10 Mai 2010

Le rapport du Conseil d’orientation des retraites (COR) donne lieu à un intense pilonnage catastrophiste. Le lever de rideau du grand débat sur les retraites commence par un grossier conditionnement des citoyens ! Une lecture tantôt aveuglée, tantôt erronée du rapport est en cause. Le pays et l’enjeu méritent mieux.

 On doit d’abord interroger la prétention du COR à prédire l’avenir économique dans quarante ans. Prévoir pour 2050, c’est affirmer qu’en 1970 on aurait pu décrire l’état de la société actuelle. En 970, nous aurions donc été capables de prédire des événements tels que la disparition du camp socialiste, la réintégration dans l’économie de marché de 100% de la population humaine, la révolution informatique, le recours massif à l’énergie nucléaire, l’existence d’une industrie spatiale et des technologies de la communication ? Qui avait prévu ces changements majeurs ?

Pourtant, le COR se déclare capable de prévoir l’impact de l’émergence des biotechnologies, de l’épuisement des ressources énergétiques fossiles, du changement climatique, etc., dans quarante ans ! Quelle foutaise ! La prévision économique à 2050 déshonore ceux qui s’y livrent en affichant l’autorité d’un savoir «objectif» totalement infondée.

 Une telle vision de l’histoire ignore tout de la dynamique des systèmes complexes, qui sont tous discontinus, tandis que les déroulés linéaires tels que le COR les prévoit forment de rarissimes exceptions.  Quel économiste se risquerait à dire ce qui se passera dans quatre ans ? Aucun. On pourrait vérifier ! La preuve, le débat sur la date de la reprise économique.

 Le rapport du COR part d’hypothèses démographiques discutables.

 Pourquoi avoir choisi comme taux de fécondité des Françaises un chiffre démenti, 1,9 enfant par femme ? C’était la projection faite en 2007 ! Pourtant, l’événement, ce fut précisément le constat d’un taux de fécondité effectif de 2,1  enfants par femme.

Cet indicateur a une importance essentielle sur l’évaluation de la population active du futur. Il fixe aussi la succession des générations creuses et pleines, succession elle-même décisive pour évaluer le rapport actifs-inactifs à chaque séquence de la vie du régime des retraites par répartition.

Il influe enfin sur le calcul final du niveau de la richesse produite. Ainsi, le taux réel de fécondité produit presque un point de croissance supplémentaire, la moitié du surcoût du financement des retraites «en 2050».

Ensuite, pour quelle raison le rapport suppose-t-il une population active stable ?

Pas d’immigrés à l’horizon ? Ça ne tient pas debout.

La prévision suppose également, sans le dire, que la proportion des femmes salariées restera au niveau actuel, quinze points en dessous de celle des hommes !

L’énorme effort de rattrapage qu’elles ont accompli pour leur qualification universitaire et professionnelle, au point de les placer devant les garçons pour l’acquisition des diplômes, n’aura donc aucun impact sur leur entrée dans la vie active ? Et nous n’y pourrions rien ?

L’action publique, l’évolution des mœurs et les luttes féministes produiront, j’en suis sûr, un tout autre résultat, avec des effets sur la population active finale et la dynamique du système de la répartition.

Je suis sidéré d’observer comment «la catastrophe annoncée» est grossièrement mise en scène !  Car c’est un trucage de présenter le chiffre d’un déficit cumulé de 2 600 milliards d’euros sur quarante ans! 

Cette absurdité est confortée par le rapport du COR, qui présente des tableaux des déficits cumulés, comme si la répartition ne se faisait pas par années, et même par mois.

Ou alors, en toute logique, mettons en regard les PIB cumulés : en supposant qu’il n’y ait aucune augmentation du PIB (alors que le rapport du COR le double en 2050), le déficit de 2 600 milliards serait à comparer aux 80 000 milliards de PIB cumulés sur quarante ans !

 La dépense nouvelle est alors limitée à 3% du total ! En fait, il s’agit seulement de 72 ou 100 milliards de plus à trouver en 2050, selon le COR lui-même.

Cette somme est présentée sans comparaison susceptible de la place dans son environnement économique. Car c’est à la richesse produite en 2050 qu’il faut se reporter. Quelle sera-t-elle ?

Le COR affirme que la somme à trouver représentera au maximum 3% de cette richesse du moment, soit pas grand-chose. Les gouvernements ont déplacé en trente ans dix points de richesse des poches du travail vers celles du capital et la manœuvre inverse, limitée à trois points et étalée sur quarante ans, serait impossible ?

Aujourd’hui, si la population des plus de 60 ans représente 22,6% de la population générale, la part de leurs retraites dans les richesses produites est de 13,3 % : cela veut dire que la population concernée prélève moins que sa part dans la population générale. Trois points de plus ne modifieraient pas beaucoup ce déséquilibre !

Il est urgent de placer le débat à sa vraie place : la question du partage des richesses. Le modèle économique dans lequel, en 2050, 115 milliards d’euros seraient prélevés sur 3800 milliards produits est parfaitement viable.

Il est même plus performant que celui qui prévoit d’enfoncer dans la pauvreté une part croissante de la population qui alors ne produit ni ne consomme.

A ceux qui se laissent intimider, disons que cette petite ponction laisse encore 1 785 milliards de richesses supplémentaires à partager pour les profits, les salaires, les investissements et les cotisations sociales !

Enfin disons l’absurdité d’un report de l’âge de départ effectif à la retraite : ceux qui ne seront plus retraités seront pour l’essentiel à l’assurance chômage, aux minima sociaux ou en préretraite. Qui paiera ? Retour à la case départ !

Pour finir, méditons sur le monde que nous prévoient pour dans quarante ans les bons esprits de notre temps. Il y régnera un chômage à 7%, les femmes n’auront pas amélioré leur situation, les gens de 65 ans seront dans la rue en attendant de liquider des pensions de misère !

Un autre futur devrait être possible.

JEAN-LUC MÉLENCHON Président du Parti de gauche

(PS de rmj : que les Maîtres du sarcasme ne s’emballent pas trop vite : je n’ai pas adhéré au PG. Et j’ai bien l’intention de mettre sur mon blogue les textes qui me paraissent utiles, quel que soit leur auteur).

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24 Réponses pour “Retraites, une panique organisée”

  1. Martine la Girondine a dit :

    Sur le rôle des partis et sur l’articulation : travail politique/luttes sociales, un excellent ( à mon sens ) texte de Pierre ZARKA membre de l’ACU ( Asso des communistes unitaires, les coco-U ) et « démissionnaire » du PCF ) et également membre de la F.A.S.E : Fédération pour une Alternative Sociale et Ecologique, dont les communistes unitaires sont une des composantes ( pour les curieux, voir ici : http://lafederation.org/
    ——————————————————————–

    « Passer de l’autre côté du miroir.

    Les débats en cours depuis le mois de février, y compris certaines objections que j’ai lues attentivement ainsi que la situation au lendemain des régionales, me conduisent aux idées suivantes.

    A : bref constat :

    1) Montée des violences sous formes « d’incivilités » en France, de néonationalisme en Hongrie, Belgique, Autriche, de populisme en Grande-Bretagne avec partout des menaces d’éclatements du territoire concerné. Les élus de nombreuses villes sont les premiers à manifester leur inquiétude. Violences aussi dans certaines entreprises comme la menace de la faire sauter. Tout ramène au sentiment d’impasse et d’impuissance. Tout, même les dépressions nerveuses et maladies psychiques liées au travail…quand ce ne sont pas les suicides.
    2) des luttes comme Total, Philips, Sanofi, IKEA d’où émergent deux thèmes très explicités chez Total : « nous sommes chez nous » et la recherche d’auto-direction de l’entreprise avec parfois séquestration ou expulsion des dirigeants de l’entreprise et toujours dénonciation des actionnaires.
    Deux points communs entre ces deux listes : un sentiment d’impuissance phénoménal, de négation de soi et d’humiliation qui porte atteinte en profondeur à l’être de chacun. Les premiers cités le subissent, les seconds  le combattent, pas seulement par la lutte en elle-même mais par ce contenu qu’ils y ont mis. Mais c’est d’abord de cela dont il s’agit : l’exploitation n’est pas physiquement plus dure qu’il y a cinquante ans.

