13 Avr 2010

 

1) L’âge moyen de départ à la retraite est de 61,5 ans, reculer l’âge légal de départ à la retraite ne changerait donc rien. 

L’âge moyen de « départ à la retraite » est celui auquel on fait valoir son droit à pension. Ce qui est important, c’est l’âge de cessation d’activité. L’âge moyen de cessation d’activité est de 58,8 ans, et six salariés sur dix sont hors emploi (chômage, invalidité, inactivité ou dispense de recherche d’emploi) au moment de liquider leur retraite. Ainsi, très souvent, les salariés ayant eu une carrière courte et/ou heurtée, en particulier les femmes, liquident leur retraite à 65 ans pour pouvoir bénéficier d’une pension à taux plein sans décote, alors même qu’ils sont déjà hors du marché du travail.

Reporter l’âge légal de la retraite au-delà de 60 ans aurait une double conséquence : les systèmes de chômage ou de préretraites vont devoir financer en plus ce que les systèmes de retraite financeront en moins, et, en parallèle, la période hors emploi avant l’âge de départ en retraite s’allongera pour beaucoup, avec des ressources dérisoires ou nulles. L’âge du taux plein (65 ans) sera repoussé d’autant, signifiant qu’une proportion croissante de salarié-es devra reculer son départ pour atteindre la nouvelle borne ou bien avoir une pension amputée par la décote. 

2) L’espérance de vie augmente, c’est normal de travailler plus longtemps. 

L’augmentation de l’espérance de vie n’est pas nouvelle, elle n’a pas empêché que le temps passé au travail dans une vie baisse en parallèle. De plus, l’espérance de vie « en bonne santé », c’est-à-dire sans incapacité, est beaucoup plus faible que l’espérance de vie. Tout départ en retraite tardif obère de façon non négligeable le temps dont les salariés disposent pour jouir réellement de leur retraite. Enfin, les jeunes entrent de plus en plus tard dans la vie active et de nombreux salariés, dont une majorité de femmes, ont des carrières discontinues et n’arrivent déjà pas à réunir le nombre d’annuités demandé, alors même que les entreprises se débarrassent des salariés âgés. L’augmentation de la durée de cotisation ou le report de l’âge légal de départ à la retraite aurait donc des conséquences importantes lors de la liquidation de la retraite et se traduirait en pratique par une pension réduite pour le plus grand nombre. 
 

3) Les jeunes ne pourront pas financer les pensions des futurs retraités, il faut donc que ces derniers travaillent plus longtemps. 

Pour que les jeunes puissent payer les pensions des retraités, il faut qu’ils ne soient pas au chômage et donc que les salariés âgés laissent leur place sur le marché du travail aux nouvelles générations. Décaler l’âge de départ à la retraite revient à préférer entretenir le chômage des jeunes plutôt que de payer des retraites. La retraite par répartition repose sur un contrat implicite : la génération qui travaille prend à sa charge la génération en formation et la génération partie à la retraite. Ainsi, chaque génération monte sur les épaules de la précédente et la création de richesse est partagée entre actifs et retraités. C’est ce contrat intergénérationnel que le gouvernement et le patronat tentent de détruire en voulant faire travailler plus longtemps les générations les plus jeunes.  

4) Le système par répartition ne sera plus capable de garantir des pensions décentes aux jeunes générations, celles-ci doivent donc d’ores et déjà se prémunir en se constituant un supplément de retraite par une épargne privée. 

Si on estime possible de compléter les cotisations pour le système public par répartition par des versements dans une épargne privée, qu’est-ce qui empêche alors d’augmenter les cotisations et de garantir une meilleure retraite grâce au système par répartition ?  

5) Les fonctionnaires sont des privilégiés 

Le mode de calcul de la retraite est différent dans le privé et dans le public, mais cela aboutit à un résultat similaire. Dans le secteur privé, elle est calculée sur les vingt-cinq meilleures années et les primes sont prises en compte. Dans le public, c’est le salaire des six derniers mois, mais les primes ne sont pas prises en compte, et la retraite complémentaire n’est pas de même niveau que dans le secteur privé. Selon l’Observatoire des retraites, la retraite est plus élevée pour les fonctionnaires civils de l’État que pour les salariés du privé, car la qualification est en moyenne plus élevée dans la fonction publique ; mais, à statut comparable, les retraites sont à peu près équivalentes. 

