09 Nov 2010

L’actualité abonde de sujets. Les acteurs politiques et les évènements défilent. Un clou chasse l’autre, comme dit le proverbe. On oublie vite. Et les médias en tous genres en font chaque jour l’illustration. Or, depuis quelques temps, ces médias nous abreuvent d’articles et de sondages de nature à nous convaincre que Dominique , s’il est candidat aux présidentielles, a toutes les chances de battre . Sans jamais nous rappeler ce qu’il a fait quand il était ministre de et ce qu’il fait à la tête du FMI. Bien entendu.

Qui sont ces médias ? Pour l’essentiel, les grands hebdomadaires de droite (L’Express, Le Point, Paris-Match, le Journal du Dimanche) et de la gauche libérale (Le Nouvel Observateur) et des quotidiens de droite comme Le Figaro ou La Tribune. Les sondages qui nous désignent déjà le prochain président sont commandés par des journaux de droite.

Il semble que les patrons de ces organes de presse (Lagardère, Dassault, …), déçus par l’actuel occupant de l’Elysée, préfèrent quelqu’un qui leur épargnera, espèrent-ils, grèves et manifestations. D’où la nécessité de nous présenter un candidat de la gauche dite moderne, dite réaliste, dite responsable.

Il me semble donc important de rappeler qui est celui qu’on invite avec tant d’insistance à soutenir, avant même que le ait choisi son candidat. Sans doute pour que ce choix soit celui du patronat. Pour ce faire, cinq sources utiles : le numéro du 24 avril 2010 de l’hebdomadaire Marianne avec un dossier intitulé « DSK mis à nu », l’article de Jean-Jacques Chavigné consacré au FMI de DSK dans le numéro 176 de juin-juillet-août du mensuel Démocratie et Socialisme, l’organe du courant du même nom au sein du PS, le livre de Vincent Giret et Véronique Le Billon, Les Vices cachés de DSK (Seuil, 2000), quelques chroniques que j’ai publiées en son temps dans un hebdomadaire belge ou sur ce blogue et, enfin et surtout, l’excellent dossier de François Ruffin paru dans le numéro 47 (automne 2010) de Fakir (encore en vente actuellement – contact@fakirpresse.info).

Il me paraît indispensable de rappeler les choix qui furent ceux de Strauss-Kahn quand il était ministre de l’Economie, des Finances et de l’Industrie de Jospin:

  • la privatisation des banques publiques : le GAN, le CIC, la Marseillaise de Crédit, le Crédit Lyonnais, le Crédit Foncier de France, le Groupe Caisse d’Epargne. Après le passage de Strauss-Kahn, il n’y a plus de secteur financier public.
  • les autres privatisations. Sous l’impulsion de Strauss-Kahn, le gouvernement Jospin a davantage privatisé que les gouvernements de droite présidés par Balladur et Juppé : Airbus, France Télécom, Thomson-CSF, Thomson Multimedia, Air France, …
  • la libéralisation du secteur de l’énergie : Strauss-Kahn, qui défend les négociations de l’OMC, soutient l’adhésion du gouvernement Jospin aux propositions européennes (Barcelone) qui vont permettre ensuite à la droite de privatiser EDF-GDF.
  • c’est lui qui met en place le régime des stocks options avec plusieurs mesures favorables à cette manière de rémunérer les hauts-dirigeants d’entreprises
  • c’est lui qui lance l’idée de fonds de pension « à la française »
  • c’est lui qui pousse Jospin à renier les engagements pris par le PS devant les électeurs, en 1997 : défendre et renforcer les services publics, défendre Renault-Vilvoorde, poser quatre conditions pour le passage à l’euro.

C’est Strauss-Kahn qui, en 1999, a proposé Pascal Lamy pour que celui-ci devienne le Commissaire européen au commerce international (avant de devenir, ensuite, directeur général de l’OMC).

