07 Nov 2011

Le compositeur grec Mikis Theodorakis et Manolis Glezos , le héros de la résistance qui arracha en 1941 le drapeau hitlérien qui flottait sur l’Acropole durant l’occupation nazie, dénoncent le fascisme financier qui menace et appellent les peuples d’ à s’unir pour en finir avec la domination des marchés.

Voici un extrait de leur déclaration.

Une poignée de banques internationales, d’agences d’évaluation, de fonds d’investissement, une concentration mondiale du capital financier sans précédent historique, revendiquent le pouvoir en Europe et dans le monde et se préparent à abolir nos Etats et notre démocratie, utilisant l’arme de la dette pour mettre en esclavage la population européenne, mettant à la place les démocraties imparfaites que nous avons, la dictature de l’argent et des banques, le pouvoir de l’empire totalitaire de la , dont le centre politique est en dehors de l’Europe continentale, malgré la présence de banques européennes puissantes au cœur de l’empire.

Ils ont commencé par la Grèce, l’utilisant comme cobaye, pour se déplacer vers les autres pays de la périphérie européenne, et progressivement vers le centre.
 L’espoir de quelques pays européens d’échapper éventuellement prouve que les leaders européens font face à un nouveau « fascisme financier », ne faisant pas mieux quand ils étaient en face de la menace de Hitler dans l’entre-deux- guerres.

Ce n’est pas par accident qu’une grosse partie des media contrôlée par les banques s’attaque à la périphérie européenne, en traitant ces pays de « cochons » et aussi en tournant leur campagne médiatique méprisante, sadique, raciste avec les media qu’ils possèdent, pas seulement contre les Grecs, mais aussi contre l’héritage grec et la civilisation grecque antique. Ce choix montre les buts profonds et inavoués de l’idéologie et des valeurs du capital financier, promoteur d’un capitalisme de destruction.
La tentative des media allemands d’humilier des symboles tels que l’Acropole ou la Venus de Milo, monuments qui furent respectés même par les officiers d’Hitler, n’est rien d’autre que l’expression d’un profond mépris affiché par les banquiers qui contrôlent ces media, pas tellement contre les Grecs, mais surtout contre les idées de liberté et de démocratie qui sont nées dans ce pays.

Le monstre financier a produit quatre décades d’exemption de taxe pour le capital, toutes sortes de « libéralisations du marché », une large dérégulation, l’abolition de toutes les barrières aux flux financiers et aux facilités, d’attaques constantes contre l’Etat, l’acquisition massive des partis et des media, l’appropriation des surplus mondiaux par une poignée de banques vampires de Wall Street.
 Maintenant, ce monstre, un véritable « Etat derrière les Etats » se révèle vouloir la réalisation d’un coup d’Etat permanent  financier et politique, et cela pour plus de quatre décades.

En face de cette attaque, les forces politiques de droite et la social-démocratie semblent compromises après des décades d’entrisme par le capitalisme financier, dont les centres les plus importants sont non-européens.

D’autre part, les syndicats et les mouvements sociaux ne sont pas encore assez forts pour bloquer cette attaque de manière décisive, comme ils l’ont fait à de nombreuses reprises dans le passé. Le nouveau totalitarisme financier cherche à tirer avantage de cette situation de manière à imposer des conditions irréversibles à travers l’Europe.

Il y a un urgent besoin d’une coordination d’action immédiate et d’une coordination transfrontalière par des intellectuels, des gens des arts et des lettres, de mouvements spontanés, de forces sociales et de personnalités qui comprennent l’importance des enjeux; nous avons besoin de créer un front de résistance puissant contre « l’empire totalitaire de la mondialisation » qui est en marche, avant qu’il soit trop tard.
 L’Europe ne peut survivre que si elle met en avant une réponse unie contre les marchés, un défi plus important que les leurs, un nouveau « New Deal » européen.

