21 Fév 2011

par

Philippe Marlière, Rue 89, 18 février 2011

Il y a deux ans, Philippe Marlière, maître de conférences en science politique à l’University College London, qui a beaucoup nourri l’argumentaire contre le traité constitutionnel européen, qui s’est beaucoup interrogé dans ses livres sur la social-démocratie, avait écrit à Martine Aubry pour expliquer pourquoi il quittait le pour rejoindre le . J’avais alors publié sa lettre. Il me semble normal que je reproduise l’article qu’il vient de publier sur Rue 89 pour expliquer pourquoi il quitte le . Je partage l’essentiel de ce qu’il exprime.

Comme tant d’autres camarades, je quitte le Nouveau Parti anticapitaliste sur la pointe des pieds. Je ne regrette pourtant pas de l’avoir rejoint il y a deux ans. Le NPA souhaitait se donner les moyens d’en finir avec l’hégémonie à gauche d’un Parti socialiste qui n’a tiré aucune leçon de la crise du capitalisme et qui vient de se rallier aux institutions monarchiques de la Ve République.

Le nouveau parti semblait le mieux placé pour rassembler une , plurielle et unitaire. Il apparaissait le plus résolu dans son combat anticapitaliste, le plus à même de susciter un espoir dans les milieux populaires et chez les jeunes. L’objectif était ambitieux, aléatoire, mais réalisable.

Le « pari du grand parti » de la gauche anticapitaliste a, selon moi, spectaculairement échoué.

Un parti ouvert, pas l’avant-garde léniniste

L’une des originalités du projet NPA était de mettre de côté la conception du parti d’avant-garde pour s’ouvrir aux personnes traditionnellement exclues du militantisme : les femmes, les ouvriers, les jeunes et les individus issus des minorités.

Les premiers temps avaient été prometteurs : des représentants d’associations antiracistes, féministes, écologistes, des jeunes de banlieue s’étaient impliqués. Des syndicalistes, des altermondialistes et même quelques excommunistes et ex-socialistes avaient répondu à l’appel. Il s’agissait d’imaginer un mode de fonctionnement du parti plus décentralisé, fédéraliste, d’expérimenter une forme inédite de démocratie partisane. L’expérience fut de courte durée. Le cas de la candidate voilée Ilham Moussaïd, investie par le comité d’Avignon lors des élections régionales, est symptomatique de la reprise en main de l’appareil. Le premier congrès vient de décider qu’à l’avenir, de telles décisions devraient être prises par les instances nationales.

De la même manière, les comités locaux qui ont préconisé des alliances avec le lors des élections régionales et cantonales ont été mis au pas par la direction du parti.

Pas un pouvoir ultra-personnalisé autour de Besancenot

Il faut reconnaître des succès : la base traditionnelle de la (fonction publique, intellectuels) a été un peu élargie. Proportionnellement à sa force militante, le NPA compte plus de jeunes et de femmes que tout autre parti de gauche. Des militants des banlieues sont arrivés, mais ont fait l’objet d’attaques de la part de la direction dès que leur indépendance politique a commencé à gêner (Abdel Zahiri sur la laïcité, par exemple). La controverse à propos de la candidature d’Ilham Moussaïd a découragé nombre d’entre eux.

Au NPA, les esprits sont certes plus évolués sur la question du voile islamique qu’au Parti de gauche ou au PS. Cependant, une culture républicano-communautariste, antivoile y prédomine toujours. Le congrès vient de décider que des militantes voilées peuvent militer dans le NPA, mais ne peuvent pas y représenter le parti comme candidates.

Comprenne qui pourra.

Il est étonnant qu’un parti révolutionnaire luttant contre l’institutionnalisation du politique ait pu à ce point personnaliser le pouvoir autour de son porte-parole. Selon toute vraisemblance, la direction s’apprête à mettre en scène la troisième candidature de Besancenot à l’élection présidentielle.

Ajoutons à cela le déclin intellectuel de l’encadrement partisan. Daniel Bensaïd est décédé, des cadres chevronnés se sont retirés et la nouvelle génération d’intellectuels du parti a été superbement ignorée. Tout est à nous, l’hebdomadaire de l’orga qui a succédé à l’illustre Rouge, est une feuille syndicalo-gauchiste illisible. En fait, la vie intellectuelle du parti se déroule en marge du NPA : dans la Société Louise Michel ou encore avec la revue Contretemps et son site internet.