6) Il y aura trop de retraités et pas assez d’actifs 

Les projections démographiques ne sont pas des vérités scientifiques et sont basées sur des hypothèses concernant plusieurs paramètres (fécondité, chômage, taux d’activité des hommes et des femmes, etc.). Déjà, depuis quelques années, les projections ont beaucoup varié. Ainsi, à la fin des années 1990, tous les rapports officiels prévoyaient un effondrement de la natalité. Il n’en a rien été. Jusqu’à récemment, les mêmes rapports prévoyaient un effondrement de la population active dans le futur. Les dernières prévisions de l’INSEE font maintenant apparaître une augmentation de la population active jusqu’en 2015 puis une stabilisation par la suite. En outre, les hypothèses retenues sur la population active sont très pessimistes, pour ne pas dire régressives : rien ne justifie en effet de projeter, dans la tranche de 25 à 45 ans, un taux d’emploi des femmes inférieur de 15 points à celui des hommes si ce n’est renoncer définitivement à toute politique visant l’égalité entre les femmes et les hommes. De fortes marges de manœuvre existent pourtant dans ce domaine, et un niveau d’emploi égal entre hommes et femmes signifie qu’on retrouverait le même ratio retraités/actifs qu’en 1970, donc sans aucune dégradation. 

7) On ne pourra pas financer les retraites

À moins de décréter la paupérisation des retraité-es, il est normal de couvrir les besoins sociaux liés à l’augmentation de leur part dans la population par un accroissement des prélèvements sur la richesse produite. Les déficits des caisses de retraite sont essentiellement dus au refus obstiné de le faire. Pourtant, le besoin supplémentaire de financement nécessaire aux retraites est réalisable puisqu’il a été chiffré en 2007 par le COR entre 1 et 2 points de PIB jusqu’en 2050, à comparer avec la chute de la part de la masse salariale de 8 points au cours des dernières décennies et avec l’explosion correspondante des dividendes, qui sont passés de 3,2 % du PIB en 1982 à 8,5 % en 2007. Il est donc juste d’augmenter la part des salaires et des pensions dans la richesse produite en s’attaquant aux profits. Le financement des retraites est possible à condition d’en finir avec l’actuel partage éhonté de la richesse au bénéfice des revenus financiers. C’est ce partage qui constitue le tabou à faire sauter, et non l’âge de départ. Il s’agit là d’un choix politique de justice et de solidarité.  

8) Les retraites nuisent à la compétitivité

Différents scénarios ont été étudiés, notamment avec l’hypothèse sur laquelle travaille le COR d’un gain de productivité de 1,5% par an. Il est tout à fait possible de garantir à la fois le maintien du taux de remplacement et une progression identique du pouvoir d’achat des retraités et des salariés – quoique inférieure à 1,5% puisque le nombre de retraités augmentera –, par une augmentation de 6 points des cotisations patronales entre 2009 et 2050. Cette augmentation n’aurait aucun effet sur la compétitivité des entreprises, puisque ce scénario est bâti en maintenant à son niveau actuel la part de la masse salariale (salaires et cotisations) dans la valeur ajoutée, donc sans impact sur les coûts.

Ce scénario, même s’il n’est pas le plus favorable aux salariés et retraités puisqu’il suppose que la part de la masse salariale reste à son niveau actuel qui est historiquement bas, rend totalement inopérant le seul argument du Medef contre l’augmentation des cotisations.  

9) Pour financer les retraites, il faut une croissance productiviste 

Fonder le financement des retraites sur le partage des gains de productivité  ne signifie pas que l’on mise sur une croissance économique forte. Quels que soient les gains de productivité futurs, ils devront être partagés entre le niveau de vie de tous, actifs comme retraités, la satisfaction de nouveaux besoins sociaux et la diminution du temps de travail. 

10. Les dispositifs familiaux sont contraires à l’égalité entre les hommes et les femmes 

Ce sont très majoritairement les femmes qui prennent en charge les enfants et la gestion du foyer. De ce fait, elles sont pénalisées dans leur carrière, elles s’interrompent ou travaillent à temps partiel. Même en intégrant les dispositifs familiaux dont elles bénéficient, leur retraite est en moyenne inférieure de 40 % à celles des hommes. Ces dispositifs sont donc encore aujourd’hui essentiels pour réduire les inégalités de pension entre femmes et hommes. Pourtant, le droit communautaire européen remet ponctuellement en cause l’existence de tels dispositifs. C’est une incohérence, puisqu’il reconnaît par ailleurs la notion de discrimination indirecte, c’est-à-dire la légitimité à donner un avantage particulier dès lors que celui-ci permet de réduire des inégalités sociales ou de sexe. Il est impossible de se réclamer du principe d’égalité pour augmenter les inégalités.