En 2003, Strauss-Kahn déclare à Tribune Juive qu’il se lève chaque matin « en se demandant comment il pourra être utile à Israël. » En 1991, il avait déclaré : “Je considère que tout Juif de la diaspora, et donc de France, doit, partout où il peut, apporter son aide à Israël. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il est important que les Juifs prennent des responsabilités politiques. En somme, dans mes fonctions et dans ma vie de tous les jours, à travers l’ensemble de mes actions, j’essaie d’apporter ma modeste pierre à la construction d’Israël.” (Passage)

En 2005, Strauss-Kahn fait campagne pour le « oui » au TCE.

Le directeur général du FMI est fidèle à l’ancien ministre de Jospin. Sous son impulsion, le FMI instrumentalise la dette publique des pays du Nord comme du Sud.

Sous la pression du monde des affaires et de la finance, les gouvernements ont décidé de ne plus permettre aux pouvoirs publics d’emprunter auprès d’organes publics de crédit, à des taux nettement avantageux. En Europe, c’est devenu la règle depuis le traité de Maastricht. Les Etats sont tenus d’emprunter auprès des banques privées. C’est la principale cause de leur endettement, vu les taux pratiqués.

La seconde cause d’endettement, c’est le renflouement des banquiers et des spéculaterurs suite à la crise de 2008.

Pour combattre la dette, on ne pose pas de questions sur les causes de celle-ci. On affirme que le seul remède, ce sont des réformes dites « structurelles ». Le FMI de Strauss-Kahn poursuit ainsi 4 objectifs :

  • diminuer les salaires des fonctionnaires, remplacer les retraites par répartition par un recours aux assurances privées, réduire les investissements dans la santé, l’éducation, la culture
  • vendre les services publics aux firmes transnationales
  • flexibiliser le marché du travail en démantelant le droit du travail, en favorisant les délocalisations et en rendant les licenciements plus faciles
  • augmenter les profits des firmes privées en multipliant les exonérations de cotisations sociales ou d’impôts et en gelant ou en réduisant les salaires.

Ce sont ces politiques que le FMI de Strauss-Kahn impose aux pays du Sud. Avec la complicité de la Commission européenne, il fait de même avec les Etats de l’Union européenne.

Nul ne s’étonnera dès lors qu’il ait très officiellement exprimé son soutien aux « réformes » entamées par Sarkozy.

« On vit 100 ans, on ne va pas continuer à avoir la retraite à 60 ans ,» déclarait Strauss-Kahn au journal Le Figaro, le 20 mai 2010.

Quelle différence entre Sarkozy et Strauss-Kahn ? Celle qu’on peut trouver entre un Sarkobrun et un Sarkorose. C’est toujours du Sarko.

Il me semble urgent que, dès à présent, les partis à la gauche du PS fassent savoir qu’en tout état de cause, il leur sera impossible de soutenir Strauss-Kahn en . Il ne suffit pas de changer une personne. Il faut changer de politique. Cela va sans dire, me dira-t-on. Mais cela va encore mieux en le disant.

rmj

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57 Réponses pour “QUI EST STRAUSS-KAHN ?”

  1. ritarapidissima a dit :

    Aujourd’hui la done n’est plus la même depuis le scandale de D Strauss Kahn, j’ai voulu en savoir plus sur lui et je suis tombée sur votre article.
    objectif DSK « être utile à Israel » pour un presque futur président de la France et des français, cette attitude me donne des frissons. Cette phrase prent tout quand on sait que son avocat a annoncé, à un quotidien israélien précise t-on, que DSK serait innocenté ,
    La gauche caviar aurait la prétention de s’occuper de nos problèmes ? pourvoir d’achat, SMIC etc ?
    trahison à l’état pur !
    Cette sale affaire donne le recul nécessaire pour enfin ouvrir les yeux. Quand aura-t-on un VRAI président de la république française digne de ce nom ? sincère, intègre, vertueux et efficace ?
    l’idée même de droite et gauche est fausse avec un Sarkozy droite un DSK gauche pourtant c’est blanc bonnet et bonnet blanc. On a l’impression que ce ne sont plus les électeurs qui élisent, tout est déjà construit avec leurs magouilles et en plus ce sont des magouilles dont le but est de servir ailleurs !

