07 Jan 2013

ou

PEUT-ON PARLER D’ECOLOGIE ET SE TAIRE SUR LE CAPITALISME 

( et inversement ) ?

 par Raoul Marc Jennar

A. Fondements théoriques et motivations : lectures utiles

1.

« Le travail n’est donc pas l’unique source des valeurs d’usage (…), de la richesse matérielle. Il en est le père et la terre, la mère. »

Karl Marx, Le Capital, Livre I, tome 1.

« La production capitaliste ne développe donc la technique et le processus de production sociale qu’en épuisant les deux sources d’où jaillit toute richesse : la terre et le travailleur. »

Karl Marx, Le Capital, Livre I, tome 2.

 » La véritable barrière de la production capitaliste, c’est le capital lui-même. »

Karl Marx, Le Capital, Livre III, tome 1.

« Une lutte efficace contre la pollution, une défense systématique de l’environnement, une recherche constante de produits de substitution aux ressources naturelles rares, une stricte économie dans l’emploi de celles-ci, réclame donc que les décisions d’investissement et de choix des techniques de production soient arrachées aux intérêts privés et transférées à la collectivité qui les opère démocratiquement ».

Ernest Mandel, Socialisme ou Barbarie au seuil du XXIe siècle, 1993.

2.

« La montée de la pensée écologiste n’aurait pas été possible sans le terrible vide théorique et politique qui s’est formé du côté des marxistes (…) ; le retard très important de l’analyse marxiste plonge ses racines dans la lecture uniquement productiviste de Marx et d’Engels qui a été faite pendant des décennies »

François Chesnais et Claude Serfati, dans Capital contre nature, ouvrage collectif sous la direction de Jean-Marie Harribey et Michael Löwy

« Concentrée sur la question de la lutte contre l’exploitation dans le travail (…) la pensée critique se réclamant du marxisme radical a été terriblement déficiente sur le plan des rapports à la nature »

François Chesnais, L’avenir des rapports des hommes entre eux est indissociable de celui de leurs rapports avec la nature, 2008.

3.

« La crise écologique planétaire a ses origines dans les fondements et les principes de fonctionnement du capitalisme. »

François Chesnais et Claude Serfati, dans Capital contre nature, ouvrage collectif sous la direction de Jean-Marie Harribey et Michael Löwy

« Nous sommes à un moment du capitalisme où la création de valeur pour le capital repose désormais de façon permanente, structurelle, à la fois sur la mise au rebut de millions de travailleurs et sur un terrible gaspillage des ressources de la nature »

François Chesnais, L’avenir des rapports des hommes entre eux est indissociable de celui de leurs rapports avec la nature, 2008.

« Aujourd’hui, la gravité des atteintes à la biosphère est connue. Les gouvernements des pays capitalistes développés et les institutions internationales ne s’engagent pas moins dans la voie d’une aggravation de la situation par l’élargissement de « droits à polluer » qui systématisent le caractère intangible de la propriété privée ainsi que le droit du capital au pillage de la nature »

François Chesnais et Claude Serfati, dans Capital contre nature, ouvrage collectif sous la direction de Jean-Marie Harribey et Michael Löwy

« Dans la sphère de l’environnement naturel, le capital représente une menace pressante pour l’humanité »

François Chesnais et Claude Serfati, dans Capital contre nature, ouvrage collectif sous la direction de Jean-Marie Harribey et Michael Löwy

« Celui qui ne veut pas parler du capitalisme doit se taire sur la défense de l’environnement . On ne peut pas comprendre la crise écologique qui se profile à l’horizon – et qui est en même temps une crise de civilisation – sans examiner les conséquences catastrophiques pour la nature de la logique prédatrice et destructrice du capital. De même, on ne peut envisager une alternative radicale à l’accumulation infinie de marchandises qui est au cœur du « productivisme » capitaliste sans discuter du projet socialiste d’une nouvelle civilisation, fondée sur la valeur d’usage et non la valeur d’échange.»

Jean-Marie Harribey et Michael Löwy dans Capital contre nature, ouvrage collectif qu’ils ont dirigé.

« Pris ensemble, les destructions environnementales et écologiques et les agressions portées contre les conditions de vie des prolétaires sont le résultat des effets cumulés de mécanismes secrétés par le fonctionnement du mode de production capitaliste depuis des décennies et de la domination contemporaine renouvelée et presque sans bornes du capital financier ».