    3) Une vie politique instituée qui, même dans le champ de la radicalité, passe à côté de ces deux phénomènes si ce n’est pour les citer et se cherche, parfois en cherchant une place nouvelle qui, pour exister ,doit – d’emblée – apparaître dans le champ institutionnel : d’où parfois une fascination pour le Front de Gauche ou Europe Ecologie comme « faute de mieux ». Par ailleurs, toutes les tentatives des partis de se renouveler débouchent sur une absence totale de réponse effective, des organisations nouvelles avortées et des crises : crise au PC comme jamais ; crise au PG ; crise au NPA….parallèlement, une majorité du corps social qui exprime sa désillusion par le refus de n’être considéré QUE comme corps électoral et refuse de voter, et, en face, si je puis dire, une bourgeoisie qui, à l’image de la crise grecque , veut imposer de nouvelles règles ce qui ne peut qu’accroître un sentiment d’urgence et les risques de dépolitisation qu’il comporte.

    B) S’agit-il de la « question sociale » ou de « LA » question politique?

    1)Parler de misère, d’injustice, de retraite ou de l’implosion de l’économie grecque, en rendre responsables les dépenses sociales, s’agit-il vraiment de « questions sociales » ou s’agit-il d’assujettissement des hommes et des femmes à des dominants ? Bien évidemment, personne ne peut ignorer les souffrances et les urgences sociales. (Comme si la politique consistait à parler d’autre chose !) Mais justement, les quarante dernières années nous ont appris que de courir après les urgences n’ont empêché ni qu’elles s’étendent ni qu’elles s’aggravent. Il y a plus qu’une nuance entre les deux manières de poser la question et ce n’est pas sans importance. L’une renvoie à des réformes souhaitables, l’autre met l’éclairage plus directement sur la structure même de la société. L’une est sur les conséquences, la seconde, sur les conséquences ET les causes. En fait, il n’y a de « questions » que politiques. Enfermer la problématique dans la notion de « question sociale » c’est déjà entériner la dissociation du social et du politique. Et les deux en deviennent impuissants.
    Il est illusoire d’en appeler à la conscience de classe ou au passage à la politique sans mettre en lumière l’antagonisme caché auquel se heurte tout le quotidien. Marx, ne dit pas qu’il y a des classes différentes qui se seraient constituées quasiment indépendamment les unes des autres, puis qui entreraient en conflit, mais que c’est l’antagonisme lui-même qui est fondateur de l’existence des classes. Y aurait-il eu des esclaves sans maîtres, des serfs sans seigneurs ? Ce qui conduit le même Marx à considérer qu’au terme de sa victoire, le prolétariat ne serait plus une classe. Cet antagonisme n’est donc pas une conséquence de la construction de la société mais en est le principe même. Ce qui semble être une parenthèse théorique est loin d’être sans conséquence sur nous. Par « nous », je ne parle pas du genre humain, je veux bien dire l’ACU.
    Tant que le keynésianisme a été de rigueur, poser « la question sociale » n’a empêché ni les injustices, ni les discriminations mais a permis d’arracher des acquis. Acquis qui, permettant réellement de mieux vivre – il aurait été absurde de les bouder – pouvaient cependant nourrir l’idée que le capitalisme était aménageable. Mais aujourd’hui ? La « question sociale » c’est se laisser prendre au piège de l’urgence, du pire. Dire que rien n’est pire que Sarkozy, c’est oublier que rien n’était pire que Chirac en 95, et que la gauche plurielle avait entériné l’état des lieux légué par la droite et même lui avait parfois préparé le terrain. En fait, le vocabulaire signale que l’on s’enferme dans l’horizon du capitalisme. Et pendant ce temps, on ne parle pas de la course au pouvoir d’agir sur le réel entre le capital et les exploités. Qui va avoir le plus de pouvoir d’inflexion sur la société ? Autrement dit, il ne s’agit pas d’être moins concrets mais d’aborder le concret avec NOS outils d’investigation et non pas ceux que plus d’un siècle de dissociation du social et du politique nous lègue. Et l’enjeu ne renvoie pas à de lointains horizons mais à qui sera le plus fort sur les retraites, sur l’emploi, le niveau de vie…etc…
    2) Il ne s’agit pas simplement de rapprocher les luttes dites sociales des enjeux politiques. Je reviens sur ce que j’écrivais en Avril: « Les salariés de Total ont renouvelé en acte le débat sur la propriété sociale des moyens de production : à propos de leur entreprise, ils ont dit « Nous sommes chez nous ! » et ont annoncé leur volonté d’assurer par eux-mêmes le travail de raffinerie. (…) N’est-ce pas là du communisme en germes ? Aucun Parti se revendiquant de la radicalité ne l’a perçu comme tel. » Je voulais attirer l’attention sur deux faits qui me semblent majeurs : du communisme en germe et le fait qu’aucun parti n’a été s’immerger dans cette réalité pour en exploiter (au sens où l’on exploite une terre) ces éléments. Je ne connais personnellement aucun de ces salariés, mais je serai fort étonné d’apprendre qu’ils se soient dit « Ah ! tiens, nous relançons le débat sur le pouvoir et la propriété sociale des moyens de production ». Si cela était le cas, nul besoin de forces politiques.
    Cela veut dire par contre qu’il n’y a de politique que si quelqu’un a la volonté d’ALLER chercher et trouver de tels germes à développer. En disant ce qu’ils ont dit, les ouvriers et techniciens de Total sont restés des ouvriers et des techniciens, mais en même temps, ils n’étaient déjà plus tout à fait les mêmes, et c’est fondamental. Ils sont, durant un trop bref moment, devenus aussi des cadres dirigeants d’entreprise, des audacieux se sentant capables de se projeter dans des projets et des pratiques qui leur étaient jusqu’alors inconnus, des terrains qui leur étaient interdits. De ce fait, ils ont changé quelque chose de leur identité. Comme les étudiants de 68 n’ont pas été durant ce temps que des étudiants. Et les jeunes de banlieues ont tenté en 2005 d’accéder à une visibilité qui leur était jusqu’alors refusée. Comme chacune et chacun d’entre nous en participant à l’ACU. Et c’est cette diffraction d’identité qui devient le moteur de la suite. C’est sur elle que nous devons nous arrêter pour travailler.
    En même temps, je dois reconnaître que les exemples que j’ai pris n’ont pas eu de conséquences politiques. Mais interrogeons-nous : à qui revenait la responsabilité de la suite ? Si les mouvements se suffisaient à eux-mêmes, cela impliquerait la négation du moment politique et de sa spécificité. Ce qui fait avorter ces processus d’extension d’identités c’est qu’en général, les politiques ne considèrent leur rôle auprès des mouvements que de manière contemplative : sous forme d’un soutien qui à l’effet d’une bénédiction. De ne pas avoir pensé – à propos de Total – proposer de transformer un mot d’ordre et une menace en un changement de situation a réduit ce potentiel à un bref incident de parcours, une parenthèse à peine remarquée alors qu’elle aurait pu peut-être être le point de départ d’autre chose. J’exagère ce que l’on peut tirer de telles situations ? Mais de tels phénomènes cristallisent un condensé d’acquis et les transforment en dynamique. L’interdiction d’aller dans le bâtiment des filles à la cité U de Nanterre, l’entrée de la police dans la cours de la Sorbonne le 3 mai 68 étaient-ce davantage un résumé du Capital ? Etait-il prévu que l’annonce du CPE devienne la plus grande expérience de lutte d’une génération ? Pourquoi cette expérience ne se prolonge-t-elle pas ? Par faute d’alliance électorale ? Sans aucun doute. Mais cela n’explique pas pourquoi cette faute d’alliance. C’est répondre à une énigme par une autre énigme.
