22 Août 2012

Pour toutes celles et tous ceux qui veulent une gauche de gauche parce qu’ils sont convaincus que le PS ne porte plus la volonté de transformation démocratique et sociale de la gauche, parce qu’ils ont vérifié que le capitalisme est responsable à la fois de l’exploitation des humains et de la planète et que le capitalisme vert proposé par Europe-Ecologie-les Verts est une immense tromperie, le Front de Gauche, avec son projet de société « L’Humain d’abord », offre de multiples entrées pour un engagement fécond.

En effet, l’originalité de ce rassemblement inédit est de donner à chacune et chacun la possibilité de s’intégrer dans la structure de son choix, selon sa sensibilité, ses références, sa propre histoire. Le Front de Gauche rassemble aujourd’hui le Parti de Gauche, le PCF, la Gauche unitaire, Convergence et Alternatives, le Parti Communiste des Ouvriers de France, la Fédération pour une alternative sociale et écologique (FASE), République et socialisme, la Convention pour une alternative progressiste, la Gauche anticapitaliste.

C’est de cette diversité rassemblée sur une même analyse des méfaits du capitalisme et des dangers majeurs dont il est porteur pour l’avenir même de l’humanité que le Front de Gauche puise sa force. Dans chacune de ses composantes, on trouve des militant(e)s de qualité, dont le projet n’est pas de « faire carrière » en politique, mais de porter l’engagement politique comme une mission au service de l’intérêt général, c’est-à-dire comme une mission au service de la République.

J’ai fait, il y a deux mois, le choix d’adhérer au Parti de Gauche. Depuis, plusieurs m’ont demandé : pourquoi cette structure-là plutôt qu’une autre au sein du Front de Gauche ? Je vais m’efforcer de répondre et je ne peux le faire qu’en inscrivant mon choix dans l’itinéraire politique qui est le mien.

D’abord, parce que le Front de Gauche, c’est une idée lancée par le Parti de Gauche. Pour  celles et ceux qui, comme moi, après la victoire du non de gauche contre le traité constitutionnel européen, ont tenté, en particulier tout au long de l’année 2006, de donner un prolongement à cette formidable mobilisation citoyenne par la désignation d’une candidature unique de la gauche de gauche, l’échec d’alors est dépassé et surmonté non pas, comme je l’avais cru en 2008 par le NPA, mais par la création du Front de Gauche. Dans la tentative de rassemblement, celui-ci a réussi là où le NPA a échoué. Mon adhésion aujourd’hui vaut aussi reconnaissance de mes erreurs d’analyse de 2008.

J’avais eu, pendant la campagne contre le TCE et aussi lors du Forum social européen d’Athènes, l’occasion de m’entretenir avec Jean-Luc Mélenchon. J’avais constaté que je  partageais la même adhésion profonde, quasi génétique, à quelque chose de fort, qui nous vient de loin : les aspirations des meilleurs des républicains romains, les valeurs des Lumières, la geste révolutionnaire de 1789-1793, la Commune de Paris, le combat laïc, bref une adhésion à tout ce qui ne cède pas au cours des choses. Une même passion pour ces femmes et ces hommes qui se lèvent devant l’intolérable et s’insurgent. Comme Mélenchon, je me nourris de Jaurès. Et l’histoire du mouvement ouvrier, telle qu’elle fut vécue par les miens au cours des deux siècles passés, m’a enseigné que rien, dans l’amélioration de la condition humaine, n’a été donné, que tout a du être toujours arraché aux possédants. Pas un franc de salaire en plus, pas une heure de travail en moins qui n’aient été l’objet de luttes âpres, longues, marquées de revers. Tout naturellement, après que Jean-Luc Mélenchon ait quitté le PS pour créer la Parti de Gauche et le Front de Gauche et que j’aie tiré les leçons de l’échec du NPA aux européennes de 2009, mon désir a été de me retrouver aux côtés de celles et ceux avec lesquels je partage l’essentiel.