François Chesnais et Claude Serfati, dans Capital contre nature, ouvrage collectif sous la direction de Jean-Marie Harribey et Michael Löwy

« Il est évidemment indéniable que, dans leur grande majorité, les écologistes ont cru pouvoir, ou ont même délibérément voulu éviter de fonder leurs propositions sur une critique du capitalisme de type marxien ou marxiste. Ils ont atténué, sinon gommé, l’importance des rapports entre la logique du profit et ce qu’ils nomment le « productivisme », de même qu’ils ont fait et continuent de faire silence sur le rôle central de la propriété privée dans la crise écologique. Cela contribue fortement à expliquer que leur combat ait été voué à l’échec, ou pire encore, à la récupération par le système. L’absence d’une posture anticapitaliste a conduit la plupart des partis Verts européens à devenir des simples partenaires écoréformistes de la gestion social-libérale du capitalisme. »

François Chesnais et Claude Serfati, dans Capital contre nature, ouvrage collectif sous la direction de Jean-Marie Harribey et Michael Löwy

« La crise va se développer de telle manière que la réalité brutale de la crise climatique mondiale dont nous voyons les premières manifestations sera combinée avec la crise du capital en tant que tel. Nous entrons dans une phase qui est réellement celle de la crise de l’humanité, dans ses relations complexes. »

François Chesnais, La crise climatique va se combiner avec la crise du capital.

B. Définition

Qu’est-ce qu’un système écosocialiste ?

 C’est un système où les besoins sociaux sont satisfaits de manière écologique. La satisfaction écologique des besoins sociaux implique un changement qualitatif radical, véritablement révolutionnaire, car il suppose une remise en question de pratiques aliénantes et discriminatoires comme, par exemple, le respect absolu de la propriété privée, la logique de la croissance, la libre concurrence, la légitimation du profit, la libre exploitation du vivant végétal, animal et humain.

 Pourquoi appeler un tel système écosocialiste ? La notion de socialisme ne peut-elle intégrer la dimension écologique comme elle intègre toutes les luttes pour l’émancipation ?

Non, parce que, historiquement, le socialisme s’est inscrit dans la continuité d’un courant des Lumières, celui des Encyclopédistes, qui annonçait l’émancipation de l’humanité par les progrès de la science.

Contrairement à ce qui se dit parfois, ce ne fut pas le seul courant au sein des Lumières. Ainsi, à la différence des Encyclopédistes, Rousseau, dans le « Discours sur l’inégalité », présente une vision de l’histoire dans laquelle chaque progrès dans un sens s’accompagne d’un recul dans un autre. Pour Rousseau, tout progrès a son prix. Et la science ne peut donc dicter ses fins à la société.

Le socialisme s’est appuyé sur un véritable culte du progrès scientifique qui devait quasi mécaniquement contribuer au bonheur de l’humanité. Cette notion du progrès s’est inscrite dans un processus continu : dominer la nature. De ce point de vue le socialisme ne s’est pas libéré de l’emprise du judéo-christianisme. Celui-ci accorde une place prédominante à l’espèce humaine par rapport aux autres espèces vivantes, à la différence d’autres courants de pensée qui prennent en compte toutes les espèces vivantes.

L’écologie n’est pas une catégorie parmi d’autres dans la liste des objectifs à poursuivre. C’est un concept global qui incorpore tous les éléments constitutifs de la planète, y compris les humains. La seule référence au socialisme ne peut donc suffire à intégrer cette dimension globale. Le mot socialisme, associé pendant près de deux siècles au scientisme et au productivisme, ne rend pas automatiquement compte de la dimension écologique. Le socialisme ne fut pas naturellement écologique. C’est pourquoi il est indispensable, pour signifier la double révolution sociale et écologique, de parler d’écosocialisme.

C. Modalités

Comment mettre en œuvre l’écosocialisme ?

Trois constats :

1. pas de sortie du productivisme sans sortie du capitalisme, système intrinsèquement productiviste : la dynamique du capitalisme conduit à étendre la production pour maximiser les profits.

2. pas d’arrêt aux nuisances, à l’exploitation du vivant, à la dégradation de la biodiversité et à l’épuisement des ressources naturelles sans passage d’un système fondé sur la valeur d’échange à un système fondé sur la valeur d’usage. Le système actuel ignore le coût des usages qu’il fait des ressources et des écosystèmes.

3. pas de remise en cause des modes de consommation sans contrôle de la production. Aujourd’hui, ceux qui décident de ce qui est produit décident de ce qui est consommé. Une critique du mode de consommation se réduit à de l’incantation et ne conduit qu’à une impasse si elle n’implique pas une critique du mode de production. Une éthique individuelle de la consommation est nécessaire, certes. Elle n’est pas suffisante.

Il en résulte que pour satisfaire les besoins sociaux dans le respect des contraintes écologiques, il faut que ce qui est aujourd’hui de l’ordre de la sphère privée relève désormais de la maîtrise collective.

 Comment définit-on les besoins sociaux ?