Sites d’information

    * Attac : http://www.france.attac.org

    * Attac et Fondation Copernic : http://www.exigences-citoyennes-retraites.net

    * Conseil d’orientation des retraites (COR) : http://www.cor-retraites.fr

    * Observatoire des retraites : http://www.observatoire-retraites.org

    *Jean-Marie Harribey : http://harribey.u-bordeaux4.fr/travaux/retraites/index-retraites.html ; http://alternatives-economiques.fr/blogs/harribey

    * Michel Husson : http://hussonet.free.fr

    * Vive la répart ! : http://reparti.free.fr

    * Retraites-Enjeux-Débats : http://www.retraites-enjeux-debats.org

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11 Réponses pour “Dix contrevérités à propos des retraites”

  1. Michel B a dit :

    Tellement vrai mais il fallait oser l’écrire ! Merci

  2. Pierre Gaugain a dit :

    Bien sûr que tout ceci est vrai, mais il me semble aussi que pour augmenter les rentrées dans les caisses de retraites, il faudrait aussi augmenter les salaires, puisque les retenues s’effectuent en pourcentage….ça je pense que sur ce point la majorité des salariés est d’accord.

    Et là aussi c’est bien entendu possible, rappelons nous 68 et l’augmentation du smig (smic de l’époque) de 35 % si mes souvenirs sont exacts….augmentation bien entendue « récupérée » au fil des mois et années suivantes par les augmentations des prix et les blocages des salaires méthode de management et de gestion de plus en plus en vogue, car paraît-il d’un grand pragmatisme…. pour ce système effectivement c’est pragmatique….

    Il faudra bien inventer autre chose, je me demande si certaines interrogations sur la position de l’individu par rapport à la production, la consommation, l’écologie, et….aussi peut-être une autre façon de gérer l’économie même de marché par, par exemple l’autogestion n’est pas en train avec plus de 40 ans de retard de refaire surface et de devenir une piste vers laquelle beaucoup de regards se tournent….

    Sans doute est-ce là, la raison du relatif succès d’EE, qui n’en est à ce jour qu’à l’élaboration de sa réflexion, imaginez l’histoire quand elle va apporter certaines solutions, vous savez ces « coopératives » dont il est fortement question….

    Mais « n’anticipons pas », pour reprendre la formule d’un humoriste défunt, « comme disait Mathusalem a qui l’on parlait de la retraite des vieux »….

    Bien amicalement,

    Pierre Gaugain

  3. JOS a dit :

    Les retraites il n’y a pas de problème, voici pourquoi :

    – Le patronat reçoit chaque années pour 65 milliards d’euros de subventions de l’état (35milliards) des collectivités locales et de l’Europe libérale qui échappent aux cotisations sociales ( Sécurité sociale et retraite).(cf le Canard enchaîné du 14 avril 2010)

    -Selon les statistiques de la banque de France, les actifs français du CAC40 ( les 40 plus grosses entreprises cotées à la bourse de Paris) gérés par des banques tricolores dans ces paradis fiscaux atteignaient 538 milliards de dollars en 2008.
    Ces entreprises du CAC40 , grâce à leurs filiales dans les paradis fiscaux, ont pu faire échapper 538 milliards de dollars soit 393 milliards d’euros à l’impôt et aux cotisations sociales. D’après les calculs de Daniel Lebègue, ex-directeur du Trésor, le manque à gagner fiscal correspond à plusieurs dizaines de milliards par an.  ( cf article d’Agata Kovacs, pour Mecanopolis, du 2 mars 2010, avec les informations du Canard enchaîné et des quotidiens suisses La Tribune de Genève et Le Matin) : http://www.mecanopolis.org/?p=14222

    – 456 niches fiscales qui permettent aux nantis d’échapper à l’impôt et aux cotisations sociales, celles-ci représentent 110 milliards d’euros de manque à gagner pour les recettes de l’Etat. Soit plus des trois quarts du déficit budgétaire de la France ( déficit budgétaire de 150 milliards en 2009).(cf le Canard enchaîné du 14 avril 2010)