    La responsabilité des formations qui se réclament de la politique est immense : que la gauche se soit cherchée avec le Programme Commun après 68 exactement comme elle le faisait déjà avant, comme s’il n’y avait pas eu ces embryons d’auto-organisation, de dénonciation de l’aliénation. Certes, cela n’a pas empêché d’obtenir des acquis, heureusement, mais cela a laissé retomber la pâte et a gâché un potentiel. Le cours tranquille institutionnel repris allait « tout à fait normalement » se faire au détriment du PC ou même de l’extrême-gauche au regard du rôle qu’elle avait joué alors, les deux moins crédibles sur ce terrain.
    La forme même de la politique représentative, l’envahissement de l’horizon par la prochaine perspective électorale conduit à des consensus, qui, par souci de « crédibilité », visent à s’enfermer dans le cadre imposé par une société fondée sur des rapports de domination. Et c’est ici que l’abandon du keynésianisme par le capital a des effets dévastateurs : il ne laisse plus de marge de manœuvre d’aménagement. La moindre tentative sincère de la gauche peut se retourner en son contraire : les emplois jeunes ont été un acquis temporaire réel et en même temps un sas pour faire du provisoire et de l’absence de statut une solution durable. Les 35 heures dont le principe est si fondamental sont diabolisées parce qu’elles ont servi à accroître les rythmes de travail. Le « presque » n’existe pas en politique. Le durable appartient toujours au gouvernement suivant. Du « moindre mal » au « pire » c’est un passage de relai, sans fin depuis les années quatre-vingt.
    3) La coupure entre une part désormais majoritaire de la population et la vie politique instituée est un fait désormais reconnu. Le problème est que cette coupure n’est traitée que sous la forme des dangers potentiels (et réels), ce qui rajoute au sentiment d’impasse, mais jamais sous la forme des potentialités nouvelles sur lesquels elle peut déboucher. Jamais pour s’interroger sur le sens qu’ont perdu ou que pourraient au contraire avoir les élections. Peut-on dire que les partis sont inadéquats et ne faire de l’abstention qu’un obstacle à surmonter? Les gens sont cohérents. Le vote est structurant même quand il est un refus de vote. Est- on sûr qu’il n’y a rien de propulsif à aller chercher dans ce refus ?
    Le rôle « des politiques » est de poser la question sous son angle politique : ces ouvriers qui manifestent pour pouvoir survivre, un désir d’autopouvoir, sont à interroger : veulent-ils devenir patrons à la place des autres patrons ? Font-ils face à des patrons « déviants » ou à une organisation de la société généralisée qui fait système ? Sont-ils capables de repérer dans la société d’autres salariés qui comme eux, sont dans la même quête d’une identité autre que celle de victime ? Ne pourraient-ils pas alors fédérer ces désirs pour en faire une force durable ? Une force qui les mette sur un pied d’égalité avec ceux qu’ils combattent et qui alors se sent capable de penser aussi en termes d’organisation générale de la société ? D’où l’intérêt de parler de l’antagonisme.
    Cela bouleverserait le débat politique. Nous n’attendrions plus la prochaine initiative de Sarkozy pour savoir contre quoi il faudra être. Nous n’attendrions plus de savoir quel cheval a le plus de chance de gagner le prix de 2012. Mais la perspective devient la conquête d’une identité duale : exploités, dominés, pauvres DONC personnages politiques. Pas en entrant dans le monde de ce qu’on appelle avec de plus en plus de raisons, des politiciens ; mais dans La Politique. C’est à dire ce qui organise, structure la vie de la Cité. Pour cela il faut savoir changer à temps de braquet, se fixer comme objectif de contribuer à ce que ceux qui acquièrent par eux-mêmes dans leurs luttes, une dualité d’identité la pérennisent et que cela s’étende. Et, à son tour, cette nouvelle identité fait reculer les limites d’oser penser ce que l’on pense et d’oser agir autrement que dans le cours de la continuité de l’état antérieur. En cela le communisme est bien «le  mouvement réel qui abolit… ».
    4) Je sais que, poussé par le besoin de rassemblement, il ya actuellement un mouvement de militants radicaux pour aller au Front de Gauche. C’est l’expression du besoin d’être une force. Mais sans se poser ni la finalité précise de cette force, ni sa nature. La question s’était posée pour en changer la nature AVANT qu’elle ne se solidifie, que les électeurs ne l’identifient parmi la répétition du traditionnel et de l’obsolète. Et cet état de fait est désormais « force matérielle ». A mes yeux ce mouvement d’adhésion est réellement respectable mais – que personne n’y voie un mot insultant – il traduit une angoisse : il faut accepter de couper le cordon ombilical qui nous a nourri (du moins le pensions-nous) et se précipiter dans ce qui nous paraît être de l’inconnu, du vide. Toute perspective fondamentalement indexée sur la continuité qu’expriment les comportements des partis perd de son crédit avec eux. Pour qu’il soit le départ de quelque chose, il faudrait que le FdG impulse ce saut dans le nouveau, donc dans l’inconnu et à l’instar de ce que devraient faire les partis : travailler avec d’autres à leur propre dépassement. Mais aucune composante ne veut changer la priorité attribuée aux partis : elles le vivent (à juste titre,) comme un déni de la suprématie des partis sur le « reste ». Cela c’est difficile : dire « je ne suis plus l’axe autour duquel le reste gravite ». Enfin le dire, c’est toujours faisable, le PC le dit régulièrement la main sur le cœur, Mélenchon fait des appels à « rejoindre ». Mais le faire, en accepter les conséquences, concevoir son rôle non plus comme se substituant au peuple mais au contraire, comme favorisant son autonomisation au fil des évènements, cela c’est accepter que les initiatives populaires puissent être indépendantes de la décision des partis et que ceux-ci s’y inscrivent pour jouer leur rôle : ça, c’est une autre paire de manches. Rares sont ceux qui comprennent qu’ils gagnent en efficacité en s’effaçant un peu. Et, pour éviter des ambigüités : vouloir dépasser la forme parti ne signifie pas qu’on ignore ceux qui existent tels qu’ils sont et que l’on ne fera jamais rien avec eux.
    5) Rien de nouveau ne se fera dans la répétition et la continuité. Et rien ne se fera spontanément.
    Nous pouvons être au sein de la FASE, les militants de l’affranchissement de conceptions issues d’une République dont la participation populaire nous fait trop souvent oublier les fondements bourgeois. Si le communisme est mouvements du réel, nous avons encore besoin d’y travailler. L’OMOS, d’autres y travaillent déjà. Je pense qu’aujourd’hui c’est à ce niveau que se situe le principal de ce que peut être notre apport original. Dans de nombreux endroits nous pouvons aller chercher ou/et proposer aux collectifs de la FASE (sans évidemment demander à qui que ce soit « d’adhérer au communisme »), d’aller chercher dans les moindres recoins du présent ce qui est en germe et peut nourrir la subversion d’une normalité étouffante. C’est de ces rencontres que surgiront des solutions nouvelles et non des expertises (ce qui ne veut pas dire qu’il ne faut avoir d’idées que sur rien). Les AG de l’ACU, la liste de débats, Cerises peuvent être le lieu de la mutualisation des expériences – bonnes ou décevantes -. Ce que Copernic et Galilée ont fait en leur temps et en astronomie, il est grand temps de le faire en politique ou comme disait le lapin à Alice (au pays des merveilles) : « le tout est d’oser passer de l’autre côté du miroir ».
    Pierre Zarka
    J’espère que ce texte ne vous a pas paru trop long, ni hors sujet ( IL NE L’EST PAS )
    J’aurais pu le poster en commentaire de l’article « Les yeux qui s’ouvrent » aussi…c’eût été tout aussi pertinent.

