08 Fév 2011

Après les élections européennes où le NPA a connu une cuisante défaite, l’unité de la gauche de gauche semblait à l’ordre du jour au sein du parti. A la veille des élections régionales, des initiatives heureuses avaient été prises. Mais en fin de parcours, les vieux réflexes ont repris le dessus et le NPA est allé seul aux élections campé dans sa pureté doctrinale et stratégique. Certes, les partenaires possibles n’ont pas toujours facilité le rassemblement, loin de là. Mais qui a dit que l’unité serait un long fleuve tranquille ?

Et pourtant, le calcul de ce qu’aurait donné l’unité aux européennes aurait du faire réfléchir : les Le Pen père et fille n’auraient pas été élus, la gauche de gauche française aurait représenté à elle seule (sans compter ses partenaires dans d’autres pays) un poids significatif. Et pourtant, le Limousin a offert le superbe exemple, aux directions nationales du NPA comme du PCF, que loyauté et unité sont possibles entre partenaires de cultures politiques différentes.

Je n’oublie pas que j’ai défendu à la veille des européennes la position du NPA et que je l’ai portée pendant la campagne. Ce fut pour moi l’occasion de vérifier notre erreur et donc la mienne. J’en ai tiré les conclusions qui s’imposaient.

Face aux souffrances de millions de Françaises et de Français, face à la destruction du contrat social, face au déclin dramatique de  l’Etat de droit, face à la dégradation profonde de l’éthique politique, les prétextes des uns et des autres pour refuser l’unité de la gauche de gauche sont dérisoires. Ils sont sans commune mesure avec le démantèlement des acquis démocratiques et sociaux auquel nous assistons depuis le « tournant de la rigueur. » Mon combat est aujourd’hui celui de l’unité. Il n’en est pas, à mes yeux, de plus important pour les anticapitalistes.

Je connais l’ objection majeure : le risque de gouverner avec le PS. Mais que devient ce risque dès lors qu’on modifie le rapport des forces et qu’on représente une force réelle avec laquelle on doit compter ? Que craint-on ? L’incapacité à tenir tête au PS ? Comme on semble craindre aussi l’incapacité à défendre son point de vue dans un Front de Gauche élargi. Quand on reste entre soi, on ne risque rien. Et on a toujours raison. Mais on ne change rien au système en place. Et pas davantage à la formidable bataille idéologique engagée depuis trente ans. Car ce ne sont pas les partis politiques qui ont ramené la contestation du capitalisme dans le débat politique, contrairement à ce qu’affirme Olivier. Ce sont les altermondialistes. Et les partis ne font que suivre un mouvement qu’ils ont été incapables de susciter. Pourquoi ?

Parce qu’ils sont montrés incapables d’offrir aux femmes et aux hommes qui ne vivent que de leur travail une nouvelle promesse pour un avenir différent. Parce que, en ce siècle de mutations considérables qu’ils n’ont pas captées, ils se sont avérés incapables d’offrir une alternative crédible au capitalisme exploiteur des humains et de la planète.

Aujourd’hui, le paysage politique nous donne à voir un puissant PS résolument rallié à la dictature des marchés, à la concurrence de tous contre tous, au primat du secteur privé. Un PS qui, avec Delors, Straus-Kahn et Lamy, a contribué à ériger en fatalité incontournable « un modèle de développement qui utilise les bas salaires comme seul avantage comparatif dans la compétition internationale » pour reprendre les termes de l’opposant tunisien Nejib Chebbi. Et, sur la gauche, du PS, un émiettement.

Même le Front de Gauche ne semble pas modifier le poids spécifique de cette gauche de gauche. Parce qu’il ne suffit pas à lui seul à porter une nouvelle espérance, à créer une dynamique. Cela ne peut venir que d’un Front de Gauche élargi au NPA, à la FASE, aux Alternatifs, aux Décroissants, à tout ce qui aspire dans ce pays à un changement véritable et non à un aménagement du système. Seul cet élargissement créera l’indispensable dynamique. Et il peut se faire sur la base d’un principe fédérateur : le choix prioritaire de l’intérêt collectif qui implique la remise en question radicale de la marchandisation de toutes les activités humaines.

