14 Fév 2014

par Raoul Marc JENNAR[1]

Depuis de nombreuses années, j’observe et j’analyse le processus d’intégration des Etats dans ce qui s’appelle aujourd’hui l’Union européenne.  J’ai publié un grand nombre d’articles et plusieurs livres.

En partisan convaincu de la nécessité d’unir des peuples victimes, pendant des siècles, des guerres qui leur ont été imposées par leurs dirigeants, j’ai souligné les faiblesses et les carences d’un processus auquel j’adhérais dans son principe. Jusqu’au jour où sa véritable finalité s’est confirmée avec force dans l’Acte unique européen de Jacques Delors : instaurer un espace ouvert où la loi du marché, libérée de toute contrainte démocratique, sociale et écologique, pourra s’affirmer dans sa pureté doctrinale, fut-ce au mépris des intérêts des peuples. Les traités qui suivirent (Maastricht, Amsterdam, Nice, Lisbonne) ont confirmé et aggravé ce dévoiement de la belle idée d’Europe. J’ai pourtant cru que cette UE était réformable.  Les traités de 2012 (MES, TSCG) et le projet de grand marché transatlantique ont tué cette illusion. Nous sommes proches de l’inéluctable.

Par mes écrits, mes conférences et quelques interviews, je m’adresse à des milliers de personnes à l’égard desquelles je me sens comptable de mes prises de position. J’estime le moment venu de partager l’état présent de mes réflexions.

Dans 100 jours auront lieu les élections européennes. La gauche éco-socialiste, celle qui remet radicalement en question un système où le chaos économique et financier permet l’exploitation la plus sauvage des humains et de la planète, doit présenter une alternative claire au principal instrument de l’asservissement au marché qu’est l’Union européenne.

Les peuples, dépouillés de leur droit fondamental à décider de leur destin, souffrent trop pour se satisfaire du flou de propositions ambiguës et de promesses de réformes qui ne se réalisent jamais.

Le bilan de l’Union européenne s’impose : c’est un échec.

La démocratie et la justice sociale sont les grandes oubliées de cette construction européenne qui, pour paraphraser Pierre Bourdieu, est bien davantage une destruction démocratique et sociale. Mais il ne s’agit pas d’un oubli. Il s’agit d’une volonté. Au départ d’un processus baptisé « méthode Monnet », un système oligarchique a progressivement été mis en place au mépris de la souveraineté des peuples.

La Cour de Justice de l’UE, s’appuyant sur une interprétation extensive des traités, a construit un ordre juridique imposé aux Etats et à leurs ressortissants qui comporte des choix de société sur lesquels jamais personne ne s’est prononcé et qui bafoue les droits humains fondamentaux tels qu’ils sont énumérés dans la Déclaration universelle des droits de l’Homme, en particulier ces droits déclinés aux articles 22 à 27 : droit à la sécurité et à la protection sociales, au travail, à un niveau de vie suffisant, au logement, à la santé, à l’éducation, à la vie culturelle…

Le libre-échange érigé en dogme est devenu l’instrument non pas de la prospérité des peuples, mais de leur asservissement. Ceux-ci sont livrés à la concurrence débridée à laquelle se livrent les firmes à la recherche du moins disant social, fiscal et écologique, dressant les salariés d’Europe les uns contre les autres et faisant renaître, de ce fait, les formes les plus dangereuses de nationalisme.

La pauvreté, la précarité et le chômage ont atteint des sommets inconnus depuis un siècle. Les politiques de l’UE ont ressuscité une catégorie que les luttes sociales avaient fait disparaître : le travailleur pauvre.  Elles ont amplifié un phénomène autrefois marginal : le travailleur détaché.

Cette Union européenne est inféodée aux USA et, comme je l’ai démontré dans mon analyse du mandat conféré par les gouvernements de l’UE à la Commission européenne pour négocier le grand marché transatlantique UE-USA, elle se prépare à faire de ses 28 Etats membres 28 colonies américaines.

Cette Union européenne est la négation de l’idéal d’union démocratique et solidaire des peuples d’Europe. Son échec doit être acté.

Une rupture indispensable

La nécessité d’une rupture avec l’ordre néo-libéral qui sévit et fait souffrir les peuples d’Europe n’est plus à démontrer. Nous subissons le joug d’une idéologie appliquée avec le dogmatisme le plus implacable, qui n’a d’égal dans l’histoire de l’humanité que la dictature de l’Eglise catholique pendant des siècles et les totalitarismes qui ont sévi au XXe siècle.

Les institutions européennes infligent un monothéisme de marché dont les peuples souffrent et ne veulent plus. Il s’en suit que la rupture avec l’ordre libéral réclame nécessairement une rupture avec les institutions qui en sont les instruments.

La nécessité de rendre aux peuples la souveraineté dont ils sont les uniques dépositaires s’impose de la même manière si on veut mettre fin à une construction européenne oligarchique qui, en vertu de la « méthode Monnet » de transfert d’attributions politiques à des instances technocratiques, a peu à peu dépouillé les peuples de la maîtrise de leur destin.

Il s’agit donc, très clairement, de rompre avec les orientations politiques et les institutions de l’Union européenne sans pour autant renoncer à unir les peuples d’Europe.

Se pose dès lors la double question : comment procéder à cette rupture et sur quelles bases nouvelles construire cette union ?

Comment organiser la rupture ?

La rupture est un acte de volonté. Une volonté, cela réclame une détermination. Or, quand donc la France, dans le concert européen, s’est-elle assignée un objectif et a-t-elle manifesté une détermination qui auraient témoigné de sa volonté de respecter les attentes du peuple français ? La dernière fois, ce fut en 1966. Mais depuis ?

