12 Mar 2017

Nous sommes gouvernés par des irresponsables ou par des lâches, souvent par les deux. S’il en était autrement, les peuples n’auraient pas subi les deux guerres mondiales. Car la guerre n’est pas une fatalité, même s’il est des facteurs et des acteurs qui y poussent.

Depuis trois ans, nous commémorons la guerre 1914-1918. Nous commémorons, mécaniquement, car la compassion est devenue un comportement de circonstance. Nous commémorons sans conséquence. Où sont les colloques, les livres, les débats qui devraient interroger les causes de cette horrible boucherie qui en a engendré une seconde plus terrible encore ? Où sont les analyses des fautes politiques commises par les différents gouvernements ?

Je suis consterné par l’aisance avec laquelle on utilise le mot « guerre ». Certes, le vocabulaire guerrier dont s’empare les politiciens sert bien souvent à tenter de faire croire qu’ils sont des hommes d’ordre et d’autorité. On a vu ainsi un candidat à l’élection primaire du parti socialiste soucieux d’entretenir son image de chef, affirmer sans rire que Trump avait « déclaré la guerre à l’Europe ». Et pourquoi pas, tant qu’on y est, endosser les habits de Churchill et annoncer du sang et des larmes ?

Il est des mots qu’on ne devrait utiliser qu’avec parcimonie et celui qui désigne la pire des calamités, la guerre, est de ceux-là. Même le terrorisme qui provoque tant de souffrances n’est en rien comparable à ce qu’est vraiment la guerre telle qu’on la connue dans ses dimensions mondiales ou telle qu’elle frappa le Vietnam et frappe encore le Moyen Orient.

Et on a bien vu les conséquences catastrophiques des conflits provoqués par les apprentis sorciers qui ont plongé l’Afghanistan, l’Irak, la Lybie dans le chaos causant des centaines de milliers de victimes.

N’est-il pas inquiétant d’avoir vu croître la cote de popularité du chef de l’Etat chaque fois qu’il s’est érigé en « chef de guerre » ?

L’outrance des propos n’est que l’art des bouffons et des pitres. Mais ne sont-ce pas des bouffons et des pitres, fort dangereux par ailleurs, qui ont provoqué les pires des calamités ? De sinistres bouffons comme Guillaume II, Hitler, Saddam Hussein, Kadhafi. Mais, en face d’eux, de dangereux pitres comme Asquith et Viviani, Chamberlain et Paul Reynaud, G.W. Bush et Sarkozy.

L’usage d’un vocabulaire belliciste peut conduire à des comportements qui en découlent. La paix est redevenue un vrai sujet de préoccupation.

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10 Réponses pour “Pour la paix”

  1. Peretz a dit :

    Sans la cupidité des marchands de canon, qui tirent les ficelles de ces marionnettes, les guerres n’existeraient pas, du moins à grande échelle. Mais comme les usines d’armement profitent aussi aux salariés, et au commerce extérieur, on n’est pas près de modifier les choses. A quand une loi pour interdire la cupidité ?

  2. Riela a dit :

    Bonjour
    Merci pour ce cri de rage
    Un seul candidat aux élections qui viennent parle ce langage: JLM
    Alors soutenons le !
    A R

  3. carlin jean-pierre a dit :

    Je réagis à chaud à ce développement sur la guerre et sur l’usage du mot. D’abord pour remercier Raoul de nous faire tenir là un élément de réflexion dont nous avons bien besoin : le « vocabulaire belliciste » est à manier avec précaution.
    Réagir à chaud n’est sans doute pas la meilleure pratique sur ce sujet mais, en cette période très… chaude d’une campagne électorale sans précédent, avons-nous le choix ? J’introduis-là un autre sujet que celui traité par Raoul, avec la toile de fond de ce terrible XX° siècle.

    Car mon propos est, plus concrètement et dans l’urgence, de souhaiter que ces connaissances historiques et humanitaires si justement rappelées puissent servir à l’examen de notre situation française présente – si cruciale à quelques semaines d’un choix décisif.
    Considérant par ailleurs que nous n’avons pas non plus le choix quant aux références qui s’imposent, quant aux médias vecteurs de l’information courante du plus grand nombre de nos concitoyens, c’est ‘la politique du samedi soir’ qui est ma référence ici, et plus précisément l’intervention de J.L. Mélenchon hier soir dans l’émission de Ruquier / ONPC/ FR-2. (J’entends déjà ceux qui vous voir là une forme d’obsession pour l’homme ‘providentiel’, comme si le souci premier n’était pas de nous débarrasser d’abord de la monarchie présidentielle, – mais je poursuis).
    Et puisque je suis un instant dans la digression, je me permet aussi de dire qu’une autre invitée de l’émission, Anne Nivet, présentait un livre, non de reportage de guerre, sa ‘spécialité’, mais de reportage de terrain sur la réalité sociale de petites villes de France (« Dans quelle France on vit ») – et ça n’est évidemment pas réjouissant. En conclusion, courage et pertinence d’une journaliste qui sait faire la différence entre les différents états d’une société, usant à bon escient, expérience oblige, des mots lourds. A noter évidemment la sympathie de Mélenchon qui laboure de son côté le même terrain des opprimés et autres laissés-pour-compte.
    Par ailleurs, A. Nivet a pu participer à la remise à l’heure des pendules sur l’état d’urgence français assimilé de façon irresponsable à la guerre.