Un parti unitaire, pas sectaire

Jamais deux sans trois. Après les échecs des élections européennes et régionales, le NPA s’entête dans un isolement à gauche aussi absurde que suicidaire. La direction du NPA agit comme s’il n’existait aucune force entre le NPA et le PS. A chaque élection et à chaque mouvement social, les faits lui donnent tort : Front de gauche, FASE, Verts de gauche, Attac, Fondation Copernic ; l’espace à la gauche du PS est en fait saturé. Un minimum de lucidité permettrait de comprendre que les discours unitaires du Front de gauche ne l’ont pas desservi, bien au contraire.

Outre son combat contre la bureaucratie stalinienne, ce qui a fait l’intérêt du courant trotskyste, c’est son souci de bâtir l’unité contre les sectarismes de gauche. La LCR se souciait des débats dans la gauche communiste et socialiste. Ce n’est plus le cas. Le réflexe unitaire a presque disparu, remplacé par une ligne « gaucho-guevariste » de type « le NPA seul contre tous ! ».

Ce positionnement est sectaire, arrogant et stupide :

  • sectaire, car en dépit des dénégations de Besancenot, le NPA apparaît aux yeux des électeurs comme le parti qui s’oppose à l’unité de la gauche radicale ;
  • arrogant, car le NPA semble estimer que les forces de gauche vont, par enchantement, se rallier à lui ;
  • stupide, car il prive la gauche d’une alternative au sociallibéralisme.

Pour inquiéter le PS, une gauche de gauche unie

Une gauche unie autour d’un programme crédible recueillerait en France entre 15 à 20% des voix. La mobilisation contre la réforme des retraites a encore démontré que les travailleurs français sont en Europe le fer de lance de la lutte contre les politiques de régression sociale de la droite et de la plupart des gouvernements sociauxdémocrates.

Pourquoi, par exemple, le NPA n’a-t-il pas saisi l’occasion de cette mobilisation populaire pour unir la gauche autour de propositions concrètes ? Le PS, qui a voté le passage de 40 à 41,5 annuités, dont le candidat putatif a soutenu la réforme Sarkozy, dont les eurodéputés votent avec la droite le démantèlement des services publics au parlement européen, n’en menait pas large. Une telle démarche aurait non seulement permis de rassembler la gauche autour du NPA, mais aussi de confondre la duplicité de Solférino. En outre, les électeurs socialistes auraient apprécié !

Seule une gauche de gauche unie serait à même d’inquiéter le PS. Pour commencer, elle déraillerait une candidature Strauss-Kahn à l’élection présidentielle. Le sectarisme du NPA fait le jeu de DSK, car il permet aux cadres socialistes d’exprimer leurs tropismes droitiers en toute quiétude.

Olivier Besancenot, qui n’a qu’un tour dans son sac, nous refait aujourd’hui le coup de 2007 ; celui d’une « candidature de rassemblement issue du mouvement social ». Il faut se demander par quel concours miraculeux ce « candidat issu du mouvement social » sortira des rangs, puisque le NPA refuse toute négociation avec le Front de gauche, la composante la plus importante de la gauche radicale. Comme en 2007, le NPA prétendra rechercher une candidature unique, fera tout dans les faits pour qu’elle capote et, faute d’alliés, intronisera Olivier Besancenot.

Répondre à l’ouverture du Parti de gauche

On peut légitimement se méfier des intentions de Jean-Luc Mélenchon. Mais à quoi bon faire une fixation sur son passé mitterrandiste ou son leadership autocratique ? Ne serait-il pas plus utile d’essayer de faire du NPA le point névralgique de l’unité ? Il suffirait pour cela de répondre à l’ouverture du Parti de gauche.

Le PG se dit prêt à appliquer en France un « programme de radicalité en rupture avec le système capitaliste et les logiques productivistes » ? Discutons-en, mettons-nous d’accord sur ce programme, et malheur à qui rompt le pacte et s’allie avec le PS.

Un programme a minima arrimerait le PG à gauche et empêcherait toute alliance gouvernementale du Front de gauche avec le PS. En l’absence de tractations, Mélenchon peut se poser en « victime » du sectarisme du NPA. Plus grave encore, le président du PG peut en toute liberté continuer de discourir avec radicalité sans que personne ne vérifie si cette radicalité est réellement motivée, ou s’il ne s’agit que d’un discours de façade.

