02 Mai 2017

2002 : pour repousser le père , ce nostalgique de Vichy, de l’Indochine et de l’Algérie françaises, ce négationniste des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité et du génocide commis par la barbarie nazie, des millions de Françaises et de Français ont voté pour un Jacques Chirac dont ils ne partageaient pas les choix politiques. Nombreux sont ceux qui, cette année-là, se sont fait violence en votant contre leurs convictions. Rien n’est plus malsain dans une démocratie.

Mais c’est de là qu’est née la stratégie du vote utile. Le scénario parfait pour les tenants du système. La garantie de l’élection systématique d’un des leurs. Ils ne furent pas obligés d’y recourir lors du scrutin de 2007 puisque ni Ségolène Royal, ni à fortiori Nicolas Sarkozy ne remettait en cause l’ordre établi, celui du « il n’y a pas d’alternative ».

Sarkozy devenu à juste titre un épouvantail pour une majorité du peuple, c’est contre lui qu’on invoqua le vote utile. Ce fut l’opération menée à bien en 2012. Au premier, comme au deuxième tour, il fallait donner toutes ses chances au disciple du social-libéral Delors et ne prendre en aucun cas le risque que Sarkozy puisse être réélu.

Sarkozy évacué par son propre camp en vue de l’élection de 2017, la nouvelle menace surgit d’une opération bien menée depuis des années par la presse dominante, Le Monde en tête : la dédiabolisation du FN. Tout au long des dix années écoulées que n’a-t-on lu dans la presse dominante qui contribuait à faire du FN un parti comme un autre ? Que n’a-t-on entendu dans la bouche d’un Sarkozy ou d’un Valls des propos qui flirtaient avec la xénophobie et le racisme du FN ?

Cette dédiabolisation fut une réussite. Elle s’est traduite par une montée en puissance dans les sondages et lors des scrutins intermédiaires. Ainsi, normalisée, et donc plus proche d’une éventuelle victoire, la dirigeante du FN pouvait, pour les présidentielles, être présentée comme une candidature aussi répugnante que celle de son père en 2002. Il suffisait qu’à l’approche des élections, les médias dominants oublient la dédiabolisation et insistent sur les sondages pour ressusciter le discours de la peur, appeler au vote utile et ainsi écarter, au premier tour, une candidature vraiment de gauche.

Avec en prime, pour le deuxième tour, en face de Mme Le Pen reconfigurée en repoussoir, un pur produit du monde de la finance et du MEDEF, mais beau gosse, belle gueule, une sorte de Lecanuet un tantinet inspiré avec, parfois, des phrases qui sonnent bien, à la Kennedy, et souvent, des propos qui sonnent creux. Parfait produit marketing !

Et sans qu’aucun de ces soi-disant observateurs avertis ne s’en étonne, dans une urgence dramatisée, en un chœur quasi unanime le 23 avril au soir, où la moindre voix hésitante fut montrée du doigt, la droite classique, le centre et la droite solférinienne entonnent le pieu verset «  président ». Et tout aussitôt se joint à ce chœur un des artisans de cette opération, un des premiers responsables du succès actuel du FN, Hollande.

Mais qui ne voit que cet empressement est destiné à emprisonner l’électorat de gauche, une nouvelle fois, dans un choix qui n’est pas le sien ? Avec, à la clé, et ça c’est neuf, en face, d’une part une demande d’un vote d’adhésion et d’autre part un engagement ferme de pratiquer la pire politique de la plus brutale des manières. Ce qui signifie que les gens qu’on presse aujourd’hui de voter Macron vont voter pour quelqu’un qui non seulement brime leurs convictions, mais surtout menace leurs intérêts personnels. Car les intérêts de la finance et du MEDEF, dont Macron est le bras politique, n’ont jamais été ceux du peuple.

Ne convient-il pas, en présence d’un tel piège, de se poser la question, dans chacun des cas, en quoi consiste le danger ?

La menace Le Pen

Le Pen élue, c’est incontestablement une image totalement défigurée de la France. Une raciste, une xénophobe à la tête du pays, cela réduirait la France au niveau d’une Hongrie, d’une Pologne, d’une Ukraine, qui au moins peuvent expliquer qu’elles n’ont jamais connu la démocratie avant 1991.

Le Pen élue, nombreux aujourd’hui redoutent un passage légal vers une dictature fasciste (certains, les plus effrayés, parlent même de national socialisme et invoquent l’arrivée d’Hitler au pouvoir par la voie démocratique) par application de l’article 16 de la Constitution, ce qui permettrait la fin des libertés fondamentales, un « Vel d’Hiv pour les migrants », l’épuration idéologique et culturelle.

