26 Juil 2011

Phnom Penh, 26 juillet. J’apprends à l’instant le décès de deux amis, à quatre jours de distance, début juin, en Belgique.  Je suis bouleversé. Le leur doit beaucoup. Il y a encore des ferries qui traversent le Mékong et le Tonle Sap avec une petite plaque vissée sur un panneau : « don d’-Belgique ». Guy avait travaillé dans la construction navale. Son épouse travaillait comme volontaire à -Belgique. Après la libération du pays de la barbarie polpotiste, en 1979,  ils se sont dépensés sans compter pour  apporter de l’aide au . Ils sont allés à Hong Kong et à Singapour pour acheter des ferries qui permettraient la traversée des deux grands fleuves et rétabliraient ainsi quelques communications.

Pendant 25 ans, Lucile n’a pas cessé d’oeuvrer pour le Cambodge. Elle a soutenu la création en 1986 d’une ONG intitulée PADEK, « partnership for the development in Kampuchea » avec l’aide d’autres ONGs du réseau international Oxfam. Sur le conseil de Lucile, lors de ma première visite au Cambodge en 1989, j’ai rencontré les animateurs de PADEK. Déjà, tous les efforts tendaient à ce que cette ONG soit prise en main par des Cambodgiens eux-mêmes. Et ce processus aboutira lorsque Chanthou Boua en deviendra la directrice peu après.

Lucile a joué un grand rôle dans ma vie. Lorsqu’elle a appris que j’allais me rendre au Cambodge en avril 1989, elle a tenu à me rencontrer. A mon retour, alors que je venais de remettre mon rapport sur « la situation au Cambodge » à la présidente de la commission des affaires étrangères du Sénat belge, elle a souhaité que je le présente lors d’une assemblée générale du Forum international des ONG au Cambodge. Et c’est elle qui par la suite a proposé que je devienne le « conseiller diplomatique » de ce Forum.

Lucile et Guy n’ont pas cessé de me soutenir dans la vie compliquée qu’impliquait cette activité, faite de longs séjours loin des miens, de visites régulières au Cambodge, mais aussi à Paris, Londres, Washington, New York, Genève afin que les membres permanents du Conseil de Sécurité de l’ONU soient informés des conséquences dramatiques de leurs choix politiques sur la vie quotidienne du peuple cambodgien. Après dix années entièrement consacrées au Cambodge, lorsque je suis rentré en Belgique en 1999, c’est encore Lucile qui m’a proposé de travailler pour Oxfam sur les dossiers de la mondialisation.  C’est elle qui a suggéré que j’étudie, en 2003, les implications pour le Cambodge de son entrée dans l’Organisation Mondiale du Commerce.

Et, bien entendu, lorsque je suis reparti à Phnom Penh, en 2007, j’ai été rendre visite à Lucile et Guy avant mon départ. Je ne savais pas que je ne les reverrais plus. Aujourd’hui que j’apprends qu’ils se sont éteints, je ne peux garder pour moi seul l’émotion qui est la mienne et, depuis Phnom Penh, je veux dire mon affection pour ce couple merveilleux. Et ma gratitude.

 

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2 Réponses pour “Hommage à Lucile et Guy”

  1. CATHERINE Jean-Louis a dit :

    Puis-je m’associer à vos marques affectives pour ce couple ?

  2. Raoul Marc Jennar a dit :

    @CATHERINE Jean-Louis – Bien évidemment ! Merci.

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