On peut dire que les besoins sociaux correspondent aux droits collectifs fondamentaux dont un certain nombre sont plus ou moins inscrits depuis 1948 dans la Déclaration universelle des droits de l’Homme : le droit à une alimentation saine et suffisante, le droit à vivre dans un environnement qui ne soit pas nocif, le droit à la santé, le droit au logement, le droit à l’éducation et à la culture, le droit au travail, le droit à la sécurité, le droit aux loisirs, le droit à un minimum d’existence, le droit à un salaire minimum garanti, le droit à une allocation de chômage, le droit à une allocation de retraite, l’accès aux moyens de transport, l’accès à la transmission de messages (poste, téléphone, Internet,…).

Tous ces droits sont loin d’être appliqués. La plupart ne sont même pas reconnus dans les traités européens. Beaucoup sont systématiquement bafoués. La révolution conservatrice en cours depuis le début des années 80 prétend satisfaire l’exercice de ces droits dans le cadre de l’économie de marché et de la fourniture d’activités de service soumises aux règles de la concurrence. C’est la raison d’être du démantèlement des services publics qui a pour conséquence que seuls peuvent bénéficier de ces droits ceux qui peuvent en assurer le coût. On passe du principe de gestion collective des besoins sociaux à une gestion individualisée, c’est-à-dire à une société du chacun pour soi.

Un projet écosocialiste se donne pour finalité de rendre effectifs pour toutes et tous les droits collectifs de manière écologique.

N’est-il pas contradictoire de vouloir en même temps satisfaire les besoins sociaux et satisfaire les impératifs écologiques ?

  • Oui, si on reste dans le cadre du capitalisme qui a échoué dans ses prétentions affichées et nous conduit à la catastrophe sociale et écologique.
  • Non, si on prend en compte les besoins sociaux de l’ensemble de l’humanité et les périls écologiques majeurs qui menacent la planète et toutes les espèces vivantes.

Nous ne pourrons pas continuer longtemps à vivre avec une partie du monde où sévit une société du gaspillage, du futile et de la consommation effrénée et une partie du monde qui n’a même pas de quoi satisfaire les besoins les plus élémentaires pour vivre dignement. Nous ne pourrons pas échapper longtemps à des catastrophes alimentaires et sanitaires majeures une fois disparues les espèces qui assurent les équilibres de la biodiversité.

Quant à étendre à l’ensemble de la planète le mode de consommation des pays riches, c’est la planète elle-même qui ne pourra y subvenir.

C’est donc à une révision radicale de la sélection de nos besoins jusqu’ici déterminés par ceux qui produisent qu’il faut procéder. Nous sommes contraints soit à changer, soit à connaître d’immenses souffrances.

Les altermondialistes le disent depuis plus de dix ans. On les a accusés de catastrophisme. Les faits aujourd’hui leur donnent raison.

Certes, il y aura toujours des tensions entre contrainte écologique et satisfaction des besoins sociaux. Mais ces tensions dépendront de la manière dont on déterminera les besoins sociaux.

Comment déterminer les besoins sociaux ?

Une société écosocialiste ne peut être ni élitiste, ni bureaucratique. Elle doit être démocratique. Ce ne sont ni des experts, ni des administratifs qui doivent décider du bonheur des gens. Ce sont les gens eux-mêmes, après s’être appropriés toutes les informations indispensables.

Ce qui implique de revisiter la démocratie et de remettre en cause les limites de son fonctionnement actuel qui en fait l’instrument de la classe dominante. Du local à l’Europe, la démocratie doit devenir, selon le vœu de Jaurès, un « outil révolutionnaire », un outil de transformation, un outil d’appropriation par les femmes et les hommes des termes de leur destin. Il faut interroger la question du pouvoir et ne plus laisser aux hommes de pouvoir le soin de déterminer les règles de l’exercice du pouvoir . Il faut mettre fin à la professionnalisation de l’engagement politique. Il faut limiter drastiquement la pratique de la délégation à la fois sur son contenu et sur les modalités de son exercice. Il faut imposer aux décideurs la transparence et l’obligation de rendre des comptes. Un programme révolutionnaire de transformation sociale et écologique passe par une refondation de la démocratie.

Dans une démocratie refondée, ce n’est plus le marché qui décidera des objectifs de la société mais la population elle-même qui définira ses besoins et planifiera démocratiquement l’utilisation des ressources épuisables et une production conforme à ses besoins et respectueuse des écosystèmes et des capacités de recyclage et d’épuration.

 

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13 Réponses pour “L’ECOSOCIALISME”

  1. Pierre Gaugain a dit :

    Bonjour Raoul,

    Tout d’abord mes meilleurs voeux pour tes proches et toi même.

