14 Sep 2011

Le Mouvement politique d’éducation populaire (M’PEP) interpelle le sur le volet européen de son programme. Un volet majeur puisqu’on le sait, le droit communautaire conditionne quasiment tous les aspects des politiques nationales au point qu’en fait, chaque chapitre d’un programme politique global devrait être assorti d’un volet européen. Cette interpellation du M’PEP ne manque pas de pertinence.

A juste titre, il observe que la plupart des propositions avancées dans le programme du Front de ne peuvent devenir des réalités qu’avec l’accord des 26 autres Etats membres de l’ et que de très nombreuses réformes au niveau national se heurteraient au gardien de la prééminence des traités européens sur le droit national, c’est-à-dire le Conseil constitutionnel, que l’opposition ne manquerait pas de saisir.

A juste titre, il observe que le traité de Lisbonne et la Constitution de la Ve République ne sont pas compatibles avec les politiques présentées par le Front de Gauche.

Et le M’PEP de proposer qu’en face d’un refus des partenaires, la France pratique la « désobéissance européenne ». Mais, pour éviter tout blocage par le Conseil constitutionnel, le M’PEP propose l’organisation d’un référendum sur l’abrogation du titre XV de la Constitution consacré à l’Union européenne (je signale toutefois que cela ne suffirait pas puisque l’article 55 de la Constitution, qui fait partie du titre VI, demeurerait d’application ; il dispose que « Les traités ou accords régulièrement ratifiés ou approuvés ont, dès leur publication, une autorité supérieure à celle des lois, sous réserve, pour chaque accord ou traité, de son application par l’autre partie« ).

Cette interpellation du M’PEP mérite d’être examinée. Car, au-delà d’une manoeuvre tactique destinée à faire accepter par le Front de Gauche les choix du M’PEP, c’est-à-dire l’abandon de tout projet fédéral européen, la question qui est posée est celle de la crédibilité du programme du Front de Gauche, c’est-à-dire la crédibilité d’une .

Une forfaiture

En 2005, ceux qui, comme moi, ont fait, à gauche, campagne pour le « non » au traité établissant une Constitution pour l’Europe, ont cru à la force du droit. Nous nous sommes appuyés sur la nature contraignante des résultats d’un référendum en vertu de la Constitution de la Ve République (art. 3.1 :  « La souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants et par la voie du référendum »). Le précédent de 1969 nous y autorisait. Le rejet du TCE devait entraîner, quasi automatiquement, un retrait de la signature de la France à ce traité et l’ouverture d’une crise de la construction européenne ouvrant la voie à une révision des orientations fondamentales et des modalités institutionnelles de cette intégration.

Nous n’avions pas envisagé un seul instant que le Président de la République, gardien des institutions, puisse commettre, en ignorant le résultat du référendum, ce crime de forfaiture, ce déni de démocratie. Nous n’avions pas imaginé que puisse être adopté un traité de Lisbonne reprenant quasi à l’identique le TCE, alors que les peuples de deux pays fondateurs l’avaient rejeté. Nous n’avions pas imaginé que le Parti socialiste puisse se faire, le 4 février 2008, le complice de la droite en apportant ses voix indispensables à une révision de la Constitution de la Ve République consistant à y inscrire un article 88-1 qui dispose que : « La République participe à l’Union européenne constituée d’Etats qui ont choisi librement  d’exercer en commun  certaines de leurs compétences en vertu du traité sur l’Union européenne et du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne, tels qu’ils résultent du traité signé à Lisbonne le 13 décembre 2007. »

Nous avons sous-estimé la détermination de l’oligarchie politique aux ordres du monde des affaires et de la finance à maintenir à tout prix le nouvel ordre européen doté du pouvoir de démanteler tous les fondements d’un Etat démocratique et solidaire. Nous n’avions pas perçu à suffisance la volonté de cette oligarchie d’en finir avec la souveraineté populaire. Terrible leçon qu’il nous faut, aujourd’hui plus que jamais, garder à l’esprit !