Quand la Grande-Bretagne exige qu’on lui rende le montant de sa contribution à l’UE, elle l’obtient. Quand l’Allemagne exige une BCE indépendante uniquement en charge de lutter contre l’inflation, elle l’obtient. Quand elle impose sa conception de la politique budgétaire que doivent appliquer les Etats membres de la zone euro, elle l’obtient. Quand le petit Luxembourg et l’Autriche s’opposent à toute harmonisation fiscale, ils l’obtiennent. Mais quand donc, la France gouvernée par le PS a-t-elle manifesté une quelconque volonté qu’il s’agisse de l’Europe sociale, des services publics ou de la démocratisation des institutions européennes ? Poser la question, c’est y répondre.

Il n’y a pas, chez ceux qui se prétendent de gauche, de volonté de s’opposer aux avancées néo-libérales et encore moins d’imposer des politiques sociales. Au contraire, c’est Jacques Delors qui, en 1986, a amené la concurrence de tous contre tous et doté pour ce faire la Commission européenne de pouvoirs législatifs, exécutifs et judiciaires. Que la droite acquiesce aux orientations néo-libérales, nul ne doit s’en étonner. Mais que ceux qui se sont jusqu’ici présentés comme des socialistes se fassent les promoteurs de ces orientations, comme on ne cesse de le vérifier, montre que la volonté de pratiquer une autre politique n’existe pas au PS. 

Pourtant, si la France seule ne peut inverser le cours des politiques voulues par le patronat en Europe, elle pourrait, parce qu’elle est la France, provoquer la rupture. Et entraîner dans cette rupture d’autres Etats trop petits ou trop faibles ou trop nouveaux pour prendre une telle initiative.

Il y a donc sur la question de la rupture avec les politiques et les institutions de l’UE une nécessité impérieuse de reconstruire avec le peuple un  lien de confiance tel qu’il a pu naître du formidable débat de 2005 entre les animateurs de la campagne contre le TCE et le peuple de gauche. L’engagement de rompre avec les politiques et les institutions de l’UE doit être un engagement solennel, sans équivoque, sans faux-fuyants, sans délais.

Comment doit se manifester cette rupture ? Il revient aux élus qui prendront cet engagement devant le corps électoral de n’accorder leur confiance à un gouvernement qu’à la condition que celui-ci prenne trois décisions :

a) demander aux autres Etats membres de l’Union européenne une refondation complète du projet européen ;

b) si la réponse est négative, soumettre au peuple français par voie de référendum :

1. la suspension de la France aux activités de l’Union européenne jusqu’à la conclusion d’un nouveau traité consacrant une Europe démocratique, sociale et écologique ;

2. l’abrogation du titre de la Constitution de la République relatif à l’Union européenne afin de rétablir la primauté du droit national hors duquel aucune politique de gauche n’est possible;

3. l’inscription dans la Constitution de la République d’une disposition en vertu de laquelle tout transfert futur de souveraineté ne peut s’effectuer qu’au terme d’une procédure référendaire ; 

c) proposer à l’Assemblée nationale une loi-programme de réparation des politiques mises à mal par les règles européennes du primat de la concurrence et du marché.

La France est un Etat souverain et le peuple français est un peuple souverain. Cette souveraineté ne sera en rien utilisée contre les autres peuples. Mais elle devra se manifester dans toute sa légitimité et toute sa force pour mettre fin à une entreprise d’asservissement des peuples. Ainsi expliquée, elle ralliera le soutien d’autres peuples dont certains souffrent encore davantage que le peuple français des politiques mises en œuvre par les institutions européennes.

La confiance aux élus peut-elle suffire ? Je ne le pense pas. D’abord, parce que la démocratie représentative est en panne, vidée de son sens par la professionnalisation du mandat, la faiblesse de l’institution parlementaire et l’hypertrophie du pouvoir exécutif. Cette prétendue démocratie est devenue une caricature odieuse de l’idéal démocratique au point d’engendrer elle-même l’oligarchie qui domine les peuples d’Europe.

La garantie que les élus respectent l’engagement qu’ils auront pris, c’est que le peuple lui-même se dote de la capacité de limiter dans le temps la validité du parlement et du gouvernement chargés du triple mandat par lequel il aura obtenu la confiance. Comment se doter d’une telle capacité ? Les moyens non violents ne manquent pas depuis la pétition soutenue par des millions de signatures jusqu’à la grève générale. C’est de la seule volonté du peuple que dépend la fin de la servitude. 

Ne pas renoncer pourtant à unir les peuples

Dénoncer l’échec de l’Union européenne ne peut toutefois signifier que l’on doive renoncer à unir les peuples d’Europe. Cette union est d’ailleurs indispensable. Pour cinq raisons, au moins.

Il s’agit de préserver la paix. Pendant des siècles, les peuples de l’Europe ont été engagés par leurs dirigeants dans des guerres incessantes, religieuses ou nationalistes. Et ce ne sont pas les 69 ans de paix depuis la fin de la Deuxième guerre mondiale – dont cinquante ans de guerre froide – qui suffisent pour balayer la question de la paix comme un argument dérisoire. N’oublions pas les comportements dignes d’avant 1914 de l’Allemagne et de la France au moment où la Yougoslavie vole en éclats. N’oublions pas que le XXe siècle a commencé et s’est achevé à Sarajevo. D’autant qu’à la violence guerrière a succédé aujourd’hui, sous l’égide de l’Union européenne, une violence économique qui dresse dangereusement les peuples d’Europe les uns contre les autres au nom d’une conception de la concurrence qui réveille les chauvinismes exacerbés et les nationalismes.

