22 Juil 2016

Qui connaît ce que fut le sort d’une ville qui s’appelle aujourd’hui St-Pétersbourg ?  Il fut un temps où elle s’appelait Leningrad.

L’ignorance de l’Histoire étant devenue une caractéristique des jeunes générations, rappelons que le siège de Leningrad par les troupes allemandes a commencé début septembre 1941. Parties des pays baltes conquis en juillet-août, les divisions allemandes du groupe d’armée nord de la Wehrmacht sont arrivées à proximité de la ville en quelques jours. Avec l’ordre d’Hitler de « raser Leningrad de la surface de la terre », elles passent à l’attaque et se heurtent à une résistance acharnée au point que les Allemands décident d’en faire le siège. Il a duré 872 jours pour se terminer en janvier 1944. Il a coûté la vie à 1.800.000 personnes, dont 1.600.000 Russes parmi lesquels un peu plus de 600.000 sont morts de faim. Mais la population de la ville et les forces soviétiques ont tenu bon. Cette ville est devenue, avec Stalingrad, un symbole de la résistance à l’envahisseur et des souffrances infligées par la Wehrmacht. Pendant trois ans, la formidable résistance de Leningrad a fixé sur place une partie importante de l’armée allemande, rendant impossible la conquête de l’URSS. La ville de Leningrad est une de ces grandes villes martyres de la Seconde guerre mondiale. Une de ces villes russes, innombrables, dont la conquête, réussie ou pas, a affaibli considérablement les capacités militaires de l’Allemagne d’Hitler.

Aujourd’hui, 72 ans après l’échec allemand devant Leningrad, des blindés allemands, frappés de la croix de fer, héritée de la Wehrmacht et restée le symbole de la Bundeswehr, se déploient, une nouvelle fois, à 150 km de la ville. Précisément dans les pays baltes – aujourd’hui dirigés par des gouvernements d’extrême-droite – d’où ils lancèrent l’offensive vers Leningrad.

On ne peut plus parler aujourd’hui, et nul ne s’en plaindra, de militarisme allemand comme on le faisait à bon droit tant avant 1914 qu’avant 1940. Mais il faut parler dans le même sens donné à cette expression, de militarisme américain. Les Etats-Unis d’Amérique ont besoin d’un ennemi pour justifier leur « leadership » mondial, comme dieu a besoin du diable pour justifier son existence. Et les va-t-en guerre à la tête des armées US représentent une menace permanente pour la paix du monde. D’autant qu’ils peuvent compter sur la servilité des dirigeants européens.

Les engagements pris après la fin de la guerre froide ont été reniés par les Occidentaux.  L’OTAN ne devait pas s’installer aux frontières de la Russie (ainsi que rappelé dans un excellent article de la revue Foreign Affairs, 29 octobre 2014). Les USA, avec des complicités européennes, ont fomenté des révoltes initiées par des ONG locales financées par les USA et l’. En utilisant habilement le ressentiment bien légitime des populations pour les épreuves subies du temps de l’Union soviétique, ces révoltes ont d’abord suscité de la part du pouvoir en place, démocratiquement élu, une répression qui a servi de prétexte à des rapports d’ONG internationales de défense des droits de l’Homme, financées elles aussi, par les USA et l’. Ces ONG internationales, peu le savent, sont financées pour stigmatiser les gouvernements que les USA et leurs vassaux européens veulent renverser, qu’ils soient démocratiquement élus ou pas. C’est ce qui s’est passé en Ukraine et en Géorgie. En Serbie, pour affaiblir un allié traditionnel de la Russie, le choix fut le démembrement du pays au prix d’une guerre illégale au regard du droit international et la création d’un Etat artificiel, le Kosovo, devenu aujourd’hui un Etat mafieux. Le but : encercler la Russie d’Etats passés sous le contrôle de l’OTAN.

Le renversement en Ukraine d’un gouvernement démocratique remplacé aujourd’hui par un gouvernement où domine l’extrême-droite fascisante et raciste a suscité la réaction de Moscou, mais aussi de populations russophones à l’est du pays ainsi que la rétrocession à la Russie de la Crimée par une population qui ne demandait que cela depuis l’effondrement de l’Union soviétique. En effet, dès 1992, le parlement de Crimée demandait déjà sa sortie de l’Ukraine. Le résultat du référendum approuvant cette rétrocession n’aurait pu être contesté si Moscou avait eu la malice de demander à l’ONU de l’organiser. Mais il est probable que les membres permanents occidentaux du Conseil de Sécurité de l’ONU auraient refusé cet exercice démocratique.

Car, ce que les Occidentaux appellent « l’annexion de la Crimée » leur est trop utile. Il leur offre le prétexte rêvé pour désigner un nouvel ennemi dont ils ont tant besoin pour satisfaire les attentes de leurs complexes militaro-industriels. Et imposer un embargo sur la Russie dont les producteurs Européens sont les principales victimes. Et installer des troupes dans les pays limitrophes de la Russie. Et organiser en Pologne et dans les pays baltes des manœuvres réunissant des dizaines de milliers de soldats qui sont autant de provocations adressées à la Russie.