Alors, pouvons-nous promettre une véritable alternative sachant qu’en l’état actuel des traités européens et de la Constitution de la Ve République, cette alternative n’est pas possible ? Ne convient-il pas, comme le suggère le M’PEP, d’éclairer les citoyens sur toutes les embuches qui peuvent empêcher la mise en oeuvre de véritables politiques de gauche ? Faut-il pour autant, comme le propose le M’PEP, s’engager d’emblée dans un processus de sortie de l’Union européenne ?

Non à l’esprit Maginot

Des siècles de guerres entre Européens devraient nous mettre en garde, car ils pèsent plus lourds que 66 ans de paix relative. Et des atavismes, des égoïsmes, des nationalismes pourraient, en particulier dans la tourmente d’une des plus graves crises économiques et financières, remettre en question une civilisation commune et des valeurs très largement partagées. La rapidité avec laquelle des réflexes d’avant 1914 – Français redevenus pro-serbes et Allemands retrouvant leurs sympathies croates –  se sont réveillés lors de l’éclatement de la Yougoslavie est pour moi le signal du danger latent.

Aujourd’hui que le repli sur soi, voire un nationalisme exacerbé refleurissent un peu partout, prendre le risque de faire disparaître ce qui nous garde ensemble m’apparaît comme le plus irresponsable des choix. Ce n’est pas en cultivant l’esprit Maginot qu’on remportera la bataille idéologique à laquelle le modèle imposé d’union des peuples d’Europe nous contraint.

L’Union européenne, de Monet à Sarkozy, d’Adenauer à Merkel, est fondamentalement un projet idéologique. Sous la pression du patronat européen, il s’est agi, par le moyen d’institutions supranationales débarrassées de tout contrôle démocratique, de créer une capacité de remettre en question 200 ans de conquêtes démocratiques et sociales. Et la social-démocratie y a très largement contribué, en particulier quand 13 gouvernements sur 15 se réclamaient de ce courant politique.

Mais, s’il est un succès pour l’oligarchie, ce projet est un échec pour les peuples. La démocratie a reculé. Le niveau de vie a baissé. Les inégalités se sont creusées. La qualité de la vie s’est dégradée. Pierre Bourdieu déjà l’observait : « La construction européenne pour l’essentiel s’apparente à une destruction sociale. » L’avenir même est compromis. Le bilan de cette Europe des banquiers et des hommes d’affaires se résume en ceci : pour la première fois dans l’histoire contemporaine des peuples d’Europe, les parents vont laisser à leurs enfants une situation globale plus médiocre que celle qu’ils ont reçue de leurs parents. Du fait des choix imposés par l’intermédiaire de l’Union européenne, le progrès s’est transformé en régression.

Ce constat, aggravé par la crise d’un système capitaliste dont les gouvernements ont permis qu’il échappe à tout contrôle, des millions de femmes et d’hommes peuvent le faire aujourd’hui dans toute l’Europe. L’énorme part prise par la social-démocratie dans cette évolution et le mépris dans lequel on a tenu les peuples (danois, irlandais, français, néerlandais) qui se sont opposés à cette évolution ont nourri la déception et le désespoir. Les droites extrêmes et l’extrême-droite en ont profité pour désigner leurs bouc-émissaires et avancé leurs solutions qui n’en sont pas.

Une mission historique attend celles et ceux qui ne se résignent pas : reprendre là où l’ont abandonnée ceux qui se sont ralliés au système, la lutte pour toujours plus de démocratie et toujours plus de justice sociale en intégrant dans cette lutte un nouveau rapport à la nature. C’est, semble-t-il, l’ambition du Front de Gauche. Cette ambition, pour être crédible, doit totalement prendre en compte la dimension européenne.