    D’où mon retour au sujet : pourquoi parler de JLM ? Parce qu’il a parlé de guerre – et de paix – et parce que, confirmant ses propos antérieurs, il est bien seul à parler de ce sujet en termes forts pour la paix. Il est le seul candidat à s’engager à un retrait de l’OTAN, et puis à afficher son opposition à cette ‘Europe de la défense’ qu’on essaie de nous vendre maintenant.
    En dehors des « irresponsables » et des « lâches », ou autres »bouffons et pitres » dénoncés par Raoul (ayons aussi en tête que, scellant l’échec du « chef de guerre » Hollande en Afrique, une fusion des factions islamistes est en cours sous l’autorité de Al Qaïda), ne pourrait-t-on enfin espérer pour notre pays un dirigeant responsable dans les circonstances présentes ?
    Et qu’on n’objecte pas, à nouveau, « l’ homme providentiel ». Dans le contexte si difficile du pays et du monde, ce serait faire un procès d’intention déloyal à un candidat qui s’est encore déclaré comptable de sa démarche à l’égard d’une ‘France insoumise’, sur tous les sujets radicaux du programme de celle-ci.
    Et par-dessus tout, ce serait marquer une défiance à l’égard d’un peuple qui, quoiqu’en disent les manipulateurs d’opinion, peut surprendre les pessimistes – pour peu qu’on continuer à l’alimenter en arguments pertinents permettant de développer la conscience citoyenne nécessaire au surgissement espéré le 23 avril.
    En souhaitant que ces quelques propos puissent contribuer à un échange – notamment sur le thème de la guerre qui s’invite de façon inquiétante – juste avant l’échéance de ce 23 avril.

  4. Marco JEAN-MONTCLER a dit :

    Commentaire deRielaBonjour
    Merci pour ce cri de rage
    Un seul candidat aux élections qui viennent parle ce langage: JLM
    Alors soutenons le !
    A R

    Bonjour à toustes,

    je dirai même plus, vite JLM et une assemblée constituante … 😉

    Merci encore RMJ

    Marco

  5. L'ours des P.o. a dit :

    Merci pour ce beau texte.
    Le vocabulaire belliciste est quasiment partout et quotidiennement…particulièrement dans le monde du travail! Il suffit de se retrouver au milieu d’agents commerciaux,pour ne citer que cet univers!

    Concernant la seconde guerre mondiale, les riches n’ont-ils pas dit juste avant: « plutôt Hitler que les bolchéviques! »?
    70 ans plus tard, à travers les interventions qu’un de mes oncles fait dans les collèges, à l’âge de 92 ans, on sent encore l’impact terrible qu’a eu l’exode familial des bords du Rhin vers le Limousin où il a été fait prisonnier et a passé 18 mois en camp. Malheureusement, il ne fait pas le lien entre ce qui lui est arrivé et ce que disaient les riches…Et il ne vote apparemment pas à gauche, ni même au centre…

  6. Mathilde a dit :

    En effet Jean-Luc Melenchon se prononce résolument contre la guerre
    alors qu.en préparant une Europe de la défense, il se prépare une Europe atlantiste de la,guerre !
    Quelle révolte doit être la nôtre devant les adorateurs de l’Argent !
    Mathilde

    Commentaire deRielaBonjour
    Merci pour ce cri de rage
    Un seul candidat aux élections qui viennent parle ce langage: JLM
    Alors soutenons le !
    A R

  7. L'ours des P.o. a dit :

    P.S.: ce n’est évidemment pas en Limousin que mon oncle a été en camp mais à Buchenwald et dans les sous sol de Dora (à la fabrication des V2) puis sur les routes d’Allemagne sur lesquelles nombre de ses compagnons d’infortune moururent.
    Dommage que l’on ne puisse pas éditer ses propres messages pour les corriger comme cela peut se faire sur un forum.

  8. Raoul Marc Jennar a dit :

    Son témoignage mériterait d’être publié. Des survivants de Dora, il n’y en a plus beaucoup. S’ils avaient pu s’exprimer à Nuremberg, Speer n’aurait pas connu une peine aussi clémente (20 ans). Impensable de recueillir ses souvenirs ?

  9. Anny Richard a dit :

    Ce message de paix sonne très juste, et quand on voit le désarroi de nos politicards, hormis JLM.
    Je connais vos différends, RM et JL. Pourtant, en ces temps de campagne électorale, JLM est bien le seul à expliquer ce qui se trame et à en dénoncer les dangers… pour mieux en développer les solutions. Je crois que cela mérite qu’on se penche sérieusement sur cette question.

  10. georges glise a dit :

    le ps , sur la question de la guerre comme sur d’autres, a oubkié jaurès, qui a pesé tant qu’il a pu pour éviter la guerre, ce qui lui a valu d’être assassiné. les vrais militants de gauche ont toujours été à la pointe du combat contre le bellicisme. actuellement les socialistes français se sont lancés dans des guerres dans divers pays africains puis au moyen-orient, pour lutter contre le terrorisme, sans chercher à comprendre pourquoi de grandes populations se sont ralliées à des mouvements terroristes. pour éviter les guerres, il faut d’abord savoir pourquoi des peuples se rallient au bellicisme.

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