Je viens de lire l’interview d’Olivier dans Libé. Une nouvelle fois, sans tirer les leçons de son échec aux européennes et aux régionales, sans tirer les leçons du succès de l’unité en Limousin, le NPA se prépare à apporter sa contribution à la division de la gauche de gauche. C’est profondément navrant.

Puisse le congrès du NPA changer le cap d’une direction enfermée dans son purisme idéologique et stratégique.

Raoul Marc Jennar

(sans affiliation à un parti)

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11 Réponses pour “Lettre à mes anciens camarades du NPA qui vont tenir congrès”

  1. jean a dit :

    Adhèrent récent du PG, je partage votre analyse même si nous devons composer avec le PS; et croyez moi, ce ne sera pas avec plaisir. Il faut effectivement œuvrer pour que la gauche de la gauche ait suffisamment de poids pour nous permettre d’offrir et de construire une alternative de société. Cela passe par un élargissement du Front de gauche.

  2. Job Lamer a dit :

    ce qui est en jeu c’est la déliquescence de la » forme parti » centré autour d’un leader qui se croit charismatique. L’exemple du PG, comme celui du NPA est bien instructif.
    En Tunisie comme en Egypte il n’y a pas eu besoin de parti pour la lutte. Les partis viennent aprés pour essayer de récupérer.
    Ce qui est nécessaire ce sont des réseaux et des mouvements qui se coordonnent librement pour un autre monde.
    Au début du NPA, j’avais proposé un autre appelation « Pour un mouvement anticapitaliste ». Cela a été refusé. Tant pis. On voit le résultat mais c’est pareilm pour le PG. Faire tout dépendre d’un « clone de Lambert et de Marchais », brutal et autoritaire, c’est aussi considérer le peuple comme des débiles! Marre de ce pauvre chef qui impose un style « d’Imperator ». Le contraire de ce que nous voulons.

  3. This is NPA ? « les échos de la gauchosphère a dit :

    […] aimé,  et donc  je partage,  ce texte de Raoul Marc […]

  4. guillot a dit :

    Cher Raoul,

    Puisque l’heure est au bilan, esayons qu’il soit le plus « partagé » possible.
    Tout en reconnaissant l’erreur sectaire commise par la jeune direction du NPA lors des rencontres unitaires nationales à propos des régionales(je rappelle que c’est pourtant bien elle qui en avait pris l’initiative), avec le recul, je pense qu’une démarche plus unitaire de sa part n’aurait rien changé.

    L’erreur de la direction nationale avait été de faire de la non participation aux exécutifs régionaux un préalable pour se rassembler. Mais la direction du PCF lui non plus n’acceptait pas le libre choix pour la liste de rassemblement, là où elle ne se rassemblait pas dès le 1er tour avec le PS. Afin de « travailler à des majorités de gestion avec le PS » selon Marie George Buffet.
    Il y avait donc 2 sectarismes qui s’affrontaient;

    Ton bilan est incomplet, Raoul. A ma connaissance, dans plusieurs régions le NPA avait accepté le « libre choix » donné aux éventuels élus d’une liste de rassemblement de siéger ou pas avec le PS pour gérer les régions.Ainsi en PACA et en Auvergne (mais j’en oublie) le PCF avait mis son véto. En Aquitaine, le PCF l’avait accepté au départ mais a torpillé par la suite les négociations en ne le reprenant (il est vrai aussi que le président PS de la région avait fait connaître dans « Sud Ouest » son véto à toute présence du NPA en cas du fusion des listes à gauche)
    Et à chaque echéc de l’unité dans les régions, les partenaires du PCF dans les FDG « n’ont moufté pas. En Aquitaine et en PACA, la FASE aussi en avait fait les frais.

    Ce qui me conforte dans l’idée qu’un autre choix fait par la direction du NPA dans sa politique unitaire- celui du libre choix pour résumer- n’aurait rien changer au moment des régionales c’est que je constate aujourd’hui à l’occasion des cantonales.