Nous devons stopper immédiatement l’attaque contre la Grèce et les autres pays de l’ de la périphérie; nous devons arrêter cette politique irresponsable et criminelle d’austérité et de privatisation, qui conduit directement à une crise pire que celle de 1929.
Les dettes publiques doivent être radicalement restructurées dans l’Eurozone, particulièrement aux dépens des géants des banques privées.
Les banques doivent être recontrôlées et le financement de l’économie européenne doit être sous contrôle social, nationale et européen.
 Il n’est pas possible de laisser les clés financières de l’Europe dans les mains de banques comme , JP Morgan, UBS, la Deutsche Bank, etc… Nous devons bannir les dérives financières incontrôlées, qui sont le fer de lance du capitalisme financier destructeur et créer un véritable développement économique, à la place des profits spéculatifs.

L’architecture actuelle, basée sur le traité de et les règles de l’, a installé en Europe une machine à fabriquer la dette. Nous avons besoin d’un changement radical de tous les traités, la soumission de la au contrôle politique par la population européenne, une « règle d’or » pour un minimum de niveau social, fiscal et environnemental en Europe.
Nous avons un urgent besoin d’un changement de modèle; un retour de la stimulation de la croissance par la stimulation de la demande, via de nouveaux programmes d’investissements européens, une nouvelle réglementation, la taxation et le contrôle du capital international et des flux de facilité, une nouvelle forme douce et raisonnable de protectionnisme dans une Europe indépendante qui serait le protagoniste dans le combat pour une planète multipolaire, démocratique, écologique et sociale.

Nous faisons appel aux forces et aux individus qui partagent ces idées à converger dans un large front d’action européen aussitôt que possible, de produire un programme de transition européen, de coordonner notre action internationale, de façon à mobiliser les forces du mouvement populaire, de renverser l’actuel équilibre des forces et de vaincre les actuels leaderships historiquement irresponsables de nos pays, de façon à sauver nos populations et nos sociétés avant qu’il ne soit trop tard pour l’Europe.

Mikis Theodorakis et Manolis Glezos

Athènes, octobre 2011

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17 Réponses pour “Mikis Theodorakis et Manolis Glezos appellent les peuples d’Europe à se soulever contre les marchés financiers”

  1. Richard a dit :

    Sont-ce par des demi-analyses et des demi-mesures que nous pourrions déjouer, au choix, le hold-up planétaire ou le coup d’État du même métal auquel nous assistons?
    Qu’est-ce en effet que le « capitalisme financier » sinon la suite logique du capitalisme tout court? Il ne servirait strictement à rien de combattre le premier sans remettre en cause le second et surtout le mettre à bas. Qu’est-ce aussi que cette « crise » qui n’affecterait que notre vieille Europe alors que le monde entier est la proie des mêmes prédateurs?…
    Enfin, serait-ce changer de modèle que de stimuler la demande pour relancer la croissance? Déjà faudrait-il considérer que la croissance soit un objectif viable.. Mais le problème ne se pose plus en ces termes, c’est la loi du marché qu’il s’agit d’abolir et, pour ce faire, rendre à la demande la priorité que l’offre lui a volé.

  2. Gerard Blanchet a dit :

    Raoul,

    Je viens de t’écrire sur ton adresse gmail.

  3. CHAMP Roger a dit :

    Bonjour,

    Il est difficile d’exprimer tout ce que l’on pense en peu de mots.
    Donc, très schématiquement, je me pose les questions suivantes :
    Pourquoi dans la démarche de M.Théodorakis et d’ autres intellectuels, artistes, etc, européens on omet toujours de mettre en cause l’ensemble du système capitaliste néo-libéral , dont la ,totale nocivité pour l’ensemble des peuples de la planète a été mainte fois prouvée , entre autres par vous-mêmes ?
    Pourquoi restons-nous aveugles face aux dangers bientôt irréversibles d’une croissance aujourd’hui hérissée en dogme ?
    Je constate que l’austérité grave subie par le peuple grec se rapproche de nous. On en a l’illustration ce matin-même avec un nouveau plan gouvernemental qui ne cache même pas son nom.
    Comment vont réagir nos organisations syndicales et l’ensemble des forces de gauche anti- capitalistes et anti- réformistes ?
    Qu’attendons-nous d’échéances électorales marquées du signe de l’alternance dans la gestion du système en place ?
    Qui peut donner le signal d’une mobilisation populaire et durable pour un changement radical de modèle social ?

    Si j’avais des réponses claires je serais un peu moins inquiet pour l’avenir.

    Cordialement.