  2. Georges Pons a dit :

    Que RMJ n’ait pas adhéré au PG, on veut bien le croire, puisqu’il nous a déclaré son dégoût des partis, mais tout en restant sous le parapluie de la FASE ou de tout autre rassemblement « sous le même toit », c’est quand même bien à notre éminent tribun qu’en priorité, il offre sa … tribune.
    Sarcasme ? Non, simple curiosité.
    Au passage, je note néanmoins que :
    1° on reste dans la quantification à outrance et la bataille de chiffres tellement gros qu’ils échappent à l’imagination du Rmiste de base, voire du cadsup.
    2° on reste donc aussi sur des instruments de mesure aussi injustes et dépassés que le PIB, et donc dans la perspective d’une croissance qui reste, pour les socio-démocrates comme pour les socio-libéraux, la condition indispensable de survie. Du moins celle du capitalisme. Comme si un meilleur partage des richesses impliquait de les multiplier, de sorte que les traditionnels bénéficiaires en dividendes ne soient pas trop affectés par un improbable renversement de tendance. Et c’est reparti pour un tour !

  3. Georges Pons a dit :

    @ Martine : je n’avais pas lu le texte de Zarka au moment où j’ai envoyé mon mot. C’est évidemment d’une autre valeur et merci de nous l’avoir fait passer. Même si ça me paraît un peu littéraire voire intello, et si ça fait fort peu de cas de la tentative, plus que jamais en cours du NPA, n’en déplaise au propriétaire, pour faire de ce parti l’outil d’émancipation que Zarka appelle de ses voeux.
    Qu’il se rassure, les fondements bourgeois de la République ne nous ont pas complètement échappé.

  4. Martine la Girondine a dit :

    Moqueur, va !
    Je sais bien, et Zarka le sait bien aussi, que tout le monde ( chez les militants de la Gauche de gauche) SAIT que les fondements de la République sont bourgeois, POURTANT, on l’oublie souvent..Faut dire qu’avec ce qui nous dégringole sur le coin de la gueule, en ce moment, on aurait presque tendance à « se réfugier » dans les valeurs de la République ( bourgeoise) qui – même eux – sont bafoués par le rouleau compresseur inhumain du néo libéralisme financier…( la République bourgeoise – au moins – a quelques valeurs humanistes ! )
    Non ? En tous cas, à mon sens , parfois les petites piqûres de rappel favorisent la vaccination anti capitaliste !
    Attention, camarade à l’accusation « d’intellectualisme » ! on sait où elle finit par mener, à force ! Ne jamais en abuser et tourner 7 fois cette accusation-là sur son clavier avant de la prononcer…
    Bon, quant à « littéraire » …bof, pas tant que ça, je trouve…et puis que ce soit agréable à lire plutôt qu’austère et indigeste, ma foi, moi, je ne m’en plains pas …
    Bon, enfin… j’apprécie beaucoup les textes de Zarka, faut dire…alors – en tant que membre de son fan-club – ( bien que pas cocote-U moi même ) je ne suis pas complètement objective sans doute ;o))

  5. JOS a dit :

    JEAN-LUC MÉLENCHON JE TE PROPOSE DES SOLUTIONS POUR RECUPERER PAR AN 185 MILLIARDS D’EUROS POUR LES RETAITES ET LA SECURITE SOCIALE !!!!

    MEDEF-gouvernement-médias jouent le scénario catastrophe sur les retraites. ils annoncent des déficits abyssaux, rien qu’en 2010 le déficit des retraites serait de 30 milliards, d’où sortent-ils ce chiffre ? : en 2009 , année de crise, le déficit des retraites serait estimé à environ 9,1milliards ( 7,7 milliards pour la Cnav de la Sécurité Sociale et 1,4 milliards pour les caisses complémentaires des salariés) Pour mémoire, le déficit 2008 était de 5,5 milliards.
     
    Ainsi ils prétendent que le besoin de financement supplémentaire annuel du système de retraite à l’horizon 2050 varierait dans une fourchette de 72 à 115 milliards d’euros, en fonction des hypothèses économiques, selon un document de travail du Conseil d’orientation des retraites (COR). La fourchette est large, et la prévision très peu crédible. Comment connaître la situation de la France dans 40 ans ? C’est impossible. Les experts sont toujours aussi peu sérieux, eux qui n’ont pas vu venir la crise financière, comment peuvent-ils prédire le déficit de la retraite 40 ans en avance !!!
     
    Ce rapport est un instrument pour faire peur, en annonçant des déficits astronomiques (plus c’est gros, mieux cela passe auprès des gens) pour qu’ils acceptent les « réformes » libérales souhaitées par le MEDEF. Or le financement des retraites et de la Sécurité Sociale peut être assuré sans problème. Voici quelques ressources que le budget de l’Etat pourrait récupérer pour financer les retraites, la SS et une politique sociale ambitieuse :
     
    – Le patronat reçoit chaque années 35milliards de l’état qui échappent aux cotisations sociales ( Sécurité sociale et retraite).(cf le Canard enchaîné du 14 avril 2010)

    – Selon les statistiques de la banque de France, les actifs français du CAC40 ( les 40 plus grosses entreprises cotées à la bourse de Paris) gérés par des banques tricolores dans des paradis fiscaux atteignaient 538 milliards de dollars en 2008. Ces entreprises ont pu ainsi faire échapper 538 milliards de dollars soit 393 milliards d’euros à l’impôt et aux cotisations sociales.
    D’après les calculs de Daniel Lebègue, ex-directeur du Trésor, le manque à gagner fiscal correspond à plusieurs dizaines de milliards par an ( environ 40 milliards). ( cf article d’Agata Kovacs, pour Mecanopolis, du 2 mars 2010, avec les informations du Canard enchaîné et des quotidiens suisses La Tribune de Genève et Le Matin)

    – 456 niches fiscales permettent aux nantis d’échapper à l’impôt et aux cotisations sociales, celles-ci représentent 110 milliards d’euros de manque à gagner pour les recettes de l’Etat. Soit plus des trois quarts du déficit budgétaire de la France ( déficit budgétaire de 150 milliards en 2009).(cf le Canard enchaîné du 14 avril 2010).

    Supprimons les 35 milliards de subventions de l’Etat aux entreprises, récupérons les 110 milliards de manque de recettes liés aux niches fiscales, récupérons environ 40 milliards des cotisations SS et retraite qui s’appliqueraient sur 393 milliards d’euros d’actifs placés dans les paradis fiscaux, sans parler de ce qu’on ignore (tout ce qui tourne autour du bouclier fiscal, taxes sur les alcools et le tabac détournées par le gouvernement,……) !
    La totalité des sommes récupérées dépasserait alors les 185 milliards d’euros par an. Il n’y a donc plus de problème pour financer les retraites bien au-delà de 2050, pour combler les déficits de la branche Assurance Maladie de la Sécurité Sociale, et pour financer très largement les besoins sociaux de ce pays qui ne sont pas couverts actuellement .
     
    Si aujourd’hui on prend les prévisions les plus défavorables : aux 185 milliards de recette supplémentaires, on ôte les 30 milliards de déficit retraite 2010 et les 10 milliards de déficit de la branche Assurance Maladie de la Sécurité Sociale en 2010, au total il reste cependant plus de 145 milliards pour financer une politique sociale ambitieuse qui supprimerait notamment les cas les plus inhumains (SDF, chômeurs en fin de droit, rétablissements des secteurs publics dégradés,…).

     
    Le gouvernement et le MEDEF veulent en affichant des déficits astronomiques faire accepter une retraite à la carte. Un départ possible à 60 ans serait maintenu symboliquement, mais en introduisant une décote importante si les salariés partaient à la retraite à cet âge. Ainsi, si un salarié veux bénéficier d’une retraite à taux plein il faudra qu’il travaille bien au delà de 60 ans. Le fond du problème, est que les gens devront cotiser ( s’ils le peuvent) auprès des banques et des assurances privées pour une retraite complémentaire afin de pouvoir vivre décemment. Cela aboutit de fait à la privatisation des retraites publiques et à leur précarisation.
     