    En Dordogne par exemple, le NPA avait défendu un accord unitaire reprenant l’esprit de celui du LImousin Terre de gauche. Eh bien le PCF n’en a eu cure: il a demandé de choisir parmi les camarades du NPA qui pouvait être candidat ! Et ses partenaires du FDG n’ont pas moufté » (GU et PG)
    Et ne parlons pas de l’accord mort né « Cher Terre de gauche », torpillé par le PCF juste avant qu’une conférence de presse puisse l’annoncer !

    Dans le Lot-et-garonne où il y aura finalement une candidature unitaire GU-NPA (« soutenu pas le FDG ») sur un canton , un rencontre NPA-PG-GU a pu avoir lieu le 20 décembre dernier (le PCF se déplaçant comme « observateur ») Refus préalable du PCF d’aller vers un accord FDG-NPA au niveau départemental, tout en demandant au NPA, de soutenir son seul conseiller général vice président de la majorité de gauche qui se représente, déjà soutenu lui aussi par le PS.
    Et ces situations de refus unitaires, même lorsque le NPA accepte le « libre choix »ne sont pas marginales.
    Tout ce passe comme si le PCF cherche à constituer un cordon sanitaire autour du NPA à chaque séquence électorale. Cela peut s’expliquer par leur tentative d’enrayer la chute de leurs élus. En Midi Pyrénées contraint de partager ce « gâteau » avec le PG et la GU et subissant la « concurrence » électorale d’ EELV, son nombre d’élus régionaux est descendu de 9 à 4 !

    En Aquitaine, le PCF n’a pas retrouvé ses 8 élus régionaux perdus en 2004, mais un seul (les 2 autres sont au PG) Alors, si le NPA adopte une politique plus ouverte, ne risquerait-elle pas de réduire encore plus sa « part de gâteau » des élus ? La preuve, lorsque le NPA se montre unitaire, le PCF ne l’est plus sur le terrain.

    Quant au « programme commun » de la gauche de la gauche, cela me paraît bien mal engagé lorsque l’on voit les votes des élus régionaux du FDG excepté le Limousin): à Toulouse et à Bordeaux, en votant les budgets régionaux 2011,en même temps ils ont voté les dotations budgétaires et les provisions finançant le projet LGV. Où est l’indépendance programmatique des élus du Front de gauche (puisque ces élus manifestaient en même temps dans les collectifs anti LGV) ?
    Voilà, Raoul, toute la gauche de la gauche dans toute sa « complexité ».

  5. Arnold a dit :

    Non encarté au NPA j’affirme, après lecture des différentes plateformes de cette organisation, que dans son ensemble elle propose une UNITÉ autour d’un programme de rupture avec capitalisme. Le Front de gauche nous soumet-il un programme ? Non. La seule proposition du Front de gauche se résume actuellement à : camarades ralliez-vous derrière le preux chevalier Mélenchon. Raoul-Marc avant de voter pour un candidat, je lis son programme. S’il me convient ou s’il s’approche de mes souhaits je lui donne ma voix.

    Ceci dit soyons optimiste. Et, pour cela, j’aimerai te faire une proposition.

    Tu as été un orateur au côté de Mélenchon et Besancenot lors des meetings contre le TCE. Pourrais-tu les inviter à ta table afin qu’ils tracent les premières lignes de notre programme ? Pourquoi inviter seulement ces deux-là ? Parce que si Laurent du PC se mêle aux agapes, il fera valoir ses accords indéfectibles avec le PS et fera capoter la rencontre.
    Dans le cas de figure d’un refus de l’un ou l’autre pourrais-tu ici nous informer ?

  6. Martine la Girondine a dit :

    @jean
    Cela passe – plutôt – par la construction d’un très large front populaire anticapitaliste INCLUANT en son sein le Front de gauche, des syndicats, des orgas du genre ATTAC ou Jeudi noir, ou AC ! et aussi des citoyens non encartés.
    La F.A.S.E oeuvre pour la constitution d’un tel front …
    A la FASE ,nous ne disons pas « venez chez nous y’a des caramels » mais « Fédérons NOUS » …TOUS ! Il faut que TOUTE la gauche de gauche se fédère, dans sa diversité, dans ses cultures politiques différentes …
    http://lafederation.org/
    C’est à cette condition que nous vaincrons le néo-libéralisme , forme actuelle qu’a prise le capitalisme
    Je vous conseille la lecture d’un excellent ouvrage : « La double pensée » de Jean Claude MICHEA, sur la question du libéralisme .