  4. Xavier Marchand a dit :

    @Roger

    Sur la question de la dette, le signal d’une mobilisation populaire qui ira au-delà de 2012 vient sans doute d’être donné dans la foulée du manifeste des économistes atterrés.
    C’est l’appel pour un audit citoyen de la dette: http://www.audit-citoyen.org/

    Vers des collectifs locaux partout. Vraie large base unitaire. Solide argumentation et pas de danger de s’étriper entre nous puisqu’on va le faire en 2012. Mais là, il s’agit de faire pression ENSEMBLE MAINTENANT sur le truc qui sortira des urnes l’an prochain.

    Bon, ça peut nous refaire un truc genre CUALs, sans les erreurs de l’époque.
    Je suis assez partant pour y participer localement.

    On en pense quoi ici?
    RMJ soutient-il?

    Cordialement

    XM

  5. logan2 a dit :

    Les pays de la future ex-UE doivent se mettre à l’abri du de l’unionisme constitué par l’idéologie dite de la « construction » européenne qui n’est qu’une autre expression pour le totalitarisme, même s’il est pensé comme une garantie pour la paix. C’est le système à parti unique transplanté dans le domaine international. La Grèce peut se libérer de ce despotisme en suivant une séquence : Défaut – Suspension des paiements – Audit – Nationalisation des Banques – Contrôle des Changes – Sortie de l’euro – Réindustrialisation

  6. Rosa a dit :

    Sont-ce par des demi-analyses et des demi-mesures que nous pourrions déjouer, au choix, le hold-up planétaire ou le coup d’État du même métal auquel nous assistons?
    Qu’est-ce en effet que le « capitalisme financier » sinon la suite logique du capitalisme tout court? Il ne servirait strictement à rien de combattre le premier sans remettre en cause le second et surtout le mettre à bas. Qu’est-ce aussi que cette « crise » qui n’affecterait que notre vieille Europe alors que le monde entier est la proie des mêmes prédateurs?…
    Enfin, serait-ce changer de modèle que de stimuler la demande pour relancer la croissance? Déjà faudrait-il considérer que la croissance soit un objectif viable.. Mais le problème ne se pose plus en ces termes, c’est la loi du marché qu’il s’agit d’abolir et, pour ce faire, rendre à la demande la priorité que l’offre lui a volé.
    RépondreCiter

    Gerard Blanchet a dit :

    novembre 7th, 2011 à 13 h 42 min

    Raoul,
    +1

  7. arzi78 a dit :