  2. René de VOS a dit :

    @ritarapidissima
    Nous n’aurons JAMAIS un président de la République réunissant ces critères parce que ça n’existe pas au catalogue. Dans une République, un président de la République, ce ne doit être rien d’autre que le chef des armées quand son pays est en guerre. Pour le reste, ce n’est qu’un diplomate parmi les autres et le moins utile de tous.
    La bonne question est, pour moi, de savoir quand nous aurons un Parlement digne de ce nom avec des élus qui représentent effectivement ceux qui les ont mandatés et qui ne prennent aucune initiative qui n’est pas d’abord validée par leurs mandants.
    Si je me souviens bien de ce que j’ai appris à l’école, je crois même qu’il est tout à fait possible de ne pas avoir de président du tout ! Un secrétaire général suffit largement pour signer et légitimer toutes les mesures qui sont décidées par la représentation du peuple ou par le peuple réuni en assemblée.
    Et un élu, de n’importe quel niveau, qui parle à la première personne du singulier devrait être passible de poursuites judiciaires pour abus de pouvoir !

  3. Louvrier a dit :

    @René de VOS
    Merci !
    Enfin un commentaire intéressant qui ressort du fatras précédent.

  4. LOTH a dit :

    La gauche ou la droite ce n’est qu’arrangements politique dans le sens des capitalistes.
    Le citoyen est floué dans le sens que l’on nous fait croire qu’il n’y a que la gauche ou la droite a voter.
    C’est une scène de théatre, une baguarre entre juif pour un juif.
    Quoi d’autre a pourri la France si ce n’est le pouvoir juif, à tous les niveaux.

  5. gilles a dit :

    à LOTH, l’anti-sémitisme, c’est à dire non-pas la critique au cas par cas de certains aspects déplaisants des choix politiques de certaines personnes de la communauté juive, mais bien la généralisation hostile et indifférenciée envers tous les membres de cette communauté juive que vous professez n’a pas sa place ici. À l’heure où la « construction » européenne aboutit à une austérité et un recul de la démocratie sans précédent depuis les années 1930, recommencer les mêmes erreurs avec des gens qui n’ont rien appris ni rien oublié depuis quatre-vingt ans serait dramatique. Changez d’avis ou tenez-vous au large de ce blog !

  6. Raoul Marc Jennar a dit :

    @gilles – Merci Gilles, pour cette ferme réaction. Les antisémites n’ont pas leur place sur ce blog.Il va de soi que je condamne radicalement les propos de ce Loth. Et que je lui demande de se désinscrire s’il est abonné à mon blog. Sinon je le ferai moi-même.

  7. pigeonxxl a dit :

    année 1999 ils avaient été privatisés par qui vous savez , on voit ce que cela peut donner lorsque l’on laisse la liberté a certains de ces damnés banquiers , une bande d’aventuriers avides de gloire et surtout de cupidité , qui avaient imposé des prises de positions spéculatives insensées en se fourvoyant dans la cour des grands , pour s’y planter misérablement malgré les avertissements , c’est nous les pigeonnés qui devons payez les pots cassés , ils avaient soudainement métamorphosé et encanaillé la vénérable et rassurante institution en démente succursale du p.m.u. , ou soit dit en passant avec toute la somme perdue , assurément il y aurait eu un bien meilleur retour sur investissement ! avec ses criminelles denrées daubées a la bourse adossée : « CAISSE d ‘EPARGNE » c’est un véritable danger pour la société , cette banque peut vous amenez a gratter pour gratos quelques journées … ou toute une année , pour vous informez .

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