Il s’agit de protéger des valeurs qui nous sont communes et qui, au regard du reste du monde, nous sont propres. Héritées des philosophes du très européen Siècle des Lumières, ces valeurs consacrent non seulement les libertés individuelles, mais elles inspirent également des droits collectifs comme ceux déjà énumérés de la Déclaration universelle des droits de l’Homme.

Dans le monde multipolaire qui a succédé à la division du monde en deux blocs rivaux, protéger et promouvoir ces valeurs et rendre possible leur application nécessite aujourd’hui des moyens que seule peut procurer une taille géographique et démographique suffisante, hors de laquelle aucun des Etats européens pris isolément ne pourra éviter la servitude économique, financière et culturelle.

Aucun Etat européen, même pas l’Allemagne n’est en capacité d’imposer, seul, des règles à la finance mondiale et aux firmes multinationales. Une union des peuples d’Europe se donnant, à l’inverse de l’Union européenne, la mission de veiller au bien-être des peuples serait, elle, en capacité de le faire.

Aucun Etat européen, même pas la France, n’offre le cadre pertinent pour s’opposer, à lui seul, au démantèlement des politiques sociales voulu par un patronat puissamment organisé non seulement au niveau européen, mais surtout au niveau atlantique. Il en va de même pour imposer à ce patronat les indispensables mesures qu’impose le réchauffement climatique.

Refuser d’unir les peuples d’Europe, c’est décider la servitude, aux multinationales d’abord, aux grandes puissances de la planète ensuite. Il nous faut chasser de nos esprits la fausse espérance du réflexe Maginot.

Pour ces raisons, il faut élaborer et faire avancer le projet d’une Europe européenne fondée sur des peuples souverains forts de leurs valeurs propres et d’un modèle social commun, maîtresse de ses choix et en solidarité avec le reste du monde.

Les bases de la reconstruction

Sur quelles bases nouvelles construire une union des peuples d’Europe ? Sur la seule base qui compte en démocratie, celle de la souveraineté populaire.

L’article 3 de la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen de 1789 affirme que « Le principe de toute Souveraineté réside essentiellement dans la Nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément. »

Quand les sans-culottes se préparent à défendre la Révolution qui venait de briser les chaînes de la tyrannie multiséculaire du trône et de l’autel, c’est au cri de « Vive la Nation » qu’ils se lancent à l’assaut de l’ennemi. Ce cri proclamait à la face de l’Europe que, désormais, tous les pouvoirs émanent non plus de dieu ou du roi, mais  du peuple rassemblé.  Goethe, présent à Valmy, avait bien compris la portée historique de ce cri, lui qui écrira : « De ce lieu et de ce jour, date une ère nouvelle dans l’histoire du monde ».

La Nation, c’est nous. Ce ne sont pas les héritiers des ligues factieuses des années 30 et du régime de Vichy dont la droite sarkozyste a libéré la parole et les comportements. La Nation, ce sont ceux qui se rassemblent place de la Bastille et non ceux qui défilent, le bras tendu, la haine aux lèvres, sur les Champs-Elysées.

La Nation, c’est le peuple souverain. Le seul détenteur de la légitimité et de la légalité. La Nation, ce n’est pas le chauvinisme, c’est encore moins le nationalisme, cet intégrisme du sentiment national qui n’est qu’un appel à l’égoïsme, au repli sur soi, aux réflexes identitaires, à la haine de l’autre. Je fais résolument mien ce propos d’Amin Maaluf « la vertu première du nationalisme, c’est de trouver pour chaque problème un coupable plutôt qu’une solution. »

Il y a un lien naturel, profond, entre l’affirmation de la souveraineté populaire et la solidarité entre les peuples qui se reconnaissent dans cette valeur commune. C’est sur ce lien et sur lui seul que peut se construire une nouvelle union des peuples d’Europe. Dès lors, c’est sur le libre consentement de chaque peuple que doit se bâtir cette union. Un consentement exprimé par les peuples directement et non pas seulement par ceux qui les représentent ou les dirigent.

Et l’euro ?

On ne joue pas avec le sort des peuples comme on joue à la roulette. Un examen attentif à la fois des politiques actuelles de gestion de l’euro comme des contraintes d’un passage d’une monnaie unique à une monnaie commune fait apparaître que dans les deux cas, le coût social est très élevé. Il l’est encore plus dans l’hypothèse d’un retour à une monnaie nationale totalement indépendante.

Face aux irresponsables du « il n’y a qu’à sortir de l’euro » qui refusent d’expliquer le coût et les dangers d’une telle sortie comme le coût et les dangers du passage à une monnaie commune, il faut avoir l’honnêteté intellectuelle de reconnaître que nous sommes piégés. Et raison garder.

Le statu quo n’est pas une option. Mais toute réforme de l’actuelle union économique et monétaire doit être marquée du sceau de la volonté prioritaire d’éviter de nouvelles souffrances aux peuples victimes de la finance internationale.

Nul ne peut cacher au peuple français la difficulté et les risques d’une sortie du piège dans lequel les libéraux de droite comme ceux réputés de gauche nous ont plongés.

En tout état de cause, comme pour les traités européens, la question d’une révision des statuts (pour remettre en question son autonomie totale) et des missions (pour lui imposer d’avoir à tenir compte des conséquences de ses décisions sur le développement économique et sur la situation sociale) de la Banque centrale européenne devra être posée aux partenaires au sein de l’UE et leur refus devra faire l’objet d’une question supplémentaire dans le référendum déjà évoqué.