    @logan2 – Toutes les issues non violentes semblent hélas bouchées !
    Sauf vague d’indignation populaire se traduisant dans les urnes, (une hypothèse improbable, compte tenu du bipartisme imposé par la Constitution de la Vième, avec « inversion du calendrier »), les candidats qui ont une chance d’être élus en 2012 sont ceux qui nous ont conduits dans l’impasse financière et institutionnelle actuelle: le triste « concours de beauté » qui revient tous les 5 ans, (et maintient une illusion de démocratie…), leur interdit absolument de reconnaître leur erreur !
    En dehors de troubles sociaux, (ou d’une extension bienvenue de la colère des « Indignés »…), on ne voit pas ce qui pourrait enrayer, en 2012 ou plus tard, la machine infernale à répandre l’austérité et démolir les services publics… qu’est devenue, pour la plupart de ses États membres, l’UE !
    Depuis 3 ans, l’expérience est venue confirmer ce que plusieurs d’entre nous disaient, notamment en 2004 et 2005: l’Eurozone est une chimère, une construction in-viable à l’avenir cauchemardesque: un déficit commercial temporaire peut livrer un peuple au pillage et à l’austérité permanente… Cf. le propos de la droite allemande: « Si les Grecs ne peuvent pas rembourser, ils n’ont qu’à nous vendre quelques îles ! » (Ce que le régime nazi n’a pas réussi a faire, l’Euro in-viable du Traité de Lisbonne le réalisera-t-il ? « L’Anschluss ».. mais… par la finance casino ? !)
    Car enfin, au sein de l’Eurozone, les excédents des uns, sont forcement les déficits des autres ! (Il est absurde de dire « Regardez l’Allemagne ! »; il ne peut pas y avoir que des pays exportateurs !) Dans une nation véritable, la solidarité entre citoyens est un fait: on ne pille pas la Lozère parce qu’elle exporte moins que le Finistère !
    Comme la zone Euro ne possède aucune des caractéristiques d’une nation, une monnaie unique sans solidarité devient une… monnaie inique !
    Sans solidarité, les pays déficitaires, (dont la France), perdront forcement leur note AAA. Or, la solidarité ne se décrète pas ! L’Euro est donc une chimère, une monnaie aberrante, qui réserve aux pays du Sud, (privés de la possibilité de dévaluer pour rééquilibrer leurs échanges), un avenir cauchemardesque !
    Parmi les candidats républicains qui ont des chances réelles de participer au second tour, aucun n’est prêt à reconnaître que leur oeuvre est monstrueuse… cette UE injuste et anti-démocratique, amène des États souverains à gouverner seulement en fonction de la hantise de perdre la note AAA ! C’est le cas de la France, et sauf divine surprise, l’élection présidentielle n’y changera rien !
    Pour achever de nouer le drame… l’arrogante ignorance des « éditocrates », (d’Alexandre Adler a JM A(nti)phatie, sans oublier Patrick Cohen ou Thierry Guerrier), est une des causes de l’indigence du débat public (perverti par les enjeux associés à l’élection présidentielle).
Des questions vitales sont placées sous le statut de « questions Dracula », comme dit G. Filoche ! (Elles craignent la lumière…)
    Par exemple, qu’est-ce donc qui a transformé la note AAA en « arbitre de nos destinées » ? (un « Trésor national » dit même l’ineffable Alain Minc ! Tandis qu’Attali lui répond « C’est sur qu’on va la perdre »! Qui nous délivrera de ces FOQ tentant de faire oublier leur soutien a l’UE ?)
J’ai vécu plus de 40 ans, (dont une bonne partie des « 30 Glorieuses »), sans jamais entendre parler de la note AAA ! Qu’est-ce donc qui a changé ?
    Lors de la chute du Mur… le dogme monétariste a tout envahi: la financiarisation obligatoire de la dette publique, l’interdiction de sa monétisation (c a d des prêts directs de la BCE aux Trésors Publics), est devenu un élément central du désastreux compromis franco-allemand qui a ouvert la voie au Traité de Maastricht ! (cf Michel Rocard à la Rochelle, en sept 2008). Pour les 17 pays de l’Eurozone, le surcout lié au recours ainsi rendu obligatoire aux marchés financiers, se situe entre 150 et 200 milliards /an (dont un quart en France).
    Par ailleurs, C. Carrez, (le rapporteur UMP de la commission des Finances), évalue a 100 Milliards /an la perte de recettes fiscales depuis 2002… il est tragique de devoir subir la futilité du débat sur… les 500 millions /an que couterait l’embauche de 60 000 fonctionnaires, comme fut navrant celui sur les 200 millions que rapportera la… « taxe sur les riches » !
    Les Médias et les « instituts » de sondages, (des entreprises commerciales, en fait), donnent une place énorme à des événements futiles qui ne changeront rien à la situation de la majorité des Français, notamment les 8 millions et plus qui sont sous le seuil de pauvreté !
    Pendant qu’on discute en millions… (c à d. en millièmes… par rapport aux milliards engloutis par la crise !), des questions vitales comme :

    
i) la nécessaire augmentation massive des impôts des plus riches,

    
ii) cesser la démolition des services publics,

    
iii) lancer celle du système absurde et injuste que constituent la « construction » européenne, l’Euro et la financiarisation de la dette publique,
    sont et resteront hélas, les « questions Dracula » de cette campagne présidentielle! Comment éviter qu’elle ne soit aussi dérisoire, aussi insipide, et aussi trompeuse que les précédentes ?!

    http://assoculturelibre.wordpress.com/2011/05/07/etienne-chouard-10-raisons-de-sortir-de-lunion-europeenne
    /

  8. Mario DRAGHI, aujourd’hui nommé président de la BCE, hier président de Goldman Sachs, a largement contribué au maquillage des comptes de la Grèce | Résistance Inventerre a dit :

    […] arabe», n’est-il pas grand temps de sortir de notre torpeur ambiante pour nous joindre à l’appel de Mikis THEODORAKIS et Manolis GLEZOS ? Évaluez ceci : Partager :Plus"Aimer" ceci :"J'aime"Soyez le premier […]

  9. Julien S a dit :

    Sur un sujet connexe:

    Le gouverneur de la Banque de France a t-il convenablement rendu compte de la fragilité du sytème bancaire?