Je dois à mon passage au NPA d’avoir, grâce aux écrits de François Chesnais et de Michaël Lowry, découvert la synthèse que je recherchais depuis le début de mon engagement, fin des années quatre-vingt-dix, dans ce qu’on appelé les combats altermondialistes : comment concilier progrès social au Nord, mais aussi au Sud et défense du patrimoine écologique ? Cette synthèse porte un nom qui ne plaît pas à tous, mais qui a le mérite d’exister : écosocialisme.  Le Parti de Gauche a intégré cette synthèse dans son projet. Dans le chapitre IV de son livre L’autre Gauche, Mélenchon rappelle cette phrase de Marx qui rejoint d’autres que m’avait citées François Chesnais : « L’histoire peut être examinée sous deux aspects. On peut la scinder en histoire de la nature et histoire des hommes. Les deux aspects cependant ne sont pas séparables ; aussi longtemps qu’existent des hommes, leur histoire et celle de la nature se conditionne réciproquement. » J’ai adhéré au Parti de Gauche aussi parce que son co-président a écrit : « la crise sociale doit être réglée d’après les exigences que met en scène la crise écologique (…) avec toutes les conséquences que cela implique. Notamment le devoir d’examiner tout ce qui dans la crise sociale ne serait qu’une revendication liée à la nature productiviste du système et dont la satisfaction revient à en prolonger les effets désastreux. » La proposition de planification écologique, avancée par le PG et qui fait désormais partie intégrante du programme du Front de Gauche, organise la transition démocratique, techniquement et socialement maîtrisée,  du système productiviste actuel vers un autre modèle compatible avec la préservation de l’écosystème, la satisfaction des besoins sociaux et l’exigence démocratique.

Après les transformations des Verts et leur alignement sur le PS, qui pourrait contester qu’aujourd’hui le PG soit le plus déterminé, le plus crédible et le plus en capacité de peser sur les grands dossiers de l’écologie : le nucléaire, le productivisme, les atteintes massives à la biodiversité, la biopiraterie, les nuisances de l’agro-business ?

La France sous la Ve République est loin, très loin d’être un modèle de démocratie avancée. La présidentialisation du système politique français n’est pas un gage de modernité. C’est au contraire une forme de restauration monarchique où, aux côtés d’un président tout puissant, maires, présidents de conseils généraux, présidents de régions tiennent lieu de petits ou de grands féodaux. Il faut changer cette Ve République et instaurer enfin la République, démocratique, sociale et écologique.  Pour y renforcer les pouvoirs du peuple et sa capacité de contrôle, pour consolider et multiplier les contre-pouvoirs, pour mettre fin aux multiples privilèges qui renforcent les inégalités, pour garantir l’Etat de droit. La République, ce ne sont pas seulement des libertés individuelles. C’est aussi l’affirmation de droits collectifs et sociaux. La République, c’est le primat de l’intérêt général défini par le peuple et non par les lobbies. Nous avons besoin d’une assemblée constituante pour instaurer une VIe République. C’est une priorité du Parti de Gauche.

J’ai adhéré au Parti de Gauche parce qu’il proclame qu’il n’est pas une fin en soi, mais un outil temporaire qui doit demeurer capable de se dépasser, de se transformer, de s’ouvrir, de se refonder pour répondre aux défis qui se présentent. Au PG, il n’y a pas de personnes rémunérées en capacité d’imposer le statu quo qui convient à leur situation personnelle. Les dangers d’un conservatisme interne sont écartés par l’exigence du volontariat. La volonté d’ouverture est constante.

Parce que les militants du PG sont des internationalistes, ce sont aussi des partisans d’une union des peuples d’Europe. Au service des peuples et non à la botte du monde des affaires et de la finance. Ni repli nationaliste, ni rejet du projet européen, mais refondation de ce projet sur des bases démocratiques, sociales et écologiques. Ce qui réclame une intense mobilisation contre les traités et les politiques en cours qui sont le fait des libéraux de droite et de gauche. Ce positionnement du PG sur la question européenne correspond parfaitement à ma démarche telle que j’ai eu l’occasion de la présenter dans mes écrits.

Même si d’autres raisons encore justifient mon adhésion, je voudrais terminer par celle-ci qui est sans doute conjoncturelle, mais qui me semble de toute première importance pour la suite de la démarche amorcée par le Front de Gauche. Le PG propose comme stratégie pour les années qui viennent ce qu’il appelle « l’autonomie conquérante ». Il s’agit à mes yeux d’un processus politique qui nous prémunit des dérives et des déceptions et qui ouvre un chemin pour l’avenir. Explicitons chacun des termes. Autonomie signifie que le Parti de Gauche ne s’engage sur rien qui pourrait se traduire par un reniement de tout ou parie du projet qui le lie désormais à celles et ceux qui ont fait confiance à son candidat et qui porte un nom « L’Humain d’abord ». Le PG ne se détermine non pas en fonction d’automatismes de majorité ou d’opposition, mais par rapport à son propre projet. Il appuiera toutes les propositions qui vont dans le sens de son projet. Il rejettera toutes les autres. De même, il ne s’alliera pas avec des forces politiques qui ne sont pas disposées à mettre son projet en œuvre. Conquérante signifie qu’en adoptant une telle attitude, le contrat passé avec l’électeur prend tout son sens. Il justifie la confiance et nourrit par la même la dynamique populaire qui conduit à une majorité alternative.