Réaliser le rêve de Jaurès

Il nous faut tirer profit des tragédies du XXe siècle. Car, aujourd’hui, le rêve de Jaurès est possible. L’espace européen n’est plus le théâtre d’affrontements militaires. Mais il est devenu, comme jamais, celui de la lutte des classes. Les moyens que Jaurès voulait utiliser pour empêcher la guerre, il est possible aujourd’hui de les utiliser pour refonder l’Europe : la solidarité de tous les salariés d’Europe. Car l’ennemi n’est plus l’Allemagne. Et le nationalisme militarisé n’est plus le danger.

Il n’y a pas d’opposition entre le peuple allemand et le peuple français, ni entre les autres peuples d’Europe.  Ce qui demeure du XXe siècle dans l’Europe d’aujourd’hui, c’est ce qu’exprimait la droite française avant 1940 : « plutôt Hitler que le Front populaire », c’est, aujourd’hui, la solidarité des libéraux de droite et de ceux qui se prétendent de gauche, au service du patronat. Et le patronat européen a, bien mieux que les forces politiques et syndicales de gauche, tiré les leçons de la vanité des nationalismes. Il a fait la CECA, puis le Marché commun et aujourd’hui l’Union européenne. Ce qui lui a permis, en invoquant la  nécessité de dépasser les nationalismes, de contourner par le haut les obstacles démocratiques et sociaux nationaux et de partir à la reconquête d’un pouvoir perdu par sa collaboration avec le fascisme vaincu. Au nom de la nécessité de construire l’Europe, les droites européennes au service des patrons, ont réussi à obtenir, y compris des sociaux-démocrates, des transferts de pouvoir de plus en plus importants vers des organes supranationaux échappant à tout contrôle démocratique et chargés d’initier des politiques de démantèlement social.

Unir par delà les frontières intra-européennes les salariés de toute l’Europe contre cette UE, n’est-ce pas, dans les termes de 2014, réaliser le rêve de Jaurès, non plus aujourd’hui pour empêcher la violence militaire nationaliste, mais pour mettre fin à la violence économique ? Car cette violence trouve sa force immense parce qu’elle s’est inscrite dans le cadre de l’Union européenne et de ses politiques, parce que le MEDEF n’est qu’une composante locale d’un puissant patronat euro-atlantique qui ne trouve rien en face de lui pour s’opposer avec efficacité, puisque la social-démocratie a renoncé au socialisme, puisque que la Confédération des Syndicats Européens est devenue « la courroie de transmission  du patronat », comme le déclarait en 2005 un de ses fondateurs, Georges Debunne.

Aujourd’hui, les propos prémonitoires de Jaurès, en 1894, nous semblent d’une extraordinaire actualité et signent la trahison et l’échec de ceux qui se sont réclamés de lui : « ce que nous ne voulons pas, c’est que le capitalisme international aille chercher la main d’œuvre sur les marchés où elle est la plus avilie, humiliée, dépréciée pour la jeter sans contrôle et sans réglementation sur le marché français et pour amener partout dans le monde, des salaires au niveau des pays où ils sont les plus bas. » (Assemblée nationale, 17 février 1894). Pas plus qu’hier, ceux qui aujourd’hui sont restés socialistes ne veulent cela qui est pourtant la réalité de l’Union européenne et la réalité d’un monde sous la coupe de l’Organisation Mondiale du Commerce ; une réalité que va aggraver encore le grand marché transatlantique si on ne le torpille pas.

Nous n’arrêterons cette machine à broyer les humains et à épuiser la planète que si nous sommes unis, salariés, chômeurs, précaires, femmes et hommes de toute l’Europe qui ne vivent que du travail qu’ils trouvent. Rassemblés par delà nos frontières, nos langues, nos spécificités, en s’appuyant sur ce trésor commun qu’est la souveraineté populaire, nous pouvons provoquer la rupture avec cette Union européenne et construire sur des bases nouvelles l’union des peuples d’Europe.

Partout les peuples souffrent, partout ils se sentent impuissants, dépossédés de leur vie, de leur futur. Partout, et en multitudes de plus nombreuses, ils manifestent et protestent. Ce n’est pas sans raison que nos médias asservis passent quasiment sous silence l’ampleur de cette protestation sociale qui s’exprime dans de nombreux pays de l’UE.

Faisons nôtre le rêve de Jaurès et employons pour nous opposer à la violence économique, l’outil qu’il voulait utiliser pour s’opposer à la violence militaire : la grève générale européenne.

Cela signifie qu’une stratégie politique doit se construire sur la création d’un large rassemblement politique porteur de la volonté de rupture avec l’Union européenne et de fondation d’une union des peuples d’Europe, mais également porteur de la volonté de mobiliser les peuples pour l’inévitable épreuve de force.

Peuples de toute l’Europe, unissons-nous pour mettre fin à l’Union européenne et la remplacer par une union respectueuse de nos souverainetés populaires et soucieuse de nos solidarités entre nous et avec les autres peuples du monde !

rmj

14 février 2014



[1] Essayiste, docteur en science politique, auteur de « Europe, la trahison des élites », « La proposition de directive Bolkestein », « Quelle Europe après le non ? »,  « L’AGCS. Quand les Etats abdiquent face aux multinationales». (avec L. Kalafatidès). Un des animateurs nationaux de la campagne de 2005 contre le TCE.

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23 Réponses pour “Oui à l’union des peuples d’Europe ! Non à l’Union européenne !”