Que faire ? Ne surtout pas se résoudre à l’incurie des étatsmajors de partis, ni baisser les bras. Il est clair que le repli sectaire du NPA va installer le Front de gauche au coeur de la gauche. Il faut donc regarder ce qui s’y passe et agir sur ce qui s’y fait.

Les obstacles sont pourtant importants : ni le PG, ni le PCF ne laisseront se développer des courants radicaux en leur sein. Il faut donc espérer que les militants anticapitalistes unitaires puissent se regrouper au sein de la nébuleuse Front de gauche. C’est évidemment plus facile à écrire qu’à faire. On peut aussi rêver que le NPA, par instinct d’autopréservation, abandonne sa ligne sectaire et rejoigne le combat unitaire.

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19 Réponses pour “« Pourquoi je quitte un NPA devenu sectaire et trop personnalisé »”

  1. Martine la Girondine a dit :

    Ce texte de Philippe Marlière est excellent .
    Savez vous, vous qui lisez ce texte et les commentaires, que la F.A.S.E.( Fédération pour une Alternative Sociale et Ecologique ) propose , depuis sa création, non pas de faire venir à elle les petits militants de la gauche de gauche ( ce que font tous les autres et…ça échoue, bien évidemment ! ), mais de les inciter à SE FEDERER, ce qui est très différent comme démarche.
    En effet, personne, dans toute la constellation de groupes de la gauche de gauche, depuis le NPA jusqu’aux écolo radicaux , en passant par le cartel Front de Gauche, ATTAC ( à ce propos lire ABSOLUMENT ce texte d’Harribey : http://www.attac.org/sites/default/files/JMH-Reconstruire%20strat%C3%A9gie.pdf ) Copernic, AC !, et bien d’autres qui se réclament de l’anti capitalisme ou qui dénoncent les dérives libérales et financiarisées du capitalisme ,aucun groupe ne peut prétendre attirer l’ensemble de la gauche de gauche … En revanche il est faisable, comme a déjà commencé à le faire, de SE FEDERER dans la différence mais dans l’unité politique sur des bases politiques communes ( et on en trouve facilement, des bases communes : à la FASE on trouve des Ecolo radicaux aux côtés de communistes unitaires ! c’est DONC jouable ) Certains « déçus » du NPA envisagent de venir à la FASE ( certains l’ont déjà fait…) car à la FASE on peut avoir une DOUBLE APPARTENANCE. Cela permet de garder son identité, sa culture politique pour venir la métisser avec d’autres.
    Allez donc y voir … http://lafederation.org/
    Le métissage, il n’y a que ça !

  2. Gaugain Pierre a dit :

    @ Martine,

    Bien d’accord avec toi, c’est pour cela que j’y suis aussi à cette fameuse FASE, mais bon, le discours anticapitaliste y est bien entendu présent, mais le discours anti productiviste, lui,semble y être moins, tout comme dans la gauche d’accompagnement dans la gogauche, et dans les gauches plus radicales.

    Les postures dogmatiques y sont sans doute encore un peu trop présentes….. ce qui explique que cette fédération de facto ne fédère pas grand chose….

    Il faudra sans doute bien admettre un jour, que nous devons nous diriger, et malheureusement plus nous tardons plus l’adaptation sera difficile, vers une autre façon de produire de consommer, de distribuer, ce ne sont pas là, les interrogations majeures des chapelles qui constituent pour le moment la FASE.

    L’engagement ECOLOGISTE, n’a pas été le premier des engagements de cette association, elle ne l’a intégré que lorsqu’elle a vue une autre organisation avoir un certain succès dans cet engagement devenu et reconnu comme essentiel par, nous pouvons presque l’affirmer , la communauté internationale.

    Nous sommes tous ANTI ce système, mis à part bien entendu ceux à qui il profite, le tout est de savoir ce POUR QUOI nous sommes, sans doute est-ce la réponse claire et sans équivoque à cette question qui nous permettrait de FEDERER quelque chose ?

    Je ne prétends nullement que les formations écologistes pures et dures, ou pour le moment ayant le vent en poupe, ne soient ainsi que leurs animateurs exempts de toutes critiques…..