Telles sont les raisons qui m’ont fait choisir le Parti de Gauche.

Raoul Marc Jennar

 

 

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27 Réponses pour “Pourquoi le Parti de Gauche”

  1. samy durand a dit :

    merci pour ce texte qui donne envie de s’engager un peu plus
    Je vais le faire connaitre

  2. Boyer a dit :

    Oui, je comprends bien les raisons de ton engagement dans le PG, elles sont proches des miennes. Cependant, j’aimerais pouvoir oeuvrer avec le Front de gauche sans m’encarter, juste faire partie du mouvement et agir avec lui dans la mesure de mes moyens. Quand pourrons-nous le faire ?

  3. rico a dit :

    Je m’émerveille de voir à quel point ils (le gens du PS) nous bernent à chaque moment de l’Histoire où ils se présentent devant le peuple, lorsqu’on en a marre de la droite.
    N’étant pas un gamin , je comptabilise chacune de leurs trahisons historiques depuis 1958 ,et je trouve que ça commence à faire beaucoup depuis Guy Mollet(allez sur Wikileaks, les plus jeunes).
    Ils sont fatigants à force de nous jouer toujours la même musique….et nous, nous dansons!
    ( Bon , non ,moi ,je ne sais pas danser !)

  4. joseph lamer a dit :

    Les trahisons du PCF sont aussi nombreuses que celles du PS.
    RMJ reconnait que Lowy et Chesnais (ainsi que d’autres) ont fournit une élaboration marxiste pour les temps qui viennent. Mais je ne retrouve pas cela dans le PG qui reste « étatiste »

  5. Martine la Girondine a dit :

    D’accord avec Joseph Lamer sur ton « silence » à propos du rôle ( très néfaste à mon sens ) du PCF dans le Front de Gauche…Je crains fort ( mais j’espère me tromper ) que le PCF ne « réussisse » à détruire tout ce qui fait que le Front de Gauche emporte la sympathie populaire…Et, pour commencer, par exemple, le PCF s’oppose à une adhésion directe au Front de Gauche, adhésion directe qui serait un très bon moyen de l’élargir à des gens ( nombreux : j’en connais plein pour ma part ) qui entreraient bien au Front de Gauche mais refusent net de « s’encarter » quelque part ( beaucoup sont des « chats échaudés » )…Tu ne dis rien du rôle absolument catastrophique, dans certains départements, du PCF qui s’approprie le Front de Gauche, comme si celui ci ne comportait QUE le PCF et PAS les autres composantes, qui écarte les autres composantes en ne les prévenant même pas des réunions du « FRONT »(?) de gauche , en le réduisant à la seule présence des membres du PCF, ce rôle là, tu n’en parles pas…pourtant c’est meurtrier pour l’existence même du Front de Gauche, dont beaucoup de « gens ordinaires » se détournent maintenant ( depuis les législatives : puisque le deal c’était : »OK pour Mélenchon candidat à la présidentielle, mais 80% des « postes » seront attribués au PCF aux législatives » Donc, éviction systématique des « autres » dès les législatives…d’où beaucoup de désintérêt populaire pour le Front de Gauche.
    A mon avis le PCF fera au Front de Gauche, ce qu’il s’est fait à lui même : le réduire à une peau de chagrin !
    Je suis pessimiste ? Hé bien j’espère que je le suis , que ce que je dis là ne se vérifiera pas et que, dans 2 ans tu ne diras pas « je me suis trompé pour le PG comme je m’étais trompé pour le NPA »…
    Moi, à la FASE, je milite pour la possibilité d’adhésions directes au Front de Gauche ( quitte à dissoudre TOUTES les composantes : mais crois tu que le PCF acceptera de se dissoudre ? non, bien sûr, puisque pour le PCF, le Front de gauche est la béquille qui – espère-t il – va le rendre de nouveau hégémonique ! lui restituer sa gloire passée ) Pour le PCF, le Front de Gauche n’est pas un outil politique pour le peuple mais un outil de reconstruction de sa boutique…

  6. obermeyer a dit :

    récemment engagé en politique , je suis adhérent au pg depuis le début de l’année . pour les même raisons que raoul , pour le programme l’humain d’abord qui fait consensus entre les composantes du fdg (et je l’avoue , séduit par le charisme de mélenchon ) . j’ai tracté , participé à des assemblées citoyennes où quasi tous étaient pcf ; j’y ai vraiment senti une solidarité militante . je crois que les militants n’ont que faire des querelles de clochers ou d’étiquettes , maintenant qu’ils ont une boite à outils leur permettant une réelle transformation de la société . que le front ne soit pas un parti ne me pose aucun problème . l’important c’est la base , le nombre de sympathisants , militants , encartés ou non à une des composantes , des gens informés qui peuvent convaincre sur notre programme et sont prêts à la lutte . la dynamique reste vive , l’avenir nous donnera raison . ne nous divisons pas et ne lâchons rien !
    vive la 6e république !!!