Le Pen élue, ce serait aussi un désastre social et économique dont les gens modestes qui votent pour elle seraient les premières victimes.

Je respecte ces craintes, surtout lorsqu’elles sont le résultat d’une confrontation directe avec le fascisme, d’une lucidité démocratique ou d’une exigence éthique (exigence que je dénie aux gens du PS et de LR qui ont tant fait pour le succès du FN avec les politiques initiées et soutenues). Et j’en partage certaines. Même si je tente de raison garder. D’abord, parce qu’il y a la manipulation médiatique dont l’intérêt est de pousser au paroxysme de la peur pour favoriser le poulain du patronat. Mais aussi, parce que je me méfie des analogies historiques. Nous ne sommes ni dans l’Italie de 1922, ni dans l’Allemagne de 1933, ni dans la France de 1940. Et, si répugnant soit-il, le FN ne dispose ni de SA, ni de SS, ni de la Milice et il n’est pas en mesure de dicter sa loi par la violence, sauf à surévaluer quelques groupuscules. Il faut se garder des références historiques qui n’ont qu’un faible rapport avec la réalité d’aujourd’hui. Ce qui n’enlève rien à la critique impitoyable dont le parti de Mme Le Pen doit faire l’objet et à la vigilance qui doit s’exercer de la part de tous les démocrates.

Nous sommes dans un régime présidentiel que, de Mitterrand à Hollande, on s’est bien gardé de tempérer ou de supprimer. Le peuple en est aujourd’hui largement victime. Les pouvoirs de la présidence sont grands. Mais ils ne sont pas absolus. Un président français a besoin d’une majorité parlementaire. Sur la base des voix obtenues par le FN le 23 avril, celui-ci n’a aucune chance d’obtenir une majorité parlementaire. Ce serait un premier barrage au pouvoir de Mme Le Pen si elle était élue.

Certains objectent que dans ce cas, en justifiant sa démarche par les manifestations et les grèves suite à son élection, situation qu’elle qualifiera de chaos, Mme Le Pen pourra se servir des dispositions de l’état d’urgence et de l’article 16 pour s’arroger les pleins pouvoirs. La question revient dans les débats et il faut l’aborder.

Relisons cet article dont nombreux sont ceux qui le citent dans sa version de 1958 en oubliant le dernier paragraphe ajouté en 2008 :

« Lorsque les institutions de la République, l’indépendance de la Nation, l’intégrité de son territoire ou l’exécution de ses engagements internationaux sont menacés d’une manière grave et immédiate et que le fonctionnement régulier des pouvoirs publics constitutionnels est interrompu, le Président de la République prend les mesures exigées par ces circonstances, après consultation officielle du Premier ministre, des Présidents des Assemblées ainsi que du Conseil constitutionnel.

Il en informe la Nation par un message.

Ces mesures doivent être inspirées par la volonté d’assurer aux pouvoirs publics constitutionnels, dans les moindres délais, les moyens d’accomplir leur mission. Le Conseil constitutionnel est consulté à leur sujet.

Le Parlement se réunit de plein droit.L’Assemblée nationale ne peut être dissoute pendant l’exercice des pouvoirs exceptionnels. 

Après trente jours d’exercice des pouvoirs exceptionnels, le Conseil constitutionnel peut être saisi par le Président de l’Assemblée nationale, le Président du Sénat, soixante députés ou soixante sénateurs, aux fins d’examiner si les conditions énoncées au premier alinéa demeurent réunies. Il se prononce dans les délais les plus brefs par un avis public. Il procède de plein droit à cet examen et se prononce dans les mêmes conditions au terme de soixante jours d’exercice des pouvoirs exceptionnels et à tout moment au-delà de cette durée. »

Cet article est effrayant. Au point qu’on doit d’abord s’interroger. Pourquoi ceux qui crient aujourd’hui au loup ne l’ont-ils pas fait disparaître quand ils en avaient le pouvoir ? Certes, cet article contient quelques garde-fous intégrés dans le dernier paragraphe. Mais en trente jours, bien des abus de pouvoir peuvent être commis. Je me demande d’ailleurs pourquoi les journalistes ne posent pas aux deux candidats la question du recours éventuel à cet article. Car Macron, autant que Le Pen, pourrait aussi s’en servir si son mépris du peuple provoque grèves et manifestations.

D’aucuns évoquent la possibilité de recourir à l’article 36 de la Constitution relatif à l’état de siège. Mais le pouvoir exécutif ne peut le prolonger au-delà de douze jours sans l’accord du Parlement.