  7. Raoul Marc JENNAR a dit :

    @Arnold – Bonjour,
    a) Il n’y a peut-être pas (pas encore ?) de programme du Front de Gauche, mais il y en a un du Parti de Gauche et j’observe que ce dernier vient de lancer une « adresse » au NPA à la veille du congrès de ce dernier dans laquelle le contenu d’un programme est évoqué. Je relève ceci dans cette adresse du PG au NPA :
     » Elaborer ce programme de gouvernement représente-t-il un obstacle ?
    Là encore, il est évident que non. Prenons les cinq axes que le Parti de Gauche soumet à la discussion. Nous voyons beaucoup de similitudes :
    • nous avons entendu Olivier Besancenot récemment sur une télévision en appeler à une assemblée constituante comme nous le faisons pour refonder une 6ème République parlementaire et sociale ;
    • nos arguments sont strictement identiques sur le partage des richesses ;
    • nous estimons indispensable de sortir du traité de Lisbonne pour construire une autre Europe ;
    • nous exigeons la sortie de l’Otan et de nos troupes d’Afghanistan ;
    Peut-être convient-il de vérifier que nous sommes en accord sur la planification écologique mais nous doutons que les deux termes associés vous posent problème ou que vous n’êtes pas comme nous attachés à sortir du modèle productiviste par une écologie sociale et radicale. »
    Le NPA va-t-il accepter de discuter avec les autres du contenu ? A son congrès de répondre.
    b) c’est me faire beaucoup d’honneur que de croire qu’Olivier et Jean-Luc accepteraient de me rencontrer pour entamer des discussions sur le programme. Qui suis-je pour prétendre à cela ? Simple citoyen, je ne représente que moi-même. Et puis, ils n’ont pas besoin de moi pour se rencontrer. S’ils le veulent, cela peut se faire sans intermédiaire. Mais le veulent-ils tous les deux ? L’adresse du PG indique que cette volonté existe de ce côté-là. Le congrès du NPA donnera-t-il à Olivier le feu vert pour répondre à une invitation à discuter du programme ? Je le souhaite très vivement.

  8. Gaugain Pierre a dit :

    Bonjour Raoul, Bonjour tout le monde et bonjour mon amie Martine,

    Comme vous le savez, je suis ailleurs, à EE et me considère comme beaucoup d’entre nous « de gauche », il ne vous a pas échappé que nous étions présents dans toutes les manifestions à caractère social et démocratique.

    Nous sommes en ce moment très mobilisés par le problème que va poser les possibles forages pour l’extraction des « gaz de schistes », qui s’ils sont mis en exploitation, représentent un problème écologique majeur, là nous pouvons juger sur pièces car aux USA, et au Canada, comme vous le savez plusieurs milliers de ces puits sont en exploitation.

    Le désastre écologique qu’ils induisent est donc parfaitement connu. Je ne sais si cet engagement est « de gauche » toujours est-il qu’il m’apparaît faire partie des priorités des mobilisations citoyennes, d’importants mouvement citoyens sont d’ailleurs engagés dans la lutte dans les deux pays cités…(je vous conseille une vidéo sur you tube, « GASLAND »

    Pour ce qui concerne les alliances avec le PS, un fort courant existe aussi chez nous pour ne pas suivre les premières analyses paraît-il pragmatiques, de ne pas présenter de candidat EE à la présidentielle, au profit de l’un des caciques du PS, vous n’ignorez pas que DSK semblait avoir fait tomber en amour, certains de nos penseurs et stratèges….

    Je crois qu’un fort mouvement est en train de naître pour abandonner cette position, et que nous présenterons un ou une candidate.

    Dans les « possibles », il nous est parlé d’un certain Monsieur Hulot, il est à noter que cette proposition ne semble pas non plus faire l’unanimité et loin s’en faut dans nos rangs.