    Supprimons 50 milliards de subventions françaises aux entreprises, récupérons les 110 milliards de manque de recettes, plus les cotisations SS et retraite de plusieurs dizaines de milliards qui s’appliqueraient sur 393 milliards d’euros d’actifs placés dans les paradis fiscaux, sans parler de ce qu’on ignore!
    La totalité des sommes récupérées dépasserait les 200 milliards d’euros par an, alors il n’y a plus de problème pour financer les retraites et pour combler le trou de 10 milliards en 2010 de la Sécu et financer très largement les besoins sociaux de ce pays qui ne sont pas couverts CQFD. (Ce Qu’il Fallait Démontrer).

  4. Intartaglia André a dit :

    Dans le débat sur les retraites la notion essentielle de salariat est évacuée, seule la notion d’emploi sert à justifier la possibilité ou non de financer les retraites par répartition.
    Je vous engage tous à lire l’excellent livre que Bernard Friot, chercheur, ex prof d’économie à Paris X, un des responsables de l’Institut Européen du Salariat (http://www.ies-salariat.org/) vient de publier : « L’Enjeu des Retraites  » (http://www.ies-salariat.org/spip.php?article100).

    Ceux qui ont envie de voir advenir un jour le dépérissement de l’Etat, auront de quoi envisager un autre monde possible.

  5. jacques a dit :

    Il existe une onzième contre-vérité, c’est celle consiste à ne voir que le débat franco-français alors que l’orientation générale est décidée à la Commission Européenne. En Grèce, la jeune génération dite à 800 euros et les salariés se battent depuis 2008 contre les conséquences des orientations libérales de l’UE que ce soit contre la précarité et les réformes des retraites. La panique sur les marchés pour punir la Grèce et faire reculer la lutte des travailleurs a été déclenchée par la note de réflexion « Retrait et expulsion d’un pays de l’UE et l’UEM » rédigée par Phoebus Athanassiou Conseiller juridique de la Banque centrale européenne.

    Voir le document en anglais ici :

    Merci d’en tenir compte dans votre réflexion afin d’être plus efficace pour lutter pour une retraite décente pour tous.

  6. JOS a dit :

    On nous ment (comme d’habitude), les MEDEF-gouvernement-médias jouent le scénario catastrophe sur les retraites. ils annoncent des déficits abyssaux, rien quand 2010 le déficit serait de plus de 30 milliards, d’où sortent-ils ce chiffre ?
    Ainsi ils claironnent que le besoin de financement annuel du système de retraite à l’horizon 2050 varierait dans une fourchette de 72 à 115 milliards d’euros, en fonction des hypothèses économiques, selon un document de travail du Conseil d’orientation des retraites (COR).

    La fourchette est large, et la prévision très peu crédible. Comment connaître la situation de la France dans 40 ans? C’est impossible. Les experts sont toujours aussi peu sérieux, eux qui n’ont pas vu venir la crise financière, comment peuvent-ils prédire le déficit de la retraite 40 ans en avance!!!
    Ce rapport est un instrument pour faire peur, en annonçant des déficits astronomiques (plus c’est gros, mieux cela passe auprès des gens) pour qu’ils acceptent les désirs du MEDEF.

    Il élude le facteur salaire qui est très important tout autant que le facteur chômage. En effet, plus les salaires sont élevés plus les cotisations sociales sont importantes diminuant de facto les déficits sociaux. Le gouvernement et le patronat se gardent bien d’évoquer se sujet, eux qui ont gelé les salaires depuis des années, et entendent continuer. En conséquence, les déficits sociaux se creusent de plus en plus.

    Ce rapport est une imposture, mais gouvernement et patronat s’en servent comme arme de guerre pour faire mordre la poussière aux salariés. D’ailleurs ce sont eux qui préconisent l’allongement de la durée de cotisation et qui organisent en même temps le chômage des jeunes et des salariés de plus de 50 ans sans parler des temps partiels contraints.

    Pour la caisse nationale d’assurance vieillesse (Cnav) qui gère la branche retraite du régime général de la sécurité sociale, le déficit 2008 était de 5,5 milliards, il tournerait encore autour de 5 milliards en 2009 (Pour mémoire l’Assurance-maladie le déficit 2008 était de 4,2 milliards en 2008).Par ailleurs, le déficit t2009 des caisses de retraites complémentaires des salariés est de 1,4 milliards(voir***). Les déficits sociaux sont donc ridiculement faibles par rapport à la dette de 150 milliards de l’État.