  7. Nicolas G30 a dit :

    @Martine la Girondine – Bien sûr certains du PC peuvent encore penser cela, mais je crois qu’ils sont une minorité, et beaucoup ont changé d’avis au vue de la dynamique du Front de Gauche et celle de son candidat. Il y a eu des maladresses locales aux législatives, certes, mais dans certain endroit seul le PC portait le flambeau, et sans eux nous n’aurions pas fait une si bonne campagne de terrain . les 80% ont fait l’objet de négociations difficiles, et c’était le prix à payer pour lancer cette dynamique. Il ne faut pas le regretter , grâce à cela on a battu la droite. Au FDG local, on travaille ensemble pour le programme l’humain d’abord, je partage entièrement les raisons d’adhésion au PG de Raoul Marc, je m’y retrouve pleinement. Je ne pense pas que faire du Front de Gauche une seule
    entité soit productif, la diversité de ces composantes est une richesse , chacun peut y apporter une part de vérité pour la réussite de l’Humain d’Abord, à nous de le transformer pour cela. Pour ceux qui ne veulent pas s’encarter dans un parti, il faudra trouver comment ils peuvent s’intégrer au front de gauche et y apporter leur dynamique. Il en sera question aux Estivales du PG et FdG.

  8. Raoul Marc Jennar a dit :

    @Martine la Girondine – Chère Martine,

    Je comprends tes observations et comme tu n’ignores pas les combats que j’ai menés pour une candidature unitaire en 2006 et les manipulations que j’ai dénoncées alors, je suis certains que tu sais très bien ce que je partage avec toi.

    Je voudrais néanmoins mettre les choses au point par rapport aux réactions que suscitent les explications de mon choix.

    a) J’ai décidé d’adhérer au Parti de Gauche et c’est ce choix-là, précis, que j’explique. Rien d’autre. Le procès classique de ceux qui sont contre tout ce qui est pour et pour tout ce qui est contre et qui consiste à reprocher les sujets qui ne sont pas abordés me laisse indifférent.

    b) Je considère que le Front de Gauche est la seule option efficace à la gauche du PS, l’alternative étant l’éparpillement sans aucune influence sur le cours des choses. Je sais que cet émiettement fait les délices des doctrinaires et des idéologues. Mais à quoi ont abouti LO et la LCR/NPA, après des dizaines d’années ? A rien. Strictement rien. Sinon à gaspiller en vain des énergies.

    c) je suis le premier à reconnaître les faiblesses du Front de Gauche et au premier chef le déséquilibre entre ses composantes. Un peu d’honnêteté intellectuelle devrait d’ailleurs permettre de reconnaître que dans mon analyse de l’échec du Front de Gauche aux législatives, publiées ici-même le 13 juin, je fournissais une deuxième explication dans laquelle j’indiquais que « les électeurs ont vu davantage le parti politique dont est issu(e) le ou la candidate et ils ont voté en fonction de la représentation qu’ils s’en font. » Ce qui signifiait clairement que des millions de femmes et d’hommes qui ont voté Mélenchon au premier tour de l’élection présidentielle ne sont pas prêts à voter pour un(e) candidat(e) du Front de Gauche lorsqu’il/elle appartient au PCF. Je suis donc tout à fait conscient du rejet que suscite le PCF chez un grand nombre de gens qui n’ont pas oublié ce que fut le communisme réellement existant là où il a gouverné, qui sont hostiles au productivisme, au nucléaire et aux pratiques hégémoniques qui sont presque des maladies génétiques des partis politiques.

    d) Ma démarche s’explique parce que j’ai tiré 2 conclusions :

    1) il n’y aura pas effacement des composantes du Front de Gauche pour créer un seul parti. Le PCF n’acceptera jamais de se dissoudre. On peut le regretter, mais c’est un fait. Et je me demande d’ailleurs si une fédération de la gauche anticapitaliste capable de se rassembler sur un programme commun, ce n’est pas mieux qu’un seul parti. Ma culture privilégie la pluralité contre l’unicité. Il me semble préférable que puissent s’affirmer dans ce rassemblement, sans concessions inacceptables, des gens dont la culture et l’histoire les font venir d’horizons aussi différents par exemple que les communistes et les décroissants.
    2) je considère que l’adhésion individuelle dont je comprends l’attrait chez des gens qui n’ont plus confiance dans la formule parti, ne modifie pas les rapports internes au FdG, sauf à constituer au sein du FdG un mouvement des sans parti, ce qui revient à créer un parti. Pourquoi un de plus, alors qu’il y a déjà un choix très large ? Sauf à satisfaire ceux qui ont envie d’être dans les structures de décision d’un parti ou du FdG. Ce n’est pas mon cas.

    e) La lucidité ne doit pas empêcher la cohérence. Si je considère que le Front de Gauche est nécessaire et utile et si je garde à l’esprit ce qui précède, qu’est-ce que je fais : je renforce une autre des composantes du FdG. Et je le fais de manière positive et non en commençant par tirer à boulets rouges sur un des partenaires de ce Front.