    Un dossier étoffé dans mon blog. Aperçu:

    Le PS réclame une commission d’enquête sur les «fautes et les errements» qui ont conduit au scandale de Dexia. (1) Ceci intervient au moment où l’Autorité Bancaire Européenne tranche en faveur de recapitaliser les banques, après des mois de tergiversations pendant lesquels le gouverneur de la Banque de France (BdF) s’est fait le spécialiste de (tenter) de rassurer les marchés sur la solidité des banques, et plus généralement de la zone euro, usant d’arguments dont la maladresse n’a pas échappé à certains médias anglo-saxons.

    Il y a des précédents.

    La raison de l’attachement des grands groupes bancaires au modèle de la banque universelle c’est que, conserver la banque de détail en leur sein, c’est une assurance tout risque. Comme c’est une fonction vitale de l’économie, l’état, et donc le contribuable, viendra les aider, quoiqu’il en coûte. Le sujet ayant fait réapparition suite aux réformes, outre-atlantique et outre-manche, Christian Noyer a récemment déclaré

    Je ne crois pas un instant que le Glass-Steagall Act soit un remède à la crise

    C’est une prise de position audacieuse, sur une question stratégique, tant elle contraste avec ce que nous tenions, avant qu’il ne s’exprime sur ce sujet, comme le consensus des grands banquiers centraux (Volcker, Mervin King)….

  10. Christian R-Gironde a dit :

    @CHAMP Roger

    Roger,

    J’espère vous amener au moins partiellement des éclairages sur vos questionnements, face à une situation effectivement très complexe pour quiconque, quelque soit sa place et son titre. Chacun-e porté par ses propres objectifs ou ambitions (dans ses diverses acceptions.)

    On ne peut qu’être bouleversé à la lecture de cet appel désespéré venant de ces hommes qui aux pires moments de l’histoire qui hante ces lignes grecque, surent rester debout On ne peut cependant que constater le contradictoire des propos. Si une certaine lucidité politiques sur les causes de la situation catastrophique, dramatique du peuple grec en ressort il s’y exprime aussi une grande naïveté sur les moyens de faire face. Ce n’est pas au sein du PASOK, membre de l’Internationale socialiste dont Papadréou est le président actuel ( !) que Mikis Théodorakis a pu réfléchir sur les turpides du capitalisme dont il semble enfin réaliser l’existence. Les incantations à une réaction européenne ne seront d’aucun effet. Les porteurs du programme du FdG, de la base au sommet, auraient grand intérêt à tirer enseignement du déroulement des évènements en Grèce depuis des mois. La nomination de ministres d’extrême droite n’en est pas le moindre. Ne voit-on pas ce qui se cache à peine, dans la création de divers courants au sein de l’UMP.

    On ne pas sauver l’Europe, plus exactement UE contre elle-même comme le sous entend l’appel. L’UE équivalent de l’OMC, du FMI de la Banque mondiale et si nécessaire de l’OTAN, sur notre continent (N’en déplaise aux fédéralistes de gauche de gauche) à pour but d’accélérer la mondialisation. L’UE n’est pas transformable ! Sinon en pire.
    Nous l’avons assez dit et écrit en 2005 dans la lutte contre le TCE qu’il s’agissait pour les dirigeants du monde capitaliste, donc USA inclus, de graver dans le marbre l’impossibilité de remettre en cause l’économie capitaliste, le terme de constitutionnel n’était pas dû au hasard. La forfaiture de Sarkozy – aidé par le PS – et accepté in fine par toute la gauche de gauche à permis au Conseil européen de réussir de fait son objectif. Ce qui rend à cette heure le programme du Front de Gauche inapplicable légalement.
    Il est encore temps d’y faire face, de le compléter avec un peu de courage politique, en choisissant de mener un combat politique et idéologique de grande ampleur qui nécessite un soutien actif du peuple. Les assemblées de thuriféraires sont ô combien insuffisantes, tout comme un audit citoyen. Il devient urgent de prendre en considération la sortie de l’euro, les évènements imposent des priorités, que fera le FdG le jour où ce dernier va imploser.