    Je suis assez d’accord avec l’ensemble de ton analyse, juste une question la position d’EElv qui consiste à n’être que la mouche du coche dans l’organisaiton de l’actuelle démocratie, en essayant d’influer sur la transformation écologique de la société n’est elle pas l’une des seules possiblités bien modestes, probablement insuffisante et parfois contestable j’en conviens de faire quelque chose ?

    Deuxième question si je suis assez d’accord avec ton analyse qui pour résumer consiste à dire, la société ne pourra s’écologiser exhaustivement que lorsque le système économique aura changé de nature….. d’accord aussi là dessus, mais la question reste comment fait-on demain matin en attendant que les Chinois, les Brésiliens, les Indiens soient d’accord avec cette analyse ?

    Là comme dans certains débats à EElv je pense que nous sommes en présence des propositions des YAKA, et des YFAUQU’ON, célèbres populations de magiciens….

    Je crains que la réponse que beaucoup pourront nous faire tout en ne niant pas les problèmes d’écologie, sera la fameuse phrase attribuée à Chruchill « le système libéral est le pire des systèmes mais je n’en connais pas de meilleur »…..

    Tout pendant que nous n’aurons pas une sorte de Brettonwood, (allez je vais employer le terme pour te faire plaisir), « ecosocialiste », ce qui veut dire que l’ensemble des pays sera consulté et sera d’accord sur ces accords, je crains fort que nous ne soyons contraints qu’à éviter les excès et le mot est faible du système économique actuel……

    Un grand coup d’Ethique dans tout cela ne ferait pas de mal, dans l’immédiat je crains que ce que nous pouvons faire ne soit que d’être des « écoréformitstes »….. en essayant de devenir mais comment ?, des écosocialistes……

    Je ne vais pas te parler de DCB car je ne veux pas te mettre en colère mais dernièrement il disait qu’il se sentait « réformiste subsersif », ceci me semble aussi concret que l’écosocialisme……et pour le moins un oxymore de plus, en comparaison avec l’autre terme qui peut sembler n’être qu’un pléonasme, tout cela ne fait pas avancer beaucoup le schmilbick…..

    En parlant de ça, ce qui marche en France en ce moment avec une progression de 20 % ce sont le nombre de demandes aux restos et les chiffres de la française des jeux……nos querelles de mots et de concepts sont par ces tristes chiffres d’autant remis à leur place

    Dans l’immédiat le seul point positif est que l’ensemble des forces économiques et politiques sincèrement ou non semblent obligées de se déclarer « ecologistes », les problèmes et défis écologiques semblent incontournables même pour les plus productivistes de nos contemporains, je ne désespère pas de voir aussi prochainement les partis identitaires, enfourcher ce cheval de bataille……les différents greenwashings même les pires ont probablement un bel avenir….

    Les nazis eux mêmes ne se disaient-ils pas écologistes, comme tu le sais ils furent aussi les initiateurs des parcs régionaux, et certains d’entre eux étaient des végétariens convaincus…..

    D’un autre côté l’avenir de la planète concerne tout le monde, le soleil brille pour tout le monde, y compris pour les pires crapules, l’écologie n’est surtout pas qu’une affaire de spécialistes…..un monde plus responsable ne pourra se faire que s’il concerne une large majorité….

    Comme tu le vois je ne suis ni prosélyte ni critique, comme toujours je ne me pose que des questions et n’ai que des voeux à formuler, en ce moment ça tombe bien, le principal étant qu’il serait bon que toutes les bonnes volontés s’unissent pour construire un monde plus juste et plus responsable……car celui que nous avons en opposiiton est globalement uni pour poursuivre sa fuite en avant, sa course au profit privé en détruisant tant les écosysètmes que les hommes…..

    Ah, « si tous les gars du monde voulaient se donner la main…… »

    amicalement,

    Pierre Gaugain

    PS: au delà de mes engagements je te prie de considérer ce commentaire que comme un amical questionnement citoyen….donc si je dis des âneries et en cas de réponse, merci de ne pas m’engeuler…..

  2. cerise verte a dit :

    l
    La pensée écologiste ne se résume pas à ce qu’en on fait les verts comme la pensée socialiste ne se résume pas au PS et PC.
    l’apport libertaire de l’écologie , la décroissance, la non violence…de Thoreau à Gortz il y à tout de même autre chose que le verdissement du capitalisme !
    Pour créer l’écosocialisme il faut accepter l’apport des deux et ne pas réduire la part écologiste au constat et le socialisme à la solution.
    Notre rapport à la terre, au vivant qu’il soit pour l’exploitation capitaliste ou pour la juste répartition cette vision matérialiste de l’environnement reste à questionner.