    Voilà chère Martine, ce que je souhaite répondre aux diverses critiques adressées à un texte dont l’objet n’était pas le Front de Gauche, mais les raisons de mon adhésion au Parti de Gauche.

    Bien cordialement,
    Raoul

  9. obermeyer a dit :

    nouveau venu en politique , j’ai adhéré au pg depuis le début d’année. pour les même raisons que raoul , pour le programme l’humain d’abord , et aussi je l’avoue , séduit par le charisme de mélenchon . j’ai tracté , participé aux assemblées citoyennes du fdg où le pc était en situation de monopole . j’ai senti une réelle solidarité militante entre nous . la base , les militants n’ont que faire des querelles de clocher ou d’étiquette .
    que le front de gauche ne soit pas un parti ne me pose aucun problème . l’important c’est le but recherché , une transformation en profondeur de la société et de ses rouages , à travers notre programme . qu’on soit sympathisant , militant , adhérent , nous allons dans la même direction , informés , en conscience et convaincants .
    le futur nous donnera raison . restons unis et ne lâchons rien !
    vive la 6e république !!!

  10. philippe 30 a dit :

    Merci Raoul, j’apprécie l’honnéteté de ta démarche et de tes commentaires. J’ai une expérience approfondie du FG au niveau local dans le gard, puisque nous avons mené ensemble avec le PC, beaucoup de « non encartés » quelques PG… la campagne des Présidentielles et des Législatives pendant 9 mois et de façon quasi quotidienne. Nous avons vécu un véritable processus d’intégration politique que nous poursuivons et qui n’empêche pas chaque parti de se développer et encore moins chaque « non encarté » d’être totalement partie prenante. Je partage ton sentiment sur l’adhésion directe au FG qui est une fausse bonne idée au travers des initiatives, des AG, du comité de circonscription. S’il y a des défauts, des divergences, des tensions de personnes elles sont également réparties et traversent toutes les formations poltitiques. Voyons plutôt les qualités des uns et des autres. S’agissant du PC, rien n’aurai été possible sans son engagement (l’échec de 2007 à porté ses fruits). Cela dit, le véritable enjeu c’est que le FG décolle vraiment en terme de capacité politique et de mobilisation sur le terrain. Nous avons besoin de tout le monde, tout de suite, avec tout son potentiel!

  11. Bourgeois Jean a dit :

    Bravo à toutes et à tous pour vos commentaires avisés,
    particulièrement à Raoul pour sa capacité d’évolution au-delà de toute partitocratie.

    J’espère que le parti de gauche mis en route en Wallonie par Bernard Wesphaël rejoindra dès que possible le Front de Gauche à dimension Européenne.

    Amitiés

  12. Pons Georges a dit :

    Bon ! Libre à RMJ de choisir un nouveau bercail et de nous expliquer, non sans emphase et avec une touche d’auto-suffisance les raisons de ce choix.
    Voir en 7 a) ce vénérable : « Le procès classique de ceux qui sont contre tout ce qui est pour et pour tout ce qui est contre et qui consiste à reprocher les sujets qui ne sont pas abordés me laisse indifférent. » Un tantinet manichéen, mais les grands esprits peuvent se le permettre.
    Jean Bourgeois prête à RMJ une belle capacité d’évolution. J’ai relu le texte par lequel RMJ expliquait six ans plus tôt pourquoi il fallait encourager la création du NPA et y adhérer en masse, texte qui n’est d’ailleurs pas étranger à mon propre engagement dans ce parti. Sauf qu’Il le quittait moins de deux ans après y avoir adhéré. Errare humanum est, mais qu’on nous permette alors de ne pas prendre pour parole d’évangile des sentiments que j’aurais pu exposer avec sans doute moins de talent mais autant d’enthousiasme républicain, communard et qui plus est, écosocialiste. Affirmer que le PCF refusera de se dissoudre dans le FdG comme la LCR l’avait fait pour tenter de construire cette gauche de gauche est une évidence.
    Espérer que le FdG et sa mosaïque d’insatisfaits puissent s’en débarrasser, éliminant ainsi ce toujours possible trait d’union avec le PS, bien qu’il ait momentanément laissé sa place à EELV, admettons que c’est une autre histoire. Quand je vois mes camarades du NPA, troisième vague, le quitter pour rejoindre le FdG au motif que, de l’intérieur, ils exerceront sur cette vague fédération une contamination positive, je les trouve un peu rêveurs. Raoul devrait aussi se souvenir qu’il a espéré influencer le NPA, sans succès.
    En politique, pour l’instant tout au moins, on voit bien qu’il y a des pros et des amateurs. Mélenchon est un pro, à n’en pas douter, et l’on peut toujours se mettre à son école, à condition de ne pas s’attarder sur les antécédents.
    Mais la « formule parti », comme dit Raoul, n’est pas encore morte, la preuve: l’alternance UMP/PS fonctionne encore très bien et le centre est mort. J’admets volontiers que le NPA n’a pas réussi son projet, une autre expérience d’ « autonomie conquérante », après tout, mais peut-être eut-il fallu lui laisser un peu de temps avant de lui tourner le dos.

