10 Fév 2011

En septembre 2010, 318 Cambodgien-ne-s sont licencié-e-s. Leur faute ? Avoir manifesté pour demander une augmentation salariale. La Justice et le gouvernement du Cambodge ont demandé leur réintégration. Mais les employeurs continuent à faite la sourde oreille. Voilà donc plus de quatre mois qu’elles-ils attendent d’être réintégré-e-s à leur poste de travail.

Du 13 au 16 septembre 2010, une grève nationale rassemble plus de 200.000 personnes travaillant dans 90 usines d’habillement – soit la moitié des travailleurs-ses du secteur – pour exiger une hausse du salaire minimum à un niveau vital.

Au moment des événements, le salaire minimum mensuel correspondait à 36 €. Le gouvernement avait annoncé une hausse d’environ 8 €, mais les grévistes demandaient une augmentation de 32 €, afin d’atteindre un salaire minimum vital dont le calcul a été effectué par des organisations de la société civile locale.

Le mouvement est suspendu suite à l’ouverture de négociations par le gouvernement.

Mais en retournant sur leur lieu de travail, une partie des grévistes ont appris qu’elles ont été licenciées. De plus, les employeurs ont déposé des dizaines de plaintes contre des responsables syndicaux.

Depuis lors, les grévistes sont mobilisé-e-s contre ces mesures de répression qui violent aussi bien la Constitution et le droit du travail cambodgien que les conventions de l’Organisation internationale du travail sur la liberté d’association et de négociation collective. Ils ont obtenu l’appui du gouvernement, celui-ci ayant invité les employeurs à retirer leurs plaintes et à s’asseoir à la table des négociations. Début octobre 2010, la Justice cambodgienne a ordonné la réintégration des grévistes dans les 48 heures. Mais les dirigeants des usines ont fait appel et la décision de la Cour n’est donc pas appliquée.

Voila donc plus de quatre mois que les travailleurs-ses et leurs familles sont privé-e-s de salaire.

Il faut agir, ici chez nous, sur les marques clientes de ces entreprises textiles.

En lien avec le Collectif Ethique sur l’étiquette et avec l’ensemble de la Clean Clothes Campaign, Peuples Solidaires suit cette situation de très près. Dès septembre 2010, ils ont contacté les multinationales qui se fournissent au Cambodge, en particulier H&M et Zara, qui sont les deux plus gros clients de l’industrie de l’habillement du Cambodge, et Gap, qui se fournit dans plusieurs usines concernées par les licenciements. Ils ont demandé à ces entreprises d’exiger de leurs fournisseurs la réintégration immédiate et inconditionnelle des grévistes ainsi que l’ouverture de négociations avec les syndicats. Certaines les ont effectivement contactés pour exprimer des «inquiétudes», mais ces initiatives n’ont pas été suivies d’effets sur le terrain et restent très insuffisantes.

Il faut exiger la réintégration des travailleuses et travailleurs licencié-e-s : Écrivez maintenant aux entreprises H&M, Zara et Gap !

Jean Paul Arpi, Peuples Solidaires : http://www.peuples-solidaires.org/appel-urgent-web_cambodge/

Au-delà de cette action ponctuelle indispensable pour aider des centaines de familles cambodgiennes dans la détresse, une action plus fondamentale s’impose : combattre un système qui nuit aux travailleuses et travailleurs du monde entier, là-bas et ici. Avec des institutions comme l’OMC, le FMI et l’Union européenne, ce système a légalisé et imposé  un modèle économique qui utilise les bas salaires comme seul avantage comparatif dans la compétition internationale. Les règles de ce système ont été négociées et approuvées par tous nos gouvernements depuis les années 80. Pour en changer, il faut changer nos gouvernements et changer l’Union européenne. Il faut rejeter l’idéologie dominante qui fait croire que la dictature des marchés, la concurrence de tous contre tous, le primat du secteur privé font le bonheur des peuples.

Indignons-nous ! Engageons-nous !

rmj

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Une Réponse pour “Des multinationales de l’habillement, présentes chez nous, font des profits sur l’exploitation des travailleuses du Cambodge”

  1. Albert DUCROS a dit :

    Pour changer l’Union Européenne, j’en parlerais à mon cheval. Déjà luttons :

    GAP France SA Siège
    9 Avenue Matignon
    75008 PARIS
    01 53 89 23 00

    ZARA (Pull and Bear France)
    80 avenue des Terroirs de France
    75012 Paris
    siège administratif : 
    01 55 78 88 88

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