11 Mai 2015

Longtemps, j’ai adhéré au slogan « une autre Europe est possible ». Longtemps, j’ai cru réalisables les réformes nécessaires pour remettre le projet d’union des peuples d’Europe sur les rails d’une véritable « construction européenne ». Tous mes efforts ont donc été consacrés dans mes livres (en particulier dans « Europe, la trahison des élites ») et mes articles, à démontrer que l’Union européenne n’est pas l’Europe promise ; ce qui, implicitement, pouvait signifier que l’Europe promise était possible dans le cadre de l’UE.

Ce fut tout le sens de ma démarche lorsqu’il y a dix ans, je me suis engagé avec fougue dans le combat pour un « non de gauche » au traité constitutionnel européen – c’est-à-dire un non fondé sur la souveraineté populaire, sur la réalité des rapports de force entre intérêts opposés, sur le refus de confondre nation et nationalisme. Pour dénoncer le TCE, j’avais publié une brochure à laquelle j’avais donné un titre qui se trouve tout à fait confirmé aujourd’hui par la renaissance en force des nationalismes et le rejet d’Europe : «Quand l’Union européenne tue l’Europe».

Nous voulions provoquer une crise qui remettrait la question européenne à plat et permettrait les réformes indispensables. J’ai même, tout aussitôt après notre victoire, publié un livre intitulé « Quelle Europe après le non ? » dans lequel j’énumérais les réformes nécessaires et possibles pourvu que la volonté politique exista.

Puis vint le projet de traité de Lisbonne facilité par la forfaiture de Jacques Chirac refusant de retirer la signature de la France en conséquence du rejet du TCE par la majorité du peuple français. Ce projet, une véritable redite du TCE, put être ratifié parce que les élus PS et Verts ont apporté leur appui pour réunir la majorité qualifiée qui manquait à Sarkozy afin d’adapter la Constitution de la République aux nouveaux abandons de souveraineté.

Ce qui émergeait n’était en rien cette « autre Europe », mais l’aggravation d’une UE au service du secteur privé, acharnée au démantèlement des politiques sociales, vouée à l’organisation de la concurrence de tous contre tous, manifestant en toutes circonstances le mépris le plus total pour les principes démocratiques. Et les forces politiques qui auraient dû s’opposer à une telle orientation y adhéraient totalement.

Puis vint la crise financière qui vit les responsables de cette crise protégés par les gouvernements et les victimes punies par des politiques d’austérité. Cette crise servit de prétexte à de nouvelles avancées du pouvoir totalitaire d’institutions échappant à tout réel contrôle démocratique : la Commission européenne, la Banque centrale européenne et la Cour de Justice de l’UE. Les traités ratifiés en 2012 (MES et TSCG) ont consacré de nouveaux et insupportables abandons de souveraineté. Des traités qui furent soutenus avec la même force par la droite et par la social-démocratie européennes, toutes deux résolument au service de la dictature des marchés. On ne réformait pas l’UE, on en aggravait les orientations les plus néfastes pour les peuples.

La confirmation de l’impossibilité de réformer l’UE est venue de la bouche même de M. Juncker, l’actuel président de la Commission européenne, un homme qui, pendant dix-huit ans à la tête du gouvernement de son pays, a favorisé l’évasion des capitaux et donc l’incivisme fiscal dans les autres Etats membres : « il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens déjà ratifiés » (Le Figaro, 2 février 2015). Des propos scandaleux qui pourtant n’ont été dénoncés par aucun gouvernement, ni par le Parlement européen, ni par aucun parlement national.

Et voici que se négocie un traité transatlantique qui transformera les 28 Etats européens en 28 colonies américaines, avec la Commission européenne dans le rôle, cette fois au grand jour, de gardienne des intérêts des firmes euro-américaines.

On ne peut plus s’illusionner sur la possibilité, dans le cadre de l’UE, de ses institutions et de son mode de fonctionnement, d’une autre union des peuples d’Europe. Cette possibilité n’existe pas. Depuis 1979, à chaque scrutin européen, le PS promet l’Europe sociale. Alors qu’il sait très bien que cette Europe sociale est impossible en vertu des traités européens et des arrêts de la Cour de Justice de l’UE. A preuve : non seulement elle n’existe pas, mais l’UE est l’instrument du patronat relayé par les gouvernements pour procéder au démantèlement des politiques sociales dans chaque Etat.

Puisqu’une union démocratique et solidaire des peuples d’Europe n’existe pas dans le cadre de l’UE, c’est ce cadre, qui fait obstacle, que l’on doit combattre. On ne sortira de cette dictature d’un mode nouveau qu’en dénonçant les traités européens et les arrêts de la Cour de Justice de l’UE. On ne mettra fin à l’oligarchie technocratique qui dicte aux peuples d’Europe les volontés patronales euro-américaines qu’en faisant disparaître la Commission européenne. On ne mettra pas fin aux politiques européennes sans supprimer les institutions qui les engendrent.

Appliqué à l’UE actuelle, le slogan, « une autre Europe est possible » est devenu un mensonge. C’est une tromperie, dont seuls profitent ceux qui bénéficient de l’UE telle qu’elle est : les firmes privées dont le profit toujours plus élevé est la seule motivation. Car ce slogan retarde toute contestation fondamentale de l’UE, de ses institutions et de ses politiques.

Raoul Marc Jennar

Lu 10668 fois Imprimer Imprimer
1 Etoile2 Etoiles3 Etoiles4 Etoiles5 Etoiles (3 votes. Moyenne : 5,00 sur 5)
Loading...

87 Réponses pour “Les yeux qui s’ouvrent : non, une « autre Europe » n’est pas possible !”

  1. saphir a dit :

    @Jean – troll ?