    « Qu’ils s’en aillent » écrivaient le futur candidat du FdG mais le feront-ils s’en que nous les poussions très vivement à l’extérieur. A l’UE et à ses jumeaux FMI, OMC…qui assurent le protectionnisme du profit et du néolibéralisme financier mondialisé il faut opposer des principes de coopération non seulement mutuellement avantageux avec tous pays mais aussi conditionné ces échanges à des principes tels par exemple le respect des droits humains, des droits à l’éducation, à la santé, des droits de l’homme au travail, au respect de l’environnement…des échanges fondés sur des solidarités internationales point d’entrée dans des luttes communes, qui ne peuvent se circonscrire aux frontière des 27.

    Le protectionnisme comme la langue d’Esope peut être le pire et la meilleur des choses. Pour nous gens de la gauche véritable il s’agit de faire ressortir sa possible dimension universaliste.

    « Un peu d’internationalisme éloigne de la patrie, beaucoup y ramène » Jean Jaurès.

  11. RV a dit :

    Ce qui rend à cette heure le programme du Front de Gauche inapplicable légalement.

    et

    Il devient urgent de prendre en considération la sortie de l’euro, les évènements imposent des priorités, que fera le FdG le jour où ce dernier va imploser.

    Questions légitimes !
    Quelques éléments de réponse dans le dernier livre de Jacques Généreux « Nous on peut ! »

    Oui, un pays peut s’affranchir du carcan néolibéral imposé par les traités européens, mais sans rejeter en bloc les acquis de cinquante ans
    de construction européenne ! En invoquant le Compromis de Luxembourg2, en réformant si nécessaire sa Constitution, en modifiant les statuts de sa banque centrale nationale, un pays peut, dans un cadre légal, bénéficier d’une exception à l’application d’une poignée de
    règles européennes et reprendre ainsi toutes les marges de manœuvre nécessaires, sans pour autant sortir de l’UE. Et quand un seul pays
    aura fait la démonstration que l’on peut changer radicalement de politique tout en restant dans l’Union, montré que l’on peut garder l’euro
    tout en brisant la spéculation au lieu de s’y soumettre, alors sera abattue l’ultime illusion qui retient encore les peuples d’exiger que les
    gouvernements fassent ce qu’ils prétendent ne pas pouvoir faire.

  12. gilles a dit :

    @RV

    À cette époque, Jacques Généreux s’illusionnait sur la « construction » européenne, d’une part, pouvait-il citer un seul acquis de cette « construction » soit-disant européenne qui convenaient aux personnes qui travaillent et qui n’aurait pas pu être obtenu d’une autre manière. D’autre part, il est devenu irresponsable de laisser cette « construction » dégoupillée et susceptible d’exploser à tout moment de manière incontrôlée et dangereuse sans la désamorcer et la démanteler de manière pacifique en rendant leurs libertés aux peuples. En premier en rendant la liberté de dévaluer au peuple grec et à tous les autres ensuite. La liberté, c’est la capacité de se fixer collectivement les règles que l’on choisit de s’appliquer. On ne pas dire que cela soit le principe cardinal du projet auquel nous sommes soumis, à défaut d’être consultés. La réalité qui se dévoile sur le projet de « construction » européenne a rendu caduque l’ancien projet de Généreux. Voir par exemple l’article suivant de l’agence Reuters qui exprime crûment l’aspect de sélection darwinienne du projet de monnaie unique :