Après les manœuvres organisées en mai qui ont vu, comme en 1941, des soldats espagnols (la brigade BRILAT aujourd’hui, la Division AZUL hier) aux côtés des troupes allemandes, des décisions récentes prises à Hanovre puis à Varsovie, sur ordre des USA, vont amener des éléments blindés allemands à opérer de nouveau à proximité de la Russie.

De la Mer Baltique à la Mer Noire, l’OTAN a érigé une ligne offensive – a « front line », pour parler comme eux – contre la Russie. L’OTAN met en oeuvre une véritable politique d’encerclement qui peut conduire au pire.

Jusqu’où ira l’obsession guerrière des USA ? Jusqu’où ira la servilité européenne ?

En mai dernier, quelques jours avant le 75e anniversaire du déclenchement de l’opération Barbarossa, nom donné à l’invasion de l’Union soviétique, des chars allemands frappés de la croix de fer se sont déployés de nouveau à 150 km d’une ville qui s’appelait alors Leningrad.

Réfléchissons et résistons.

Raoul Marc JENNAR

22 juillet 2016.

Lu 4 988 fois Imprimer Imprimer
1 Etoile2 Etoiles3 Etoiles4 Etoiles5 Etoiles (11 votes. Moyenne : 5,00 sur 5)
Loading...

20 Réponses pour “Des chars allemands à 150 km de Leningrad”

  1. Cris Cris a dit :

    Excellente analyse 🙂

  2. Des chars allemands à 150 km de Leningrad | ASPRO a dit :

    […] Juil2016 http://www.jennar.fr/?p=4974 Qui connaît ce que fut le sort d’une ville qui s’appelle aujourd’hui St-Pétersbourg ?  […]

  3. Marco JEAN-MONTCLER a dit :

    Bonjour à toustes et merci encore à Raoul Marc JENNAR pour cette alerte sur les magouilles des groupes militaro-industriels des USA et d’Europe via l’OTAN.

    Pour ma part cela me conforte dans l’idée que nous avons besoin d’une révolution pour virer les mafieux qui nous gouvernent.

    Je suis allé sur Paris le 11 juin 2016 (pour cause de panne de voiture j’ai été retardé d’une journée), le « conseilnational.fr » ayant fait un appel à la révolution pour le 10 juin.
    Quand je suis arrivé le 11, il restait une dizaine de personne et d’après ce qui m’a été dit, le 10 ils étaient une centaine à s’être déplacé sur Paris.

    Une centaine alors que nous aurions dût être un million pour avoir des chances de réussites.

    Bon avant de partir je savais que nous serions peu nombreux, puisque les vidéos d’Éric FIORILE n’étaient visionnées que par quelques centaines de personnes.
    Voilà pourquoi, lorsque ma voiture est tombée en panne vers Angoulême, j’ai décidé d’attendre qu’elle soit réparée avant de repartir, au lieu de continuer en train ou autre. ( Bon en plus j’avais une copine à aller voir à Angoulême, j’avais décidé de passer la voir à l’aller ou au retour avant même de tomber en panne. 😉
    De toutes façons je savais que c’était perdu d’avance, même avant de décider d’y aller quand même quelques mois plus tôt.
    Mais j’ai quand même fait ce déplacement car j’ai raisonné comme dans l’histoire du colibri chère à Pierre Rahbi : Un feu de forêt qui détruit la jungle, un colibri qui vole au dessus et lâche une goutte d’eau, et les autres oiseaux de la forêt qui lui disent « mais t’es fou, comment peux-tu espérer éteindre le feu avec une goutte d’eau ? », réponse du colibri : « Je sais bien, mais au moins moi j’ai fait ma part ! » …
    Je sais que les propagandistes du système ultra libéral mafieux qui gouverne le monde « occidental » actuellement traitent systématiquement de complotistes ou conspirationnistes les gens qui dénoncent les magouilles des ultras riches de notre planète, dans le but d’amener une confusion pour discréditer les lanceurs d’alertes.
    En effet ces mots de « complotistes » ou « conspirationnistes » ont tendance à nous faire croire que ceux qui croient dans les théories du complot sont eux même des conspirateurs.
    C’est très fort en matière de communication, pour couper court à tout dialogue, dès que le mot « complotiste » est prononcé, tout est dit, plus besoin de dialoguer puisque la personne est considérée comme un fou paranoïaque qui imagine des complots partout ou bien qu’il est lui-même un conspirateur …
    C’est la même stratégie de communication qui nous fait croire que les systèmes politiques actuels sont des démocraties, alors qu’en fait ce sont des oligarchies …