  2. saphir a dit :

    @Raoul Marc Jennar – Oui je m’en souviens. C’est pourquoi j’ai envers vous un certain respect et ne comprenais pas le changement de votre chemin.
    Mon vote non au TCE puis plus tard ma participation à la manifestation de Versailles en février 2008 contre l’approbation du traité de Lisbonne par le parlement réunit en congrès, (nous étions, par un froid glacial,environ 700) sont issus, en partie, grâce à vos analyses de l’époque. Depuis j’ai erré politiquement (ne rencontrant pas d’echo des autres partis proche de ma sensibilité et de mes convictions) Bien plus tard j’ai rencontré l’upr et les conférences de F. Asselineau….. Pour l’instant c’est très intéressant c’est une lueur d’espoir avec un nombre d’adhérents qui grandit de jour en jour.

  3. matcheck a dit :

    Oui ne froisser personne sans tromper son monde,c’est un des objectifs. Car faire croire que nous obtiendrons +de 50% sur la sortie sèche de L’UE et de l’euro c’est ça tromper son monde selon moi. tu te permet encore une fois de sous entendre que le PG tromperait sont monde C’est pas sympa envers ceux que tu as croisés le temps d’une élection… mais bon.

  4. Raoul Marc Jennar a dit :

    Qu’un militant de parti s’accommode des tours de passe passe pour sortir des ambiguïtés et des contradictions, c’est bien le propre d’un militant de parti et c’est précisément pour cela que j’ai quitté le PG. Plus complice, sur l’UE, d’un discours qui manque de clarté parce qu’on manque de courage. Quant à réduire mon passage dans ce parti « au temps d’une élection », voilà bien le genre de propos mensongers dignes d’un partisan. J’ai adhéré au PG en juin 2012, après avoir spontanément fait campagne pour JLM et pour deux candidats du PG aux législatives; je suis devenu co-secrétaire départemental en 2014 et j’ai quitté le PG en mars de cette année. C’est un peu plus que le temps d’une élection. Mais discréditer, discréditer, il en restera toujours quelque chose. Des méthodes dignes de celles qui se pratiquent au quotidien au PS. On ne se défait pas de toutes ses mauvaises habitudes, manifestement.

  5. Raoul Marc Jennar a dit :

    Qu’un militant de parti s’accommode des tours de passe passe pour sortir des ambiguïtés et des contradictions, c’est bien le propre d’un militant de parti et c’est précisément pour cela que j’ai quitté le PG. Plus complice, sur l’UE, d’un discours qui manque de clarté parce qu’on manque de courage. Quant à réduire mon passage dans ce parti « au temps d’une élection », voilà bien le genre de propos mensongers dignes d’un partisan. J’ai adhéré au PG en juin 2012, après avoir spontanément fait campagne pour JLM et pour deux candidats du PG aux législatives; je suis devenu co-secrétaire départemental en mars 2014 et j’ai quitté le PG en mars de cette année. C’est un peu plus que le temps d’une élection. Mais discréditez, discréditez, il en restera toujours quelque chose. Des méthodes dignes de celles qui se pratiquent au quotidien au PS. On ne se défait pas de toutes ses mauvaises habitudes, manifestement.

  6. Raoul Marc Jennar a dit :

    Saphir : j’étais aussi à Versailles et ce fut une expérience navrante. Malgré cela, je reste animé, sans doute comme vous, par ces propos de Jaurès « L’Histoire enseigne aux hommes la difficulté des grandes tâches et la lenteur des accomplissements, mais elle justifie l’indicible espoir ». Bien à vous.

  7. CARLIN Jean-Pierre a dit :

    Trois jours après avoir ouvert un blog / « 8 Mai. Qui a gagné ? » où il dénonçait le rôle de l’Allemagne dans le blocage de l’Europe, Raoul en a ouvert un second sur ce même sujet de l’Europe, mais cette fois sans axer son propos sur le rôle nocif de l’Allemagne…
    Le blog précédent avait le mérite de s’appuyer sur l’Histoire mais Raoul assurait que, « après avoir échoué à deux reprises, la droite allemande a gagné. Elle domine les peuples d’Europe », – en appelant à « inventer les armes de la résistance ». A peine moins pessimiste, je me permettais tout de même de rappeler que « il n’y a pas de Fin-de-l’Histoire », – quelle qu’elle soit, il y aura une suite -, même si je manifestais mon accord sur l’insistance de Raoul à dénoncer « le poids du patronat », ajoutant à cette « constante historique celle de la servilité de ceux auxquels ce patronat délègue le pouvoir politique, baptisé droite ou gauche selon l’humeur tendancielle d’une démocratie qu’un déficit de citoyenneté obère ».
    Mais ce thème de la référence à l’Histoire pour analyser le présent ne semble pas passionner les foules : trois commentaires seulement… Bien dommage. Ne souhaitant pas parler aux murs, me voici donc sur ce nouveau blog. Non pour répéter mon propos du 8 mai, mais pour participer à la suite de ce débat élargi…
    Elargi mais partiellement confisqué, hélas, par des partisans de l’UPR. En revanche, je relève une citation pertinente de Daniel Bensaïd (par Jean /n°37), grand penseur politique qui manque beaucoup.