  3. Raoul Marc Jennar a dit :

    Totalement d’accord. Mais force est de constater que le discours dominant, c’est celui du verdissement du capitalisme. Rien d’autre. Dans ma présentation, je ne me sens en aucune façon lié par ce que font ou disent (ou taisent) les partis politiques. Ce dont je tiens compte, c’est la rhétorique en vigueur et qui est la même dans les cercles du pouvoir financier, économique et politique. Il n’y a de leur part de concessions à l’écologie que pourvu que le système économique ne soit pas remis en cause. Ce qui constitue à mon sens une faute dramatique qui va conduire la planète à la catastrophe.

  4. Anny Sire Richard a dit :

    Ce que vous posez comme « théorie » de l’écosocialisme me convient très bien : il ne peut exister d’écologie (au sens vrai du terme) dans un monde dominé par le système capitaliste, et le socialisme marxiste traditionnel, fondé sur le productivisme et la valeur d’usage, ne peut lui non plus, résoudre l’équation posée par le contexte actuel. D’où un doifférend avec certains membres du PC qui restent arc-boutés sur des principes erronés… comme, par exemple, leur prise de position sur le nucléaire.
    J’aimerais que nombre de nos concitoyens s’approprient votre réflexion pour que notre monde évolue vers une « démocratie refondée » capable de satisfaire en même temps aux exigences de survie de la planète et de ses ressources et aux besoins fondamentaux de tous ceux qui l’habitent. C’est une véritable révolution copernicienne que vous proposez là !
    C’est l’expression de la sagesse-même !
    Merci !

  5. Pierre Gaugain a dit :

    Je pense que ces deux derniers commentaires faisaient écho à mes questionnement. Je suis donc totalement d’accord avec de qui est dit, tant par cerise verte, que par raoul……(commentaires n° 2 et 3)

    Maintenant la question est que fait-on ? et comment le faisons nous ? Naturellement Cerise Verte nous devons beaucoup àThoreau à Gortz et quelques autres….et si j’ai évoqué EElv ce n’est que parceque JL Mélenchon lui même reconnaît que les écolos les premiers ont alerté les consciences, mais pour ce qui me concerne le terme d’écosocialisme me convient assez bien,, mais ce n’est qu’un mot de plus.
    Franchement j’aimerai bien que l’union de tout ceux qui pensent un peu pareil en ne l’exprimant pas obligatoirement avec les mêmes mots se réalise un jour.

    Je crois qu’ils sont tous d’accord pour dire qu’il y a urgence écologique et sociale, et qu’ils sont tous indignés…. comment fait-on pour imaginer un autre avenir ? comment tous ces penseurs vont-ils faire pour se comprendre ?

    Pour le reste Raoul effectivement pour ce système tout pendant que l’on ne touche pas fondamentalement à son organisation économique commerciale financière, il est tout à fait disposé à parler d’écologie, quoique même s’il en est parlé maladroitement, et partiellement par les partis et associations actuellement connues et reconnues dans ces domaines et bien entendu par EElv aussi, le précédent hôte de l’Elysée, avait cru dire en cours de mandat après avoir montré comme tout le monde son « intérêt » pour l’écologie, en se greenwashisant un peu, : « maintenant l’écologie ça suffit », et l’actuel trouve de moins en moins mal le nucléaire, et n’appliquera que « son » programme autant dire que ce qui a été négocié avec EElv il s’en moque comme de sa première brassière !

    Pour les discussions actuelles sur la transition éngergétique je crains fort que cela soit aussi efficace que les pactes écologiques, les grenelles de l’environnement et les conférences de Doha….. disons que c’est sans doute mieux que rien et que si ce système s’y intéresse encore c’est que certaines réalités écologiques et économiques, leurs dangers et nocivités ne peuvent être ignorées…..

    Quand les reponsables de ce monde économique parlent écologie, ils me font penser à ces patrons anglo saxonss qui disaient à leur collaborateurs de les appeler par leur prénom mais de ne pas leur demander d’augmentation, ou encore ces dirigeants qui demandent à leurs employés ou administrés ce dont ils ont besoin pour leur expliquer comment s’en passer…..

    Pour commenter ta dernière phrase Raoul, j’ai comme l’impression mais je ne suis pas le seul et j’ai déjà entendu ça quelque part, « que nous allons droit dans le mur en klaxonnant et en gardant le pied sur l’accelerateur….

    l’une des réponses est sans doute aussi dans la « simplicité volontaire » chère à Pierre Rabhi, mais bon quand l’homme peut faire simple il préfère souvent faire compliqué surtout si derrière tout cela il y a moyen d’amasser des biens matériels parfaitement inutiles, des richesses dérisoires établies sur la cupidité et les pires comportements, mais plus que tout cela ,de conserver le pouvoir …

    La question reste comment fait on pour changer tout cela ? et surtout avec qui ?

