- Raoul Marc Jennar - http://www.jennar.fr -

Le FMI, l’OMC, le PS et les privatisations

Dans le cadre du Mémorandum conclu avec le FMI [1], le gouvernement grec prépare un vaste programme de privatisation des entreprises de service public. Les privatisations annoncées concernent, jusqu’à aujourd’ hui:

L ‘entreprise publique ferroviaire OSE.

Les compagnies d’eau d’ Athenes et de Thessalonique (EYDAP et EYATH).

L’entreprise d’électricité PPC (DEI), le secteur du gaz naturel (DEPA) et du raffinage (ELPE).

Probablement les parts restantes dans le capital de l’ex-entreprise publique de télécommunication OTE.

Les ports, aéroports et autres infrastructures publiques.

Dans le but de promouvoir la concurrence dans le secteur de l’énergie, des augmentations de 30% sont déjà annoncées sur les tarifs des petits consommateurs (ménages) afin de supprimer les « distorsions » du marché (les subventions croisées) qui empêchent PPC de concurrencer les nouveaux entrants sur le segment des entreprises industrielles et commerciales (parmi lesquelles figurent des multinationales de l’énergie et des entreprises privées grecques).

Dans le secteur de l’eau, li est envisagé de procéder par délégation de service public (« concession ») impliquant aussi très probablement des multinationales de l’eau (Suez est déjà présente dans le capital de EYATH).

Dans le secteur ferroviaire, des suppressions massives d’itinéraires sont prévues en parallèle avec le développement de la concurrence sur les segments rentables.

Les partenariats publics-prives sont aussi privilégiés par le Mémorandum du FMI. Dans tous les secteurs, la dissociation réseau-services est en voie ou déjà réalisée.

Ces mesures viennent achever les programmes de privatisation et libéralisation engagés depuis la fin des années 1990. Il est important de souligner le fait que malgré l’ampleur des changements déjà réalisés, aucune véritable mesure de compensation (obligation de service public, service universel, etc) n’a été  encore prise ni même envisagée… Par conséquent, la commercialisation des services publics est créatrice de déséquilibres sociaux, économiques et territoriaux grandissants en ce qui concerne les conditions d’accès et d’usage des ces services fondamentaux.

Ces politiques viennent s’ajouter aux mesures de réduction drastique des salaires et des retraites, a la reforme radicale du système de protection sociale, la baisse des dépenses publiques, l’ augmentation des taxes indirectes, la flexibilisation du marché du travail (hausse des licenciements, baisse des indemnisations) qui plongent l’économie dans la récession et le chômage (prévisions de + 15%), réduisent le pouvoir d’ achat des salariés (malgré le recul de l’activité l’inflation est rampante en raison de la concurrence oligopolistique) et qui annoncent la paupérisation d’une partie de la société grecque (les prestations sociales étant particulièrement insuffisantes en Grece).

Étant économiste-chercheur et membre d’un think tank de la Coalition de la Gauche Radicale (SYRIZA), nous envisageons organiser et animer une discussion publique élargie sur les conséquences des politiques actuelles sur la cohésion économique, sociale et territoriale de notre pays, la nécessité de mettre fin aux plans de privatisation des services publics [2] helléniques et de protéger l’emploi. Dans ce cadre, notre équipe a déjà préparé un projet de loi visant a garantir l’accès minimum aux services publics qui inclut les secteurs de l’énergie, des telecoms, de l’eau, des banques (service universel), des transports maritimes, ferroviaires et locaux et qui prend en compte, au delà des critères sociaux, des critères environnementaux (eau-énergie), territoriaux (transports maritimes) ou liés a la fracture numérique (TIC).

Yannis Eustathopoulos, économiste-chercheur, Athènes / Grèce [3], +210 3709456, yeustat@gmail.com [4]

Mon commentaire : on nous a bassiné les oreilles avec les réformes du FMI qu’aurait apportées le social-libéral peut-être candidat du PS [5] aux futures présidentielles, Dominique Strauss-Kahn [6]. Le FMI serait devenu gentil ! Il aurait renoncé à ses conditionnalités. Mensonge des média, une fois de plus. On le savait depuis que la Hongrie avait été obligée par le FMI de baisser les salaires des fonctionnaires.

Maintenant, c’est clair. On sait à quoi s’attendre si DSK devient le candidat du PS et s’il est élu : il appliquera strictement les accords de l’OMC [7] (dont  l’AGCS [8] qui impose la privatisation de toutes les activités de services – voir mon bouquin sur ce sujet publié dans la collection créée par Bourdieu : Raisons d’Agir) gérés par son camarade du PS, Pascal Lamy [9]. Comme le fait le premier ministre de Grèce, un social-libéral, lui aussi.

rmj