    D’une autre manière que Bensaïd, plus… historique (revenons-y), que l’on me permette d’évoquer la frontière de l’Empire romain, ce ‘limes’ qui distinguait deux mondes. En deçà, la cité et le citoyen. Au-delà, la tribu et l’ethnie. Ici, la cité, lieu de tous les mélanges et de toutes les agoras. Là-bas, la tribu, vissée dans la tradition ethnique où l’on hérite par le sang transmis.
    Car la France est héritière de ces deux mondes mais elle en a fait un dépassement lumineux : la Révolution de 1789 a fait résonner sur le XX° siècle l’appel de la Commune de 1870 : sans égalité sociale il n’y a ni liberté ni fraternité aboutie.. Comme les Lumières françaises, les Lumières allemandes éclairent aussi le monde de l’esprit : Kant et Marx sont allemands. Bien sûr, la tradition révolutionnaire des Allemands a été un phare. Mais si en France, vaille que vaille, les Lumières gagnent toujours à la fin, elles ont toujours perdu en Allemagne.
    Dès lors, voici les Français assignés à se montrer toujours davantage universalistes pour être eux-mêmes. A l’heure des mises en partage, s’il doit y avoir une idée fédératrice en Europe, l’histoire politique révolutionnaire de la France républicaine peut la proposer sans rougir. L’Allemagne ne le pourra jamais. Ceux qui ricanent en lisant cette ligne sont soit des ignorants soit des affidés de l’annexion qui est en cours.
    Voilà pourquoi la France peut et doit rompre l’encerclement qui s’organise autour d’elle par la conjuration des libéraux au pouvoir partout. Elle peut bloquer le nouvel empire, si elle le veut. Mais il faut tenir tête, refonder l’Europe, à partir de la France. Notre but essentiel doit être de stopper la marche au chaos en cours. Encore faudra-t-il avoir l’audace de proposer un autre projet. Attachons-nous d’abord à nos devoirs d’êtres humains unis par un même destin commun. L’écosystème qui rend la vie humaine possible est en grand danger. Le projet du futur européen et français est d’essence universaliste. Mais notre peuple doit d’abord se refonder lui-même – en convoquant une assemblée constituante pour passer à la VI° République.
    Les circonstances peuvent accélérer le cours de l’histoire et le tempo de choix. L’euro est le seul liant matériel de l’U.E. Sans lui, que resterait-t-il du projet dont tout le monde sait qu’il a été tué par le mercantilisme ? Qu’en restera-t-il en toute hypothèse après que le grand marché transatlantique aura été mis en place ? La discussion sur la monnaie unique n’est pas une discussion technique. Elle n’est qu’un aspect du problème posé dont la clé est ailleurs : qui décide en Europe et chez nous ? La rente ou le travail ? Le peuple ou l’oligarchie ? La Banque centrale ou les citoyens ? L’Allemagne ou l’union libre des peuples libres ?
    Les nations restent encore des acteurs de l’histoire essentiels en face des firmes transnationales, parce que ce sont elles qui peuvent produire le droit et les normes. Et les faire respecter par tous les moyens, y compris ceux de la force. Certes la nation peut conduire à la guerre si elle s’enferme dans une définition ethnique de son existence et se met au service d’intérêts égoïstes. Il en va tout autrement quand elle se vit comme une plate-forme de l’universalisme, partageant les devoirs communs de l’humanité tout entière. Sous cet angle, la France est une nation singulière. Elle a été bien fondée. Pourquoi notre pays serait-t-il complexé par la part de gloire universaliste qu’il s’est acquise ? Son voisin sénescent n’affiche-t-il pas sans ambages sur le fronton du Bundestag son ambition étriquée d’être voué au ‘deutschen Volk’? Le ‘Volk’ ! C’est-à-dire l’ethnie !
    Croire que pour notre nation tout futur dépend désormais de décisions qui sont vouées à lui échapper est un parti pris et non un fait établi. La puissance et l’énergie que contient la France permettent d’imaginer un autre futur. Il exige toutefois une confiance en soi, une volonté et une audace qui ne viennent pas toujours à l’heure dans notre histoire. Mais elles finissent toujours par arriver.

    Je dois m’excuser de la longueur de ce discours, discours qui – précision de grande importance – n’est pas de moi. Aurais-je été lu si j’avais placé les guillemets indispensables ? Quoiqu’il en soit, à partir du second paragraphe, après l’évocation de Bensaïd, il est la reprise, exacte quoique très partielle, des dix dernières pages de conclusion d’un ouvrage dont l’auteur, une nouvelle fois, n’a guère la faveur des médias. Mais comme son point de vue me semble plus que nécessaire à analyser, qu’on me pardonne ce subterfuge.
    Dois-je encore ajouter que ça n’est pas une devinette, tant l’identification est évidente ? En revanche, je suis désolé que les échanges ci-dessus n’en fassent aucune mention : quelles que soient opinions et conclusions de chacun, l’ouvrage en cause arrive à son heure et incitera peut-être certains à en savoir plus. C’est dans notre intérêt commun : « à ceux qui pensent aux générations futures de s’interroger. Quel monde leur laisserons-nous, en supposant que le changement climatique et les guerres qui couvent n’aient réglé toutes les questions à la fois ? » (Cette fois, j’ai placé les guillemets).
    C’est pourquoi j’ai pris la peine d’un exercice de cette nature.

  8. clement a dit :

    @Antoine – Je te conseille vivement d’aller voir le site du Mpep plutôt que de dire n’importe quoi…

  9. nuria a dit :

    Jean pierre je vous cite
    « La discussion sur la monnaie unique n’est pas une discussion technique. Elle n’est qu’un aspect du problème posé dont la clé est ailleurs : qui décide en Europe et chez nous ? La rente ou le travail ? Le peuple ou l’oligarchie ? La Banque centrale ou les citoyens ? L’Allemagne ou l’union libre des peuples libres ? »
    pour l’instant il semblerait que le décideur est « le libre échange » autrement dit l’oligarchie européenne (allemande) à la place du peuple.
    Le pouvoir de cette oligarchie c’est qu’ils sont unis sur une simple base :
    dominer le peuple à des fins mercantiles et de colonialisme ou empire comme si bien dit .
    Nous ne voulons pas de cet empire qui nous mène au chaos -notre problème-c’est que nous sommes incapables d’avoir une ligne de conduite: pour exemple:le fdg a été sabotée, chacun y va de sa vérité et refuse d’écouter l’autre….le CNR pourrait être un fil conducteur.. Nous le savons, les partis sont utiles .s’unir est une autre histoire.