Demeure la quatrième possibilité « dictatoriale » de l’éventuelle élue FN : les ordonnances. Relisons l’article 38 de la Constitution :

« Le Gouvernement peut, pour l’exécution de son programme, demander au Parlement l’autorisation de prendre par ordonnances, pendant un délai limité, des mesures qui sont normalement du domaine de la loi.

Les ordonnances sont prises en Conseil des Ministres après avis du Conseil d’État. Elles entrent en vigueur dès leur publication mais deviennent caduques si le projet de loi de ratification n’est pas déposé devant le Parlement avant la date fixée par la loi d’habilitation. Elles ne peuvent être ratifiées que de manière expresse.

A l’expiration du délai mentionné au premier alinéa du présent article, les ordonnances ne peuvent plus être modifiées que par la loi dans les matières qui sont du domaine législatif. »

On le constate immédiatement, l’accord du Parlement est indispensable. Il n’y a donc aucune possibilité pour Mme Le Pen de pouvoir y recourir. Par contre, Macron, lui, pourra. Puisqu’il disposera, lui, d’une majorité parlementaire comme on va le voir.

Ainsi est évaluée à sa juste proportion, me semble-t-il, la menace FN. Mais je respecte totalement celles et ceux qui font une autre appréciation. Dans l’évaluation d’un risque, il n’y a jamais de certitude absolue. Et cela vaut aussi pour ce qui va suivre.

La menace Macron

S’il ne faut pas que Mme Le Pen soit élue, il ne faut pas davantage que l’élection de Macron ressemble, par l’ampleur des voix obtenues, à une sorte de chèque en blanc qui lui permettrait de réaliser le projet qu’il porte. Car la menace Macron est bien réelle.

Convenons d’abord, qu’à la différence de Mme Le Pen, avec les ralliements nombreux qu’il a déjà obtenus y compris à droite, avec le renouvellement que va provoquer le fait qu’un tiers au moins des parlementaires sortants ne vont pas se représenter, un boulevard s’offre aux candidats d’En Marche. Même s’il ne réunit pas à lui seul une majorité absolue, il ne sera guère difficile à Macron d’obtenir le ralliement d’autres libéraux de droite ou de gauche. Il disposera d’une majorité au Parlement. C’est à retenir pour apprécier les moyens dont il va disposer pour imposer sa politique.

Et cette majorité pourrait, si la violence des réformes Macron provoque grèves et manifestations, justifier un recours à l’article 16 qui, soyons en certain, ne poserait aucun problème à ces élus-là. De toutes façons, Macron pourra gouverner par ordonnances. Souvenons-nous qu’il a clairement répété à de multiples reprises qu’il ne « cèdera rien » de son programme. Dès cet été, comme il l’a annoncé. C’est, en pire, la violence sociale et la brutalité antidémocratique pratiquées par Valls et annoncées par Fillon. C’est cela le « de gauche et de droite » dont se réclame Macron.

Macron élu pourra, dès cet été, provoquer le démantèlement du droit du travail et l’ubérisation de la société. Agissant par ordonnances, il abandonnera le dialogue social tant vanté quand il se pratique en Allemagne.

Macron élu, cela veut dire l’austérité généralisée, une précarisation massive des emplois et dès lors un appauvrissement généralisé de la population et une réduction de l’espérance de vie. Comme en Allemagne.

Macron élu, c’est la dictature de la finance et du monde des affaires. Le soutien aux groupes bancaires les moins éthiques comme BPCE, BNP Paribas, Crédit Agricole, Crédit Mutuel-CIC et Société Générale ; le soutien à des entreprises comme Bayer, Monsanto, Sanofi, qui font passer le profit avant la santé et la biodiversité ; le soutien à l’agro-business, ses pesticides et ses fermes de mille vaches et de dix mille porcs ; le soutien à Vinci, ses autoroutes onéreuses et ses travaux inutiles, coûteux et destructeurs du cadre de vie (ND des Landes); le rejet de la relocalisation de l’économie.

Le programme de Macron, c’est ce que l’organe patronal Le Monde appelle de ses vœux depuis tant d’années : réduire le périmètre de l’Etat, l’éternel attente des conservateurs de tous les temps et sous tous les cieux. Il y a toujours trop d’Etat pour ceux qui refusent une équitable redistribution de la richesse produite, c’est-à-dire, aujourd’hui, pour ceux qui rejettent la démocratie politique et la démocratie sociale ainsi que la transition écologique.

Macron élu, avec son soutien au TAFTA, au CETA à l’ACS et à cette pratique nouvelle du libre-échange qui s’en prend à la souveraineté des peuples, c’est le rêve de ses mentors qui se réalisera : « Quelque chose doit remplacer les gouvernements, et le pouvoir privé me semble l’entité adéquate pour le faire. » (David Rockefeller, Newsweek, 1 février 1999).