Mais intégrer cette dimension ne peut signifier se dégager du cadre européen. Le repli sur les Etats n’est pas une solution puisque ce sont les Etats qui sont les exécutants des décisions qu’ils prennent ensemble au niveau européen. Ce que le M’PEP propose est en fait une stratégie de rupture. Un moyen de revenir à une Europe des nations dont on connaît le bilan. Car, comment interpréter autrement une démarche consistant à dire « si vous ne suivez pas la France, la France se retire ». C’est, par ce genre de chantage, renoncer à toute idée d’union. C’est afficher une arrogance incompatible avec un idéal de fraternité. Abroger purement et simplement le titre XV de la Constitution française (alors que le projet du Front de Gauche, c’est une nouvelle Constitution pour une nouvelle République), c’est signifier aux peuples d’Europe que la France se retire d’un projet commun. C’est abonder dans le sens d’un chacun pour soi dont on déplore par ailleurs qu’il soit la marque principale du système subi. Il ne faut pas sacrifier un projet d’union au motif que les modalités pour le réaliser ont été dévoyées. La solution ne passe pas par les Etats, elle passe par les peuples.

S’adresser aux peuples d’Europe

Il s’impose de souligner ce qui est commun aux peuples d’Europe. Et ce qu’ils ont en commun aujourd’hui, c’est leur souffrance, conséquence directe des choix européens de tous nos gouvernements. Ce qu’ils ont en commun, c’est l’attente, c’est le besoin même, d’une alternative véritable et crédible à cette Europe-là qu’on leur présente encore et toujours comme la seule option possible. Ce qu’ils ont en commun, c’est le désir de pouvoir choisir, ce dont ils sont privés par l’Union européenne telle qu’elle fonctionne.

Ce qui manque au programme du Front de Gauche, c’est un message crédible aux peuples d’Europe, ce sont des propositions concrètes de réformes des institutions européennes. Il ne suffit pas, comme il le fait amplement, d’indiquer une orientation. Il faut, pour rendre l’espoir, tracer le chemin et indiquer comment le parcourir. Il faut expliquer que des réformes sont techniquement possibles. Il faut présenter les modalités de leur réalisation. Il faut désigner les responsables attendus des blocages.

Bien entendu, un gouvernement de gauche devra proposer à ses partenaires l’ouverture de négociations en vue d’une refonte de l’Union européenne, de ses institutions et de ses orientations en soulignant qu’il s’agit de rendre aux peuples la possibilité de choisir. Mais cela ne suffira pas.

Un gouvernement de gauche, dont le sens des responsabilités consistera à réaliser les espérances qu’il a suscitées, devra s’adresser directement aux peuples d’Europe. Au nom des valeurs qui font la devise de la France, il interpellera les peuples d’Europe pour dresser avec eux le constat des nuisances d’une Union européenne au service du patronat et des banquiers et pour proposer un nouveau pacte européen fondé sur le primat de la souveraineté populaire et sur l’exigence d’un système économico-financier au service des peuples et respectueux de la nature.

Un gouvernement de gauche, au nom de sa volonté d’unir les peuples d’Europe, fera la démonstration du changement possible en proposant la liste des réformes nécessaires pour créer cette union des peuples d’Europe dont la réalisation ne dépend que de la volonté politique.

Hors d’une telle démarche, les transformations nécessaires que propose le Front de Gauche pour la France se heurteront au blocage européen. Il convient donc, dès à présent, afin de rendre crédible l’alternative dont il est porteur, que le Front de Gauche inscrive dans son programme, autrement que par quelques formules lapidaires, comment il entend mobiliser les peuples d’Europe contre l’oligarchie qui les domine et les exploite.

Jean-Luc sera d’autant plus crédible en France qu’il aura, d’ici à l’échéance de 2012, expliqué le projet du Front de Gauche dans les principales capitales européennes.

Raoul Marc Jennar

Auteur de « Europe, la trahison des élites » (Fayard, 2004) et de « Quelle Europe après le non ? » (Fayard, 2007).

 

 

 

 

 

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64 Réponses pour “Rendre crédible une alternative de gauche”

  1. Daniel Houguet a dit :

    « La solution ne passe pas par les Etats, elle passe par les peuples. »
    Il faut « s’adresser aux peuples d’Europe », c’est à dire, non seulement
    au Peuple français, mais aussi aux Peuples basque, breton, catalan etc…

  2. Un citoyen parle aux citoyens "libérables" a dit :

    Information citoyenne

    L’homme Mélenchon étant très habile, il est très rare de voir ce qu’il est vraiment de manière aussi évidente comme dans cet échange dans le lien ci-dessous ; il faut en principe littérallement l’étudier pour relever ses contradictions et sa vraie conception du peuple, du militant, et quel genre de « révolution citoyenne » il souhaiterait encadrer de très très près.