  10. Alain FEDEL a dit :

    Merci pour votre réponse, Monsieur Jennar, qui éclaircit notre discussion et fait que je vous suis donc en tout point.
    J’aime ces échanges qui nous font avancer.

    Je suis par contre plus retenu sur certains propos que je découvre et qui me font craindre que l’union nécessaire à l’aboutissement de nos projets communs ne prennent encore plus de temps, si on y arrive un jour.
    J’ai l’impression que nous faisons passer une bannière avant une cause qui plus est partagée par nous tous ici.
    S’envoyer des « Troll » ou autres jugements stériles quand certains, plus ou moins adroitement ou moralisateurs ne font qu’exprimer leur rêve, c’est oublier que nous avons tous un jour été qualifiés de « complotistes » ou « fascho » par ceux, oligarques ou bas du cerveaux, qui n’avaient plus d’arguments et avaient tout intérêt à couper le dialogue.

    Peut-être pourrions-nous, loin des mots, penser une action commune puisque notre but est commun. Une écoute attentive que nous rapporterions chacun dans nos partis ou groupes de réflexion pour faire évoluer et leurs perceptions de tout ce qui n’est pas eux donc parfois hostile; et par là même, nous sentir plus fort ensemble.

    Que faire? Comment y arriver?
    Nous savons qu’après être sortis de l’UE, nous mènerons des combats chacun selon notre vision de la politique. Certains seront étonnés de se retrouver alors unis, d’autres de s’éloigner… Mais nous aurons gagné le respect les uns envers les autres car nous nous serons trouvés un instant à agir pour un même but. Et ça n’a pas de prix.

    Ceci étant dit, et pourtant réticent face aux pétitions, sachez monsieur Jennard que si vous lancez, vous qui êtes bien plus écouté que je ne le suis, la pétition que vous avez évoquée sur la sortie de l’euro à remettre au gouvernement français, je la signerai et la diffuserai.
    Je vous souhaite une bonne journée.

    PS (enfin, façon de dire… 😉 )
    Je vous avais, en vain, demandé en ami FB il y a quelques temps…

  11. CARLIN Jean-Pierre a dit :

    A l’attention de Nuria :
    Poser la (les) question(s), c’est y répondre… et je partage largement vos réponses, évidemment.

    Quant aux questions elles-mêmes, je dois répéter ici qu’elles n’ont pas été posées par moi (même si, évidemment, je les fais miennes – avec les réponses). Elles ont été formulées par quelqu’un dont je ne suis que le relais, parce que convaincu de la justesse des propos tenus. C’est ce que j’explique au début du dernier paragraphe de mon (trop) long propos du n° 55…

    Devrai-je ouvrir un concours pour que quelqu’un nous révèle mon secret de polichinelle ? J’ai expliqué hier les raisons de mon exercice de plagiat assumé au niveau de l’absence de guillemets (en fait, une reprise de phrases-clés des 10 dernières pages de l’ouvrage de ce « quelqu’un »).
    En vous remerciant pour votre attention.

  12. chantal Wender a dit :

    Je suis en accord total avec l’état des lieux de l’UE, des institutions , du fonctionnement, de la confiscation de la souveraineté des nations,et des cures d’austérité infligées aux peuples pour accroître la dictature des marchés et la captation des richesses par les oligarques financiers et spéculateurs de toutes les bulles…
    Il manque cependant une réflexion sur la manière de se sortir de cette impasse: Sortir de l’UE et de l’Euro semble devenir incontournable pour reconstruire d’autres coopérations européennes plus démocratiques, plus redistributrices, plus équilibrées , moins libérales , plus encadrées, moins mises en concurrences, au service du bien collectif

  13. Raoul Marc Jennar a dit :

    à Chantal Wender : Le processus de retrait de l’UE est prévu par l’article 50 du Traité sur l’Union européenne. Mais il faut tout d’abord qu’une majorité politique existe en France pour décider d’activer cet article. Ce n’est pas le moindre et cela va demander un grand travail d’information et de sensibilisation. Une véritable bataille des idées. J’ai suggéré qu’une initiative prise en dehors des partis politiques (à l’image de « l’Appel des 200 » lancé en octobre 2004 pour un non de gauche au TCE), mais avec leur soutien éventuel, débouche sur une pétition demandant au gouvernement français d’organiser un référendum sur le retrait de la France de l’UE pourrait fournir l’occasion d’un large débat. Ensuite, il est évident qu’une telle demande, par un gouvernement français qui aurait une majorité pour l’introduire, provoquerait un choc énorme. Et la France serait alors en position de faire des propositions pour une union des peuples d’Europe totalement différente de cette UE.

  14. Gilles Marceau a dit :

    Je vous cite : «dans plusieurs de mes conférences des militants de l’UPR se sont comportés comme des sectaires, répétant leurs slogans comme des croyants; totalement fermés à tout espère (sic) d’argumentation.»
    L’UPR est un parti qui a une ligne politique claire, basée sur des faits avérés et une argumentation claire. Il est donc logique que lorsque des militants UPR s’expriment à différentes occasions vous ressentiez une certaine répétition ; L’UPR n’est pas le genre de parti caméléon qui tient des discours changeant en fonction des auditoires.
    Vous dites que les militants UPR sont fermés à toute espèce d’argumentation. Les militants UPR que vous avez rencontré ne sont peut-être pas les meilleurs parmi l’UPR. Si vous souhaitez un débat de qualité où les membres de l’UPR seront ouvert à votre argumentation, nous pouvons organiser un débat avec le président-fondateur de notre mouvement, François Asselineau, qui a toujours montré la plus grande courtoisie lors des débats auquel il a pris part.