  1. Cactus a dit :

    Le rêve renouvelé d’une Europe des peuples, quel espoir !
    il y a actuellement une vraie détestation de la chose européenne telle qu’elle a été imposée ; la peur face à l’avenir de désolation qui est promis à chacun ; le sentiment que des pays entiers de grande histoire peuvent s’effondrer ; une résignation sidérée devant les coups et les traîtrises… mais aussi une telle colère, une rage qui se croit pour l’instant impuissante…et, – elles tombent bien – des élections prochaines : en faire un levier puissant pour informer, refuser, abattre pour reconstruire enfin un monde pour tous, respectueux de tous et du monde.
    Au boulot, il y a de l’ouvrage pour chacun !
    et merci de tout ce travail d’explication…

  2. Rodriguez a dit :

    Bonjour Raoul-Marc

    Je suis d’accord avec beaucoup d’aspects de ton analyse.
    De la nécessité de la rupture avec l’UE irréformable, de la nécessité de s’appuyer sur la souveraineté populaire comme socle de toute résistance et de toute reconquête …

    Par contre sur la sortie de l’euro désignée comme irresponsable ça se discute. A moins d’admettre pour s’en tenir aux seuls économistes que des gens comme Jacques Sapir, Frédéric Lordon, Aurélien Bernier ou des démographes comme Emmanuel Todd dont ce n’était pas la position de départ sont des irresponsables.

    Franchement, là c’est une manière de placer la question hors du cercle de la raison qui ne ressemble pas à la rigueur intellectuelle dont tu fais habituellement preuve.

    Problème également sur la construction et l’horizon de l’après rupture : OK pour la recherche d’une union des peuples d’Europe, bien que l’objectif de coopérations de caractère universel ou en direction des peuples du Maghreb me paraisse tout aussi souhaitable.

    Mais c’est pure illusion -à mon sens- si cet objectif implique la recherche d’une entente préalable à toute décisiion.

    Car la probabilité la plus probable est celle d’une décision unilatérale (seule ou à plusieurs) qui initie un entraînement ultérieur parce que correspondant à l’attente et aux intérêts des autres peuples.

    De la même manière que les tunisiens n’ont pas attendu une coordination des peuples arabes pour se lancer dans la contestation du régime Ben Ali.
    Et qu’une dynamique concernant un certain nombre de peuples arabes a été enclenchée.

    Mais n’est-ce pas ainsi que l’histoire procède parfois très loin des démarches programmatiques ou par étape?

    Amicalement
    Gilbert

  3. RENE Daniel a dit :

    Monsieur Jennar bonsoir,
    J’adhère totalement au contenu de votre billet, avec une seule réserve : vous êtes passé trop rapidement sur la rupture et la mise en œuvre du changement. Elles nécessitent un pré-requis qui à mon sens est loin, loin d’être acquis !
    C’est la prise du pouvoir de façon démocratique. Nous en sommes loin, très loin. Il faudrait une gauche radicale unie, sans faille et un programme de rupture clair. Ensuite, ce programme, cette vision d’une nouvelle union des peuples d’europe, il faut que nos concitoyens se l’approprient ! et plus encore, l’essaimer auprès d’autres peuples d’Europe… hors, pardonnez mon pessimisme, nous en sommes loin. Je suis maintenant en milieu rural, dans la France profonde et quand j’entends autour de moi les réactions des Hommes de la campagne et des bourgs, je constate les ravages effectués par le discours du FN !… la gauche (non socialiste) est pratiquement inaudible. En milieu urbain c’est probablement moins marqué mais de toutes les façons, nous sommes loin, très loin de « soulever » le peuple français condition première pour avoir la moindre chance de faire bouger les lignes. Il faudra éduquer, informer sans relâche; ce sera long…
    A ce sujet, si vous ne l’avez déjà vu, je vous propose cet entretien entre Alain Badiou et Aurélien Bernier encore que je ne partage pas du tout deux exemples de « réussites » donnés par A. Bernier : La Grande Bretagne en dehors de l’Europe et le modèle du Vénézuela qui n’est pas exportable chez nous, celui ci ayant une arme financière et politique fondamentale : le pétrole. Et je pense que le peuple vénézuélien à acquis une conscience politique que n’a pas le peuple français. Voici le lien :
    http://www.dailymotion.com/video/x1bp155_contre-courant-alain-badiou-recoit-aurelien-bernier_news
    On ne lâche rien.
    Cordialement.

  4. Gérard Bouquet a dit :

    Curieuse cette analyse, plutôt nationaliste, alors que les élus verts du Parlement Européen, Dany Cohn-Bendit en tête, ont toujours été fédéralistes.
    Il faut élevé notre souveraineté à un niveau supérieur, en donnant au peuple, un pouvoir qu’il n’a jamais eu; celui de contrôler la démocratie européenne.
    Mais par pitié, pas de retour aux nationalismes destructeurs!
    Quant à l’euro, il est, certes, une monnaie inachevée, mais d’une part tout retour en arrière serait suicidaire, d’autre part il sera le socle d’une l’Europe fédérale indispensable à l’échelle géostratégique mondiale.
    « Le nationalisme, c’est la guerre ».