  13. Mann Odile a dit :

    Lu avec intérêt, cher Raoul-Marc. A la fois ton billet ET ta réponse à Martine la Girondine.

    Et tout à fait d’accord avec la pertinence de tes arguments.
    Cordialement.

  14. joseph lamer a dit :

    on peut souhaiter que RMJ quitte le PG moins rapidement que le NPA…car il va se heurter aux mêmes phénoménes qu’au NPA: l’organisation partidaire sur la base d’un imaginaire dépassé.
    Le fait d’apprécier les élaborations marxistes de Chesnais et de Lowy m’apparait plein d’avenir. C’est dans l’écosocialisme que se forgera le nouvel imaginaire révolutionnaire.
    Bien entendu je n’attend aucune discussion pour ma part avec RMJ qui n’apprécie jamais mes interventions.
    Mais sa contribution est interressante dans ses hauts et ses bas, dans ses avancées et ses reculs. C’est pour cela que je continue à apprécier ses idées.

  15. Pons Georges a dit :

    Puisque sur ce blog très modéré on fait volontiers dans le « cher untel », je dirai, chère Odile, que les arguments de notre cher Raoul ne me paraissent pas plus pertinents que ceux s’opposant à un ralliement au PG. Ce sont moins des arguments d’aileurs que des choix affectifs. Qui n’a pas vibré aux accents si romantiques de notre tribun et ne s’est senti, à un moment ou à un autre, frère parmi les frères d’une gauche éternelle, celle de « l’humain d’abord ».
    Au point que je comprendrais mieux le départ de mes camarades du NPA s’il s’était effectué en direction du parti de Mélenchon.
    Là au moins, on aurait pour le même prix les paroles et la musique, les « valeurs » et une amorce d’organisation basée sur l’expérience d’un praticien de la politique familier des allées du pouvoir. Une espèce d’ultime pudeur leur aura sans doute conseillé de passer par la case « on s’aime tous, on est forcément faits pour s’entendre ».

    Le très relatif succès du FdG, comme celui, encore plus volatile, des indignés, tient à cette détestation assez nouvelle de la notion même de parti, telle qu’elle apparaît d’ailleurs dans certains commentaires ci-dessus. Car quel est l’état de l’offre en la matière ?
    – deux partis de gouvernement apparemment indévissables symbolisant, chacun pour son compte, la gauche et la droite,
    – des morceaux de parti flottant au centre
    – un parti d’extrême droite qui fait penser à un sex-shop, avec des trucs qui peuvent attirer mais ça fait honte,
    – des partis d’extrême gauche tellement coincés dans le rôle que l’opinion leur attribue que toute tentative d’ouverture se heurte à leur incapacité consubstantielle à dessiner une société de remplacement,
    – ah oui, j’allais les oublier ! EELV, no comment …

    Devant un tel étalage, le consommacteur politique qui sommeille chez les moins nombreux de nos concitoyens fait la grimace, estimant qu’après tout il peut être son propre parti et le faire savoir. Pour peu qu’il ait une place Tahrir
    à moins de cent km de chez lui, il pourra même se prendre à l’occasion pour un combattant.

    Fini l’encartage, réclame le cher Boyer. A bas la partitocratie, affirme le cher Bourgeois. Pour le cher Philippe du Gard, tout va bien du moment que : « S’il y a des défauts, des divergences, des tensions de personnes elles sont également réparties et traversent toutes les formations politiques. » Quant à notre chère Martine; elle se plait beaucoup à la FASE, même s’il lui est difficile de s’asseoir à côté d’un PC qui lui trouve des allures d’outil de reconstruction.

