait, nous aussi, le peuple, PESER sur les évènements, donner notre avis , se faire entendre …
    Alors, Jean Marie, ça avance – doucement – mais je crois vraiment que « ça avance » vers cette unité à la base , seule façon de gagner et de jeter dehors les vampires ( unis, eux ! ) qui nous sucent le sang…

  34. Pierre Gaugain a dit :

    @Martine, y a des fois j’ai envie de te faire des bises.

  35. Jean-Marie Bartoli a dit :

    Les multiples tentatives de regroupement (FASE, Coordination Nationale des Collectifs Unitaires, Front Populaire Anticapitaliste du XXIe siècle, Gauche Unitaire, Alternatifs, etc.) au sein de la gauche radicale confirme, s’il en était besoin, le ras le bol vis à vis des dirigeants de parti, NPA et LO en tête, qui cherchent continuellement à vouloir nous démontrer que le succès de cette gauche ne peut se faire que sous leur bannière. C’est mal cacher une incapacité à dialoguer, un refus systématique, devrais-je dire, de se mettre autour d’une même table, bref, une mentalité de dictateur, je le dis tout net, tant je finis par haïr ces soutiens objectifs de la droite capitaliste par captation de voix pour le seul bénéfice de leur égo.
    C’est le sens de la claque que s’est pris le NPA aux régionales, que la people-isation de Besancenot n’a fait qu’aggraver.
    C’est l’ensemble de la gauche radicale qu’on veut voir sur le podium, et pas le seul Besancenot ou tout autre.

  36. GUILLOT a dit :

    Tiens, « ces soutiens objectifs de la droite anticapitaliste », j’ai déjà entendu cela quelques parts….Je ne crois pas que l’emploi de ce genre d’arguments fera avancer l’unité de la gauche radicale.

    En tout cas, si certains pensent ici que le NPA est un allié objectif de Sarkozy (un autre a écrit qu’il est son ‘idiot utile » pour désigner Besancenot), qu’il soit cohérent avec lui même et ne demande pas à Besancenot de rejoindre JLM, Buffet et d’autres sur un même podium.

    Quant « au sens de la claque que s’est pris le NPA aux régionales », même dans la gauche radicale il y en a qui ont donné un coup de main.

    Des camarades du PCF Aquitain nous ont déclaré le 1° mai, que lorsque le président PS du du conseil régional a répondu au chef de file des communistes aux régionales: « le NPA, jamais sur mes listes ! » (c’était en octobre, déclaration reprise dans Sud Ouest »), les dirigeants du PCF Aquitain avaient décidé de tout faire pour écarter le NPA du rassemblement. Et il n’y a pas qu’en Aquitaine où des composantes de la gauche radicales ont manoeuvré pour écarter le NPA d’un rassemblement.

    La décence voudrait que chacun balaie devant sa porte.

  37. Jean-Marie Bartoli a dit :

    Balayez, mon cher, à chacun son balai.
    Je ne prendrai surtout pas la défense du PCF dans son conflit avec le NPA, tous deux faisant suffisamment bien le boulot pour se haïr toujours davantage.

    J’ai seulement voulu exprimer mon ras le bol des échecs récurrents, d’élections en élections, de l’union de la gauche radicale. Veuillez souffrir, cher monsieur, que j’en tienne le NPA pour le principal responsable.

    Le NPA seul ne dirigera jamais grand chose, sinon rien. Je le regrette, même si vous en doutez. La gauche radicale non plus. Donc, de deux choses l’une : soit on se cabre continuellement et exclusivement sur le monde parfait de nos rêves (ce qui revient à porter des oeillères et faire du surplace), soit on accepte la démocratie et donc ses compromis, à savoir que seule la totalité de la gauche réunie peut l’emporter.

    La seule voie réaliste consiste donc à tenter de forcer le PS à se tourner à gauche par des scores électoraux de la vraie gauche (i.e.radicale) l’y astreignant.

    Seule une gauche radicale unie peut nous le faire espérer. Dans cette hypothèse, le PS actuel éclatera très certainement en se clarifiant : la clique DSK deviendra ouvertement centriste en s’alliant à ses semblables, pendant que la tendance Emmanuelli (pour faire court) nous rejoindra dans la vraie gauche.

    A vouloir être à la fois dans l’électoralisme et l’anti-électoralisme, le NPA finit par se trouver nulle part. Et capter des voix au profit de qui ?

    (NB Vous comprendrez mieux mon positionnement si je précise que je milite à la fois au NPA, au PG et à la FASE dans l’espoir de forcer et renforcer cette union à gauche du PS.)

  38. GUILLOT a dit :

    C’est une stratégie que vous nous présentez ici mais Il y en a plusieurs envisageables à la gauche de la gauche libérale et la votre est aussi respectable que celle « en filigrane » dans les textes du congrès fondateur du NPA .