    BRUXELLES (Reuters) par Julien Toyer L’euro est un projet « darwinien » au sein duquel ne peuvent survivre que les pays les plus forts et ses membres ayant une note « triple A » doivent se voir donner une voix prépondérante face aux autres, a estimé jeudi le ministre finlandais des Affaires européennes, Alexander Stubb.
    Ces déclarations interviennent alors qu’après la Grèce, l’Irlande, le Portugal, l’Espagne et l’Italie, c’est maintenant au tour des pays du coeur de la zone euro d’être placés sous une intense pression des marchés, laissant planer le doute sur le futur de la monnaie unique.
    La semaine dernière, plusieurs sources de haut rang avaient dit à Reuters que la France et l’Allemagne travaillaient à une redéfinition radicale de la zone euro autour d’un noyau fédéral constitué de pays désireux d’intégrer leurs politiques fiscales et économiques, quitte à laisser les récalcitrants au bord du chemin.
    « Pour moi, l’euro est un système darwinien. C’est la survie du plus fort et les marchés se chargent de cela et je pense que c’est le meilleur moyen de maintenir la pression », a dit Alexander Stubb lors d’une interview à Reuters.
    « Vous pouvez toujours parler d’un noyau dur politique mais pour être honnête, c’est du vent. Le vrai noyau dur c’est celui formé par les pays qui ont une note triple A et font partie de l’euro (…) Je pense que ces pays devraient, sans aller jusqu’à dicter les règles, tout du moins avoir une voix prépondérante », a-t-il ajouté.

    COOPÉRATION RENFORCÉE

    « Je ne dis pas que les marchés sont parfaits mais je dis que nous avons besoin d’une combinaison de règles de marchés et de règles politiques », a encore fait valoir l’ancien ministre finlandais des Affaires étrangères et spécialiste des questions liées à la construction européenne et à la création de l’euro.
    Interrogé sur la forme juridique que pourrait prendre cette euro zone recentrée sur ses membres les plus solides, il a jugé que le meilleur moyen d’y parvenir était d’avoir recours à une « coopération renforcée » – c’est à dire la possibilité offerte par le traité de Lisbonne à quelques Etats membres d’avancer dans l’intégration sans attendre le feu vert des Vingt-Sept.
    Cette possibilité, déjà évoquée par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel dans les coulisses des sommets européens de juillet et octobre, permettrait d’éviter de plonger l’Union européenne dans une longue introspection sur son futur, qui plus est soumise à la ratification de chacun des Etats membres, estime-t-il.
    « Les deux critères en seraient être un pays triple A et respecter les critères de l’Union économique et monétaire. Et si nous ne pouvons pas réunir neuf pays (le minimum requis pour cette coopération renforcée, ndlr), alors il doit y avoir un programme clair pour les pays ne remplissant pas les critères sur la manière dont ils y parviendront », dit-il.
    Julien Toyer et Luke Baker, édité par Benoît Van Overstraeten

    © Thomson Reuters 2011 Tous droits réservés.

    http://fr.reuters.com/article/businessNews/idFRPAE7AG0EK20111117?sp=true

    Je suis sûr que Jacques Généreux veut continuer à se rendre utile et qu’il va redéfinir son projet.

  13. gilles a dit :

    Je suis sûr que Jacques Généreux veut continuer à se rendre utile et qu’il va redéfinir son projet.

  14. Robert Joumard a dit :

    Bonjour,

    Le texte complet (et pas seulement cet extrait publié ici et contenant des erreurs de traduction) est très intéressant. La traduction française du texte complet est accessible sous
    http://local.attac.org/rhone/article.php3?id_article=1623
    ainsi que les adresses de la version originale en grec et de la version en allemand.

    Cordialement

  15. Christian R-Gironde a dit :

    @RV

    Depuis le G20 surtout, presque chaque jour nous observons (que faire d’autre ?) une nouvelle étape de l’affrontement non Merkel/Sarkozy mais Allemagne/la France qui tend à devenir Allemagne/ autres pays de l’UE. Ce qui depuis peu est devenu public est loin d’être une nouveauté. Dés l’origine certains à gauche et à droite, fort d’une analyse d’économie politique serrée ont condamné la monnaie unique et « prédit » la situation présente suivi de l’éclatement de la zone euro. Il faut par conséquent être aujourd’hui chaussé des lunettes roses d’un fédéralisme inébranlable en toutes circonstances, pour considérer que la question européenne ne mérite qu’un traitement relativement superficiel dans un programme gouvernemental de gauche:le « Programme populaire et partagé » Il n’y en aura pas d’autre à G.