    Le voilà tel qu’il est, nu, sans masque, prétendant défenseur de la démocratie et des faibles :
    http://www.20minutes.fr/politique/793942-quand-jean-luc-melenchon-demande-militant-communiste-degager

    Cela me fait d’ailleurs penser à la remarque de Christian R-Gironde : « Testard mis en garde contre le développement non contrôlé du progrès et des experts (Cf son blog pour ses propositions hyper démocratiques). Il reçu une volée de bois vert par l’un des deux aspirant à la candidature. »
    Tout se tient de manière si logiquement imbriquée…
    Ah Testard, un vrai démocrate progressiste, lui…

    Redite : peuple « de gauche », débarassez vous de ce faussaire et trouvez vous un vrai leader qui soit un démocrate, qui vous respecte, et qui ait une mentalité 21e siècle, ou mieux faites preuve d’imagination.

    PS. Cher Raoul, « désolé » d’emprunter des voix de traverse vu que l’adresse IP que j’utilisais a été blacklistée par vous, mais je sais qu’un homme de votre qualité appréciera que ce type d’information citoyenne (et sans insulte) circule, car comme moi vous aimez le peuple informé et éclairé.

  3. Un citoyen parle aux citoyens "libérables" a dit :

    C’était Jim, bien entendu, j’en ai oublié de signer -:-)
    ———————————–

    http://www.20minutes.fr/politique/793942-quand-jean-luc-melenchon-demande-militant-communiste-degager

    Dans un reportage filmé la semaine dernière et diffusé dimanche sur Canal+, on voit un militant s’approcher de Jean-Luc Mélenchon juste après la visite de Martine Aubry et lui lancer: «je voudrais savoir s’il y a un débat ou si c’est juste pour la télé? Il y avait Martine, elle ne s’est pas exprimée et on ne sait pas ce qu’elle est venue faire à la Fête de l’Humanité…»

    Très agacé, Jean-Luc Mélenchon lui répond sans ménagement: «bon, redescends (de la tribune), s’il te plaît. Dehors!».

    – Le militant: «Non, pourquoi je redescendrais?»

    – Jean-Luc Mélenchon: «Si tu es un militant, tu es discipliné!»

    – Le militant: «Non, attends, tu vas pas me faire la leçon!»

    – Jean-Luc Mélenchon: «Si, je te la fais. Dégage!»

    Le militant communiste est ensuite poussé hors de l’estrade par l’entourage de Jean-Luc Mélenchon tout en lançant: «Il n’a pas à me dire ça… Moi, je suis pas journaliste, Jean-Luc!».

  4. Jacques Roman a dit :

    CHANGEMENT DE MAJORITÉ AU SÉNAT : LA CONSTITUTION EST DÉSORMAIS RÉVISABLE !

    Enfin, peut-être.

    Selon moi, la principale révision devrait justement concerner la réforme du Sénat (impossible jusqu’à présent parce qu’il faut l’accord de ce dernier) sur les bases suivantes :

    – Redéfinition des fonctions du Sénat : représentation des collectivités décentralisées (plus particulièrement des régions) et reprise des fonctions du Conseil économique et social actuel, avec les améliorations voulues. C’est à peu près ce qu’avait proposé de Gaulle en 1969 lors d’un référendum malheureusement personnalisé : on peut penser que le Non des Français n’était pas un non aux réformes proposées ;

    – Suppression du Conseil économique et social (remplacé par le Sénat) ;

    – Suppression du département, institution vénérable qui a rendu de grands services comme moyen d’unification de la nation, mais qui est devenue redondante depuis la création des régions, sauf comme machine à placer des politiciens ;

    – Bien sûr, élection des sénateurs au suffrage universel sur une base régionale (avec circonscriptions sénatoriales ad hoc).