    Le rapport du COR est de l’INTOX, pour justifier les petites retraites et un temps de travail plus long. Le gouvernement veux inciter les salariés à prendre des assurances retraites privées pour la grande joie des banques ( il y a beaucoup d’argent à gagner) afin d’avoir soit-disant une retraite décente.

    Concernant les 200 milliards d’euros annuels qui pourraient-être récupérés par l’état français (50 milliards de subventions aux entreprises + 110 milliards de manque à gagner due aux niches fiscales + environ 40 milliards de manque à gagner fiscal sur les 393 milliards dans les paradis fiscaux) il y a largement de quoi financer tous les déficits sociaux.

    En effet, aujourd’hui sur les 200 milliards de recettes manquantes, il resterait 200-12 (déficits assurance maladie +assurance vieillesse+ caisses de retraites complémentaires des salariés)= 188 milliards pour financer une politique sociale ambitieuse pour aider les plus faibles (SDF, toutes les personnes au-dessous du seuil de pauvreté, augmentation du pouvoir d’achat par des droits nouveaux, aide aux peuples pauvres et aux palestiniens, améliorations et rétablissement de services publiques,…..), pour traiter les injustices,…

    Les arguments ci-dessus ne sont pas défendus par la classe politique (y compris PS et EE étonnamment muet sur le sujet). C’est clair tous les problèmes sociaux ne pourront être traités en toute équité que dans le cadre d’une nouvelle société non capitaliste et sans loi du marché.

    ___________________________________

    ***Les caisses de retraites complémentaires des salariés ont révisé leurs prévisions à la baisse pour 2009 : celle du régime des salariés, l’Arrco, envisage un déficit de 420 millions d’euros et celle des cadres, l’Agirc, de 963 millions d’euros, ce qui représente près de 1,4 milliard d’euros au total. La situation devrait encore s’aggraver en 2010, avec des déficits attendus à hauteur de 2,1 milliards d’euros pour l’Arrco et de 1,68 milliard pour l’Agirc, soit au total 3,8 milliards d’euros. Si en 2008, le résultat technique des caisses de retraite complémentaire restait positif, les comptes ont été marqués par la chute des marchés financiers, touchant les placements des réserves des régimes : le résultat global de l’Arrco est négatif de 1,1 milliard d’euros et celui de l’Argirc, de 92 millions d’euros. L’Arrco pourrait avoir perdu entre 35 et 50 millions d’euros auprès de Madoff.

    http://www.journaldunet.com/management/breve/40330/caisses-de-retraite—deficit-de-1-4-milliard-d-euros-en-2009.shtml

  7. Pierre Gaugain a dit :

    @ Jos,

    Il faut peut-être laisser le temps à EE de s’organiser, et de juger après le contenu de ses propositions économiques…. nous sommes en en train de la faire.

    Je sais cela fait drôle d’observer qu’un mouvement non encore structuré, avec à sa tête des gens douteux à moitié agents secrets, à moitié zozos pour les autres ou les deux en même temps pour la grande majorité, sans programme et propositions parfaitement et le plus exhaustivement possible établis, fasse 13 % minimum sur les deux dernières consultations…. Je sais ça troue le chose comme l’on dit, mais c’est comme ça…. tiens toi bien informé je pense que des nouveautés vont encore arriver de ce côté là…. c’est sans doute cela faire du neuf, et faire de la politique autrement, qu’en badigeonnant de vert des discours éculés, et là bien que provençal je reste poli…

    Mais même lorsque nous disons la même chose même partiellement, je rappelais dans mon précédent commentaire la nécessité d’augmenter les salaires par exemple comme étant l’une des solutions indispensables à « l’équilibre », ou du moins à l’augmentation de ce qui serait cotisé donc réparti…. sans que cela soit la recette miracle, et bien là personne n’écoute, personne n’en tient compte…EE ne dit que des conneries et est de droite donc pars la peine d’écouter, vive l’autisme…

    Bien amicalement tout de même

    Pierre Gaugain.