  15. Henri Marteau a dit :

    Question à Raoul-Marc Jennar :
    « On ne mettra pas fin aux politiques européennes sans supprimer les institutions qui les engendrent. »
    Pour une révolution c’est une Révolution !
    Selon vous faut-il aussi supprimer le Parlement européen qui n’est qu’une caricature de démocratie dont les représentants sont élus par 60% d’abstention ce qui signifie que les citoyens européens ne se font plus aucune illusion sur un éventuel changement de l’UE de l’intérieur.
    Moi aussi je milite pour la sortie de l’Euro et de l’UE qui persécute les peuples européens et forme le terreau fertile pour l’extrême droite.

  16. Raoul Marc Jennar a dit :

    Henri Marteau : même si des progrès considérables ont été apportés dans les pouvoirs du Parlement européen, celui-ci appartient à un ensemble institutionnel qui s’appelle l’UE, qui a sa propre cohérence et qu’il faut remettre fondamentalement et totalement en question. Une véritable union des peuples de l’Europe devait se construire avant toute chose sur un principe inaliénable : la souveraineté populaire.

  17. Michèle Dessenne a dit :

    Enfin ! Depuis ces dernières années le M’PEP argumente en faveur de la sortie de l’UE et de l’euro, dénonce l’impossibilité d’une « réforme de l’intérieur » du système de l’UE et se fait taper dessus, accusé de nationalisme. Alors enfin, plus nous serons nombreux à mettre au jour les mensonges de l’Europe sociale, de l’Europe de la paix et à revendiquer la sortie de l’UE, de l’euro et de l’OTAN et plus nous aurons de chance de gagner. 10 ans après le NON au TCE, réveillons la dynamique !

  18. clement a dit :

    @Raoul Marc Jennar – La souveraineté populaire doit se fonder sur une constitution:faut-il garder celle de la 5è que l’upr ne remet pas en cause,en fonder une sixième,celle que certains prônent de leurs voeux avec le risque qu’elle soit fabriquée par les élus trop soucieux de garder leurs prérogatives,ou faut-il en créer une de toutes pièces à la manière d’Etienne Chouard où le peuple pourrait se déterminer souverainement?

  19. Raoul Marc Jennar a dit :

    à Jean Clément : désolé d’une réponse bref, mais je suis très pressé étant sur le départ. J’ai toujours penser que si on veut changer au niveau européen, il faut d’abord changer en France. La Constitution de la 5e République est la moins démocratique de toutes les Constitutions de la République. Il faut changer la République pour changer de République. Je me suis déjà exprimé à plusieurs reprises sur un processus de rédaction de la Constitution réaliste, applicable et authentiquement démocratique. Je n’ai pas le temps d’y revenir, mais je le ferai de nouveau à l’avenir.

  20. Mirandola a dit :

    A Raoul en réponse « cette ambiguïté qui fait fuir vers l’abstention » `
    Aujourd’hui, l’abstention n’est pas une fuite mais un acte démocratique fort qui signe le refus de déléguer son pouvoir à un représentant en vertu de la « gouvernance du peuple par le peuple et pour le peuple ».

  21. Raoul Marc Jennar a dit :

    Mirandola : en dehors des éternels abstentionnistes s’ajoutent aujourd’hui, dans leur immense majorité, des gens pour qui le vote est le choix d’un projet et que faute de projet clair, ils se résignent à un acte par défaut, s’abstenir. Petite précision terminologique : la gouvernance, c’est la manière que désigner le système actuel : le gouvernement par une oligarchie où élus et lobbies sont confondus dans la prise de décision. Rien à voir avec le gouvernement du peuple par le peuple.

  22. charlicte a dit :

    Bravo Raoul, nous attendions cela depuis un moment déjà.
    Toto a dit :………….j’imagine que votre coeur penche désormais vers l’UPR ou le PRCF.
    Il y a aussi le MS 21 (mouvement pour un socialisme du 21° siècle).
    Ce nouveau Mouvement est, lui, REELLEMENT démocratique. Rien ne sort publiquement sans avoir été décidé par la majorité du conseil d’administration.
    C’est, pour le moment, un peu plus long qu’avec des mouvements ou partis dont le « gourou » décide de tout tout seul.
    Je mets de suite ton texte sur mon blog local (ms21.hautetfort.com)

  23. Raoul Marc Jennar a dit :

    à Charlicte : Merci pour cette info. Mais après deux expériences des partis politiques, cela me suffit. Et puis, je pense qu’il faut aussi, pour aider à rassembler des gens qui ne soient pas encartés. Je suis un homme de plume plus qu’autre chose, même si je considère qu’écrire, c’est déjà agir. Et si en dehors de mon travail de décodeur des textes abscons et de donneur d’alerte, je crois pouvoir être utile à quelque chose, c’est d’essayer de rassembler au-delà des allégeances partisanes. Il vaut mieux, dans cette perspective, être libre de toute attache. Et en dehors des circuits où l’appétit de pouvoir domine.