    Je crains que la fédération des forces alternatives, soit aussi chimérique, que l’UNION, animée par les partis traditionnels qui jouent à « c’est moi le plus unitaire », que le peuple espère ou a espéré allez……depuis un siècle.

    Une seule chose qui nous mettra sans aucun doute d’accord, ce sont les catastrophes environnementales, que tous semblons pré-sentir.

    Pour l’instant les choses sont encore « vivalbles » sous nos lattitudes, alors comme d’habitude dans un certain luxe et dans un confort relatif nous pouvons disserter, et exercer le sport qui est le plus pratiqué en France, en Europe, mais aussi je le crains dans le monde, la « tetrapilosectoctomie »

    Pour être très clair quand nous aurons le nez dans ce que je pense, l’heure de la fin de la masturbation intellectuelle aura sans aucun doute sonnée.

    Par contre pour ta dernière phrase « Le métissage, il n’y a que ça ! », comme tu connais ma famille tu sais que je pourrais d’emblée être d’accord, mais vois tu par expérience personnelle je pense que là non plus il ne faille rien idéaliser. Les dictateurs métis existent aussi….

  3. job Lamer a dit :

    je considére que le NPA est en grandes difficultés et qu’hélas il s’est éloigné des espoirs que certains mettaient en lui. Mais je trouve tout aussi néfaste pour la gauche de la gauche cette espèce de joie chaque fois qu’une personne quitte le NPA! Ca ne résoudra aucun problème! Aucun! mais ça forme une espèce de socièté des « on-vous-l’avai-dit » qui n’ont plus à la bouche que la critique du NPA et plonge dans les bras de « commadante-senator Mélenchon ». Voulez-vous une autre déception? La voila!
    Il fallait des réseaux et non des partis. Il fallait faire de la politique autrement…

  4. Gaugain Pierre a dit :

    @ Martine, je viens de lire le lien que tu nous conseillais de lire, j’y ai trouvé ce que je craignais, une bonne analyse du système, la reconnaissance que certains dont Attac ont mis du temps à appeler les choses par leur nom, à savoir appeler un chat un chat et le capitalisme, le capitalisme.

    Je pensais ne rien trouver sur les observations, luttes, engagement mais aussi solutions écologiques majeures…. sur la nécessite de produire, consommer de distribuer différemment, rien….sur la lutte contre le productiviste, contre l’incitation à la surconsommation, rien… là au moins je n’ai pas été étonné.

  5. argeles39 a dit :

    L’opération d’enfumage par les sondages est en marche, le match Sarko-DSK serait déjà écris d’avance.
    Mais si on regarde ces sondages « arrangés », on observe que la gauche radicale (FdG + NPA + LO) ça tourne autour de 15 % (à plus ou moins 1% selon le candidat PS).
    15 % à 14 mois des présidentielles ce n’est pas rien, un candidat unique d’une gauche radicale unie aurait une réelle chance d’incrémenter ces 15 % de façon suffisante pour être au deuxième tour.
    Dommage que cette unité soit impossible, au final la fragmentation nous coutera cher et il ne nous restera plus que l’arme des manifestations pour endiguer tous les reculs de civilisation déjà annoncés; ce sera le moment de vérifier la pertinence du positionnement NPA (élections piège à c…, révolution par la rue).

  6. Martine la girondine a dit :

    @job Lamer
    Je n’ai JAMAIS ECRIT qu’il fallait se jeter dans les bras de quelque groupe que ce soit, ni – à fortiori – de QUI que ce soit.
    J’ai écrit que la solution – la SEULE POSSIBLE – c’est de se fédérer TOUS : le NPA, les écolo radicaux ( il y en a quelques uns chez « EE les Verts » ) le Front de Gauche, la FASE ( qui est elle même déjà une fédération, mais nous ne disons pas « venez chez nous » , mais « mettons nous tous ensemble avec nos différences » : ce n’est pas la même chose ! )
    Après, c’est sûr, il faudra un candidat unique pour 2012 …
    Mélenchon ne suscite pas chez moi une grande admiration,ni une adhésion spontanée à son discours, je sais que j’ai des divergences, mais il a le « mérite » d’être là, d’être connu,et, de lpus, sur l’essentiel, je suis d’accord … alors…pourquoi pas lui ?
    Ne refaisons pas Décembre 2006 ! surtout pas… et, à tergiverser sans fin, c’est exactement à ça que l’on court …