    Je me permets aussi de vous informer que notre organisation définitive n’est pas encore aboutie, que pour l’instant toute nos structures sont « transitoires », notre espoir est encore grand de vouloir continuer dans le sens initial de la création d’EE, à savoir oeuvrer pour constituer dans ce pays une FORCE que nous ambitionnons toujours de placer en seconde position , et comme le disait Cécile Duflot, tout faire pour que cette force, pas seule bien entendu, puisse dans un jour proche gouverner ce pays.

    Nous appelons donc de nos voeux mais aussi et surtout par notre engagement à la création d’une REELLE FORCE DE L ECOLOGIE POLITIQUE ET SOCIALE.

    Si cela ne s’avère pas possible, je pense que beaucoup de nos adhérents et coopérateurs actuels, seront déçus, beaucoup sans aucun doute quitteront cette formation, EELV redeviendra un parti vert bis, dont on connaît malgré des participations au gouvernement de l’ex parti vert, le peu d’influence qu’il a eu dans le combat politique général, et écologiste aussi.

    L’ambition de voir un réel MOUVEMENT OUVERT ACCUEIILLANT CITOYEN ET CONVIVIAL, de L ECOLOGIE POLITIQUE fera donc place alors à un parti confidentiel de l’écologie, ce qu’était l’ex parti vert.

    Pour ce qui me concerne, je pense que la lutte pour l’ECOLOGIE POLITIQUE EST UNE PRIORITE, qui dépasse le combat droite gauche tout en ne niant nullement que la lutte des classes existe bel et bien, nos positions pour mettre en place un salaire minimum universel, nos engagements en matière de lutte contre la délinquance financière, nos engagements contre les industries écologiquement dangereuses comme le nucléaire sont extrêmement précis et connus, dans ce domaine, nous pouvons constater que certains partis membres des coalitions que vous appelez de vos voeux ne sont nullement sur ces bases d’abandon progressif, par obligations techniques de cette technologie.

    Des nucléocates, ne pensez vous pas qu’il y en a ailleurs qu’à droite, que dans les formations vertueuses de « gauche » il n’y en a pas aussi de trop nombreux ???

    Enfin je ne sais pas si EE est de gauche je pense que pour le moins elle est encore majoritairement moins de droite…. ce qui est certain est qu’elle est contre le productivisme,….. il ne m’a pas semblé que l’anticapitalisme en soit encore là…. il faut bien créer de l’emploi, et pour beaucoup sacrifier au mythe de la croissance.

    Sans aucun doute sur le plan du combat social EE a encore des progrès à faire, qui d’ailleurs et même à gauche de gauche ou pas, n’en a pas à faire ? par contre sur les autres terrains que sont ceux du combat écologiste, de l’abandon du productivisme, de l’adoration quasi mystique de la croissance, les orthodoxes de la pensée de gauche pure et dure ont me semble-t-il aussi quelques progrès à faire….mais je constate souvent avec plaisir, que tout le monde essaie de repeindre les boutiques en vert, c’est déjà ça…

    Pour ma part, j’ai conservé beaucoup d’amis localement dans tous les partis de gauche que vous évoquez, nous sommes souvent ensemble dans les luttes, et je crois qu’aucun d’entre nous a abandonné l’espoir de nous voir un jour tous unis tous fédérés.

    Sans doute la FASE devrait jouer un rôle important, je pense qu’elle le pourra le jour ou elle ne se contentera pas d’être un lieu de discussion, j’allais dire un club, ou tout les déçus des formations politiques traditionnelles se réunissent deux à trois fois l’an, pour se convaincre de la justesse de leurs analyses et après rejoignent leurs chapelles d’origine, même si ce n’est qu’au niveau de la pensée…. Tout pendant que la Fase ne sera qu’un sorte d’auberge espagnole, son influence sera limitée.