    Selon Jacques Généreux il suffirait pour faire place à ce programme face à l’UE d’invoquer « le Compromis de Luxembourg2, en réformant si nécessaire sa Constitution en modifiant les statuts de sa banque centrale nationale. ». Faisons un effort, un gros, imaginons qu’en 2012, nous y sommes au pouvoir pour appliquer un programme radicalement de gauche, dans cette UE dont 26 des 27 pays sont gouvernés par des adeptes du capitalisme financier mondialisé. Pour réviser la Constitution il est exigé devant le Conseil de réunir 62 voix sur 87, la majorité de blocage étant à 26 et si au préalable des Etats ont exprimé leur intention de s’opposer il faut alors obtenir…65 voix. Et la France de combien de voix dispose-t-elle ? De dix comme l’Allemagne, l’Italie, le RU. Quant aux autres ils pèsent : Espagne 8/ Belgique, Grèce, Portugal, Pays-Bas5 / Autriche, Suède 4 / Danemark, Finlande, Irlande 3 / Luxembourg 2.

    La lecture d’un livre politique doit s’accompagner d’une volonté critique a fortiori lorsqu’il à un but électoral, il doit inciter à développer son esprit critique, au risque de tomber dans la position du croyant. Ils furent des millions à croire en 1981. Aujourd’hui à gauche (bien sûr) certains préconisé la sortie de l’euro, la désobéissance effective, à l’UE, prendre en considération ces écrits, les propositions faites renforceraient sans nul doute les moyens d’une avancée électorale significative du FdG.

  16. Christian R-Gironde a dit :

    @Robert Joumard

    La lecture de l’intégralité de l’appel des 11 personnalités grecques dont Mikis Théodorakis et Manolis Glezos confirme le résumé à l’origine de nos échanges. Il me conforte sur ce que j’écrivais le 12/11 (intervent° n° 8) : « s’y exprime aussi une grande naïveté sur les moyens de faire face. » Comment alors ce donner les moyens de la résistance si l’analyse des stratégies de l’ennemi- de classe- manque de pertinence ? Dénoncer « l’Internationale de l’Argent », « l’Empire de l’Argent » ou affirmer « En 2008, les banques privées géantes de Wall Street ont forcé les États et les banques centrales à les sortir de la crise qu’elles avaient elles-mêmes créée, en faisant payer aux contribuables le coût de leur fraude gigantesque, comme leurs prêts immobiliers, mais aussi le coût opérationnel du capitalisme casino dérégulé imposé au cours des vingt dernières années. Ils transformèrent leur propre crise en une crise de la dette publique » offre peut de prise pour définir des objectifs de luttes transformatrices.
    L’analyse est courte. Hors les responsables des misères qui gagnent les population de l’UE existent ! Ce sont les pouvoirs politiques depuis 30 ans.

    Pour réussir la mondialisation financière réclamée, exigée par les firmes multinationales (les banques sont des relais), il a fallu créer des institutions multilatérales adéquates : OMC, FMI, Banque mondiale, OTAN, OCDE et UE. Qui s’en est chargé ? Les seuls qui pouvaient le faire, les Etats et leur gouvernement de droite ou sociaux démocrates. En France c’est en juillet 1984, à la fin de la troisième année de sa présidence que F. Mitterrand charge L. Fabuis de mettre en route le processus de cette politique hyper réactionnaire déjà en route avec Reagan et Thatcher récemment élus. Mais il fallait aussi endormir les peuples, leurs faire accroire que tous leurs malheurs sont inévitables, na-tu-rels, rien de mieux que l’intoxication pour cela. Il s’en suivra une main mise sur les grands médias. Des financiers avec l’aide des pouvoirs publics deviendront patrons de presse écrite et télévisuelle. Une indispensable nécessité pour ce moins de 1% de la population qui n’a pour objectif que d’avoir le salariat à sa botte, des pays pauvres mater.

    L’enjeu de 2012 est énorme, il impose de faire des propositions à hauteur de l’enjeu historique présent. Ce serait la meilleure réponse à cet appel venant de Grèce. En Amérique latine nombre de pays, l’un après l’autre pratiquent de vrais politiques de gauche. Pourquoi ont-ils réussi ?

  17. Christian R-Gironde a dit :

    @Christian R-Gironde

    IMPENSABLE MAIS CE VISAGE RADIEUX N’EXPRIME PAS UNE SATISFACTION
    QUI SERAIT BIEN MALVENUE.

    C’ JUSTE LA TRANSFORMATION DE SIGNES QUI SE SUIVAIENT
    à savoir le chiffre 8 , la parenthèse ) puis les deux points :
    Leçon à retenir.

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