  7. Martine la girondine a dit :

    @argeles39
    15% si on additionne les intentions de vote pour chaque candidat de la gauche de gauche …à supposer qu’il y en ait plusieurs, ce qui décourage beaucoup de votants qui refusent de « choisir » et vont à la pêche ( ce qui fut mon cas aux régionales en Aquitaine )
    MAIS s’il y avait UN SEUL candidat de cette gauche de gauche, cela ferait certainement plus car cela redonnerait espoir à beaucoup d’abstentionnistes…
    Voir les Régionales en Limousin ! presque 20% …
    On se prend à rêver, là ! Non ?

  8. job Lamer a dit :

    @ martine: mon intervention n’était pas en rapport avec la tienne.
    Ma critique de Mélenchon est clair. C’est un élément du spectacle médiatique actuel au même titre que les autres. Par ailleurs son autoproclamation est tout à fait antidémocratique. A terme il n’y aura plus de PCF ni de NPA mais un club de fan de Mélenchon!
    Mais heureusement nous n’avons pas besoin de ce clown qui n’est qu’un clone de marchais (PCF des années 1980) et de Lambert (qu’on surnommait le guy mollet du trotskysme).
    En disant qu’il est le seul candidat possible, nous éliminons tous ceux et celles qui ne se retrouvent pas dans un style brutal, grossier mais qui a une critique bien superficiel du système.
    les positions de Mélenchon sur la chine, son admiration de Chavez (admirateur de Khadafi et de Assad), sa haine des langues régionales sont des points inquiètants! Mais peut être que cela se treminera par un poste de secrétaire d’état « aux libertés républicaines » ou au « développements durables »
    J’essaye de débattre mais je me rends compte qu’il est interdit de critiquer ce politiqque qu’il faut le déifier alors que les égyptiens et les tunisiens ont rejeté tous ces hommes providentiels.
    Mélenchon est une impasse totale! D’ailleurs tous ceux qui sont partis du PG n’ont pas de tribune pour acceuillir leur positions! Aprés le dépecage du NPA, nous verrons que cela est une catastrophe! (je répéte que je ne suis pas d’accord avec la ligne du NPA!)

  9. renault a dit :

    Communiqué de Presse

    La France est en danger. Les Français attendent des résultats d’ordre économique, social et environnemental urgents à concrétiser.
    Aujourd’hui, la constitution d’un FRONT REPUBLICAIN gauche/droite s’impose à nous pour mener à leurs termes des priorités absolues.
    Militante de base de gauche, issue de familles politiques de droite, mère de famille et demandeure d’emploi, j’ai 48 ans et observe attentivement ce qu’il se passe de particulièrement injuste dans notre Pays depuis mon premier vote citoyen en 1981.
    Pour toutes ces ra isons, je suis candidate à l’élection présidentielle de mai 2012 et vous demande de m’accompagner dans ces responsabilités majeures.
    Sophie Renault-Motta

    POUR LA CONSTITUTION D’UN FRONT REPUBLICAIN DE COMBAT.
    Rouen, le 15 février 2011

  10. guillot a dit :

    de : Philippe Marlière

    « Pourquoi je quitte le Parti socialiste » (video)

    Chère Martine, je quitte le PS pour rejoindre le NPA

    Rencontre Hamon-Besancenot : enfin une bonne nouvelle à gauche !

    L’effet Mélenchon, un risque pour l’avenir de la gauche

  11. royer marc a dit :

    le port volontaire ( sans contrainte ) du voile est pour moi l’intériorisation de la domination violente des femmes ; être pieuse est une chose, être esclave physiquement une autre
    je me souviens d’avoir vu en Albanie un musée où était exhibée une burqa portée par des chrétiennes, ce qui pour le guide était un signe que les religions concourent à l’oppression des femmes