    Pour le moment les français sont gavés de « pain et de jeux » (RSA, allocations, foot, vélo, loto, etc.), donc pour la plupart, même s’ils sont un peu conscient qu’ils se font exploiter par les minorités ultra riches, ils n’ont pas envie de se remuer et de risquer de perdre le peu qu’ils ont …
    Les problèmes dont ils ne sont pas conscients, c’est que lentement mais sûrement les systèmes politiques actuels nous mènent tous vers un esclavage économique de plus en plus dur, voire à des génocides progressifs et sournois.
    Les très riches deviennent de plus en plus riches, alors que les plus pauvres sont de plus en plus nombreux : pour employer un « gros » mot, cela s’appelle de la « paupérisation » …

    C’est comme les attentats que nous subissons actuellement : franchement, ne pensez-vous pas que si nous arrêtions de bombarder les populations du moyen-orient, il n’y aurait plus d’attentats ? Voir à ce sujet : https://blogs.mediapart.fr/shartemann/blog/210716/les-deux-humanites

    Comment peut-on espérer voir les attentats cesser alors que nous massacrons de plus en plus de civils, femmes, enfants et vieillards innocents par nos bombardement ?
    Et comment peut-il en être autrement, dès lors où nos « ennemis » sont disséminés parmi les populations civiles ? Etc …
    Et l’autre enfoiré « chef des armées » qui nous dit que « la France » va intensifier les bombardements !!!

    En fait il nous prends pour des cons, mais il aurait tord de se gêner, nous sommes des cons !!!

    Je suis allé dernièrement à l’assemblée générale des faucheurs volontaires d’OGM (Organismes génétiquement modifiés) et j’y ais appris comment les gouvernementaux les ont roulés : sous prétextes de dialogues et d’ouvertures, ils ont réunis les représentants des anti-OGM avec des représentants des multinationales faisant la promotion des OGM, ce qui a permis aux multinationales d’étudier en détail les arguments des anti-OGM pour ensuite permettre à ces dernières de se servir de leurs connaissances pour développer leur propres stratégies de communications, enfin je devrais dire plutôt leurs propagandes …
    Et je ferai mieux aussi de dire : leurs « sales » stratégies de communication … 😉

    En bref, en acceptant le dialogue avec les « autorités », les anti-OGM se sont fait rouler …

    Et c’est la même chose pour les anti-nucléaires et autres contestataires comme les Zadistes, comme nous sommes tous dispersés et non coordonnés, nous nous faisons rouler en nous épuisant dans des combats perdus d’avance face à des autorités à la solde des plus riches…

    Alors que nous devrions nous unir en « convergence de luttes » et surtout nous attaquer à LA véritable cause de tout ce bazard : nos systèmes politiques qui nous font croire que nous sommes en démocratie alors que nous sommes dirigés par des mafieux à la solde des plus riches (ploutocratie déguisée) .
    Prenez 17 mn pour regarder cette vidéo et vous serez édifiés : https://www.youtube.com/watch?v=sM0Cafj1oy0 

    Désolé d’avoir été un peu long, mais je continue à penser que les membres du CNTF ( conseil national de transition de France ) ont raison, nous sommes actuellement dans une impasse et à mon avis la seule voie de sortie est de faire la révolution, pour permettre à la France de devenir vraiment une démocratie … Voir : http://www.conseilnational.fr/ et surtout le programme : http://www.conseilnational.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=39&Itemid=132

    OK, pour le moment nous ne sommes pas nombreux, mais est-ce une raison pour ne rien faire ? Les résistants en 1941 étaient-ils nombreux ?

    Et devons-nous continuer à nous épuiser à lutter contre les conséquences du système ou bien nous unir et nous attaquer aux véritables causes de nos problèmes ?

    Pourquoi les gouvernements et les médias ne parlent-ils presque jamais de l’arnaque de la dette ?
    Combien allons nous payer cette année pour le « service de la dette » ? 70 milliards ?

    Alors que nos gouvernements s’attaquent sans cesse à nos droits et services publics pour cause de soi-disant « crise » !

    Cela fait presque 40 ans que je suis les anti-nucléaires et que je participe de temps en temps à leurs manifs, mais qu’avons nous obtenus ? Est-ce qu’il y a moins de centrales nucléaires en France ?

    Les mafieux qui nous gouvernent projettent de prolonger l’utilisation des vieilles centrales devenues obsolètes et de plus en plus dangereuses … etc …

    Merci encore à Raoul Marc pour ses actions et cordialement à bientôt à toustes.