    Il en sera sans doute autrement le jour ou elle décidera de se constituer en formation politique, d’ailleurs FASE, cela veut bien dire Fédération Alternative Sociale et ECOLOGIQUE…. pour ce qui me concerne si tel était un jour le cas, je serai très favorable à un rapprochement à une participation à une fusion d’EELV avec cette nouvelle force….. intégrer aussi EELV est pour l’instant aussi possible, et offre aussi une autre alternative, sans pour autant perdre ses valeurs et ses engagements pour lutter contre ce système économique d’une grande injustice.

    Le fait d’être ANTI m’a toujours semblé un posture plus facile que d’être POUR.

    Pour ma part je ne suis ANTI aucun de vos formations, mouvements, ou parti, et je crois que nous sommes nombreux à EE à être dans cette posture, on ne peut par contre empêcher quiconque d’être ANTI EE/LV, par tradition, conviction ou antipathie envers certaines de ses figures emblématiques……

    Enfin ceci n’était que quelques lignes pour vous remercier tous de vos engagements respectifs…..

    Pour notre petite entreprise EE, nous n’en sommes qu’au début….. donc nous devons continuer le combat…. en espérant bien entendu que tout ceci ne débouche pas sur une déception de plus…. chez nous, comme chez tous ceux qui essaient d’unir les forces citoyennes et de progrès.

    amitiés

    Pierre Gaugain

  9. Raoul Marc JENNAR a dit :

    @guillot –
    Cher Albert, Loin de moi l’idée d’ignorer les difficultés sur le terrain. Aux exemples que tu cites, je pourrais t’en opposer autant où c’est le N PA qui brise les chances de faire avancer la gauche de gauche aux cantonales. Ainsi, par exemple, dans le Vaucluse, à L’Isle sur la Sorgue, il y a un « front » PG/PCF/Vverts nonistes avec qui j’ai fait campagne pour le non au TCE . La candidate est PG. Le NPA va se présenter seul dans ce canton. Alors que la candidature d’union est très près de bousculer le sortant PS ! Comme je l’écrivais, l’unité n’est pas un long fleuve tranquille. La confiance ne va pas se créer par génération spontanée. Surtout, si l’exemple ne vient pas des directions nationales. D’accord pour débattre du contenu programmatique et de la stratégie avant de parler casting. Mais qu’est-ce qui empêche le NPA de se mettre à la même table que les autres pour en débattre ? Il est plus facile de faire des procès d’intention. Je me souviens d’un temps où nous déplorions que certains au PS, avec lesquels nous partagions beaucoup, ne quittaient pas ce parti. Certains l’ont fait. Et il fallait un certain courage pour le faire. Et maintenant, au NPA il s’en trouve pour dire qu’il faut se méfier de ces gens-là et qu’il faut les rejeter. Bon sang, dans les manifs sur les retraites, nous étions avec eux et ils étaient avec nous. Et dans bien d’autres combats, y compris pour dénoncer le PS. Et maintenant ce seraient des pestiférés prêts à trahir ! Ce n’est pas une argumentation sérieuse. Elle tient davantage du mauvais prétexte pour refuser de dialoguer. Ou bien on se méfie de tout le monde parce qu’on a raison tout seul, ou bien on risque le dialogue avec la volonté de tout tenter pour réussir l’unité. Cordialement.

  10. emilitant a dit :

    @Arnold – avant de dire que le FdG n’a pas de programme, la moindre des choses aurait été d’être un peu moins fainéant et d’aller consulter le programme partagé du Front de Gauche dont l’élaboration a commencé lors de la fête de l’Humanité 2010…

    Si certaines personnes veulent pouvoir savoir de quoi elles parlent avant d’exprimer une opinion tranchée ==> http://www.pcf.fr/sites/default/files/prog_pop_partage_0.pdf

  11. Raoul Marc Jennar a dit :

    @emilitant – Merci pour l’insulte. c’est évidemment un argument définitif. De la même hauteur intellectuelle que la démarche qui consiste à reprocher en juin un propos tenu quatre mois plus tôt alors que, s’il y avait déjà un programme du PG, il faut être très audacieux pour affirmer qu’alors il y avait un vrai programme du Fdg. Il était en élaboration. Et en tout état de cause, ce n’était pas l’essentiel de mon propos. Mais quand on veut battre un chien…

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