  12. Martine la Girondine a dit :

    @royer marc
    Oui, certes ! le port du voile est une contrainte intériorisée !
    MAIS : exclure, ostraciser les femmes qui ont « incorporé » ( comme dit Bourdieu ) cette contrainte, à l’insu de leur plein gré ( comme disent les guignols de l’info ) c’est ajouter une souffrance à une contrainte.
    Tant que les femmes voilées n’auront pas compris ( et c’est un très long travail ! ) que ce « voile » n’est pas une simple manifestation identitaire ( ce qu’elle est ,pour elles, le plus souvent : une revendication contre l’humiliation dont les « bons français »les abreuvent quotidiennement, et dont elles « se défendent » par ce « signe identitaire » – croient elles , dur comme fer -) alors tout rejet d’ ELLES AVEC LEUR VOILE, sera une brimade, un ostracismet de plus, perçu par elles ( mais est ce tellement faux ? ) comme raciste, islamophobe…
    Alors avant de râler contre ce voile qui – nous les féministes – nous « offense les yeux » , il faudrait prendre le temps d’expliquer …d’expliquer …et d’expliquer encore et toujours à ces femmes qui portent le voile « volontairement », ce qu’il en est du patriarcat, de l’oppression séculaire des femmes …et attendre qu’elles le quittent volontairement , ce voile …ça, oui, ça aurait du sens !
    Y’a du boulot !
    Non ?

  13. JOS a dit :

    Un passé récent nous a appris qu’à gauche de la dite gauche il y a deux « types d’organisations » qui ne fonctionnent pas , à savoir :

    – Une organisation ou un parti qui prétend capter la majorité des militants au prétexte qu’il a la science infuse et qu’il est le seul à avoir raison. Mais le sectarisme prendra vite le dessus et au bout du compte les militants fuiront ( voir le NPA, le PC, LO,..)

    – Un cartel d’organisations qui aurait bien des difficultés à se mettre d’accord sur le contenu d’une société nouvelle et une stratégie autre qu’électorale . Or cela ne marche pas, car dans un cartel d’organisations il y aura tôt ou tard des dissensions entre organisations, des conflits de personnes entre dirigeants et surtout une recherche d’accord qui se réduit inexorablement à des choix minimalistes si on souhaite préserver l’unité. De plus, à la première élection présidentielle chaque organisation voudra imposer son candidat pour conserver son identité, alors tout éclate ( voir les collectifs anti-libéraux après la victoire du NON au TCE). Aujourd’hui le Front de Gauche et la FASE sont dans cette logique.

    Il existe peut-être une autre solution, celle du rassemblement des militants quelle que soit leur appartenance organisationnelle ou pas, au sein d’un « Mouvement » qui serait au départ une structure de débats pour dégager des objectifs à court et à moyens terme. Le tout sur une base minimale commune qui jouerait le rôle de ciment pour que les choses soient claires sur le plan politique. La structure doit être souple et peu hiérarchisée, voire avec des responsables tournants afin d’éviter les mentors et les donneurs d’ordres.
    Dans de nombreuses régions des structures de ce rassemblement pourraient voir le jour. En effet, il ne manque pas de militants qui ont de l’expérience pour organiser la création locale du Mouvement.
    La synthèse de chaque structure locale se ferait dans un second temps avec des modalités qui auront été proposées localement. La « centralisation » ne doit en aucun cas être un organe de décision, elle doit assurer la coordination et impulser des réflexions et des décisions qui seraient prises par l’ensemble des membres du mouvement.

    Ce Mouvement Populaire Unitaire sur des valeurs communes à tous les hommes et femmes de gauche doit se construire et se développer dans un contexte de transparence (modalité de fonctionnement, base politique, programme, stratégie,..) , de liberté et de dignité. Nous devons appliquer nos principes et nos valeurs.

    Tout cela peut paraître utopique, mais cette solution il faut la tenter, car les deux premières solutions ci-dessus nous conduisent droit dans le mur.

  14. diego rivera a dit :

    @JOS
    tout à fait d’accord avec l’analyse, et également la proposition
    mais comment prendre une telle initiative ?
    si les révoltes du maghreb ont trouvé un liant sur internet, pourquoi ne pas chercher à créer un réseau d’idées et de propositions
    lors de la constitution du NPA un forum permettait des échanges d’idées parfois très constructifs, mais avec deux limites :
    un foisonnement d’interventions, dans lequel il était difficile de s’y retrouver
    un manque de débouché sur des synthèses qui soient finalement utiles
    peut-être avec une petite équipe d’animation pourrait-on être plus efficace ?