    De cette manière, l’utilité du Sénat comme chambre parlementaire, non pas seulement de contrepoids mais bien de représentation des intérêts locaux des citoyens, serait renforcée, et l’organisation constitutionnelle gagnerait en transparence et en efficience.

    De plus, l’organisation commune-région-nation correspondrait très bien à la pratique de l’Union européenne et de ses États membres.

    Sans compter les économies qui résulteraient de cette réforme.

    Reste à savoir si la gauche est prête à renoncer aux prébendes départementales.

    ISinon, il y aurait là une excellente occasion de faire jouer le troisième alinéa l’article 11 nouveau de la Constitution :

    « Un référendum portant sur l’organisation des pouvoirs publics […] peut être organisé à l’initiative d’un cinquième des membres du Parlement, soutenue par un dixième des électeurs inscrits sur les listes électorales. Cette initiative prend la forme d’une proposition de loi et ne peut avoir pour objet l’abrogation d’une disposition législative promulguée depuis moins d’un an ».

    Mais sauf erreur, le projet de loi organique relative à l’application de cette disposition, dépiosé au Parlement en 2010, reste en cours d’examen, et de toute façon la loi organique n’entrerait en vigueur que 12 mois après son adoption.

    Alors, , à supposer qu’on ne puisse pas convaincre un nombre suffisant de parlementaires de faire eux-mêmes la proposition constitutionnelle correspondante, on pourrait les y inciter par une campagne citoyenne Internet de signatures : si elle réunissait 10 % des voix des électeurs (probablement plus – rappelons-nous le référendum populaire sur la poste , qui a donné plus de trois millions de signatures), elle aurait en pratique le poids d’une procédure de l’article 11.

    Enfin, il est naturel et salutaire de s’interroger sur la fiabilité des consultations citoyennes Internet. À cet égard, EUROCONSTITUTION.ORG (http://www.euroconstitution.org) propose de mettre en place dans le cadre de l’UE un système officiel cyberconsultation et de cybervote fiable et sécurisé : les Suisses, je le rappelle, recourent depuis 2000 environ au cybervote et sont apparemment satisfaits des résultats. Mais en attendant un tel système dans le cadre national, il sera toujours possible de vérifier statistiquement la validité des réponses Internet. (par sondage). JR

  5. Christian R-Gironde a dit :

    @A Christian R-Gironde

    Dont acte. Mais…
    Aurais-je était trop vite en besogne, un tantinet trop sarcastique ? J’ai lu ce que je n’avais pas fait auparavant, vos messages, désolé pour vous mais je ne regrette rien comme aurait dit Piaf. Relisez-vous. Vous jugez, vous condamnez, pire vous dénigrez (Cf. vos rapports à ce site- Parfois, qui sème le vent récolte la tempête.) A vous lire on vous imagine facilement face à votre clavier un sourire sardonique déformant votre visage. Certains font de leur trop plein d’humour démonstration de leur désespoir. Eux au moins prêtent à sourire.
    Vous vous dites soucieux de la «réinvention de la citoyenneté et de la démocratie »Votre attitude contredit votre affirmation. Au lieu de faire dans la moquerie (euphémisme) débattez exprimer votre point de vue.
    L’heure est grave, la crise mortifère du capitalisme peut pousser ses dirigeants au pire, par refus de perdre ses privilèges et ses richesses, la situation écologique qui nécessite de s’orienter rapidement vers une autre gestion de la société et de la planète, demande que se construise le levier primordial, indispensable pour freiner le capitalisme et s’en débarrasser à terme. Pour y parvenir nul besoin d’appels lancés à la cantonade leurs temps est dépassé et la solution du chacun le sien (Cf. Daniel Houquet) à un petit goût de séparatisme qui ne désespèrerait pas les tenants de capitalisme et l’UE. La solution est entre nos mains à tou/te/s c’est l’intervention du couple individu/collectif. Sans l’intervention directe de chacun de nous porteur de ses besoins mis au pot collectif du quartier, de la cité, du village…puis du pays, il n’y aurait pas de changement radical pacifique de la société française ni en 2012, ni après.