    En conclusion, le rapport du COR est de l’INTOX, pour justifier les petites retraites et un temps de travail plus long. Le gouvernement veux inciter les salariés à prendre des assurances retraites privées pour la grande joie des banques , car il y a beaucoup d’argent à gagner.
    En effet, il ne faut pas oublier qu’en France les budgets sociaux (cotisations retraites et Sécurité Sociale) sont supérieurs au budget de l’Etat. En conséquence, les banques et les assurances privées veulent bénéficier de cette masse d’argent en amenant les gens à venir cotiser chez eux. Doit-on tomber dans cet avenir radieux où comme aux USA les banques ont versé des retraites de misère, obligeant un nombre non négligeable de retraités à reprendre un travail précaire et mal payé.

    Ne pas s’opposer fermement à la réforme des retraites de Sarkozy, c’est entrer dans le jeu de la spéculation bancaire mondiale de plus en plus vorace.

    Alors JEAN-LUC MÉLENCHON il y a du fric à prendre, chiche!!!!!!

    Tout savoir sur les retraites : http://exigences-citoyennes-retraites.net/
    – 10 questions, 10 réponses sur nos retraites : http://blog.exigences-citoyennes-retraites.net/?p=11
    -La retraite à 60 ans, à taux plein , est possible !  : http://blog.exigences-citoyennes-retraites.net/?p=76
    Sécurité sociale : vers un doublement du déficit en 2009 : http://www.vie-publique.fr/actualite/alaune/securite-sociale-vers-doublement-du-deficit-2009.htm
    Caisses de retraite complémentaire: déficit de 1,4 milliard d’euros en 2009 : http://www.journaldunet.com/management/breve/40330/caisses-de-retraite%E2%80%94deficit-de-1-4-milliard-d-euros-en-2009.shtml

  6. Pierre Gaugain a dit :

    Salut Martine,

    au début je croyais que ce texte était de toi….. après j’ai compris, qu’il était de Pierre Zarka, c’est vrai il écrit bien, analyse bien, et, est à la fase…. mais bon tout cela est quand même bien confidentiel… tu ne crois pas? Je crains que la Fase ne reste, et ce n’est certes pas sans intérêt un salon, voire un club, où il fait bon se retourver pour parler à peu près des mêmes choses avec les vocabulaires propres à chacunes des chapelles qui la fonde… c’est un peu une version politisée de l’auberge espagnole, c’est donc bien aussi pour cette raison que j’y participe, volontiers, même si la chapelle dans laquelle je milite actuellement n’y est pas en odeur de sainteté, mais bon en étant dans l’inorganisation totale, elle fait quand même 13 %…. au fait as tu des nouvelles de Mélenchon et de Buffet?

    Bisous j’espère à bientôt

    Pierre

  7. Guillot a dit :

    « Des initiatives populaires indépendantes de la décision des partis », le mouvement ouvrier en a connu, en connaît et en connaîtra encore.

    On peut se demander si Pierre Zarka n’a pas oublié le rôle joué par les syndicats, même « sous influence » partidaire: combien de fois la base (syndicale ou partidaire) a débordé les sommets dans le passé ? Et en quoi cela a-t-il remis en cause la » forme parti » ?

    « Nous pouvons être au sein de la FASE, les militants de l’affranchissement de conceptions issues d’une République dont la participation populaire nous fait trop souvent oublier les fondements bourgeois ».

    Encore faut-il que ses membres ne se trompent pas de rassemblement lors des élections régionales, ce qui a été le cas en Limousin !

    Encore faut-il savoir reconnaître aussi un parti bourgeois comme le Modem, ce qui ne fut pas le cas avec le maire « coco-U » d’Aubagne lors des élections municipales en 2008.Il l’a pris sur sa liste ! Il n’y a pas que les fondements bourgeois qui sont oubliés à la FASE !

    A La FASE, on vraiment très « ouvert ». Mais lorsqu’elle ne se trompe pas de rassemblement, cela n’empêche pas que le NPA recherche l’unité avec elle dans les luttes et dans les élections comme nous ce fut notamment la cas en Aquitaine.

  8. Georges Pons a dit :

    @Martine : pas de moquerie, j’ai vraiment apprécié ce qu’écrit Zarka, même si je n’ai pas tout compris. Et je sais, l’ami Corcuff me l’a déjà reproché, que faire peser le soupçon d’intellectualisme ne manque pas d’attirer les foudres.
    Je me mets cependant sans peine dans la peau de camarades qui m’entourent et qui, comme moi, peinent parfois à décrypter des messages sans doute limpides pour d’autres, rompus à toutes les dialectiques.
    Les statuts du NPA utilisent une formule que je trouve plutôt bien venue :
    « Les débats à l’intérieur du parti doivent être simples, accessibles mais pas simplistes : un parti des travailleurs, de tous les travailleurs, des travailleuses, manuels ou intellectuels. » De là à dire qu’elle est toujours mise en oeuvre !
    Je pense que Guillot a bien marqué les limites de l’exercice Zarka.

  9. JOS a dit :

    Dans cette rubrique le sujet sur les retraites est bien loin , on ne parle que d’organisations : on se croirait au bistrot !!!

    Arrêtez avec vos chapelles, elles ont toutes échoué, certaines depuis 40 ans et plus. Quand à celle qui a fait 13% derrière un gourou très libéral pro-USA et pro-sioniste , elle ferait bien d’éclaircir les choses au lieu de se limiter à peindre en vert le capitalisme comme le souhaite certains de ses responsables.

    Arrêtons de tourner en rond, le problème est comment résister aux futurs plans de rigueur, véritable tour de vis sur : les retraites, les conditions de vie, le chômage, les salaires, le logement, la santé, etc…
    Bref pour des millions de français et des milliards d’humains, comment pouvoir vivre correctement sans angoisse, comment avoir un avenir, un espoir.

    Alors soyons constructif, ne promettons pas la lune (nous ne l’avons pas entre nos mains).
    Alors sur les retraites que fait-on ?????

  10. Bernard ALBRIGO a dit :

    Il suffit de presque rien…500 mds d’€uros (soit 3 250 Mds de Francs…) et la bourse est repartie à la hausse dans une euphorie « dingue » ! (cac 40 + 10 % en une séance !) .
    La crise est finie…non elle continue malgré  » la chimiothérapie financière » qui va permettre au sytème une courte rémission…
    Pendant ce temps, notre Sécurité Sociale, nos retraites, nos salaires (les valeurs sûres) en prennent un coup de plus…Imaginons avec seulement 50 milliards d’€uros, ce que nous aurions pu faire pour notre système par répartition et notre Sécurité Sociale… Imaginons combien de minimum retraite à 1 500 € (coût d’une maison de retraite) nous aurions pu verser…en l’améliorant avec un plancher à 1500 € et un plafond à 3000 €… Et pour finir cette courte intervention un extrait de « Ferrat » 91 :  » leur plus beau rêve de gosse, c’est un autre emprunt Giscard, mais quand la fée Carabosse, leur donne des cauchemars, adieu châteaux et carrosses, c’est le krach ô désespoir, qui voit leur champion féroce, se flinguer sur le trottoir »…
    Dans l’espoir que nos gauches radicales s’empareront enfin du sujet !
    Bien amicalement,
    Bernard.

  11. Georges Pons a dit :

    @Jos : Et toi, arrête de nous arrêter ! Ce blog fonctionne comme un forum. Tout n’est évidemment pas à la hauteur de ce que tu écris, mais dans nos « chapelles », puisque décidément ce cliché est inusable, on en fait au moins autant que toi.
    Alors, sur les retraites que fait-on ton ton ? Tu va sûrement nous éclairer. Vite, un coup de lune ! Hors des chapelles, on a les réponses, c’est ça ?