    Faut-il en conclure que le cher RMJ nous ouvre la bonne voie ? Il faudra mettre des conditions, par exemple, période d’essai de six mois, cotisation après une année de silence sur les colonnes et remboursement en cas d’échec. Je ne suis pas rancunier mais il m’a déjà fait le coup avec le NPA, alors !
    Mon seul objectif en y restant plutôt qu’en allant voir ailleurs si l’herbe est plus verte : collaborer à la fusion des petits partis révolutionnaires et en faire le seul possible antidote au poison capitaliste. Assez de chinoiserie. Mais rassurez vous, ce n’est pas gagné.

  16. Albert a dit :

    Tout à fait d’accord avec Martine La Girondine.

    Ce qui me gêne dans la démarche de RMJ, ce n’est pas tant l’adhésion au PG car l’adhésion à un parti politique vaut mieux que rester seul dans son coin.

    Ce qui est en cause, c’est un certain manque de profondeur politique. Quand RMJ dit par exemple que c’est le PG qui a eu l’idée du FDG, c’est vrai ! Mais le plus important à dire (et qui n’est pas dit…) c’est que si le FDG existe c’est d’abord parce que le PC l’a voulu et qu’il sert ses intérêts électoraux pour l’instant (encore que le résultat des élections législatives est catastrophique pour le PC…)

    Sous la cinquième république et son système électoral majoritaire que le PS ne changera pas ou seulement à la marge avec une dose homéopathique de proportionnelle, c’est d’abord électoralement qu’il faut peser face au PS. Or la prédominance du PC dans le FDG et son refus d’enlever le mot communiste de son sigle empêche et empêchera toute percée électorale du FDG hormis dans une certaine mesure à la présidentielle qui est hyper personnalisée.

    C’est pourquoi, une alternative de gauche ne passe pas par un FDG manipulé par le PC mais plutôt par une nouvelle organisation politique avec sabordage préalable du PC ou une Fédération sans lui.

    Dans de nombreux endroits, il faut voir comme le PC ne tient aucun compte des autres partenaires du FDG et s’est allié avec le PS dès le premier tour des cantonales dans un certain nombre de cantons pour sauver le peu de sièges qui lui reste ou dès le premier tour des dernières régionales dans plusieurs régions !

    Et ceci recommencera sans que le PG en tire les conséquences à moins que le PC saborde le FDG bien plus rapidement qu’on ne le croit !

    Que dira RMJ à ce moment là ? Qu’il s’est trompé comme avec le NPA ?

  17. janba a dit :

    Cher Camarade
    Merci pour ce billet ou je me retrouve pleinement,moi aussi c’est la notion de parti éphémère qui m’a conduit au PG
    A bientôt

  18. Pons Georges a dit :

    Décidément, le PG a fait une bonne recrue avec RMJ ! J’espère pour lui que le PG lui en saura gré en temps utile. Faudra quand même être patient.
    Le cher Janba raffole des partis éphémères (il aurait dû connaître mon NPA …). Pour le cher Obermeyer, pas encore cité sur le blog, « Restons unis et ne lâchons rien », conseille-t-il. D’accord et surtout pas le bastingage; ça va chalouper !
    Vu Mélenchon hier soir sur Canal +. Pète la forme. Apathie décomposé. Rien que pour ça je ne regrette pas d’avoir voté au premier tour pour la Méluche. Mais bon …

  19. joseph lamer a dit :

    http://lepartidegauche13.over-blog.net/article-je-quitte-le-parti-de-gauche-107603440.html

  20. Raoul Marc Jennar a dit :

    @Pons Georges: Mais, cher Georges, pas besoin que je sois patient. Je n’attends rien sur un plan personnel. Je ne suis candidat à rien; je ne postule rien. Mon adhésion est de principe. Point barre. Mon engagement se traduit par un travail pédagogique sur deux ou trois dossiers où on me reconnaît une certaine compétence (Europe, justice et libertés, droit public). Comme par le passé, je crois avant tout aux vertus de l’éducation populaire. Pour cela, pas besoin d’exercer des responsabilités en interne ou d’être candidat à des élections.