    amitiés

    PIerre Gaugain

  6. Anne W a dit :

    Je préfère de loin le terme d’écosophie à celui d’écologie, tant il est vrai qu’il existe coexistantes différentes écologies, fondées sur des prémisses différentes et des choix antithétiques, et qui chacune suivent leur propre logique des prémisses à la réalisation d’un projet de monde qui en découle. L’écologie qui lie le « développement soutenable » avec une réduction de la population, n’est pas celle qui s’attaque aux facteur « politique (vivre ensemble), mode de production et de consommation », pour résoudre l’équation de la survie de l’espèce dans des conditions de finitude de certaine ressources.
    Je pourrais donner la Via Campesina. en exemple d’écosophie, il y en a beaucoup d’autres mais Via Campesina est celle qui a la plus grande résonance internationale unissant dans leur diversité différents mouvements et courants qui ont en commun la recherche et la pratique de l’empreinte écologique positive. L’Amérique Latine est aussi un grand chantier d’écosophie en acte. Malheureusement cette dimension n’est pas fort décrite par nos médias. C’est dommage parce que nous aurions beaucoup à apprendre de ces expérience d’une autre manière d’habiter la planète : refondation.

  7. mireille dombrowski a dit :

    J aime bien cette notion d ecosocietalisme – mais quelle sont les differences avec la décroissance? je sais que cette idee fait peur et je suis d accord qu il ne faut pas laisser les pauvres sur le bord de la route mais tout de même la terre est un systeme clos et je crois qu il serait bon d envisager une production et une consommation raisonnable – je fais allusion a la duree de vie des biens de production – c est vrai. Qu il faut produire pour donner du travail a tout le monde(???) mais nous sommes un pays riche et on
    Pourrait comparer la revolution électronique avec les revolutions precedentes (industrielles,electrique) qui se sont traduites par des reductions d heures de travail en moins(je vous invite a vous rapprocher d un certain. Larroutourou qui defend la semaine de 4 jours)- pour moi il s agit d arriver a produire les biens necessaires a la vie de la majorité des citoyens – la notion de croissance m est quelque chose qui me herisse car il s agit de la croissance. Des dividende s des actionnaires

  8. Raoul Marc Jennar a dit :

    @Pierre Gaugain – Bonjour Pierre. Merci de tes bons voeux. A mon tour, je te souhaite une excellente année 2013 pour toi, les tiens et nos attentes communes.

    A ta première question, franchement, il m’est difficile de considérer qu’EELV soit, comme tu l’écris « une des seules possibilités de faire quelque chose ». Que du contraire, à mon avis. En décevant au point où ils déçoivent aujourd’hui, les Verts prennent la responsabilité de discréditer le combat écologiste. Avec ceux qui ne se soucient pas des questions écologistes, la seule façon de faire est le rapport de force. Privilégiant le désir d’avoir un groupe parlementaire et des ministres, EELV y a renoncé et dérive de concessions en concessions. Les leçons de la gauche plurielle n’ont pas été tirées. Sauf à quitter la majorité gouvernementale sur un dossier écolo, la sanction risque d’être terrible.

    A ta deuxième question, tu invoques, comme tous les « réalistes » qui dominent dans l’actuelle majorité gouvernementale, la mondialisation, la loi de la compétition internationale. Mais c’est oublier que les caractéristiques de la mondialisation économique et financière ne sont pas le résultat d’un phénomène naturel irrésistible et irréversible. C’est le résultat de la volonté des gouvernements occidentaux qui ont négocié au FMI et à l’OMC ces caractéristiques et les ont quasiment imposées à l’ensemble de la planète. J’en ai été le témoin lorsque j’étais observateur aux conférences ministérielles de l’OMC et aux assemblées générales FMI/Banque Mondiale. Ce monde, tel qu’il est aujourd’hui, a été voulu. Ce qui signifie qu’il n’y a rien de définitif et qui si d’autres rapports de force se créent, ce qui a été fait peut être modifié. Il y faut pour cela de la volonté politique et la détermination nécessaire pour y parvenir.

    C’est un peu court de récuser le volontarisme par des formules du style « il n’y a qu’a ».

    Il fut un temps, avant qu’ils soient contaminés par les virus politiciens, les Verts analysaient les dangers pour les humains et pour la planète du système en place et proposaient des alternatives. La campagne présidentielle de Noël Mamère fut un bel exercice du genre. Il se battait pour un projet, pas pour des places. Aujourd’hui, les Verts ont des députés, des sénateurs et des ministres, mais ils sont soumis sur ce qui fait l’essentiel de leur projet, aux blocages du PS dont ils sont devenus totalement dépendants. Où est le progrès ?