    Extraits:

    « C’est par le développement et la généralisation des luttes, des grèves généralisées et prolongées que l’on peut bloquer les attaques, imposer des revendications. C’est le rapport de forces issu de la mobilisation qui peut permettre la mise en place d’un gouvernement qui imposera des mesures radicales en rupture avec le système et engage une transformation révolutionnaire de la société.

    En finir avec le système capitaliste, suppose à la fois un bras de fer de longue durée, la force du nombre et une rupture avec l’État et les institutions dont il s’est doté, avec les institutions européennes et mondiales au service des classes dominantes. »

    « De la municipalité au parlement, nous soutiendrons toutes les mesures qui amélioreraient la situation des travailleurs, les droits démocratiques et le respect de l’environnement. Nous contribuerons à leur mise en œuvre si les élections nous donnent la responsabilité. Mais nous resterons fidèles à ce pourquoi nous luttons et ne participerons à aucune coalition contradictoire à ce combat » .

    J’appelle celle des textes fondateurs du NPA : »marcher avec 2 jambes », c’est-à-dire par les luttes et par les urnes. Et en 2009, le FDG avait aussi repris cette idée sur ses affiches lors des européennes.

    Mais je dirais que le NPA en a fait 3 « lectures » différentes en son sein:

    – privilégier la jambe « élections », quitte à diluer son programme anticapitaliste pour réaliser l’unité avec la gauche de la gauche lors des élections (pour résumer),
    -privilégier la jambe  » luttes » , quitte à se présenter seul aux élections afin de pouvoir présenter une plateforme super syndicaliste mais « hors sol » (« qui m’aime me suive »)

    – combiner luttes extra électorales et luttes électorales, ce qui nécessite d’avoir une politique unitaire praticable sur les 2 terrains avec des programmes toujours de rupture mais tenant compte en même temps de leurs spécificités (les compétences des régions par exemple).

    La critique faite du projet du FDG par de nombreux camarades du NPA et de vouloir rassembler toute la gauche et travailler pour cela à des majorités politiques ( antilibérale) de gauche, quitte à mettre son propre programme sous le boisseau .

    Or 90% des élus conseillers régionaux du FDG participent en signant des accords de mandature avec le PS à la gestion des régions, sans rapport des forces , sans leur programme et sans leur liberté de vote.

    C’est d’ailleurs pour ces raisons, l’absence de ces 3 conditions posées par le FDG, que les 14 élus du PG ont refusé de suivre le PCF et la GU qui sont entrés dans les gouvernements régionaux. Le PCF estime sans doute que ces 3 conditions étaient remplies !

  39. Jean-Marie Bartoli a dit :

    La volonté de chacun de forcer l’histoire me paraîtra tangible quand l’ensemble des partis et mouvances de la gauche de gauche acceptera enfin de se réunir autour d’une même table, leur anticapitalisme commun me semblant une base suffisante comme préalable. Une forte demande dans ce sens ne cesse de monter.

    Tous les « oui mais » me gonflent. Je suis en overdose de discours allant dans le sens de la division, improductifs et démobilisateurs.

    On finira par se détourner des jésuites, en faisant tout pour les affaiblir. En politique particulièrement, le mieux est l’ennemi du bien.

  40. Picard Brigitte a dit :

    La critique est aisée….