    Marco

  4. obermeyer a dit :

    L’Otan aux portes de la Russie , une guerre froide qui pourrait bien se réchauffer si Hillary Clinton est élue au USA ( sponsorisée par le complexe militaro-industriel , entourée de conseillers néo-conservateurs va-t’en guerre , ex secrétaire d’état au moment du coup d’état au Nicaragua , de la déstabilisation de la Lybie ) . Les Européens sont les dindons de la farce , payant les pots cassés au profit de l’oligarchie US . Ne doutons pas que des russophobes comme BHL , avec la complicité des grands médias feront encore une fois l’apologie de la guerre ( comme en Ukraine ) . On doit absolument rester vigilants et refuser la logique belliqueuse dictée par Washington .

  5. nuria a dit :

    Bras armé des USA ,l’OTAN ce grand prédateur des démocraties affûte ses couteaux !
    l’Allemagne complice éclairée de l’UE, qui domine et asservit économiquement les pays de l’Est (anciennement satellites de l’URSS) avance inoxérablement vers l’affrontement direct avec la Russie ……
    En tout lieux de la planète des conflits mijotent tuant les civils innocents..
    Un de mes oncles s’est retrouvé dans la division azul enrôlé de force…Il y est resté 16 mois justement aux portes de Stalingrad. Il a raconté à son frère (mon père) l’horreur au quotidien; la folie, la faim, le froid y compris dans les rangs allemands…..
    Tous abandonnés pour enrichir les marchants de canons.. le capitalisme n’a ni frontière ni états d’âme! il nous appartient d’y faire face et oui de résister !
    dommage qu’à gauche entre nous il n’y a pas de vision commune pour résister ..Et cela les capitalistes le savent !

  6. Anokee a dit :

    Oui, notre ennemi est le capitalisme, cad le mode de pensée, le mode de vie, l’idéal d’une poignée d’individus richissimes qui s’acharnent à organiser le nouvel ordre mondial où ils seront les maîtres colonisateurs de la terre et des autres planètes s’ils le peuvent. C’est leur rêve. Ils sont cinglés, fonctionnent à la cocaïne et se prennent pour des dieux. Ils sont pathétiques mais nous sommes leurs esclaves consentant dès que nous mettons les pieds dans leurs succursales : grandes surfaces dont les enseignes appartiennent à 2 ou 3 familles, les princiaux actionnaires des grandes marques, grosses industries, grosses firmes, banques… google, siemens, unilever, monsanto, Exxon et tous les autres dont on peut trouver la liste sur internet. Ceux qui se rencontrent dans les réunions fermées comme Bildeberg etc. Pour eux la planète-même est une ‘affaire’.. comme cela était déjà dit dans Network, très bon film de 1976.
    Donc même si nous ne parvenons pas à nous rassembler en masse, pour diverses raisons, − on n’y croît plus, on ne veut plus de chef, on se rend compte qu’ils font ce qu’ils veulent, etc. −, nous pouvons encore agir à notre échelle à travers ce que nous consommons et comment nous consommons. Mais bien sûr il ne faudrait pas que cela soit vécu comme privation. Il faudrait en ressentir l’intérêt pour nous même notre santé et notre avenir. Soyons un peu plus cohérents avec nos idées. Même si peu parmi nous prennent l’avion pour des petits congés au soleil des pauvres des autres contrées, et bien qu’ils le prennent encore moins. Acheter moins c’est difficile parfois on a tant de vides à combler. Et tant de combles à vider.
    Et je ne crois pas que ce à quoi certains attribuent le titre de Dieu ait besoin du diable pour exister.

  7. AnneHar a dit :

    Merci pour cette analyse en profondeur.
    Et avant Leningrad, c’était Petrograd, la ville de Pierre le Grand, « Eurasien » de la première heure, réformateur convaincu de la vieille Russie qu’il veut sortir de son « arriération », pour en assoir la pérénité, avec des moyens parfois assez radicaux, voire carrément impopulaires et brutaux (on dit qu’à son accession au trône, la première chose u’il fit fut de couper la barbe des popes de sa propre main, ce qui fit scandale…).
    De Gaulle avait eu la lucidité de refuser l’adhésion à l’OTAN, car quoi qu’on en dise, il travaillait POUR LA FRANCE.
    Ses successeurs notamment Sarkosi, portent la lourde responsabilité d’une des pires trahisons perpétrée contre la France en en faisant ce que les Américains durent espérer dès sa création, un membre de l’OTAN.
    Est-il encore temps de réfléchir à une sortie de l’OTAN ? De réveiller le soutien indispensable d’une volonté politique réelle ?
    On nous balade, pendant ce temps les choses se mettent en place selon les ordres des USA, et au-delà, des quelques 100 personnes qui jouent les maîtres du monde (et les apprentis sorciers).
    Comme tout cela se fait loin des feux de la rampe, il n’est pas surprenant que les peuples ne soient pas conscients de ces manoeuvres si dangereuses pour eux-même.

  8. RV a dit :

    Bonjour

    Vous écrivez :
    « Les engagements pris après la fin de la guerre froide ont été reniés par les Occidentaux. L’OTAN ne devait pas s’installer aux frontières de la Russie (ainsi que rappelé dans un excellent article de la revue Foreign Affairs, 29 octobre 2014)

    Avez-vous un lien vers cet accord ?