  21. Pons Georges a dit :

    @Raoul Marc Jennar

    Dont acte, cher Raoul Marc.
    Mais par la même occasion, tu aurais pu répondre à plusieurs commentaires à propos de ton adhésion au NPA naissant et de ta démission peu de temps après.
    Autrement que par un « errare humanum est », car le prosélytisme politique a un prix. Tout citoyen qui s’engage a droit à l’erreur. Un peu moins, n’est-ce pas, celui qui invite à s’engager. Que cette expérience non concluante t’ait rendu hermétique à la notion même de parti politique, j’aurais pu à la rigueur le comprendre et que tu reprennes du service dans la constellation du Front de gauche aurait pu avoir un sens, mais nous faire l’article à propos du PG est un peu surprenant. Annoncer aussi publiquement que tu le souhaites ton adhésion, soit ! Nous confier les excellentes raisons que nous aurions d’en faire autant, alors que tu viens d’écrire : « Mon adhésion est de principe. Point barre. » me paraît un peu gros.
    Le capital de confiance très légitime dont tu disposes au regard du travail pédagogique qu’on te doit sur « deux ou trois dossiers » ne peut pas être utilisé, me semble-t-il, de la manière dont tu l’as fait ici.
    Et qu’on n’aille pas s’imaginer que je nourris une haine féroce à l’égard de Mélenchon et du PG. Comme tout le monde ou presque à gauche, j’ai éprouvé la tentation de contribuer à la naissance d’une gauche nouvelle qui ne soit ni quasi centriste ni aveuglément révolutionnaire. Une sorte d’instinct me fait choisir, avec une certaine persistance, une extrême gauche dont tout indique qu’elle peut et doit rester un recours possible.

  22. Raoul Marc Jennar a dit :

    @Pons Georges, Cher Georges, Je croyais pourtant m’être plus qu’abondamment expliqué sur les raisons de mon départ du NPA : le sectarisme des anciens de la LCR qui, au comité exécutif où je siégeais, noyautaient les débats ; la référence constante au marxisme-léninisme des mêmes (alors qu’on voulait faire un « parti ouvert », le refus de tirer les leçons de l’échec des européennes et en particulier de reconnaître que si nous avions été dans le Front de Gauche les Le Pen père et fille n’auraient pas été élus (ce qui à mes yeux était la plus éclatante démonstration de notre erreur). Pour l’heure, je ne crois pas qu’expliquer mes raisons d’adhérer au PG signifie appel à faire de même. Mais je conviens que cela puisse être perçu ainsi. Il y a des gens qui apprécient ce que j’écris et les conférences que je donne. C’est pour eux que je crois devoir expliquer ma démarche. Le prosélytisme n’est pas une pratique que j’apprécie. J’estime qu’on peut appeler à voter pour un choix politique. Proposer d’adhérer à un parti ou à n’importe quelle structure humaine, c’est autre chose. Dont je veux me garder. Mais là, je sens bien une limite. Comment adhérer à un parti et ne pas souhaiter son succès ? C’est tellement cohérent. Ce qui m’amène à parler d’adhésion de principe et à limiter mon engagement à un travail d’éducation populaire. Ce dont j’ai informé les dirigeants du PG : mon apport, ce sera dans le domaine de la formation. Au-delà de ces aspects très personnels, conviens que nous avons davantage en commun que de motifs de désaccords. Ne crois-tu pas ?

  23. Pons Georges a dit :

    @Raoul Marc Jennar –
    Bien évidemment, cher Raoul-Marc, en partie grâce à ton  » Comment adhérer à un parti et ne pas souhaiter son succès ? », même si je partage la conception d’un Philippe Corcuff quant au fait qu’un parti n’est jamais qu’un outil.
    Cela dit, un parti n’est pas qu’un programme et tu l’as observé toi-même précédemment, il est ce que ses dirigeants les plus influents veulent qu’il soit. Et peut-on faire de « l’éducation populaire » sans implicitement montrer la voie ?
    Après tout ce qui s’est passé depuis trois ans, je me demande s’il ne faudrait pas donner vie à un Front d’extrême gauche, laissant au PG le soin de résoudre l’équation PCF.

  24. joseph lamer a dit :

    il y a donc deux types de militants au PG: ceux qui militent et ceux qui éduquent. C’est une nouvelle forme de division du travail.

  25. Pons Georges a dit :

    @joseph lamer
    Eh oui, apparemment, mais il y a aussi des cumulards. Tout ça, ce ne sont que des mots, le balancier du funambule.

  26. joseph lamer a dit :

    Tant que la gauche n’aura pas abandonnée la notion de parti, elle ira vers l’échec.Le Fd Gauche n’est pas une mauvaise idée mais c’est limitée par l’obsession électoraliste qui divise entre les militants de base et les élus ou prétendant à être élus.
    C’est au peuple d’éduquer les éducateurs! C’est étonnant de croire posséder une partie du savoir et de ne pas essayer de le construire de façon collective!
    Les tribunes du FDG sont bourrées de « responsables », de gens importants et je pense que s’il continue ils seront devant une salle vide car il n’y a pas la dynamique de démocratie directe…

  27. joseph lamer a dit :

    coucou!

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