  12. Bernard ALBRIGO a dit :

    Jos, le « café du coin » est encore le rare endroit ou les « petites gens » peuvent parler de tout et de rien ! Ces « petites gens » abordent aussi les sujets dont nous parlons… et, parfois, les discussions sont surprenantes…!
    Comme toi, les « chapelles » tiennent aussi une partie de la vérité… C’est en associant le tout, qu’il deviendra possible de changer les choses.
    (ma réponse n’a pas valeur de leçon, cela évitant les interprétations…)
    Je te prie d’accepter ,Jos, mes cordiales et respectueuses salutations.
    Bernard ALBRIGO.

  13. jean-pierre lefebvre a dit :

    Je me souviens de Zarka quand il liquidait les oppositions au sein de l’UEC, quand il était dauphin de Marchais, son directeur de l’humanité, parachuté à Saint Denis pour prendre le mandat de député de Berthelot, ce qui a valu le schisme dont Braouezec est issu… Je sais , on peut s’améliorer avec le temps et je partage ses analyses sur la poussée autogestionnaire ignorée par les partis de gauche moins les attaques contre les partis : Fase, NPA, FdG, Alternatifs, etc., ce sont des embryons de partis, les troupes en moins, appelez ça comme vous le voulez, il faut en politique même à l’extrême gauche des organisations, le nom dont on l’affuble n’y change rien et si possible de la démocratie et de la discipline (qui comme on sait fait la force des armées). Attaquer les partis me semble un peu facile et pas très nouveau(Poujade!). En matière de substitution au peuple, son ami Braouezec sait faire : contre la signature des 800 locataires il fait démolir le superbe quartier HLM des Poètes à Pierrefitte, remarquable avancée urbaine, plutôt que le réhabiliter pour dix fois moins cher, les migrants on été aupraravant tous déménagés! Vive la démocratie et le social! Quand au communisme quel est-il? Celui du petit père des peuples, de Pol Pot, de Mao, comme son adorateur impénitent Badiou ? Populaire en diable! Et si nous faisions d’abord l’autogestion socialiste et le dépérissement de l’Etat, ça ne serait pas déjà une rude étape? Le mot d’ordre de Marx, « à chacun selon ses besoins » , juste en 1848 ,est peut-être aujourd’hui un peu dépassé, la science et la pédagogie moderne, dans une société socialiste réduisnat les inégalités, permettrait de diminuer progressivement les inégalités chromosomiques et biographiques. « A chacun selon son travail » ,ça me parait plus judicieux et moins démagogique… JPL urbaniste

  14. Pierre Gaugain a dit :

    @Jos,
    D’abord merci à Bernard Albrigo pour le ton de son commentaires et les vérités qu’il énonce.

    Maintenant Jos, la chapelle aux 13 %, n’est pas encore constituée…. alors attends encore un peu et lorsque cela sera fait nous pourrons sans aucun doute espérer des scores un peu plus conséquents.

    Nous ferons tout pour que les gens qui le voudront quelle que soit la nature de leur opinion actuelle sur ladite chapelle puissent l’intégrer s’il le souhaite, et participer à sa construction en dehors de TOUT DOGME.

    Je veux juste te confirmer que pour les retraites nous étions dans la rue comme tout le monde pour défendre le régime par répartition….

    Maintenant c’est vrai nous avons des personnalités à l’initiative de ce mouvement, qui ne plaisent pas à tout le monde, qui sont toujours analysés comme des affreux libéraux…. de droite bien sûr mais là nous sommes dans le pléonasme.

    Il convient aussi d’ajouter qu’ils sont en plus et généralement définis comme d’affreux sionistes, des agents double, triple, voire quadruple, des ambitieux, des opportunistes, des financés par le « grand capital », des gauchistes, enfin par tout ce qui a été exprimé depuis plus de quarante ans par tous les dogmatiques, sclérosés, de France et par le couple Communo-Gaulliste…qui lui tient et de loin le pompon dans ce compartiment du jeu.

    Mais c’est pas grave, ça avance quand même, au fait le volcan Islandais c’est pas encore un coup de ces tordus, vendus, droitistes libéraux d’EE, pour faire parler d’eux.

    Cela se pourrait bien, ce n’est que l’avis d’un qui va aussi dans les bistrots pour animer des discussions qui ne sont pas que des lieux communs, comme le faisait remarquer si justement Bernard Albrigo.

    Bien respectueusement et amicalement,

    Pierre Gaugain.

  15. Guillot a dit :

    Intéressante les remarques de Bernard Albrigo sur le « café du coin ».
    Je dis cela parce qu’il a joué un rôle important dans la naissance de la Commune de Paris.

    Et c’est le sociologue Razmig Keucheyan dans un ouvrage passionnant, clair et lisible qui vient d’être publié (« Hémisphère gauche: une cartographie des nouvelles pensées critiques ») que j’en ai appris un peu plus sur « café du coin » sous le Second Empire

    Il y présente un « penseur critique » britannique David Harvey qui affirme que dans les années précédant l’insurrection parisienne c’était des lieux de « sociabilité politique ».

    « Les cafés étaient non seulement un lieu de rencontre entre différents secteurs des classes laborieuses et entre les classes laborieuses et la « bohême »(journalistes, artistes, étudiants), mais il permettait aux ouvriers d’expérimenter les modes d’existence les plus divers. »

    Personnellement, j’en connais deux aujourd’hui qui garde ce type de lieu de rencontre et qui préserve un aspect de « sociabilité politique » tourné vers la résistance au néolibéralisme. Mais ils sont rares, je trouve.

  16. Bernard ALBRIGO a dit :

    Bref constat :

    Malgré la « chimiothérapie » de plus de 500 Mds d’€uros, les « marchés » ont connu une très courte rémission…et ce n’est pas fini…
    Je pense que beaucoup de choses peuvent basculer en Europe et en peu de temps…Ah, si les peuples européens étaient un peu mieux organisés…nous aurions un printemps un peu moins pourri…
    Bien amicalement,

    Bernard ALBRIGO.

  17. Pierre Gaugain a dit :

    @Bernard Albrigo, judicieuse remarque, nous faisons ce que nous pouvons…

    @ Guillot, je ne sais si tu es un auditeur de France Inter, mais si ce n’est le cas je t’informe que tous les jours depuis de nombreuses années à 15 heures, est diffusée pendant une heure l’émission de Daniel Mermet « La-bas si j’y suis », qui concerne de nombreux sujets d’actualités.
    Cette émission a donné naissance il y a deux ou trois ans à une initiative appelée les « cafés repères » ou repaires, qui consiste à se faire rencontrer dans des cafés au moins une fois par mois dans le maximum de villes de Fance, des AMG (auditeurs modestes et géniaux), de france inter qui débattent ainsi des sujets qui les intéressent dans l’actualité du moment….ces lieux de discussions citoyennes sont de plus en plus nombreux en France, et rencontre un succès grandissant.
    Ils sont animés en général par des membres du monde associatifs, Attac, EE.
    Je confirme donc l’importance du rôle de ces lieux publics que sont les cafés.