    Au fil des jours, des mois, je m’aperçois qu’en ayant franchi le cap du militantisme actif…je précise actif car être militant ce n’est pas seulement s’acquitter d’une cotisation mensuelle même si c’est déjà un soutien bien utile certes, mais qui ne permet pas ensuite de juger du travail et des démarches effectuées, notamment les tentatives de rapprochement consensuel, par les militants des comités.
    Je suis suffisamment active au sein de mon comité et du département pour pouvoir dire qu’il est parfaitement non fondé de nous reprocher, en ce qui concerne le département des Alpes de Haute Provence en tout ca, je parle de ce que je sais être sûr, de ne pas avoir pris l’initiative ( même !) de rencontres avec les différents partis de gauche dite radicale afin de rallier nos forces durant les campagnes électorales. Cette certitude qui est la mienne s’étend même à la région Provence Alpes Côte d’Azur car j’en ai suivi les  » différentes péripéties « .
    Pour savoir cela, il faut s’ être impliqué, participer, prendre de son temps de libre et ne pas se contenter d’avaler n’importe quelle couleuvre.
    Je suis persuadée que ce qui est vrai pour notre région l’est aussi pour nombre de régions et pour cause….chaque fois que cela a été possible nous avons fait des alliances, en ce qui nous concerne en PACA c’était avec les alternatifs.
    Qui rêve d’absolu si ce ne sont ceux qui s’entêtent à ne montrer du doigt que ce qui est imparfait au travers d’expériences individuelles qui leur permettent ensuite de porter un jugement collectif ?!
    Au fil des jours des mois donc, je m’aperçois qu’en ayant franchi le cap du militantisme actif, le citoyen  » dit libre de toute attache partisane  » fait peser sur les épaules des militants de lourdes responsabilités, des échecs ; on les affuble de travers dont on n’aurait pas songer à les affubler s’il n’avait pas décidé un moment de devenir militants politiques ; nous autres militants sommes dogmatiques…sectaires….et j’en passe.
    Bavardages que tout cela…..
    Le militant politique de tout poil, du militant de base qui se lève le cul le samedi matin pour aller tracter, en passant par celui qui va coller des affiches après sa journée de boulot et participe à des réunions associatives pour apporter sa contribution à des luttes qui lui tiennent à coeur, en passant par le militant que je ne connais pas qui nous écrit nos tracts du national, et encore celui qui fait partie des précaires et qui en chie plus que bien d’autres et qui va quand même aller prendre son train pour aller à la réunion du CPN à Paris…tous ceux là messieurs dames, ils ne méritent pas toutes les petites critiques mesquines et injustes qui leur sont faites ; elles glissent…et vous savez pourquoi ?! Parce que le militant qui reste et s’active….celui là a bien d’autres choses à faire qu’à discutailler et porter des jugements gratuits sur ce qui ne fonctionne pas….ou ce qui pourrait fonctionner mieux….ou ce qui devrait être autrement….il oeuvre l!!! Il agit à sa mesure….au sein des petites imperfections qui font la réalité d’un parti et de toute aventure humaine….il apporte sa modeste et non moins essentielle contribution à l’élaboration d’une organisation sociétale dans laquelle il croit.
    La Politique ce n’est pas un gros mot n’en déplaise à certains..au delà de tout ce qu’elle traîne d’échecs et de révolutions avortées ou récupérées, trahies, d’espoirs déçus, depuis des siècles..la Politique est une activité noble dans le plus beau sens du terme et pour qui s’engage collectivement..les échecs ne sont pas des blessures individuelles car ils sont portés collectivement par chacun de nous. J’ai choisi volontairement de ne pas dire assumer.
    Car ma foi, nous ne pouvons pas obliger le citoyen a voter autrement qu’à ce que j’appelle voter au pas cadencé du capitalisme  » gauche..droite..gauche droite !  » sans oser s’aventurer hors des sentiers battus même quand ceux ci sont épineux.
    en ce qui me concerne, nul doute que le temps donnera raison à celui qui participe au travail de création et d’élaboration.
    Et comme je dis souvent..nous n’avons pas d’obligation de réussir, mais nous avons le devoir d’avoir au moins essayé.

  41. Jean-Marie Bartoli a dit :

    Ce « devoir d’avoir au moins essayé », les plus anciens dont je suis l’ont mis en pratique dès la fin des années 60, dans la foulée du chamboulement de 68. Tracts, affichages, meetings, manifs, actions dans les usines (jusqu’à s’y « établir » même), séquestration de patrons, actions violentes parfois, etc., n’ont pas freiné la droitisation continue du corps électoral et l’affaiblissement concomitant de la gauche de gauche (avec quasi disparition du PC).

    Pourquoi ?

    Probablement parce que cette radicalisation de l’extrême gauche a affaibli la gauche électorale sans y imposer son propre flambeau, trop nourrie au poison de la division.

  42. GUILLOT a dit :

    De quelle « gauche électorale » parlez vous ici ? Celle du programme commun et de la gauche plurielle qui ont été 15 ans au pouvoir entre 1981 et 2002 ? En quoi a-t-elle été affaibli par « cette radicalisation de l’extrême gauche » ? Alors que celle-ci a dû patienter jusqu’en 1995 pour franchir la 1° fois de son histoire la barre des 5% à une élection européenne ?

    Parlons en de la « gauche électorale »

    En 1936, ce n’est pas le gouvernement du Front Populaire qui a « donné » la semaine de 40 heures et les 15 jours de congés payés car ce n’était pas dans son programme, mais un grève générale suivie par 1,5 millions de grévistes.

    En 1981-86, malgré ses 18% aux législatives et 4 ministres communistes, le PCF n’a pu réussir lui même à empêcher le tournant de la rigueur 2 ans plus tard.