  24. matcheck a dit :

    « votre coeur penche désormais vers l’UPR ou le PRCF.
    Il y a aussi le MS 21 (mouvement pour un socialisme du 21° siècle).
    Ce nouveau Mouvement est, lui, REELLEMENT démocratique. Rien ne sort publiquement sans avoir été décidé par la majorité du conseil d’administration.
    C’est, pour le moment, un peu plus long qu’avec des mouvements ou partis dont le « gourou » décide de tout tout seul »
    C’est pathétique. … de lire ça et de vous voir laisser entendre qu’au PG vous avez assisté à autre chose qu’un fonctionnement démocratique. … Je ne vous ai pas souvent vu au CN c’est peut être pour ça. C’est décevant. Comme dit mordilla chez mermet, la division au sein de la gauche radicale ne peut relever que de la connerie

  25. Raoul Marc Jennar a dit :

    Matcheck : c’est hallucinant ! J’en viens à m’interroger sur le degré de perversité de certains qui affirment le contraire ce que j’ai écrit. Voyez ma réponse à Charlicte et à d’autres : ni UPR, ni PRCF, Ni MS 21. Alors votre déception et vos critiques sur des propos qui ne sont pas les miens, vous pouvez les garder. Et ne plus polluer mon blog. Parce que, s’il s’agit de parler de connerie, vous avez la palme.

  26. Carole a dit :

    j’y étais au PG et j’ai démissionné le 18 février,
    la veilleen soirée le PG aveyron nous envoyait les noms des candidats , mis devant le fait accompli , effectivement le fonctionnement démocratique au sein du PG est plutôt limite, limite…

    Quand manuel Bompard S.N du PG, se permet de dissoudre tout un comité(millau) en s’appuyant sur un communiqué du secrétaire du dit comité (qui dénonçait à juste titre l’alliance PCF avec un conseiller général socialiste sortant, « 3éme mandat ), alors qu’un collectif citoyen dont faisait partie aussi ce comité, avait refusé en grondant ce Gonzales proposé par des PCF!
    qui plus est,une dissolution sans écouter les deux parties, et en plusqui éjecte du Pg l’ensemble des membres de ce comité, ainsi chacun devra ré-adhérer en montrant patte blanche au secrétariat départemental du PG aveyron!

    et quand toujours en aveyron, le pg soutient encore le binome PCF/conseillère générale PS sortante(oui, encore un , 2me mandat), ceci décidé sans passer par une assemblée citoyenne ,sans que nous le votions en comités mais nous mettant devant le fait accompli, là, on peut se permettre de dire que non,les règles de la démocratie ne sont pas respectées.

    Les états majors du Pg peuvent bien s’en défendre en prétextant « l’urgence » ou « c’était compliqué » ou je ne sais quoi,
    on comprend alors qu’il y a eu tractations d’appareils dans le dos des militants qui se décarcassent à longueur d’années. c’est pas joli, joli!
    eh oui, les élus ps, pg et pcf, C.G ou C.R ne veulent pas perdre leur place, surtout lorsqu’on n’ a que ça pour vivre , certains n’ont jamais travaillé de leur vie. Oui, au PG, il y a des professionnels de la politique.

    Les partis se consacre surtout à grossir, essentiellement à visée électoraliste d’abord (leur horizon à tout bout de champs), le pg idem, qui voit partir ses militants , du moins ceux qui gardent une libre parole et ne cherchent pas dans un parti une pensée pré-machée , avec une activité militante qui se réduirait à du « non à l’austérité » remplacée 6 mois plus tard par « non à la loi macron », remplacée ensuite par …etc,etc avec les drapeaux etc.

    Car quand les militants au prises avec la réalité du terrain, engagés dans des luttes locales diverses, mettant en place des alternatiba aux 4 coins de la France , réalisent que les petits chefs et élus sont essentiellement enfiévrés par les campagnes électorales et que l’engagements sincères des militants servent de combustible pour les élections alors qu’on n’a jamais vu aucun de ceux là sur le terrain, (mis à part manifs avec la cgt) ou encore on les voit arriver mais on apprends qu’ils ont dit » ah bon, tu crois je dois y aller? » alors que c’est une évidence qu’il faut soutenir ces 2 gars à leur procès!! eh , bien, flute, on rends son tablier et au final on est bien content d’œuvrer sans eux , on en fait tout autant et même plus.
    Oui, moi aussi, j’ai perdu mon temps dans un parti, ah non, j’y ai fait connaissance de quelques personnes formidablement généreuses, virées depuis, il est vrai faute d’avoir le petit doigt sur le pantalon…

  27. minary a dit :

    Bonsoir Monsieur,
    Merci mille fois encore pour votre immense travail.
    Merci de votre integrite morale et honnetete intellectuelle.
    C’est un sentiment de paix enfin que nous ressentons a votre lecture.

    Quant au TTIP la CE fait le « job » : des » tribunaux permanents » dont les fonctions seront etendues a tous les « accords commerciaux » de « l’UE » (on verra l’internationnalisme de certains! car le manque de clarte peut etre aussi
    un manque d’honnetete et meme de l’ignorance! on verra la bonte ou charite
    des autres!) Le parlements nationaux verront les textes legislatifs verifies
    avant votation! (le senat de droite qui fait passer la loi Macron ne pourra
    plus faire passer un amendement « google » pour « envoyer un signal » a la CE.)

    Cela tombe bien! Merkel et Hollande ont decide de plus d' »integration europenne
    sans passer par un traite » ; des comites de parlements nationnaux (zone euro)
    se chargeront de nos lois (plus de frondeurs , plus de commission « institutions
    francaises et mondialisation » avec MGB, Parisot, Dufflot, Pisany-Ferri…..)

    Bien a vous

    http://trade.ec.europa.eu/doclib/docs/2015/may/tradoc_153408.PDF

  28. Raoul Marc Jennar a dit :

    à minary : grand merci pour votre appui. Je partage avec vous l’effroi dont on doit être saisi quand on observe avec quelle allégresse ceux qui nous gouvernent (ceux d’aujourd’hui comme ceux d’hier) s’emploient à démanteler nos acquis démocratiques et à réduire à néant ce principe fondamental hors duquel il n’y a plus de démocratie : la souveraineté populaire. Mais quand donc allons-nous nous révolter ? Avant qu’il soit trop tard ?