  15. renault a dit :

    Dans le même temps, il ne faut jamais oublier que militer à gauche c’est plus dur, violent, harassant… ! Alors cher Camarade tu peux expliquer ton départ, mais… comment dire… on aura besoin de tout le monde à gauche et aussi à droite, toute cette foule de gens de bonne volonté pour combattre le néo-fascisme, écrire un histoire collective plus juste…
    Oui nous en sommes là en France.

  16. Hervé a dit :

    Bonjour,

    Je me permets de clarifier certains points concernant la lettre de Marlière, puisque j’y révèle au moins trois erreurs et imprécisions factuelles :

    – le congrès n’a pas débouché sur l’impossibilité que le parti soit représenté aux élections, bien au contraire ! Les résultats sont certes difficilement lisibles en raison d’une structuration du débat autour de plusieurs motions non nécessairement contradictoires, mais la motion « laïque dure » représentée entre autres par Ingrid Hayes n’est pas majoritaire. Je rappelerai au camarade Marlière qu’aucun autre parti à gauche n’avance sur ce terrain-là par rapport au NPA et qu’en son temps, Ilham fut l’objet de violentes attaques de l’ensemble du champ politique, du FN… au PG en passant par l’UMP, EE/Les Verts, le PS et le PC (voir le billet de RMJ à ce sujet !). Quand on voit d’où l’on vient, à savoir une matrice justement « laïque dure » héritée de la majorité de la LCR, ce résultat est certes insatisfaisant pour le moment, mais n’en demeure pas moins remarquable.

    – sur la personnalisation dans le parti : le camarade Marlière n’a-t-il pas lu dans les comptes-rendus de congrès que le prochain CPN (le « législatif » du parti) allait trancher la question de la nomination de deux nouveaux porte-parole lors de sa première session en mars ?

    – sur les « comités unitaires mis au pas », les exemples de candidatures unitaires ne manquent pourtant pas, ne serait-ce qu’à l’occasion des prochaines cantonales. Encore faut-il pouvoir s’allier avec des forces ne participant pas avec le PS aux exécutifs actuels, prêtes par ailleurs à ne pas faire d’alliances avec lui après ce scrutin. Alors, je demande au camarade Marlière : « de quels comités parle-t-il ?? » Par ailleurs, l’orientation globale, qu’elle plaise ou non, est le fruit de la majorité à même de pouvoir se dégager du congrès – une tâche complexe aujourd’hui, on l’a vu, au regard de la configuration actuelle, mais qui n’exclut aucun scénario.

    Pour conclure ce long post, je peux comprendre que le NPA ne soit pas à la hauteur des espoirs placés en lui par bon nombre de militants. Mais au regard des ambitions affichées, n’était-il pas d’emblée illusoire d’espérer que ce projet se concrétise en moins de deux ans ? Parmi les évolutions que je juge négatives, je partage la critique de PM quant au fait que la réponse à l’anarchie (au mauvais sens du terme) générée par le « chaos créateur » (dixit Corcuff) du processus de fondation du NPA soit un serrage de vis de la part de la direction. Mais il faut raison garder et conserver un tant soit peu le sens de la nuance : ces « serrages de vis », à l’encontre d’Ilham, par exemple, ne furent-ils pas souvent menés par « injonction » de certains comités (dans le Vaucluse notamment) qui ne supportaient pas de l’avoir pour candidate ? Une candidate par ailleurs boycottée par certainEs colistiers et colistières ?? Les réactions (plus que les actions) d’une direction inexpérimentée et divisée sur cette question comme sur tant d’autres furent souvent des réponses à des situations de crise dans un parti qui a eu du mal à gérer cette innovante démocratie directe – pour le meilleur et pour le pire. Pouvait-on, peut-on faire l’économie de cette étape d’apprentissage collectif ? A lire Marlière, la direction du NPA est d’un centralisme à faire pâlir d’envie celles du PG et du PC. Pour qui connaît un tant soit peu le fonctionnement de ce parti, une telle affirmation ne peut que prêter à sourire… Elle fait même l’impasse sur une donnée importante pour comprendre le « bordel ambiant » : un corps militant sans histoire propre, hétérogène au possible, où chacun et chacune cherche à faire prévaloir sa propre vision de ce que le parti devrait être. Paradoxe de la situation : à ce petit jeu, ce ne sont pas les ex-LCR qui se montrent systématiquement les plus impatients.