  18. Raoul Marc Jennar a dit :

    @Bernard ALBRIGO
    Cher Bernard,
    Ce n’est pas le manque d’organisation des peuples d’Europe qu’il faut déplorer. C’est l’absence de solidarité entre ces peuples. Je ne parle évidemment pas de ceux qui gouvernent. Eux sont solidaires avec les banquiers et les patrons pour maintenir l’ordre d’acier du capitalisme dans toute l’Europe. Je parle de l’absence de solidarité effective, concrète, agissante entre celles et ceux qui ne vivent que de leur travail, leurs partis dits de gauche et leurs syndicats, par delà les frontières nationales. Depuis le début de l’annonce des mesures imposées à la Grèce par ceux qui protègent les responsables de la crise mondiale, nous aurions du voir le peuple européen se lever à Paris, à Berlin, à Bruxelles à Rome, à Madrid, dans l’Europe du nord comme dans l’Europe du sud pour crier bien fort « nous ne payerons pas leur crise ». Le peuple grec est seul face aux gouvernements européens, au FMI, à la Banque Mondiale. Sa résistance est magnifique et sert de test pour les dirigeants européens qui veulent savoir jusqu’où ils peuvent aller. Le peuple grec est seul parce qu’il n’y a pas de peuple européen, alors que nous sommes tous dans le même destin. Les Français, les Allemands, les Italiens et tous les autres qui sont hostiles à l’Europe ne le sont pas parce qu’ils veulent une Europe des peuples, ils le sont par chauvinisme, par nationalisme, par égoïsme. Au contraire, en 2005, nous nous sommes opposés à l’Union européenne dont on voit qu’elle n’est pas faite pour nous, mais pour les banquiers et les hommes d’affaires, parce que nous voulons une Europe pour les peuples et par les peuples. Honte aux organisations syndicales repliées derrière leurs frontières nationales ! Honte aux partis de gauche qui ont oublié l’internationalisme (ou qui au nom de leur internationalisme de façade, ignorent l’espace européen) ! A quand une campagne pour expliquer que ce qui commence à Athènes, ce sera demain la réalité à Paris, à Bruxelles, à Berlin et ailleurs. La rigueur imposée à Athènes aujourd’hui, si une résistance européenne ne se lève pas, sera la rigueur européenne sous peu. Une bataille formidable est engagée, mais les peuples s’enfoncent la tête dans le sable. Chacun pour soi. Chacun chez soi. Triste. Infiniment triste.
    Bourdieu qui, il y a dix ans, s’épuisait à faire lever une conscience populaire européenne, nous manque.

  19. Guillot a dit :

    @Pierre Gauguin

    Lorsque j’en ai l’occasion, j’écoute effectivement « La bas si j’y suis » et j’y entends quelques fois des annonces relatives aux « cafés repères ». Dans ma ville, il y avait chaque mois un « café philo ». Mais les deux « cafés du coin » que je connais personnellement sont des lieux de « sociabilité politique » quotidiens. Ils sont situés hélas hors de ma région, l’Aquitaine.

    Dans ma ville existe aussi un café offrant une grande salle pour des réunions publiques d’associations, de partis, de collectifs, moyennant une conso. On peut dire que c’est un « café repère », par intermittence.

    L’absence de solidarité entre les peuples européens que déplora Jennar s’accompagne aussi d’un replis nationaliste, encouragée par la crise et les « capitulations » des organisations syndicales et des gauches libérales.
    Je mets volontairement entre des  »  » à capitulations » car la fausse gauche capitule depuis belle lurette et les Papandréou, DSK, Aubry, Valls, Socrates, Zapatero et consorts sont trempés jusqu’au coup dans le soutien ou la mise en place des plans de rigueur en Europe.

    Ce qui va certainement entraîner dans un proche avenir un sérieux dilemme dans une partie de la gauche de la gauche française, avec la question des alliances électorales en 2011 et 2012.

    Le délitement des organisations syndicales en France est une réalité et j’en sais quelque chose ! Et ce n’est pas sans conséquence sur les actions de solidarité en faveur du peuple grec: nous n’étions que 70 à se trouver sur une place de la ville d’Agen à l’appel de… 8 assos, partis et 3 syndicats dont la FSU, la CGT et Solidaires !

    La crise concerne les organisations du mouvement ouvrier dans toutes ses composantes,syndicats et partis compris. Le hic , c’est que nous avons besoin d’organisations pour nous défendre , résister, conquérir de nouveaux droits, pour un éco-socialisme du XXI° siècle !

    Je constate aussi qu’il est difficile de se débarrasser de la « forme parti » puisque DCB propose une organisation sous forme de coopérative pour EE. , avec possibilité d’adhésion directe et le PG- lui aussi en crise si j’en crois Zarka- propose aussi d’adhérer directement au FDG. Et que le PCF a renoncé depuis longtemps à garder sa forme précédente de « parti instituteur » (celle des hussards rouges de la III° république)

    En fait, la forme change mais le parti reste, heureusement, car pour pouvoir fonctionner en « intellectuel collectif » ou offrir un autre lieu de sociabilité politique, il faut une organisation . Et parce qu’il a aussi en face de lui des structures et des organisations dont la force et la capacité à dominer n’est pas à démontrer.

    C’est Gramsci qui avait réfléchi sur la conquête de l’hégémonie idéologique (il disait, lui « culturelle ») dans le peuple pour préparer sa conquête du pouvoir politique. Aujourd’hui, la crise entame y compris à droite la crédibilité des marchés qui s’ auto-régulent, mais pas seulement avec la valse des centaines de milliards d’euros qui apparaissent subitement au dessus de nos têtes, sans rentrer dans nos poches.Mais ce n’est pas pour autant que la « culture » anticapitaliste , écologique et féministe devienne hégémonique d’un seul coup.

    Alors, si nous même renonçons à la « forme parti » et quelque que soit les formes d’organisation qu’elle adopte, la conquête de l’hégémonie se fera comment ?

  20. Pierre Gaugain a dit :

    Bonjour Raoul,

    Je te vois en grande forme, et toujours en première ligne, bravo pour ton billet.

    Lors du 1er mai, certains de mes amis (je ne veux pas citer ce mouvement pour ne pas t’offusquer), et leurs alliés de PRS/POC (peuples et régions solidaires – partit occitan) défilaient dans les rues de Toulon en portant des banderoles de soutien au peuple Grec et en annonçant et dénonçant aussi les probables évènements qui risquent de toucher l’ensemble des peuples Européens…

    Comme je le disais à Bernard Albrigo, nous faisons ce que nous pouvons….
    faire lever une conscience populaire européenne nous manque, mais déjà une conscience Française de la gauche de gauche et de toutes les bonnes volontés ne serait pas inutile, du moins c’est mon sentiment.

    Alors il faudra bien se parler un jour y compris avec les nouveautés politiques en construction.

    Il y a comme le constate tout le monde beaucoup plus de choses qui nous rassemblent que d’évènements qui nous divisent… tiens au fait l’éruption du volcan Islandais, n’est imputable à personne, ni à l’activité humaine ni aux dogmatismes sectaires et doctrinaires, ni aux nouveaux opportunistes libéraux et aventuriers de l’écologie politique, alors tout cela semble nous indiquer qu’un peu d’humilité, d’écoute et de respect ne seraient pas superflus, par les temps qui courent.

    Ceci n’empêche nullement d’avoir des positions dites « de classe » et de considérer que le système financier « libéral » actuel n’est en aucune façon porteur de solutions, bien au contraire il favorise l’émergence des problèmes et s’en nourri, alors il faut donc imaginer autre chose…..cela devient même urgent.

    La non réaction des peuples Européens complètement phagocytés, est en plus une insulte permanente aux peuples qui subissent déjà le dérèglement climatique et qui n’ont pour survivre bien souvent que moins d’un Euro par jour et par personne..

    Nous pétitionnons et défilons minoritairement, c’est pas terrible mais c’est la triste réalité, à moins que certaines organisations citoyennes en cours ne progressent fortement. Là je crains fort que nous ne soyons plus aussi dans les espérances que dans la réalité, tant l’aliénation est forte jusque et y compris chez ceux d’entre nous qui semblent les plus éveillés…..

    Je n’ai pas étudié grand chose de Bourdieu, j’ai lu quelques unes de ses analyses et positions, mais pour la grande majorité des Français je peux te dire que Bourdieu ne représente rien… Comme dirait Martine (la girondine), par rapport à cette illustre personnalité, nous pouvons être soit Bourdivin, (second degré, pour ceux quoi voient en lui carrément l’expression du divin, soit Bourdieusien. ce qui est son cas et certainement le tien, ce dont je suis certain, est que quelque soit la qualité de la pensée de certains philosophes, et ce depuis les temps les plus reculés, j’ai l’impression que l’état de la civilisation et des civilisations ne fait que de modestes progrès, malgré aussi l’apport certainement conséquent de cet intellectuel.