  5. Moricio a dit :

    Raoul Marc,
    Tu tournes autour du pot alors que je partage toute ton analyse et la visée de rupture tout en travaillant sur l’union des peuples: c’est que tu fais fi des économistes et politiques de la réelle gauche qui pronent la sortie des systèmes euros, tout en restant profondémenb européens. La souveraineté de chaque peuple passe par la reconquête de leur indépendance vis à vis de l’UE du FMI de la BCE etc etc .
    On ne peut plus rêver à ce que nos élus basculent majoritairement du camp néo-libéral à un camp de gauche progressiste : oil; ne reste que le seul pouvoir des urnes pour le bon peuple ! Mais lequel ? voter pour cautionner le système ou le boycoter pour le contester ?
    L’UE a tellement peur de l’abstention qu’elle injecte notre argent dans ses campagnes publicitaires comme ce fut le cas pour nous faire voter oui au TCE, pourquoi donc lui faire plaisir à élire des parlementaires européens sans pouvoirs dans un parlement fantoche ?
    Sachant que pour changer une virgule d’un traité il faut l’accord unanime des 27 pays européens on ne peut espérer hélas que 27 peuples vont voter vraiment à gauche de la fausse gauche.
    On ne peut plus cautionner aux européennes ce piège à citoyens honnêtes ! La rupture passe par le boycott et donc l’abstention réelle par un acte courageux !
    Raoul Marc tu devrais militer en ce sens car sinon c’est toi qui fait la part belle au FN qui lui s’aligne sur cette contestation populaire comme il s’est aligné pour le NON au TCE. , et non moi qui vais boycotter une élection pour la première fois de ma vie (fort longue de militant)
    Bien fraternellement.
    moricio

  6. Marteau Henri a dit :

    Bonjour Raoul-Marc Jennar,
    “Face aux irresponsables du « il n’y a qu’à sortir de l’euro » qui refusent d’expliquer le coût et les dangers d’une telle sortie comme le coût et les dangers du passage à une monnaie commune, il faut avoir l’honnêteté intellectuelle de reconnaître que nous sommes piégés.”
    Pouvez-vous préciser le coût et les dangers du passage de la monnaie unique à la monnaie commune ?
    Merci
    Cordialement
    HM

  7. bberset a dit :

    Votre analyse correspond à la mienne. Vos propositions la dépassent. L’une et les autres sont justes. Je vous remercie.

    Comment clamer tout cela? De façon à ce que toutes les rues de toute l’Europe défilent pour ce changement de cap indispensable à notre survie?

    Salutations

  8. GWEN a dit :

    Bonjour Mr JENNAR,
    dans votre article vous dites « Face aux irresponsables du « il n’y a qu’à sortir de l’euro » qui refusent d’expliquer le coût et les dangers d’une telle sortie comme le coût et les dangers du passage à une monnaie commune, il faut avoir l’honnêteté intellectuelle de reconnaître que nous sommes piégés. Et raison garder. »

    J’aimerai savoir qui sont précisément ces « irresponsables » que vous mentionnez? (En ce sens que j’ai pu observer qu’il y a des gens qui disent « il n’y a qu’à sortir de l’euro » et d’autres qui disent « sortir de l’euro est une nécessité et la première à chose à faire »).
    Le cas échéant, sur quelle réflexion économique chiffrée et tangible serait basée votre propos?

  9. Jean Bourgeois a dit :

    Quelle brillante lucidité .

    Bravo Raoul Marc et mille merci

  10. Dufyfy a dit :

    Bonjour M. Jennar

    Bien vu, votre analyse me paraît très pertinente.
    Après des années de foi en la construction européenne, foi due à une confiance faite au discours manipulateur de : « l’Europe c’est bien, c’est positif puisqu’il s’agit d’unir les peuples pour un avenir meilleur », discours qui nous a été servi jusqu’à plus soif, accompagné à dessein d’un manque total de pédagogie quand au fonctionnement et aux finalités des institutions mises en place, j’ai commencé à avoir des doutes en 2005 lorsqu’on a voulu nous faire avaliser un traité européen clairement orienté ultra-libéral (au passage ce sont les explications de texte servies par les textes de campagne de Jean-Luc Mélenchon qui m’ont ouvert les yeux sur la fourberie de ce texte) : j’ai voté NON.
    Nous avons été à l’époque 54 % à voter NON à l’adoption de ce texte.
    Sarkozy, fidèle à son tempérament de faux-jeton, nous a fait un petit dans le dos et nous l’a imposé, avec la complicité des députés PS…
    De ce jour, j’ai eu un tout autre regard sur cette « fantastique » et si positive construction européenne.
    Comment un système capable d’un acte aussi anti-démocratique pourrait prétendre unir les peuples et faire leur bonheur ?
    Depuis, je m’intéresse de près à l’histoire et au fonctionnement des institutions européennes et le résultat des mes investigations n’est pas piqué des hannetons ! Comment a-t-on pu se laisser embobiner par cette escroquerie ? Le réveil citoyen du peuple français est absolument nécessaire et je pense qu’il est en train de se réaliser, doucement peut-être, mais sûrement.
    Je ne peux que vous encourager à continuer votre œuvre d’information sur ce sujet. Vous n’êtes d’ailleurs heureusement pas le seul à vous en préoccuper, connaissez-vous François Asselineau, inspecteur des finances, fondateur de l’UPR (Union Populaire Républicaine) ? Homme de droite, c’est certain, mais je pense, animé d’une véritable foi républicaine. En tout cas, à travers ses conférences vidéo très argumentées disponibles sur internet, il contribue à éclairer très efficacement sur ce sujet.

    Merci pour votre démarche à très haute valeur citoyenne. Les gens de votre trempe nous sont indispensables.

  11. Raoul Marc Jennar a dit :

    L’UE aurait peur de l’abstention ? Quelle blague ! En 2009, en France, le taux d’abstention était de 59,5%. Un record ! Cela n’a strictement rien changé. L’abstention n’a qu’un seul effet : conforter le statu quo. Et c’est la moins courageuse des attitudes politiques. C’est « courage, fuyons! » Le boycott ne provoquera rien du tout et l’oligarchie gardera tout son pouvoir. J’ai clairement exprimé ma conviction nouvelle que l’UE n’est pas réformable et proposé un chemin pour une rupture organisée et non chaotique à la manière du FN. Pour le surplus, je milite pour faire de l’élection du Parlement européen le 25 mai un véritable référendum pour ou contre le GMT car le Parlement européen détient un pouvoir réel : celui d’accepter ou de refuser le grand marché transatlantique.