  8. JOS a dit :

    Je n’ai pas l’habitude, et cela ne m’intéresse pas, de faire dans la polémique et surtout des attaques personnelles. Il semble que pour certain je suis un autiste!!. Drôle de dialogue qui est étrangement peu courtois. Le respect des uns envers les autres est indispensable pour tout débat. Est-ce qu’EE est intouchable comme les vaches en Inde, au point que toutes observations de la réalité doivent-être des louanges ( à quel dieu???)!!!!!

    Faire comme EE 13 % minimum sur les deux dernières consultations ne donne aucun droit sur les gens. D’ailleurs la gauche est dans un tel état, que n’importe quel âne qui aurait fait de la démagogie verte aurait obtenu ce résultat, car il existe un vide politique bien difficile à combler avec crédibilité.

    EE est en cours de structuration, on jugera à l’arrivée si EE est à gauche ou à droite. Pour l’instant c’est le brouillard, et les dernières déclarations de ses responsables sont bien ambigües. Cela risque fort de ne faire qu’une organisation d’élus de plus, la solution est ailleurs.

  9. Pierre Gaugain a dit :

    @ Jos,
    Il ne s’agit pas de polémique ni d’attaque personnelle mais de débat mon cher ami, définir quelqu’un comme autiste n’est en rien une insulte mais simplement le constat que le dialogue est impossible avec des gens coupés même momentanément du monde…

    Maintenant traiter les gens d’âne cela en est une…. donc l’âne de 64 ans que je suis continuera donc à s’occuper de l’avenir d’EE, et si la solution est ailleurs, merci lorsque vos compétences et fines observations auront portées leurs fruits de m’en tenir informé, ou mieux si vous ne trouvez nulle part preneur, voyez quand même si EE n’est pas intéressée….c’est ça rester ouvert.

    toujours bien amicalement, ci ce mot n’est pas une insulte ou une grossièreté lorsque émis par un militant EE.

    Pierre Gaugain

  10. JOS a dit :

    Revenons à notre sujet celui des retraites. Je vous propose de regarder la vidéo suivante où J.L. Mélanchon, dans l’émission de Ruquier du 24 avril 2010 « On n’est pas couché » traite avec un certain talent le problème du financement des retraites.
    Les arguments qu’il avance sont complémentaires à ceux exposés dans cette rubrique. Je vous invite, sans arrière pensée envers un quelconque parti, à regarder cette vidéo.

    http://www.dailymotion.com/video/xd2hso_melenchon-vs-zemmour-naulleau-3-itv_news?

  11. JOS a dit :

    Un autre chiffre très pertinent concernant les retraites :

    Aujourd’hui, les dépenses annuelles des retraite s’élèvent à 13,4% du PIB. Dans l’hypothèse médiane du Conseil d’orientation des retraites (COR), elles représenteront 15,3% du PIB en 2050. Soit une augmentation de 1,9 point en 40 ans ce qui représente par an une augmentation de 0,047% du PIB. (cf : Le Canard enchaîné du 21 avril 2010 s’appuyant sur les chiffres du COR).

    Cette augmentation de 0,047% n’est nullement insupportable, en vérité le gouvernement et le MEDEF veulent faire peur au peuple en affichant des déficits astronomiques pour qu’il accepte une retraite à la carte, où serait maintenu symboliquement un départ possible à 60 ans, mais en introduisant une décote importante si les salariés partaient à la retraite à cet âge. Ainsi, si un salarié veux bénéficier d’une retraite à taux plein il faudra qu’il travaille bien au delà de 60 ans.

    Le fond du problème, est que les gens devront cotiser ( s’ils le peuvent) auprès des banques pour une retraite complémentaire afin de pouvoir vivre décemment. Cela aboutit à la privatisation des retraites publiques.

    La ficelle est très grosse. Que certains syndicats tombent dans le piège et se prêtent à signer cette escroquerie ou que certains partis politiques soient prêts à faire des concessions, cela contribue à la paupérisation des retraites pour le plus grands bénéfices des banques. En bref , c’est être complice des banques dont le pouvoir grandit de jour en jour.

    En effet, les plus grandes banques ont fait un chantage à la planète en se déclarant en faillite, tout en spéculant pour certaines à la baisse des produits toxiques qu’elles avaient fabriqué ou vendu (« Des vivats chez Goldman alors que le marché immobilier chutait ») . La faillite était réelle pour les plus petites qui avaient acheté des produits financiers toxiques ( plus de 120 de petites banques ont fait faillite aux USA); mais pas les plus grosses qui ont fabriqué ces produits, elles en ont tiré d’énormes bénéfices qu’elles ont mis au chaud dans les paradis fiscaux. D’ailleurs certaines affichent maintenant une santé resplendissante, en dégageant d’énormes bénéfices en 2009!!!! Il fallait bien assainir le paysage bancaire pour pouvoir grossir, avec l’aide des Etats, en éliminant la concurrence .