    Certains parlent d’une société de la connaissance à mettre en place, je me demande si ce n’est pas une bonne idée?

    amicalement,

    PIerre Gaugain. (autodidacte de formation)

  21. Pierre Gaugain a dit :

    @ Guillot,

    eh bien ce matin le blog de Raoul va chauffer… je viens juste de passer un mail, qui se concluait par la proposition faite par certains de mes amis que je ne veux pas nommer pour ne froisser personne , d’aller vers une société de la connaissance… et que dans ton dernier commentaire tu posais la question, de »comment aller vers la conquête de l’hégémonie » (je présume en l’absence de parti), et bien c’est ce que nous essayons de mettre citoyennement en place, de définir dans l’approche actuelle d’EE, nous essayons de nous écouter et d’être inventifs pour essayer de consolider et développer cette émergence dans le champ du politique.

    Je peux t’affirmer que rien n’est figé mais que comme pour le nucléaire, je ne pense pas que les nuissances de l’actuelle organisation économique, ne se règleront à coup de décrets ou de plasmodiantes indignations anticapitalistes.

    Voilà un peu ou nous en sommes pour le moment, ça va pas haut, ça va pas vite, mais ça va sûrement dans le bons sens, si l’on en juge par l’écoute grandissante comme pour les cafés repères de notre démarche…

    Bien sûr l’importance des initiateurs de ce mouvement et de DCB est encore très importante, mais dans la mesure ou une majorité de participants sont en accord avec ses propositions, je pense qu’il conviendrait plus de dire ses interrogations, je ne vois pas ou est le problème.

    Nous n’avons pas de catéchisme, pas de vérités révélées, nous cherchons et, nous organisons le plus démocratiquement possible, apportons avec humilité quelques idées, en défendant aussi fermement et respectueusement que possible nos convictions, c’est nouveau, et sans doute pas si mal…

    Bien cordialement

    Pierre Gaugain.

  22. Bernard ALBRIGO a dit :

    Cher Raoul,

    Ton analyse est complète et je n’ai pas grand chose à y rajouter.
    Sauf, un petit point, par rapport à la grande majorité des Syndicats qui appartiennent à la C.E.S.
    Les Syndicats, se comportent ainsi, puisqu’ils ne dépendent plus des cotisations de leurs adhérents mais dépendent directement du financemet que l’Europe capitaliste leur offre…Donc, ils sont devenus « réformistes » ou « jaunes » et ne veulent pas lancer les actions de riposte qui seraient de mises contre « le mécènat capitaliste » qui les finance…
    Cela explique beaucoup de choses que nous devons démontrer aux Citoyens…En résumé un sacré travail de terrain !!!

    Bien amicalement à toi,

    Bernard ALBRIGO.

  23. Guillot a dit :

    Pierre Gauguin

    Tu estimes que « dans l’approche actuelle d’EE, nous essayons de nous écouter et d’être inventifs pour essayer de consolider et développer cette émergence dans le champ du politique ». Pour moi, c’est bien la fonction d' »intellectuel collectif » d’un parti digne de ce nom que je retrouve ici. Et tout parti ambitionne de « développer cette émergence », en clair de gagner la majorité à ses idées.
    Cela n’interdit pas le pluralisme des partis, ni la recherche de leurs convergences, ni des alliances électorales ponctuelles voire au delà, avec l’exemple actuel du front des gauches belges

    Gramsci (et aujourd’hui le NPA) , dans son approche parlerait de gagner l’hégémonie politique et culturelle. Cela passe aujourd’hui par lutter contre le sexisme, la xénophobie, l’homophobie, l’antisémitisme, les atteintes à notre environnement , développer la solidarité envers le peuple grec, les sans papiers, etc… Mais aussi la défense des services publics et de tous les acquis sociaux y compris celui des retraites, et j’en oublie. Cela fait beaucoup de mobilisations sociales , écologiques, féministes, internationalistes, politiques en perspective.

    Mais peut-on conquérir l »hégémonie sans en même temps « dessiner », faire émerger, même en pointillé un autre futur possible ? Préparer cette rupture avec le système en place cela passe bien dès maintenant par « développer cette émergence ».
    Comme l’écrivaient déjà P – Zarka, JM -Vincent et M – Vakaloulis dans leur essai : « Vers un nouvel anticapitalisme » en 2003, les mouvements sociaux sont autant d’espaces ou de lieux où peuvent émerger selon eux une « culture de rupture favorable à un projet d’émancipation ».Même s’ ils sont fragmentés et l’intensité conflictuelle » irrégulière.

    Lorsque le regretté JM-Vincent était venu débattre de son livre dans un café agenais fin 2003, je lui avais demandé pourquoi son livre éludait la question de coordonner-et pourquoi- pas fédérer les « animateurs » de ce qui est nommé dans son livre les ‘ »espaces publics autonomes des exploités et opprimés ».

    Il m’avait répondu qu’il était « à titre personnel (ils étaient 3 co-auteurs), favorable à l’émergence d’une avant- garde au sens surréaliste du terme ».

  24. Pierre Gaugain a dit :

    @ Guillot, en fin de compte je me demande si nous ne disons pas la même chose, et je ne suis en rien contre le pluralisme des partis lorsqu’il n’a pas pour objectif prioritaire d’occulter la naissance l’émergence de « mouvements citoyens, clairement républicains et écologistes voire euroécologistes »….
    qui représentent selon moi ce que peut sans doute signifier dans la diversité de ses origines « une avant-garde au sens surréaliste du terme », selon les propos de JM Vincent, et qui est peut-être en partie incarnée par EE.

    Je peux t’assurer qu’à Europe Ecologie les premiers surpris de ce mouvement sont sans doute ses initiateurs. Parceque tout simplement un certain succès une certaine reconnaissance implique aussi quelques devoirs et responsabilités…et là le vrai boulot commence.

    Nous avons obligation maintenant, de sortir des discours, des dénonciations,
    pour proposer, cela se fera sans aucun doute avec des erreurs, mais plus cette avant-garde restera ouverte, plus elle sera importante, fédérative, et en capacité de discussion avec les autres formations sensibles aux notions de république de démocratie, d’écologie et bien entendu pour qui la question de la justice sociale occupera une place centrale, à condition que ces partis et formations traditionnels en question de la gauche de gauche et plus généralement les démocrates veuillent bien à son endroit sortir de l’anathème, pour certains je me demande si être anti EE ne devient pas une nouvelle profession de foi, et plus je pense les risques seront moindre…

    Comme je l’ai déjà évoqué nos positions ne vont pas obligatoirement très haut, elles ne sont pas toutes d’une grande clarté, mais j’ai le sentiment partagé par plus de 13 % de nos concitoyens, et je pense que ce chiffre risque d’augmenter, que cette mouvance citoyenne va dans le bon sens, tout simplement parcequ’elle parle un langage audible, sincère et donc assez sympathique, notion largement oubliée par partis traditionnels qui sont eux là pour sauver le monde même sans son consentement.

    Il faut bien reconnaître qu’à Gauche mis à part Besançenot, qui dégage une certaine sympathie et sincérité légèrement répétitive, nous avons tous compris qu’il était anti-capitaliste, le reste c’est plutôt la famille des tronches en biais.

    Nous seront fixés sur tout cela, la constitution d’EE en fin d’été début de l’automne, en attendant nous travaillons, nous réfléchissons, nous essayons de dialoguer avec tout le monde sans exclusive même avec ceux pour qui l’insulte ou les raccourcis historiques tiennent lieu d’arguments, quels que soient nos défauts réciproques nous sommes condamnés à vivre ensemble…

    Bien amicalement

    Pierre Gaugain.

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