  12. Bourgeois Jean a dit :

    Voir Moricio a dit :
    février 14th, 2014 à 18 h 38 min.

    Ma réaction

    Boycott, pas boycott ???

    Je comprends la pertinence de ton argumentation et serais aussi prêt à tel choix s’il était quasi certain qu’il serait suffisamment généralisé pour obtenir un changement radical vers cette Europe des peuples ardemment souhaitée.

    Le chemin le plus réaliste pour pouvoir transformer ce rêve en réalité, n’est-il pas de voter le plus massivement possible pour les « candidats politiques de la réelle gauche » ?

    C’est la question que je me pose.

    Merci de m’éclairer pour pouvoir trancher au mieux.

  13. Rodriguez a dit :

    Bonjour,
    erreur de manip je continue

    R-M a dit :
    « Pour le surplus, je milite pour faire de l’élection du Parlement européen le 25 mai un véritable référendum pour ou contre le GMT car le Parlement européen détient un pouvoir réel : celui d’accepter ou de refuser le grand marché transatlantique. »
    Pas exact à mon sens : il n’y a pas de voie unique à la résistance contre le GMT qui passerait exclusivement par le parlement européen.
    Toi même tu as fait valoir que l’échec de l’AMI en 98 était venu côté français (en raison de la campagne publique et du soutien de l’opinion) du retrait de la France de la négociation.
    Renvoyer aux décisions du parlement européen c’est d’une certaine manière déléguer à un espace sans véritable contrôle et politiquement (en tout cas dans la conjoncture présente) sous influence des forces néolibérales, idéologiquement soumises à l’hégémonie des Etats-Unis notre propre souveraineté.
    Attente d’un changement radicalement autre dans l’espace européen OU option déterminée d’une décision unilatérale ouverte sur à des coopérations et des coordinations des peuples dans le seul espace où la souveraineté des peuples peut encore s’exercer -c’est-à-dire l’espace national- tel me semble être le choix incontournable qui nous est offert.

    Amicalement
    Gilbert

  14. Gagneux a dit :

    1)à propos de »faire de l’élection du 25/05 un référendum pour ou contre le GTM » :cela me parait une très bonne idée mais à condition à ce que l’info soit largement divulguée. A ce jour (mais peut-être n’ai je pas les bonnes lectures..),c’est la 1ere fois que j’entends parler du GTM (grâce à un message d’une auditrice de l’émission de D. Mermet écoutée par hasard ce jour et qui m’a intrigué et fait écouter l’émission du 25/02).J’aurais donc très bien pu rester dans l’ignorance encore plus longtemps…
    2) en dehors du vote ,y a t il d’autres moyens d’agir? pétition à signer? courrier type à envoyer aux députés?
    par avance merci de vos réponses

  15. Raoul Marc Jennar a dit :

    La campagne d’information sur le GMT en est encre à ses début et elle en en partie occultée par les municipales.Mais des émissions comme celle de Mermet (500.000 auditeurs) vont vite permettre que l’information se répande. Il va de soi qu’il faut interpeller les élus et cela chacun peut le faire de sa propre initiative une fois qu’il s’est informé. Je signale que le 10 mars art de presse un petit livre qui fournira une information précise sur le GMT.Voir l’info à ce propos sur ce blog sous peu.

  16. Raoul Marc Jennar a dit :

    Ai-je écrit un seul instant que faire de l’élection du Parlement européen, le 25 mai, un référendum pour ou contre le GMT est « la voie unique » pour combattre le GMT ? Il y a une perversité chez certains à vouloir manifester leur opposition de principe en attribuant à ceux qu’ils critiquent des propos qui n’ont pas été tenus. Comme je prends la peine, moi, de m’impliquer et de faire campagne, j’explique toutes les possibilités de combattre le GMT. Et je n’invente pas des explications fumeuses pour expliquer ce que le Parlement européen, seule institution européenne issue directement du suffrage universel, a le pouvoir ou pas de décider.

  17. Raoul Marc Jennar a dit :

    Mon opinion est qu’il faut interpeller tous les candidats, mais sans illusion sur ceux de la pseudo-gauche, sachant que le PS fut et demeure à l’avant-garde des orientations néo-libérales de l’UE.Qui se bat depuis des années contre ces orientations avec des motivations vraiment de gauche ? Je n’en trouve qu’au Front de Gauche et au NPA

  18. moricio a dit :

    @Raoul Marc Jennar@Raoul Marc Jennar@Raoul Marc Jennar

    Bien sur qu’il faut interpeller individuellement et collectivement tout élu et tout candidat , que ce soit aux municipales afin de créer des îlots locaux de résistance aux dictas des néo-libéraux et donc de l’UE .
    Bien sur que le FdG et le FN combattent l’UE , d’ailleurs il n’y a pas qu’eux à la gauche de gauche !
    Mais pour combattre le GMT, c’est déjà en franco /français des forces à gauche du PS qu’il faut s’unir sur cet objectif., mais puisque actuellement tous les grands partis s’accordent à présenter des candidats au pseudo parlement européen , comment s’attaquer à la commission européenne vu qu’ elle possède le réel pouvoir ?
    Certainement pas avec notre poignée de futurs élus contestataires dans l’océan droitier !
    La résistance à leur système passe par le boycott, mais il faut l’annoncer . Le vote blanc anodin ou le vote FdG ne suffisent pas, hélas !
    Cette position ne remet pas en cause le combat commun et fraternel qui est mené contre l’UE entre partisans du vote « partis » , du vote « blanc » ou du « boycott » ! Tout est question de pertinences, et de stratégies.
    Plein de textes actualisés existent pour préconiser la sortie des systèmes euros en apportant des solutions économiques (Jacques Sapir, Frédéric Lordon, Jacques Nikonoff, Emmanuel Todd ,etc ) en reconquête de notre souveraineté monétaire.
    La France se doit de montrer l’exemple à l’instar des pays de l’Amérique latine