    En conclusion totalement définitive de cet échange, mon cher Jim, cette pensée à méditer d’Antoine Saint-Exupéry : «Etre homme, c’est précisément être responsable. C’est sentir, en posant sa pierre, que l’on contribue à bâtir le monde.» [ ] – Terre des hommes

  6. Christian R-Gironde a dit :

    @Jim

    A vouloir contourner les « interdits » vous brouillez
    les pistes mon dernier envoi est pour vous.
    Adios

  7. Jacques Roman a dit :

    « Untel a dit »

    Cette formule introductive des messages me paraît mauvaise : on ne sait pas tout de suite si c’est quelqu’un qui répond ou quelqu’unque le site (voir les exemples précédents, par exemple le 55).

    Suis-je le seul de cet avis, et dans le cas contraire serait-il possible d’améliorer la présentation sur ce point ? JR

  8. Jacques Roman a dit :

    Correction du précédent message :

    « …quelqu’un qui répond ou quelqu’un que l’on cite… »

    Dommage aussi qu’il n’y ait pas une fonction « éditer » : pour des distraits comme moi, ça serait pratique.

    Également, les italiques, les caractères gras, etc. : ça rendrait le texte plus lisible.

    À toutes fins utiles. Merci ! JR:

  9. Christian R-Gironde a dit :

    @Jacques Roman

    Ma réponse concerne l’intervenant n° 50
    Vérification faite à l’instant ça donne le même résultat ( normal vu les paramètres)
    Leçon à retenir.
    Ceci étant éclairci, les points de vue sur la partie politique de mon message; « L’heure est grave… » m’intéresse. La démocratie à besoin de se (re)construire.
    A vous lire.

  10. Richard a dit :

    @Christian R-Gironde – Vous dites: « La solution est entre nos mains à tou/te/s c’est l’intervention du couple individu/collectif ». Je ne comprend pas comment cette évidence ne s’impose pas dans le logiciel du peuple de gauche… L’individu est à la société ce que le mot est à la phrase, sans elle il n’est pas grand chose, sans lui elle non plus.

  11. Christian R-Gironde a dit :

    @Richard

    C’est bien là LA difficulté. Comment est-ce possible que ce système économique le capitalisme (Que ses thuriféraires s’efforce de qualifier de néolibéralisme), qui nie l’être humain, détruit la planète ne produise pas plus…d’anticapitalistes ?

    « Les pensées de la classe dominante sont aussi, à toutes les époques, les pensées dominantes… » écrivait un certain Marx au milieu du XIXe siècle. 150 ans plus tard quand est-il ? Deux deux guerres mondiales, les bombes sur Nagasaki et d’Hiroshima, l’horreur du colonialisme sur tous les continents, un néocolonialisme qui repart à nouveau avec violence à l’assaut du continent africain, démontrent que les peuples in fine acceptent et digèrent assez facilement les atrocités commises au (en leur) nom de la liberté et de la démocratie par ce système économique. Mais revenons à notre préoccupation, l’actualité immédiate qui à tant à voir avec le printemps prochain.

    La capitalisme à fait son temps, son incapacité à sortir de sa crise, prouvent qu’il ne peut plus engendrer que misère et servitude des peuples, par la même il devient dangereux. Une nouvelle civilisation faite de solidarité, de démocratie, de libertés frappe à la porte, pour s’y engouffrer il faut revivifier la citoyenneté, la rendre exigeante seul moyen de modifier en faveur des couches populaires et moyennes le rapport de force idéologique largement favorables aujourd’hui aux « pensées de la classe dominante » qui depuis les années 70/80 sont devenues encore plus prégnante sur la société qu’auparavant.