    Dans un article paru sur cette page :
    https://www.cairn.info/revue-politique-etrangere-2009-4-page-829.htm
    Sergueï Rogov écrit au contraire que :
    « À la toute fin de la guerre froide, certains leaders occidentaux avaient vaguement promis à Mikhaïl Gorbatchev que l’Alliance atlantique ne s’étendrait pas : un engagement jamais formalisé. »

    Qui croire ?

    cordialement
    RV

  9. RV a dit :

    Bonjour

    vous écrivez :  » Les engagements pris après la fin de la guerre froide ont été reniés par les Occidentaux »

    Mais Sergueï Rogov dément l’existence d’un tel engagement sur cette page : https://www.cairn.info/revue-politique-etrangere-2009-4-page-829.htm

    « À la toute fin de la guerre froide,
    certains leaders occidentaux avaient vaguement promis à Mikhaïl Gorbatchev
    que l’Alliance atlantique ne s’étendrait pas : un engagement jamais formalisé. »

    Cet engagement a-t-il été formalisé ?
    Savez vous où trouver le texte de cet engagement ?

    Vous n’êtes pas le seul à y faire référence, par exemple
    Pascal Boniface : http://www.iris-france.org/77545-lotan-a-besoin-de-faire-valoir-une-menace/
    mais lui non plus ne donne pas de lien vers cet accord . . .

  10. RV a dit :

    Monsieur Jennar

    je poste à nouveau ici au lieu de passer par votre adresse de messagerie comme vous me l’avez demandé.
    J’ai trouvé sans effort le texte de l’accord dit Acte fondateur OTAN–Russie de 1997 sur le site de l’OTAN
    http://www.nato.int/cps/fr/natohq/official_texts_25468.htm

    J’espère que je ne fais pas fausse route et que ce document est bien celui auquel vous faites référence quand vous parlez des engagements pris après la fin de la guerre froide.

    J’ai parcouru tout le texte à la recherche d’une information concernant cet engagements pris après la fin de la guerre froide par l’OTAN de ne pas s’installer aux frontières de la Russie.

    A ma grande surprise je n’ai trouvé que cet extrait :
    …/…Les Etats membres de l’OTAN réitèrent qu’ils n’ont aucune intention, aucun projet et aucune raison de déployer des armes nucléaires sur le territoire de nouveaux membres, et n’ont aucunement besoin de modifier un quelconque aspect du dispositif ou de la politique nucléaire de l’OTAN – et n’en prévoient nullement le besoin pour l’avenir. Cela inclut le fait que l’OTAN a décidé qu’elle n’a aucune intention, aucun projet et aucune raison d’établir des dépôts d’armes nucléaires sur le territoire de ces membres, que ce soit par la construction de nouvelles installations de stockage nucléaires ou par l’adaptation d’anciennes installations de stockage nucléaires. Par « dépôts nucléaires », on entend des installations spécifiquement conçues pour le stationnement d’armes nucléaires, et ce terme inclut toutes les catégories d’installations durcies, enterrées ou non (silos ou casemates de stockage d’armes) qui sont conçues pour entreposer des armes nucléaires
    …/…
    J’en retiens essentiellement deux choses
    1/ le déploiement d’armes nucléaires sur le territoire de nouveaux membres est effectivement une violation de ce texte et donc l’OTAN a bien violé ce traité en déployant des vecteurs sur le territoire de nouveaux membres
    2/ ce texte prévoit qu’il y aura des nouveaux membres.

    Vu la géographie de l’Europe de l’Est, et les membres existants au moment de la signature de ce traité, les nouveaux membres, annoncés dans le texte, ne peuvent qu’être aux frontières de la Russie ou s’en approcher.
    Ce texte ne dit nullement que l’OTAN ne devait pas s’installer aux frontières de la Russie.