  19. moricio a dit :

    @Raoul Marc Jennar
    Erreur : à la place de: Bien sur que le FdG et le FN combattent l’UE , d’ailleurs il n’y a pas qu’eux à la gauche de gauche !
    Lire ; Bien sur que le FdG et le NPA combattent l’UE , d’ailleurs il n’y a pas qu’eux à la gauche de gauche ! et le FN qui fait semblant en démagogie populiste pour récupérer la mise !.

  20. Raoul Marc Jennar a dit :

    En quoi cette analyse, qui dénonce le nationalisme, est-elle nationaliste ? Il faut être lucide : la démonstration est faite qu’il n’est pas possible de réformer l’UE et que traité après traité nous sommes totalement dépouillés de l’essentiel : la souveraineté populaire. Et il faut en tirer les conséquences.

  21. Raoul Marc Jennar a dit :

    Ai-je « désigné la sortie de l’euro comme irresponsable » ? Je dénonce les individus irresponsables qui affirment qu’il n’y a qu’à. Comme si c’était tout simple et tout facile et sans dommages. J’ai trop de respect pour l’intelligence et la compétence de Frédéric Lordon pour les livrer à de tels amalgames sommaires indignes d’un débat. C’est procéder à de tels amalgames qui place le débat hors du cercle de la raison.
    Ayons l’honnêteté intellectuelle de reconnaître que nous sommes piégés et tout choix en la matière sera extrêmement douloureux pour les plus faibles. Je hais ces simplismes qui font croire à des recettes miracles. Et la rigueur intellectuelle impose qu’on s’en écarte.

  22. Rodriguez a dit :

    réponse à R-M Jennar (16 et 21)

    – en disant qu’il n’y avait pas de voie unique à la résistance contre le GMT qui passerait exclusivement par le Parlement européen en réponse à ta proposition de faire de l’élection du Parlement européen le 25 mai un véritable référendum pour ou contre le GMT il est vrai que je parts non de ce qui est dit mais de ce que je considère comme un implicite.
    Cela -à mon sens- n’autorise pas à y déceler de la perversité et autres amabilités!
    Car en mettant l’accent sur un aspect d’une possible résistance c’est d’autres possibles qui sont occultés.
    Et cet autre possible c’est celui d’une résistance qui privilégie la résistance et l’efficacité de cette résistance dans l’espace national comme cela a été en fait le cas -à mon sens- en 1998 contre l’AMI.

    -sur ton intervention au 21
    quels amalgames?
    je reconnais avec toi que nous sommes enfermés dans un piège. Certes!
    Mais tu mets là-aussi l’accent sur les dangers d’une sortie de l’Europe et de l’euro.
    Faisant chorus ici avec ceux qui sont opposés à tout changement et toute mise en question de l’Europe comme en 2005 à propos du TCE. Faire peur pour bloquer toute réflexion et toute audace!

    Et les dangers du statu quo?
    C’est par exemple là-dessus qu’un Jacques Sapir met l’accent; en soulignant les contradictions et les tendances à l’explosion d’une monnaie unique construite dans un espace foncièrement hétérogène alors qu’une monnaie unique suppose une certaine homogénéité et en tout cas de forts mécanismes de compensation et de redistribution.
    La question centrale étant celle d’une alternative entre une explosion incontrôlée ou d’une rupture et d’une évolution préparée pour justement contrecarrer les effets d’un chaos sur le fonctionnement de l’économie et ses effets sur les populations les plus fragiles en particulier.
    Gardons donc raison!
    Pour ma part je m’efforce de me garder du simplisme et du mirage des solutions magiques en essayant de tenir à distance l’emprise de l’idéologie dominante qui confond le nationalisme et ses crimes et l’attachement -à mon sens toujours- à la souveraineté populaire inséparable comme la démocratie de la souveraineté nationale.

  23. Erlen a dit :

    Je suis spécialiste ou expert en rien du tout, mais il faut m’expliquer comment sortir de cette construction européenne sans sortir de l’euro, car il me semble que cette monnaie est un outil de la castre financière mondiale et notamment américaine contre les peuples européens. Un pays qui veut maitriser et orienter sa politique sociale et économique doit maitriser l’émission de sa monnaie sans emprunter obligatoirement sur les marchés financiers privés . Il me semble toujours,qu’historiquement il est très difficile pour un peuple de contrôler démocratiquement son propre gouvernement, alors quant au gouvernement de la banque centrale européenne ça me parait totalement illusoire . Enfin, l’Angleterre, qui ne fait pas parti de la monnaie euro, s’en sort ni mieux ni moins bien, elle siege tout de meme a la BCE ainsi que certaines « élites » tout droit sorties de Goldmann an Sachs (Romano Prodi il me semble). Ce n’est pas être nationaliste de vouloir sortir de l’europe et de l’euro comme ce n’est pas être internationaliste de vouloir cette construction européenne qui elle est un outil de l’internationalisme financier

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