    A partir de ces années là une étape nouvelle a été franchie avec la restructuration du capitalisme occidental qui abandonne son assise industrielle (En France de 30% à 13% actuellement.) pour cause d’insuffisance de profitabilité au profit, il n’y a pas meilleur mot, du capitalisme financier. Parti des USA avec l’élection de Reagan, elle se développe en Grande Bretagne avec l’arrivée de Thatcher. Sa mise en œuvre en France commencera sous Mitterrand en juillet 83 avec le gouvernement Fabius. La gauche plurielle (97-2002 Gouv Jospin) lui donnera un coup d’accélérateur en devenant championne des privatisations.
    A partir des années 90 l’UE porteur de son glaive « concurrence libre et non faussée » participera activement à la politique de plus en plus inhumaine qui se met en place : protéger et enrichir les plus riches, faire payer « ceux d’en bas » selon la délicate expression de l’ancien 1ier Ministre Raffarin. Pour faire passer les pilules de plus en plus amères un énorme travail de sape idéologique est entrepris particulièrement en France dès la fin des années 70 pour casser les principes de solidarité encore fortement ancrée chez les salarié-e-s résultat des politiques sociales mis en œuvre en 1945 (Programme du Conseil National de la Résistance.) Au bout de 30 ans nous ne pouvons que constater que les dirigeants capitalistes ont atteint, leur but : l’individualisme règne dans la société française, beaucoup trop de salarié-e-s estiment être dans le même bateau que leur employeur. Le chômage, volontairement organisé n’étant pas la dernière des armes uilisées.

    « Le moment est venu de sortir du capitalisme, en plaçant l’urgence écologique et la justice sociale au cœur du projet politique » écrit Hervé KEMPF. (1) Le Front de gauche ne l’a visiblement pas encore compris. Son programme fait l’impasse sur les règles juridiques que l’UE et la France (de droite) feraient valoir pour empêcher son application (Cf le texte de RM Jennar au début) Il ne joue pas gagnant. Il prend le risque de décevoir, de pousser à l’abstention.

  12. Christian R-Gironde a dit :

    @Richard

    Partie 2

    La professionnalisation de la vie politique est un danger, elle éloigne les responsables politiques du peuple. Et pourtant les temps changent ceux qui depuis des années ont résisté ou se sont peu à peu émancipés de l’intox du style « pas d’autres solutions que celle que nous appliquons » ou « on a tout essayé » peuvent observer que non seulement le ras le bol domine mais aussi que de la dénonciation du fric, de la financiarisation, de l’UE est amplement revendiqué et partagé dans la population. Les révoltes des indignés en sont un reflet.

    Alors si les dirigeants du FdG ne réalisent pas qu’ils passent à côté et des besoins et des exigences de la population il faut que celle-ci se fasse entendre d’eux.
    C’est pour cela que je défends l’idée que c’est au plus près du lieu de vie que nous devons nous rencontrer, c’est dans cet endroit là (commune, ville, quartier, etc) que se croise diverses couches sociales de diverse origines qui ont toutes le droit à être entendues. C’est ainsi que l’individualisme reculera.
    Il faut que le FdG bouscule le rapport de force idéologique en 2012, il n’en sera que plus écouté dans les bras de fer d’après le 1ier tour, ce sera bien plus efficace que les rencontres à la fête de l’humanité, triste pantalonnade électoraliste.
    Il faut vite se retrousser les manches contacter autour de soi, voisins, amis etc. exercer sa capacité critique afin que ce programme du FdG soit réellement une alternative crédible qui ramènera des millions d’électeurs/trices dans les isoloirs.
    Si nous voulons qu’un jour nos espoirs de solidarité, d’humanité deviennent les idées dominantes de la société ce n’est que par le développement de la démocratie citoyenne que nous y parviendrons car elle nous permettra simultanément de mettre en œuvre la transformation économique de la société, possible dés le lendemain de l’élection.

    Notes
    (1) « Pour sauvez la planète, sortez du capitalisme » Hervé KEMPF Edition du Seuil /collection Points sept 2011/ 6,50 €

  13. Christian R-Gironde a dit :

    @Richard

    Un collé/ déplacé trop vite… tranché

    «Les pensées de la classe dominante sont aussi, à toutes les époques, les pensées dominantes des dominés…»

  14. Jim a dit :

    ‘tain christian, c’est subtil comme du proust et vif comme du céline ce que tu dis sur le capitalisme tout ça tout ça.

    😉

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