  29. Lemaître Valérie a dit :

    Bonjour Monsieur Jennar,

    Je suis belge et vous découvre à travers une vidéo publié sur Médiapart, une conférence que vous avez donné en 2013 sur l’explication précise du fameux (et effroyable) traité transatlantique qui vient de passer un premier test réussi au parlement européen.
    Bravo et merci pour la clarté de vos propos et pour la dénonciation en règle de l’énorme pantalonnade dont nous sommes victimes, nous citoyens européens. Je suis totalement d’accord avec vous : ceux qui nous gouvernent s’emploient à démanteler allégrement nos acquis démocratiques et à bâillonner la souveraineté populaire. En deux mots à détruire l’humanité (on va droit dans le mur à ce rythme là), oui et je ne pèse pas mes mots.
    Et je crois comme vous que la révolte est l’unique solution avant qu’il ne soit trop tard. Il y a la rue mais aussi les associations de citoyens (en Belgique le mouvement « Tout Autre » et son pendant flamand « Bovenhart ») qui veulent comme en Espagne et en Grèce faire de la politique autrement et remettre le citoyen aux centre des décisions, ces groupements grandissent lentement mais sûrement; le boycott des produits de consommation qui nous détruisent la santé et dont la philosophie unique est l’accumulation de bénéfice, au profit des circuits locaux ; le boycott des journaux et infos tenus par les grands groupes (c’est à dire quasi tous sauf les médias indépendants comme Médiapart, Monde Diplomatique et tous ceux qui font du journalisme d’investigation).
    Malgré mes convictions politiques qui m’ont jusqu’à présent toujours poussé à voter (quelle naïve j’ai été), je crois fermement à l’heure actuelle, que l’abstention peut être une forme de révolte. Imaginez que la population européenne ne vote plus (ceci dit ils seraient encore capable de trafiquer les votes et nous faire croire le contraire, c’est vrai que dans le contexte actuel il y a de quoi devenir parano).
    En tous cas à l’heure actuelle, j’estime que mon devoir en tant qu’artiste est de pousser le milieu dans lequel je travaille et les citoyens que je touche avec mon travail d’artiste, à prendre conscience de ce qui se passe, et à analyser et critiquer ce moment historique où nous sommes prêts à basculer dans une dictature économique sans foi ni loi made in USA (et que le monde économique et politique européen).
    Malgré tout cela, nous nous devons de rester « optimistes », pour nous et nos enfants. L’optimisme passe par l’action et non la dépression et l’inaction. On a vu qu’en Espagne et en Grèce dernièrement, qu il était possible de changer la donne (les espagnols et les grecs étaient probablement beaucoup plus loin que nous dans la survie et n’ont pas eu d’autres choix, mais quand même). Mon espoir est que la victoire de cette nouvelle gauche (ce nouvel élan politique), cette preuve d’un changement de conscience à l’oeuvre dans ces deux pays (car c’est cela dont nous avons besoin : UN CHANGEMENT DE CONSCIENCE), se répandant dans toute l’Europe. Vive la révolte, vive la révolution.
    Je crois fort aussi aux réseaux sociaux et échanges d’informations pour faire bouger les consciences (comme votre blog)
    Deux ouvrages qui m’ont permis d’ouvrir ma conscience à un autre discours (et que vous connaissez sûrement : – « Surgissement d’un nouveau monde » (Marc Luyckx Ghisi-un belge) / « Premières mesures révolutionnaires » Eric Ozan.

    Merci pour vos propos. Quand faites-vous une conférence en Belgique ?

  30. Raoul Marc Jennar a dit :

    Bonjour Valérie Lemaître, merci pour votre message. Je me suis déjà exprimé plusieurs fois en Belgique : à Bruxelles, Namur, Nivelles, Liège.A ce jour, je n’ai pas de projet de nouvelles interventions. Plusieurs de mes conférences sont sur youtube ou dailymotion.

  31. Georges-Henri Clopeau a dit :

    Le retour à la Nation, n’est qu’une étape qui s’avère indispensable, mais ce n’est pas le renoncement à instituer un jour une véritable Union européenne.
    Au lendemain de la guerre, tous les européens avaient un désir d’union et de paix. Tous se sentaient européens et les associations de jumelage prospéraient dans le respect mutuel et l’amitié. Moi-même, enseignant en Afrique noire d’octobre 51 à juillet 58, jamais un noir ne m’a considéré comme « Français » ; on me disait « Européen ». Ainsi, la notion de « peuple européen » a pénétré le monde. Il lui appartient d’organiser sa solidarité.
    Étant donné la diversité des nations qui forment l’Europe, le peuple européen ne pourrait organiser sa solidarité qu’en se donnant une constitution fédérale (respectant le principe de subsidiarité), et des représentants élus pour des problèmes communs (et non, comme aujourd’hui, au nom de partis politiques nationaux).
    Cela me semblait évident, et j’ai cru naïvement que les traités successifs donnaient à l’Union européenne cette constitution. Avec beaucoup d’autres, je me suis fait rouler. Voyez comme aujourd’hui, ces traités (et ce n’est pas fini) instituant seulement une concurrence libre et non « faussée par le pouvoir politique », conduisent les peuples à la misère, tout en s’efforçant de ressusciter les antipathies passées, afin que chacun impute sa misère au voisin (voyez les efforts faits aujourd’hui pour casser l’amitié franco-allemande). Il y a antinomie entre concurrence et coopération.
    Il est tout simplement abusif de parler d’Union européenne. Il n’existe qu’une union mondiale pour soutenir une guerre économique mondiale…. qui donne toute-puissance à des super-riches, corrupteurs, et prédateurs.
    Il est urgent de dénoncer cette « constitution » européenne, pour pouvoir ensuite en promouvoir une autre méritant le nom d’union. Mais je ne voudrais pas que cette dénonciation soit dite « sortie de l’Union ». Quand les Français se donnent une nouvelle constitution, ils ne disent pas qu’ils sortent de l’Union des provinces, ils ne disent pas qu’ils sortent de la France.
    Dénoncer la constitution européenne actuelle, nous l’avons déjà fait par référendum. Et donc nous pouvons considérer que nos gouvernements depuis nous ont trahi, reprendre notre souveraineté et d’abord la maîtrise de notre monnaie et de notre économie.