    cordialement
    Romain Vitorge

  11. Raoul Marc Jennar a dit :

    M. Romain Vitorge : Merci de poser cette question de manière telle que tout le monde puisse connaître ma réponse. Vous avez raison de citer Sergueï Rogov quand il écrit « un engagement jamais formalisé ». Mais si les mots ont un sens, il parle bien d’un engagement, un engagement qui a été formulé, mais pas transformé en traité. Donc, je suis fondé à parler d’engagement. Ce n’est pas au document de 1997, dont vous donnez le lien, que je me suis référé pour affirmer « Les engagements pris après la fin de la guerre froide ont été reniés par les Occidentaux ». J’ai puisé dans les travaux du professeur Joshua R. Itzkowitz Shifrinson qui enseigne à la George Bush School of Government and Public Service. Il faut se souvenir que c’est George Bush père qui était alors Président des USA. Bon nombre des archives de cette présidence sont maintenant déclassifiées.
    Il n’y a pas de traité qui ait confirmé cet engagement. Mais il ne fait aucun doute que, pendant les multiples négociations (dont on a gardé les traces écrites) qui ont eu lieu en 1990 à propos de la réunification de l’Allemagne, cet engagement a été formulé à plusieurs reprises par les principaux responsables politiques occidentaux. Le 31 janvier 1990, le ministre des Affaires étrangères de la République fédérale d’Allemagne, Hans-Dietrich Genscher, déclarait publiquement : « pas d’extension de l’OTAN vers l’est après la réunification ». Le Secrétaire d’Etat US, James Baker, dans ses rencontres avec Mikhail Gorbachev et son ministre des Affaires étrangères Eduard Shevardnadze, a répété cet engagement à plusieurs reprises dans les termes suivants : l’ère de compétence (« jurisdiction » en anglais) de l’OTAN « would not move eastward » (vers l’est). Il a offert à Gorbatchev « assurances that there would be no extension of NATO’s current jurisdiction eastward ». On ne pourrait être plus clair. Un document du Département d’Etat US, déclassifié,indique que lors d’un entretien entre Shevardnadze et Baker, le 9 février 1990, ce dernier a promis : « iron-clad guarantees (des garanties en béton) that NATO’s jurisdiction or forces would not move eastward ». Le Chancelier allemand, Helmut Kohl, a formulé le même engagement à Moscou le lendemain. Je ne suis pas en mesure de vérifier maintenant, mais il me semble me souvenir que dans son livre témoignant des négociations internationales comme conseiller diplomatique puis secrétaire général de la présidence de la République, Hubert Védrine confirme cet engagement (Les Mondes de François Mitterrand : à l’Elysée (1981-1995), Fayard 1996).Les responsables de l’Union soviétique finissante ont fait confiance à la parole des Occidentaux et n’ont pas demandé de confirmer cet engagement dans un traité. Une erreur majeure. Mais il y a bien eu engagement. Gorbatchev rêvait d’une « maison commune européenne ». Il a cru les Occidentaux sur parole. Il n’avait sans doute pas mesuré la toute puissance du complexe militaro-industriel américain.

  12. Raoul Marc Jennar a dit :

    RV : Le site de la revue Foreign Affairs.

  13. jean-pierre carlin a dit :

    Pourquoi avoir utilisé le conditionnel dans les textes auxquels il est fait référence : « would not », au lieu du futur « will not » ? N’est-ce pas parce que l’engagement était soumis à une (ou des) condition dont il était fait état par ailleurs ?

  14. Raoul Marc Jennar a dit :

    Excellente observation, cher Jean-Pierre. Qui aurait du retenir l’attention de Gorbachev. Mais qui est tempérée par le fait qu’il s’agit non pas du texte d’un traité mais de conversations et que c’est la formulation anglaise de la conversation. Cela étant, il ne faut pas tenter d’extrapoler. Ce qui est clair, c’est que l’idée selon laquelle l’OTAN ne s’étendrait pas vers l’est (eastward) a bien été exprimée à plusieurs reprises par les principaux responsables occidentaux et qu’elle l’était de telle manière qu’elle constituait un engagement.

  15. jean-pierre carlin a dit :

    Merci pour ces précisions, cher Raoul. Cette affaire montre quand même que ces chefs d’Etat « de l’ouest » connaissaient la valeur, légère, de « paroles verbales », jouant probablement sur l’urgence pour un Gorbatchev (cependant pas dupe ?) de finaliser « son » processus largement avancé, – ce que lesdits avaient intégré comme paramètre essentiel.

    Je n’ai ni les compétences, ni la mémoire pour m’aventurer au-delà de cette hypothèse, mais, parlant sous ton contrôle, j’ajouterai quand même une (nouvelle) interrogation : comment se fait-t-il que les implications de la – fameuse – frontière Oder-Neisse n’aient pas été mieux déterminées, dans des textes ? Sans évoquer l’Ukraine (impensable à l’époque !), le ‘gros morceau’ de la Pologne et des trois pays baltes étaient des enjeux majeurs que l’encore puissante URSS, même en rapide évolution via une CEI mort-née, ne pouvait négliger ? … Ou alors, du point de vue de Gorbatchev, la pression de l’extrême urgence pour « réussir » ?

    A cet égard, l’existence de la verrue de la Prusse ex-orientale – enclavée – pourrait conforter cette hypothèse d’une sorte d’improvisation (du moins selon l’impression extérieure) arrangeant bien « l’Occident » : de mémoire, si Kaliningrad a supplanté Köenigsberg (et pour faire simple et vite), le rapport de force y présidant ne rappelle-t-il pas l’affaire contemporaine de Crimée ?