    Ma démarche, c’est de procéder à un constat (le capitalisme nuit gravement aux humains et à la planète) et de proposer une alternative crédible (l’écosocialisme). Pour rendre celle-ci effective, il faut convaincre. Un travail de pédagogie politique s’avère dès lors prioritaire. Et ne peut être détourné par les préoccupations électoralistes inventées par le système pour récupérer ceux qui le contestent. La tâche est immense car il y a maintenant une échéance incontournable : la catastrophe planétaire que va provoquer le changement climatique. Et de ce point de vue ceux qui nous gouvernent sont totalement irresponsables.

    Il y a des centaines de millions sinon des milliards de gens sur cette terre qui souffrent du capitalisme. L’espérance socialiste a été dévoyée à la fois par le communisme réellement existant et par une social-démocratie qui a cessé de défendre les plus faibles et s’est totalement ralliée au système d’exploitation dominant. Il faut refonder une espérance mobilisatrice qui « traite l’humain comme une fin et non comme un moyen » (Emmanuel Kant) et qui est intraitable sur le fait que la fin se trouve déjà dans les moyens.

    Tirer les leçons des tragédies du XXe siècle, ce n’est pas renoncer aux idéaux de justice et de solidarité. C’est reprendre le combat pour la justice dans la liberté là où il a été abandonné afin de donner naissance à un système où la liberté serait compatible avec l’égalité et où l’égalité serait compatible avec l’autonomie de l’individu et sa souveraineté. C’est le message que nous ont légué les philosophes des Lumières, qui fut porté par un Jaurès et abandonné par ceux qui ont suivi, qu’ils fussent dans l’un ou l’autre camp du congrès de Tours.

  9. Pierre Gaugain a dit :

    Merci Raoul pour cette longue et pédagogique réponse avec laquelle je suis en total accord… j’espère que cela ne te surprend pas totalement.

    Pour infos je faisait et fais toujours partie des EELv pas tellement favorables à la statégie d’alliance avec le PS surtout sur celle ci, m

  10. Pierre Gaugain a dit :

    Bonjour, et toutes mes excuses pour le message n° 9 parti intempestivement et surtout partiellement.

    Je voulais donc juste ajouter, : qu’effectivement EELv n’est pas la réponse aux problématiques politiques écologiques et sociales, elle ne répond que partiellement et sans doute de façon contestatble et discutable du moins pour le moment aux différentes interrogations, et n’est certes pas la continuation de l’esprit des lumières, le sera-t-elle un jour ? mais je ne vois pas dans le paysage politique traditionnel Français une seule organisation engagée sérieusement sur ce chemin pas plus que sur celui où a été laissée la discussion à l’issue du congrès de Tours…..

    Effectivement en cas de contre-performance probable de cette union PS/EElv les écologistes seront assimilés au désastre d’alors, je ne cesse de le rappeler en essayant d’alerter sur le fait que plutôt que d’être dans les discussions d’appareils l’urgence est surtout de reprendre contact avec nos concitoyens par l’action militante de terrain….en essayant d’expliquer à nos concitoyens ce que peut être l’écologie politique et sociale en termes d’espoir, d’espérance pour le futur et celui de nos descendants…..et d’être pour le moins fermes dans nos rapports avec nos partenaires socialistes mais les éventuels autres aussi….

    Il semble qu’il soit préféré pour l’instant, les disucssions internes, les créations de comissions, et les réunions où se retrouvent et d’ailleurs de moins en moins nombreux les convaincus d’avance….. (mais ceci n’est pas specifique du moins « à gauche » convenons en à la seule EElv)….

    Il est sans doute nécessaire de repenser l’avenir sur des bases nouvelles, car sans être méchant le Front et le Parti de Gauche répondent aussi malgré leur verdissement et le talent de certains de leurs leaders que peu aux aspiraitons nouvelles, pour preuve, les chiffres de l’abstention et du vote protestataire/sécuritaire en train de muter dangeureusemt vers l’identitaire…..

    Comme tu le sais un certain désengagement se fait à EElv, partiellement en faveur du Parti de Gauche, ces amis s’ils vont vers cette nouvelle formation y vont quand même pour l’unique raison qu’ils ne veulent pas se réfugier dans l’abstention…..
    J’ai été tenté par cette démarche, et quitte à être engagé dans quelque chose d’imparfait, je préfère rester pour le moment dans le mouvement écologiste d’origine, et essayer de faire évoluer les choses vers ce que sont ou devraient être de facto les idées écologistes, c’est à dire aussi des idées révolutionnaires, et normalement des idées incompatibles avec le capitalisme.ou pour le moins celui que nous connaissons qui induit saccage des ressources naturelles et négation .de l’homme au seul profit de quelques uns d’entre eux.

    Tu m’objecteras qu’il n’existe probablement pas une autre forme de capitalisme……donc il faut aussi penser, et là j’enfonce bien volontiers une nouvelle fois une porte ouverte, une autre forme d’organisation et de dévoloppement économique, l’autogestion?? décroissance des conneries et croissance des concepts utiles ? simplicité volontaire chère à PIerre Rabhi, expression qu’Ariès emploie je crois assez volontiers en lieu et place du terme de « décroissance ».