  32. Raoul Marc Jennar a dit :

    Bonjour Georges-Henri Clopeau, l’Union européenne est une réalité politique, juridique et institutionnelle. Elle produit du droit qui s’impose à tous les ressortissants des Etats qui en sont membres. Le nier, au motif que ce n’est pas une vraie union des peuples et que les finalités de cette UE nuisent au bien-être des peuples, c’est se voiler la face. Et c’est contre-productif d’un point de vue méthodologique si on veut convaincre de la nécessité de mettre fin à cette UE. Il ne faut pas se laisser impressionner par les mots : exiger une remise à plat, c’est-à-dire, une remise en question des traités européens, en droit, cela s’appelle « dénoncer les traiter ». Et c’est un droit fondamental dont jouissent tous les Etats en vertu de la Convention de Vienne sur le droit des traités. Certains utilisent le terme « sortir de l’UE » parce que c’est le mécanisme prévu par l’article 50 du Traité sur l’Union européenne. La démonstration a été faite au cours des dix années écoulées que l’UE n’est pas réformable. Je suis d’accord avec vous que mettre fin à l’UE n’est qu’une étape pour construire une indispensable union des peuples d’Europe hors de laquelle chacun de nos Etats sera soumis à la toute puissance des firmes transnationales (le paradoxe de l’UE, c’est qu’elle nous y conduit elle aussi, en particulier avec le TAFTA). Mais c’est une étape indispensable qui va exiger d’immenses efforts de mobilisation de notre peuple. Après, une fois cette volonté annoncée aux autres peuples européens, rien ne pourra se construire qui bafoue le principe incontournable de la souveraineté populaire réduite aujourd’hui à néant par l’UE.

  33. Georges-Henri Clopeau a dit :

    Tout d’abord, je veux vous remercier d’avoir pris le temps de me répondre, alors que vous travaillez tant et que votre santé inquiète tous vos amis. Bien sûr, sur le fond nous sommes tout à fait d’accord. J’ai peut-être tort de redouter que le slogan « sortir de l’UE » soit interpré par certains comme « rejeter toute idée d’union », ou « l’union est impossible », et qu’alors le public ne distingue plus bien le PG du FN. On peut d’ailleurs compter sur les médias pour enfoncer cette confusion dans les crânes. Ne pourrait-on pas préciser « nous voulons sortir de l’union actuelle » ? « sortons de cette « prétendue union » ?

    Je pense d’ailleurs que, si on introduisait notre monnaie nationale, à titre complémentaire pour notre usage interne (cf Une monnaie nationale complémentaire, de Philippe Derudder et André-Jacques Holbecq-éditions Yves Michel), nous n’aurions pas à sortir, on nous mettrait dehors, et on retrouverait notre souveraineté, avec retour à l’État du pouvoir régalien de créer la monnaie…et d’investir. J’espérait que la Grèce ferait cela, mais j’ai bien peur qu’elle se laisse écraser…comme a fait l’Afrique.

  34. Raoul Marc Jennar a dit :

    Re-bonjour Georges-Henri. Nous sommes d’accord : sortir de l’UE actuelle pour construire une nouvelle union des peuples fondée sur le respect absolu de la souveraineté populaire. Je ne crois pas que ce soit la position du PG qui me semble très flou sur la question. Excellente idée de réintroduire nous-mêmes notre monnaie nationale ! Ce serait un acte citoyen fort. Mais il faut, pour qu’il produise ses effets, que nous soyons très nombreux à nous en servir. Quant à la Grèce, attendons encore un peu. Tsipras n’a pas été élu pour sortir de l’euro ou de l’UE. Ce n’était pas dans son programme. Il va se trouver devant un choix : accepter les conditions de la mafia européenne ou refuser et demander par référendum au peuple grec s’il est d’accord de sortir de l’euro.

  35. Rafael a dit :

    @Raoul Marc Jennar – Bonjour, n’y aurait il pas un risque de monté de mouvement extrême par la nationalisation ? C’est ce que je lis souvent… Je suis encore qu’au début de mon éveil politique et tout n’est pas toujours très clair. Merci infiniment pour vos réponses.

  36. Pascal Sauget a dit :

    Puisque l’idée d’une autre Europe est une illusion, que les conséquences de la construction européenne sont néfastes et vont à l’opposé de toutes les promesses faites depuis des décennies, j’en ai conclu qu’il fallait sortir le plus vite possible de cette funeste union européenne. Essayant d’être cohérent avec moi-même, j’ai finir par constaté qu’un seul parti politique proposait une sortie réelle et sérieuse de l’union européenne, et j’y adhéré. Quand à la la situation si dramatique que nous traversons, je m’étonne des tergiversations et des chipoti chipota chipotons….

  37. Raoul Marc Jennar a dit :

    Rafael : le risque, c’est de voir les nationalistes de droite et d’extrême-droite devenir de plus en plus puissants à cause de la poursuite de l’Union européenne, parce que pour un nombre grandissant de gens, ils sont les seuls à s’opposer à cette UE. Nous avons besoin d’une alternative claire, à gauche, à l’UE : sortir de l’UE pour créer une union des peuples d’Europe qui le souhaitent fondée sur le respect absolu de la souveraineté populaire.

Répondre