    Ces analyses de géostratégie sont essentielles, sur cet OTAN renforcé par les potentiels traités trans- pacifique et atlantique (1) : même combat !
    Plus de détente estivale ! Désormais,toutes les urgences commandent une vigilance permanente. Il est pourtant sans doute possible de ‘se ressourcer’ un peu en se projetant vers un Léningrad, débaptisé, alors que la symphonie du même nom, de Shostakhovitch, pour notre plus grande émotion, continue à nous l’imposer sans problème, – de même que, à l’inverse, Köenigsberg reste Kôenigsberg, et pas seulement grâce à Kant…

    ——–
    (1) Quant à l’urgence sur ceux-ci, je me permet de te rappeler, cher Raoul, ma question (sur thème de blog antérieur) sur les calendrier des engagements, – sachant qu’en l’occurrence, eux seront formalisés, ratifiés, mais selon des conditions destinées à tromper les peuples, la plupart des médias ne se sentant pas investis d’une quelconque mission d’alerte, pas plus que ‘nos représentants’ d’une certaine opposition… Ah, cette valeur récurrente de « responsabilité » !

  16. Raoul Marc Jennar a dit :

    Cher Jean-Pierre, il faut se remettre dans le contexte de l’époque. Après la chute du Mur de Berlin, en 1989, la principale préoccupation, en 1990, des Alliés de 1945 est la réunification de l’Allemagne. Deux problèmes se posent : la frontière orientale de l’Allemagne (la ligne Oder-Neisse) et l’extension vers l’est de la zone d’opération de l’OTAN du fait même de l’entrée de l’ex-RDA dans l’Allemagne fédérale. Ou bien toute l’Allemagne entrait dans l’OTAN, ou bien elle n’en faisait pas partie. Le prix à payer par les Occidentaux pour que toute l’Allemagne soit dans l’OTAN, c’était la reconnaissance par l’Allemagne de la frontière Oder-Neisse et la promesse d’une non extension de l’OTAN « vers l’est ». François Mitterrand a fait beaucoup pour que les Allemands (Kohl) acceptent cette frontière malgré de puissants groupes de pression issus des Allemands ayant quitté les régions autrefois parties du Reich. Il savait qu’aucun pays de l’est européen, URSS comprise, n’aurait accepté une remise en cause des frontières de 1945. Et le ministre allemand des Affaires étrangères, H-D. Gensher a formulé le premier cette promesse de ne pas étendre l’OTAN au delà de la frontière orientale de l’Allemagne. La France, la G-B et les USA ont répété cette promesse.
    Ce qui se passe aujourd’hui est à insérer dans un contexte nouveau, même si des analogies avec la guerre froide sont manifestes.
    Les USA veulent garder le « leadership » du monde. Ils refusent de renoncer à un monde unipolaire qu’ils dominent très largement pour évoluer vers un mode multipolaire dont ils ne veulent pas accepter la réalité naissante.
    Les BRICS ont présenté une proposition de ce monde multipolaire ; ces cinq pays (Brésil, Russie, Inde, Chine, South Africa) ont bloqué les propositions occidentales à l’OMC ; ils ont pris des initiatives pour échapper à l’emprise du FMI et de la Banque Mondiale. Intolérable pour les USA.
    La Chine devient un acteur économique majeur et augmente sa puissance militaire. La Russie de Poutine veut retrouver la grandeur de la nation de toujours qu’elle a été sous différents régimes. Intolérable pour les USA et leurs valets européens.
    Ce qui se passe aujourd’hui est un nouvel endiguement (« containment » disent les anglo-saxons). Il y a eu autrefois l’endiguement contre le communisme, à l’origine de la guerre du Vietnam et du soutien aux pires dictatures en Europe (Espagne de Franco, Portugal de Salazar, Grèce des colonels) et en Amérique latine, quand elles ne furent pas suscitées (Chili). Aujourd’hui, il y a l’endiguement contre la Chine-Russie.
    C’est tout le sens du partenariat trans-Pacifique (TPP) et du partenariat trans-Atlantique (TTIP, désigné par le sigle Tafta en France). Les USA d’Obama n’ont pas hésité à briser les engagements du dialogue économique stratégique Chine-USA qu’ils avaient adoptés sous les présidences républicaines.
    C’est tout le sens du « pivot » vers l’Asie décidé par la Secrétaire d’Etat Hillary Clinton et de la montée en puissance militaire des USA en Mer de Chine.
    C’est tout le sens des soulèvements provoquées en Ukraine et de la montée en puissance de l’OTAN dans les PECO, pays du centre et de l’est européen.
    Pour légitimer ce nouvel endiguement, la formidable machine de propagande US, fidèlement relayée par l’Europe politique et médiatique, s’est mise en marche. Toutes les occasions sont bonnes pour diaboliser la Russie de Poutine et la Chine de Xi Jinping tout en s’accommodant très bien des dictatures pétrolières (et pour cause) et autres et de gouvernements dans l’est européen où siègent des nazis fiers de l’être.
    C’est dans cette perspective d’endiguement qu’il faut observer ce qui se passe en Turquie et qui doit nous interdire des jugements hâtifs. Après la réconciliation entre la Turquie et la Russie, qui contrarie cet endiguement, alors que la position géographique de la Turquie est stratégiquement importante, il n’est pas exclu que les USA aient été derrière ce coup d’Etat manqué. Il y a des faits troublants : des avions de combat qui ont participé à la tentative de coup d’Etat ont décollé de la base turco-US d’Incirlik ; une équipe de CNN est arrivée en Turquie juste la veille de cette tentative. On connait les liens très étroits de cette chaîne TV avec le Département d’Etat et le Pentagone. On sait que lorsqu’un reportage important est programmé, il fait l’objet d’annonces répétées plusieurs jours avant sa diffusion. Or, rien de semblable avant l’arrivée de cette équipe. Je regarde CNN chaque jour et j’ai moi-même été étonné quand j’ai vu la journaliste Becky Anderson (qui est basée normalement à Abu Dhabi) présente au moment même où le coup d’Etat avait lieu. Enfin, les réactions du secrétaire d’Etat John Kerry aux accusations d’implication des USA dans cette tentative de coup d’Etat sont, c’est le moins qu’on puisse dire, fort timides.
    Erdogan est habile. Il sait qu’il ne peut pas s’en prendre directement aux USA. Il attaque violemment son opposant qui réside aux USA et s’en prend aux institutions et aux personnes que celui-ci finance en Turquie et qui véhiculent la propagande US.
    Une partie importante se joue en Turquie.
    On doit déplorer qu’il n’y ait plus de politique étrangère de la France, puisque c’est celle de l’OTAN. On doit déplorer qu’il n’y ait pas d’Europe européenne promouvant les valeurs européennes et protégeant les intérêts des Européens qui ne sont pas nécessairement ceux des USA.
    Mes activités actuelles ne me laissent pas le temps d’élaborer davantage, cher Jean-Pierre et il en va de même pour ta question sur les calendriers. Désolé. Très amicalement.