    Aujourd’hui elles sont en mesure a s’attaquer aux Etats les plus faibles, avec l’aide des instituts privés de notation, pour gagner encore plus d’argent de deux manières:
    – Premièrement en leur prêtant à des taux d’environ 8 à 10% (cas de la Grèce) de l’argent qu’elles ont eu des contribuables à 1 voir 3%.
    – Secondement, en sommant les gouvernements à mettre en place des plans de rigueur drastiques, notamment en exigeant la privatisation massive de leur secteur public qui jusqu’à présent échappait à leur spéculation. Ces plans de rigueur imposent en particulier de reculer l’âge de la retraite ou de les diminuer fortement.

    Ne pas s’opposer fermement à la réforme des retraites de Sarkozy, c’est entrer dans le jeu de la spéculation bancaire mondiale de plus en plus vorace. (voir l’article ci-dessous d’Isabelle Mouilleseaux dans la chronique Agora du Mardi 27 avril 2010 )

    —————————————————————

    Meurtre « entre petits amis » avec préméditation
    Isabelle Mouilleseaux
    Imaginez que vous soyez un banquier d’affaires…
    Un banquier aussi créatif que machiavélique, aussi redoutable qu’influent. Un banquier et qui a tous les moyens à sa disposition et un seul et unique objectif : réaliser des plus-values.
    Imaginez que ce banquier ait pour clients la plupart des grandes banques de la planète, qui font, elles, « commerce avec le petit peuple ». Vous êtes donc en situation de refourguer « vos petits produits maison » aux grandes banques mondiales qui vont ensuite en arroser la planète toute entière…
    Imaginez que vous puissiez mettre tout ce que vous voulez dans ces « petits produits maison ». Vous êtes comme un artiste qui jongle avec ses couleurs. Il ne vous reste plus qu’à les coucher sur le papier pour faire émerger une oeuvre d’art… Voici comment.
    Le marché immobilier cartonne, une véritable bulle se forme
    Vous sentez le bon coup : Il faut shorter. Tout cela ne peut qu’exploser !
    Un petit brainstorming entre amis, et hop ! L’affaire est dans le sac.
    Vous voilà déjà entre train de concocter un petit produit immobilier maison, un « spécial Goldman », à base d’emprunts hypothécaires immobiliers les plus toxiques que vous puissiez ramasser sur le marché.
    Vous allez voir vos amis les agences de notation qui vous estampillent votre petit produit maison « gros rendement sans risque ». Il ne vous reste plus qu’à vendre vos « petites douceurs » à vos amis banquiers qui s’occuperont d’écouler la marchandise. Vous gagnez sur les volumes vendus. Votre produit fait un tabac.
    Mais vous pouvez faire beaucoup plus fort. Gagner beaucoup plus
    Il vous suffit d’ajouter un peu de rouge à votre tableau. En « jouant contre vos propres produits maison » ! Car vous savez que le marché immobilier va craquer, et que les emprunts hypothécaires immobiliers concentrés dans votre petit produit maison feront défaut, tant ils sont toxiques. Vous avez tout prévu. Depuis le début. Jackpot assuré !
    Mieux encore : vous vendez vos « petits produits maison » à découvert et en parallèle achetez des assurances (CDS) contre le risque de défaut des actifs ultra-toxiques de votre produit. Ces contrats d’assurance, forcément, vont voir leur valeur flamber au fur et à mesure que vos petits emprunts hypothécaires, sélectionnés par vous avec tant de soin et préméditation, feront défaut.
    Un milliard de gains rien que sur les CDS…
    C’est un meurtre « entre petits amis » avec préméditation…
    Certes, j’exagère.
    Oui, je caricature à l’extrême.
    Certes, la justice n’est pas passée.
    Je sais, rien n’est « prouvé ».
    Oui, Goldman est juste « présumé coupable ».
    Juste présumé… rien de plus.
    En revanche, les gains générés par ces petits arrangements entre amis sont bien là, eux.
    Sonnants et trébuchants.

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