    Au-delà de ces considérations relatives au fonctionnement, je constate que Marlière, comme bon nombre de « partants », pointe du doigt la tactique électorale du NPA comme illustration de son cours sectaire. Pourtant, à voir les initiatives prises par certains comités, hier comme aujourd’hui, je ne crois pas que le NPA ait renoncé à l’unité, loin de là. En revanche, nous voilà devant une situation compliquée à gauche de la gauche, à l’heure où l’on nous prépare une belle candidature DSK : voilà désormais Mélenchon lié au PC pour pouvoir rendre viable sa candidature en tant que membre du FG. Or il se lie à un PC lui-même pieds et poings liés au PS pour sauver ce qu’il reste de l’appareil. On l’a vu, depuis que les intentions du camarade Jean-Luc sont publiques et l’assentiment du PC connu, les critiques du chef du PG à l’encontre du PS se sont nettement atténuées. Il suffit de voir l’ambiguïté des formulations des composantes du FG sur la question du PS (on sera devant DSK et c’est tout !) pour s’en convaincre… Ou pas ? Personnellement, je trouve salutaire que le NPA tranche cette question avec clarté et de manière décidée. On n’en serait évidemment pas là si les différentes composantes du Front en avaient fait autant.

    Bon vent au camarade Marlière.

    Amitiés militantes, Hervé (NPA 69)

  17. vincent a dit :

    Notre classe sociale (enfin la mienne en tout cas) à bien des soucis en ce moment et pas d’organisation à la mesure des enjeux en effet.
    Militant moi-même au NPA, je profite d’un moment de congé pour m renseigner. Je tombe sur ce blog. Je regarde un peu ce que disent les camarades qui quittent le NPA, et j’y vois la contribution d’un « intellectuel », j’entends par là quelqu’un payé pour réfléchir, militant semble-t-il de longue date… Qui nous assène en février 2011 que le parti socialiste « vient de se rallier aux institutions monarchiques de la 5eme république ».
    Je reconnais que là je m’arrête dans ma lecture… N’arrêtez surtout pas de réfléchir on a besoin de vous les gars.

  18. Nico a dit :

    @Martine la Girondine
    Oui, certes ! le port du voile est une contrainte intériorisée !
    MAIS : exclure, ostraciser les femmes qui ont « incorporé » ( comme dit Bourdieu ) cette contrainte, à l’insu de leur plein gré ( comme disent les guignols de l’info ) c’est ajouter une souffrance à une contrainte.
    Tant que les femmes voilées n’auront pas compris ( et c’est un très long travail ! ) que ce « voile » n’est pas une simple manifestation identitaire ( ce qu’elle est ,pour elles, le plus souvent : une revendication contre l’humiliation dont les « bons français »les abreuvent quotidiennement, et dont elles « se défendent » par ce « signe identitaire » – croient elles , dur comme fer -) alors tout rejet d’ ELLES AVEC LEUR VOILE, sera une brimade, un ostracismet de plus, perçu par elles ( mais est ce tellement faux ? ) comme raciste, islamophobe…
    Alors avant de râler contre ce voile qui – nous les féministes – nous « offense les yeux » , il faudrait prendre le temps d’expliquer …d’expliquer …et d’expliquer encore et toujours à ces femmes qui portent le voile « volontairement », ce qu’il en est du patriarcat, de l’oppression séculaire des femmes …et attendre qu’elles le quittent volontairement , ce voile …ça, oui, ça aurait du sens !
    Y’a du boulot !
    Non ?

    Je suis à fond d’accord avec ce point de vue!!!!!! On ne peut pas priver un mouvement d’extrême gauche du potentiel humain énorme des banlieues, des ouvriers, des gens qui votent extrême droite… Je pense que le dialogue est une chose hyper importante et que la tolérance est une valeur qui fait souvent défaut aux puristes d’extrême gauche, ce qui les condamne à rester dans des groupuscules de gens tous d’accord entre eux.

  19. » NPA recherche anciens militants: où sont-ils partis? Au Front de Gauche mais pas que a dit :

    […] une ligne ‘gaucho-guevariste’ de type ‘le NPA seul contre tous!' », se désole Raoul-Marc Jennar en février 2011 lorsqu’il quitte le NPA « sur la pointe des pieds ». […]

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