  17. jean-pierre carlin a dit :

    Cher Raoul, je n’avais pas pris conscience que mes questions, sur la base d’une mémoire qui avait besoin d’être rafraîchie, te conduiraient à une réponse prenant le temps nécessaire à un exposé très étoffé. A la fois désolé pour ce temps pris sur plus urgent pour toi sans doute, et reconnaissant de m’avoir rappelé en particulier ces années Mitterrand / Kohl / Genscher (qui, par parenthèse, ont vu une relation franco-allemande un peu plus équilibrée qu’aujourd’hui).

    Par ailleurs, sur la stratégie d’ « endiguement » (la formule de « politique d’encerclement » est aussi utilisée), tu en viens à l’actualité :
    Tu confirmes la liaison étroite entre menées de l’OTAN et démarche de « partenariat »-inféodation en matière économique, imposée par les USA (que j »évoquais dans le sujet précédent). Tu notes aussi les menées d’indépendance des BRICS qui, à la différence de la soumise UE, perturbent l’impérialisme US – mais jusqu’à quel point ? Tu nous révèles (ou confirmes, pour quelques-uns ?) que l’administration Obama a « brisé les engagements… Chine-USA » : de mauvais augure, ce « pivot » vers l’Asie de H. Clinton !
    Néanmoins, le plus intéressant pour moi (peut-être parce qu’en prise directe sur l’actualité ‘voyante’) est ton analyse de la question turque, ce qu’aucun média ne saurait, ni ne voudrait faire, en fidèle larbin des pouvoirs européens « valets » du grand frère… à moins que, sous peu, le Club Médiapart ou le Monde diplo…?

    De toute façon, et pas seulement moi, nous avons de ta part une réflexion sérieuse à mettre à profit. Une évidence pour revenir au… départ : en matière diplomatique les conversations ne sont jamais ‘paroles verbales’, quand (un peu de) franchise et (un peu de ) morale viennent perturber le cynisme de la ‘réalpolitik’ : à cette aune, comment juger les propos extravagants, contradictoires, pour tout dire, très inquiétants, d’un Trump ? Néo-isolationniste ? Pour le moment, il fait les choux gras de prétendus « journalistes »…
    … Mais j’ai failli repartir vers de nouvelles questions… Encore un grand merci.

  18. Les grosses orchades, les amples thalamèges.. – La Voix De La Libye a dit :

    […] Raoul-Marc Jennar – 22 juillet 2016 […]

  19. DES CHARS ALLEMANDS SE DÉPLOIENT DANS LES PAYS BALTES, À 150 KM DE LENINGRAD | histoireetsociete a dit :

    […] RAOUL MARC JENNAR […]

  20. Politique mondiale (liens) | ASPRO a dit :

    […] http://www.jennar.fr/?p=4974 […]

Répondre