    En 1995, par contre, c’est un gouvernement de droite, celui d’Alain Juppé qui s’est vu contraint par la rue de retirer son projet de loi de contre les retraites

    En 2003, une division syndicale orchestrée par la trahison de la CFDT eu raison des puissantes mobilisations contre la réforme Fillon-Chérèque sur les retraites

    En 2006, ce sont encore de fortes mobilisations dans la jeunesse contre le CPE qui entraînent dans leur sillage les organisations syndicales et réussissent à faire « retropédaler » un gouvernement et un parlement de droite qui avait pourtant déjà voté le CPE .

    La droitisation de l’électorat a bon dos lorsque cette même  » gauche électorale » au pouvoir applique des politiques libérales, ce qu’elle a vraiment fait entre 1983 et 2002.

    L’augmentation de l’absentéisme électoral, le maintien du FN , et l’apparition à certaines élections de résultats inhabituels pour des listes d’extrême gauche (municipales 2008) traduisent de façon différente une défiance vis à vis d’elle.

    Aux régionales, Le poison de la division n’existait pourtant pas en Limousin ou len Languedoc Roussillon. Pourtant l’addition des voix obtenue aux Européennes ne s’est pas retrouvée au 1° tour sur les listes unitaires FDG-NPA-autres dans ces régions, malgré une participation électorale plus élevée.

    Et dans les 7 régions où des listes PCF se présentaient au 1° tour en 2004 en réalisant en moyenne 7,7% (35% du corps électoral), 6 ans plus tard le score des listes « ensembles » ont pourtant réalisé une moyenne inférieure (7,4%)

    Et la « gauche plurielle » avait bien rassemblé cette gauche  » électorale » entre 1997-2002 (PS-PCF-Verts-PRG). Mais pour appliquer quel programme ?

    Je tiens compte de cette approche historique et je ne cherche pas à faire de l’anti -électoralisme. Pour conclure que je n’imagine pas possible d’appliquer une programme de mesure d’urgence ou de rupture partielle avec le capitalisme, sans majorité électorale pour un gouvernement populaire unitaire et sans mobilisations sociales pour l’appuyer.

  43. Jean-Marie Bartoli a dit :

    De quelle gauche ?
    Il me semble que j’évoquais clairement la gauche anticapitaliste (située à la gauche du PS), dont fait partie le PC jusqu’à preuve du contraire (avec le recul, il regrette certainement son entrisme dans l’alliance avec le PS qui n’en a fait qu’une bouchée).

    Je ne réclame pas la lune, mais seulement que des délégations de l’ensemble des partis et mouvances de la gauche radicale s’assoient enfin autour d’une même table ; d’une table neutre, c’est-à-dire ailleurs que dans les locaux politiques des uns ou des autres. Il est là le ferment mobilisateur.

  44. Jean-Marie Bartoli a dit :

    @ Guillot
    Me relisant, je conviens avoir manqué de clarté dans mon message du 9 mai 11h47. Veuillez m’en excuser.
    C’est bien d’un affaiblissement électoral de la gauche de gauche dont le parlais, au profit d’un renforcement de la fausse gauche conquise au capitalisme.

  45. Guillot a dit :

    @ jean Marie Bartoli

    Nous avons finalement un terrain d’entente: l’existence d’une fausse gauche conquise au capitalisme. Et certainement un second: la recherche de l’unité de la gauche de la gauche et de son indépendance vis à vis de cette fausse gauche, aussi bien dans son programme que dans les institutions. Afin d’éviter, après le PCF, qu’elle en fasse aussi de nous qu’une bouchée.

  46. Pierre Gaugain a dit :

    @Guillot et Jean Marie Bartoli,

    Cela fait plaisir qu’au bout d’un moment vous tombiez « presque » d’accord, une autre nouvelle, j’ai semble-t-il le même âge ou du moins j’appartiens à cette génération de 68, et bien figures toi Jean Marie, que je suis à la Fase mais aussi à EE, j’ai même aussi en même temps que celles d’EE collé des affiches du NPA pour les dernières régionales pour aider une amie du NPA femme d’un membre d’EE, qui ne pouvait coller les affiches dont elle avait la charge, et j’ai comme l’impression que ce que vous dites je l’entends également dans cette organisation, qui bien entendu, est un mouvement initialisé par les libéraux de droite, agents double, triple, quadruple, et autres fausses barbes ayant vendu leur « âme » au libéralisme….enfin tout ce que l’on dit de Cohn Bendit en particulier.

    Bien amicalement

    Pierre Gaugain

  47. philippe prouvost a dit :

    Bonsoir RM,

    je vous comprends parfaitement: je vous ai rencontré quand vous êtes venu à Chambéry: je suis depuis le référendum le même chemin que vous et depuis janv, je ne trouve plus l’énergie pour continuer au sein du NPA.
    le 1er mai, on m’a parlé de votre lettre que je découvre ce soir.

    le spectacle n’est pas réjouissant mais je pense que qq chose va se passer:
    amitiés militantes
    phil

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