19 Sep 2011

Khieu Samphan et les Khmers rougesEn librairie à partir du 29 septembre :
Khieu Samphan et les Khmers rouges.

Réponse à Jacques Vergès.
Editions Demopolis

LE LIVRE :
« Les évènements survenus au Cambodge sont sans précédent dans notre siècle, à l’exception des horreurs du nazisme. »
C’est en ces termes que se conclut, en 1978, le rapport du diplomate tunisien Abdelwahab Bouhdiba, membre de la Commission des droits de l’Homme de l’ONU.

Entre le 17 avril 1975 et le 7 janvier 1979, les crimes commis sur ordre d’un petit groupe de dirigeants conduits par Pol Pot, ont provoqué la mort d’au moins 2.200.000 personnes parmi une population estimée à 7.200.000 ; 90% des titulaires d’un certificat d’études ont disparu.

Un des protagonistes de cette entreprise criminelle commune fut Khieu Samphan. Un des idéologues du collectivisme agraire imposé par ce régime, il fut un des compagnons les plus indéfectibles de Pol Pot qui en avait fait le Chef de l’Etat du Kampuchea démocratique. Son procès vient de commencer à Phnom Penh. Il nie toute participation aux crimes commis. Pour sa défense, il a choisi l’avocat Jacques Vergès. Celui-ci minimise les faits et parle de 1.400.000 morts « involontaires ». Il conteste qu’il y ait eu génocide. Il récuse la notion d’entreprise criminelle commune. L’ancien avocat du nazi Klaus Barbie réduit le rôle de Khieu Samphan à celui d’un « compagnon de route » des communistes cambodgiens sans responsabilité dans l’appareil dirigeant du régime.

En combinant rappel des principes du droit international pénal et rappel des faits, ce livre démontre qu’il y a bien eu, sous le Kampuchea démocratique, des génocides, des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre. Il rappelle le cheminement de l’engagement politique de Khieu Samphan et démonte ses explications selon lesquelles il n’a rien vu, rien su, rien fait parce qu’il n’était rien. Il fournit les preuves de sa participation aux décisions qui ont provoqué ces crimes et de son soutien public et inconditionnel aux politiques de ce régime. Il réfute les arguments de son avocat.

Dans sa préface, Robert BADINTER indique que « ce livre permettra au lecteur francophone, même non spécialiste, d’appréhender la complexité de la tâche qui incombe à la Justice, plus de trente ans après les faits. Il est important que des comme celui de Raoul Marc Jennar contribuent ainsi au débat public et alimentent l’attention et le soutien qui doivent être apportés à l’œuvre de justice si longtemps repoussée pour le Cambodge. »

L ‘AUTEUR
Raoul Marc Jennar est docteur en science politique et en études khmères de l’Institut national des Langues et Civilisations orientales (« Langues O ») avec une thèse sur « les frontières du Cambodge contemporain. » Conseiller diplomatique du Forum international des ONG au Cambodge de 1989 à 1994, il a été successivement consultant de l’Autorité provisoire des Nations unies au Cambodge (APRONUC – 1991-1993), responsable du programme de l’UNESCO « culture de paix au Cambodge », consultant auprès de l’Union européenne pour les affaires cambodgiennes, conseiller du gouvernement cambodgien pour les questions de frontières.

Il a été témoin-expert au procès de Duch, le directeur du centre de Sécurité S21, en 2009.

Il est l’auteur de très nombreux articles sur le Cambodge et de plusieurs ouvrages dont « Trente ans depuis Pol Pot. Le Cambodge de 1979 à 2009 », paru en 2010 (L’Harmattan).

Raoul Marc Jennar sera présent à Paris :

  • mercredi 28 sept : toute la journée
  • jeudi 29 sept : toute la journée
  • vendredi 30 sept : jusque 12H
  • mardi 4 octobre : à partir de 13H
  • mercredi 5 octobre : toute la journée
  • jeudi 6 octobre : toute la journée
  • vendredi 7 octobre : jusque 15H

On peut le contacter directement au 0625 68 76 09 à partir du 28/9.

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6 Réponses pour “Khieu Samphan et les Khmers rouges”

  1. Roger Lafosse a dit :

    Cher Raoul
    Dans un texte qui n’est pas sans rapport avec ton livre, Kagatama fait de son côté allusion au socialiste Badinter:
    http://kagatama.blogspot.com/2009/04/on-7-april-1994-in-rwanda-there-was-one.html
    Le génocide des Tutsi a bien eu lieu, avec l’armée française sur place avant, pendant, après, et cela sous Mitterand/Juppé.
    Bien sûr les génocidaires réfugiés en France sont nombreux, contrairement aux Tutsi et il est facile d’en comprendre les raisons. Bien sûr ils sont puissamment aidés en France dans leur entreprise de négation du génocide.
    En fait, avant d’acheter ton livre, j’aimerai savoir ce que dit la préface de Badinter sur le génocide des Tutsi.

  2. Roger Lafosse a dit :

    Le texte en français

  3. Roger Lafosse a dit :

    http://kagatama.blogspot.com/2009_04_01_archive.html

  4. Raoul Marc Jennar a dit :

    @Roger Lafosse – Bonjour, le génocide des Tutsis n’est l’objet ni de mon livre, ni de la préface de Robert Badinter. Celle-ci est entièrement consacrée à l’unique objet du livre : les divers crimes commis au Cambodge entre 1975 et 1979 par les Khmers rouges et en particulier par un de leurs dirigeants. C’est pour cela qu’il a été approché pour rédiger cette préface et pas pour traiter du génocide des Arméniens, des Juifs ou des Tutsis, ni du génocide des populations amérindiennes d’Amérique. Il ne lui a pas davantage été demandé de fournir une étude comparée des génocides.

  5. Tith Viseth a dit :

    étant cambodgien d’origine et né sous ce régime sanguinaire sans préccédant, on n’est à jamais marqué mentalement par le « fer rouge » de cette période, même si on était de simples enfants.
    Je suis très heureux de voir votre livre apparaître au moment où le procès khmer-rouge est en train de juger l’affaire Khieu Samphan, que j’estime qu’il est l’un des pires salauds khmers-rouges intellectuellement malhonnête.

    K.S ne pouvait pas de pas être au courant de ce qui se passait sous le régime du Kampuchea démocratique, dont il était l’un des leaders et réprésentant politique, soit-disant qu’il n’était jamais sorti de son fameux bureau (ni vu, ni entendu)…mais Norodom Sihanouk n’avait-il pas dit que lorsqu’il était emprisonné dans son palais doré, les seules sorties exceptionnelles autorisées n’était qu’avec la présence exclusive de K.S, qui le ramenait parfois à la campagne pour lui montrer fièrement les exploits accomplis par son régime.

  6. Raoul Marc Jennar a dit :

    @Tith Viseth – Bonjour, D’abord, permettez-moi d’exprimer ma compassion à l’égard d’un survivant de la barbarie. Vous avez tout à fait raison et c’est ce que je m’efforce de démontrer, preuves et témoignages à l’appui, dans mon livre. Khieu Samphan savait et bien plus, il a pris une part active dans les décisions de massacrer. En outre, il fut le théoricien du collectivisme agraire qui fut imposé à tout un peuple. Il n’a pas cessé d’exprimer publiquement son soutien à ce régime génocidaire. Je cite les mémoires de Norodom Sihanouk qui rappelle ses sorties à la campagne avec Khieu Samphan.

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