    Pour l’instant les idées écologistes du FdeG et de JLM en particulier ne me semblent qu’un copié collé des idées développées par les écologistes et là ne parle pas que de celles d’ EElv…adossées à une opposition frontale du moins dans les mots donc plutôt doctrinale au capitalisme. Cela fait quand même quelque part un tantitnet opportuniste, et dans la recherche du verdissement d’un fonds de commerce communiste qui avait bien besoin d’un second souffle.
    Je dis d’autant cela sans agressivité que j’ai été assez longtemps communiste au temps ou comme beaucoup je croyais que la croissance résoudrait tout….j’y ai conservé de nombreux amis parmi naturellement les militants de base, comme d’ailleurs au NPA mais aussi chez les socialistes, mais plus difficelement dans les autres familles politiques, ceci pour préciser que nous pouvons aussi avoir des advesaires respectables….. de toute façon nous sommes scondamnés à vivre ensemble donc aussi avec eux…..

    Comme je le dis souvent, sous forme de boutade, « avant d’être intelligent comme je suis devenu, j’étais comme tout le monde »…..

    Il est évident que le discours du socialisme d’accompagnement n’est pas très différent, du libéral financiarisé ou non, et que nous ne dénonçions pas cela avec plus de force à EElv je le déplore également. Il est tout aussi évident que les leçons de la gauche plurielle n’ont pas été tirées, ou que ce système à réussi à nous vendre deux fois la combine…..

    Je suis bien d’accord que notre position, (celle d’EElv) n’est qu’une position d’accompagnement de ce système, et qu’il va falloir probablement et assez vite sortir de l’indignation pour passer à la réflexion sérieuse et à l’action.

    Je ne pense pas que nous puissions continuer sans grands dangers à foncer droit dans le mur avec le pied callé à fond sur l’accélérateur.

    Un nouveau mouvement donc de l’écosocialisme issu d’états généraux est -il nécessaire ? ou un nouveau Brettonwoods de l’écosocialisme plébiscité par l’ensemble des nations?probablement !

    Vaste programme !….le verrons nous ? assisterons nous juste à sa mise en route ?

    Les différentes sensibilités tendances et chapelles et leurs leaders sauront-elles construire l’avenir ? resterons nous éternellement dans le syndrôme du congrès de Tours? Nos intellectuels, responsables, décideurs, au nivau international sauront-ils un jour tirer ldes enseignements des grands tragédies que les peuples mais aussi la planète ont connues depuis cette date ?

    Les peuples souhaiteront-ils un jour réellement s’occuper de leurs affaires ?

    Puisque nous sommes encore en période de voeux souhaitons le !

    Les seules choses qui progressent de plus de 20 % en France sont les chiffres des demandes de secours aux Restos, et les chiffres de la française des jeux. Au niveau international il paraît que ceux des mafias sont également en nette évolution….tristes réalités

    amitié

    PIerre Gaugain

  11. Anne-Marie a dit :

    Un monde sans argent et sans théorie(politique) devrait permettre d’abord de supprimer le capital et l’exploitation des vivants. Nous serions contraints à échanger nos compétences, notre temps, nos ressources intellectuelles, nos connaissances et je crois que les vivants (toutes espèces confondues)s’en trouveraient mieux. Un monde libre et gratuit.
    Est-ce possible ? Les hommes le tolèreraient-ils ? La démocratie doit être directe et ce sont les citoyens sur place, au niveau des communes, qui décideraient des travaux à réaliser pour le bien commun. Se dépasser, être généreux sans contrepartie, voilà un défi à la hauteur de l’être humain

  12. Russell Hart a dit :

    Mes meileurs voeux pour le novel an.

    Totalement d’accord avec toi sur la démocratisation de la société mais d’abord faudrait-il passer pour une sorte de catarsis dont le moteur serait que toutes magouilles, vérrouillages et bafouement sortent à la surface. Il faudrait s’attaquer sans cesse, desmasquer pour détruire toutes les inerties et réticences des personnes et organisations qui croient pouvoir négocier avec le pouvoir pour sauver quelques meubles. L’impérialisme (la guerre permanente de « basse » intensité),la financiérisation (un système banquier de financement de l’économie absolument surréèl) … En même temps il faut réinventer d’en bas comment nous faisons la politique et démanteler les mensonges du management pour construire des entités de création de valeur beaucoup plus égalitaire et dans la mesure du possible autogéstionnaires.

  13. Nos propositions pour une autre politique de gauche | Collectif des Alternatives Citoyennes a dit :

    […] Voir son article sur son blog. […]

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