Macron élu, sa politique se résume en quelques mots :  le démantèlement progressif et irréversible de l’Etat.

Macron élu, c’est une mutation irréversible de la société française. L’impossibilité, observée chaque jour, de remettre en question les avancées néo-libérales, les accords de l’OMC, les traités européens, les directives européennes, tous textes transcrits dans la législation nationale, doit nous convaincre du caractère irréversible de la révolution conservatrice que Macron mettra en oeuvre. On ne reviendra pas sur les bouleversements Macron, il faut en être conscient.

A la différence des craintes légitimes qu’inspire l’élection de Mme Le Pen, dont on nous abreuve de manière apocalyptique, rien n’est dit par la presse dominante des dangers majeurs qu’apporte l’élection de Macron. Rien de plus naturel quand on sait quels sont les intérêts que sert cette presse. Et pourtant, la dictature qui vient n’est pas nécessairement celle redoutée par les médias.

***

Allons un peu plus loin dans la réflexion et tentons d’imaginer la situation en cas de victoire de l’un ou de l’autre.

Le Pen élue, le choc provoqué peut créer le désarroi ou le sursaut ou les deux consécutivement. Le désarroi, c’est une classe politique déboussolée avec des élus de droite se ralliant au FN afin d’être réélus, avec le marais des indécis, avec un parti socialiste en pleine décomposition ne sachant plus à quel libéral se vouer. Je suis d’avis qu’il n’y a pas grand chose à attendre des politiciens professionnels. Mais il n’est pas interdit d’espérer en même temps, face au désarroi, le sursaut. Il peut venir du peuple lui même, de ceux qui se sont abstenus, qui ont voté blanc et de ceux qui ont voté non pas pour Macron mais contre le FN. Ce sursaut, il viendra surtout de ceux qui se sont employés à offrir une alternative au FN. Une alternative qui n’est pas nourrie par les politiques qui accroissent l’influence du FN. Bref, Mme Le Pen élue, c’est la crise. Une crise extrêmement grave. Mais une crise, c’est toujours la transition d’un état vers un autre. En France, il a toujours fallu des circonstances extrêmes pour passer d’un état vers un autre. Peut-être certains ont-ils besoin d’un tel choc pour permettre l’indispensable mutation du système politique français ? Pour conclure, Le Pen élue, c’est un moment très dangereux à surmonter dans des délais relativement courts. Donc, cette analyse qui s’efforce à l’honnêteté intellectuelle, ne peut, pour ce qui me concerne, conduire qu’à une seule décision : pas une voix pour le FN !

Macron élu, sa marge de manœuvre va être conditionnée par deux facteurs : son résultat et le taux d’abstentions et de votes blancs qui l’accompagnera d’une part et la majorité parlementaire dont il disposera pour gouverner d’autre part. Si le 7 mai au soir, il y a davantage d’électeurs qui n’ont pas voté pour lui que les voix qu’il aura obtenues pour être élu, Macron saura qu’il ne pourra pas imposer à la majorité des Françaises et des Français qui lui sont hostiles – car cette majorité existera bel et bien – les politiques antidémocratiques, antisociales et anti écologiques que son programme et ses soutiens annoncent. On me rétorquera que le monde qu’il représente se soucie peu de tels scrupules. J’en conviens. Mais j’observe que Macron demande un « vote d’adhésion » et que se multiplient, de la part des libéraux ralliés à lui, des appels à ce que sa victoire « soit large ». C’est donc que cela a de l’importance vu le massacre social qui s’annonce. Sa légitimité sera fonction de son score. A chacun d’apprécier l’utilité, pour la suite, d’un Macron en dessous de 60% le 7 mai.

Macron devra aussi obtenir une majorité parlementaire qui lui donnera les mains libres pour ramener le peuple de France au sort qui était le sien au 19e siècle. Au nom, bien entendu de la modernité et de la lutte contre les archaïsmes. Discours classique qui était déjà celui des patriciens contre les plébéiens dans la Rome républicaine. On a vu qu’il peut réunir cette majorité parlementaire.

L’espoir

L’empêcher d’obtenir cette majorité doit donc être, dès à présent, l’objectif prioritaire des celles et de ceux qui veulent, pour tout le peuple de France, des « jours heureux ».

C’est possible. Si les 7 millions de voix obtenues sur le nom de Jean-Luc et sur le projet « L’Avenir en commun » ne se dispersent pas et se transforment en autant de sièges à l’Assemblée nationale. Le boulevard évoqué plus haut profitera de la même manière à La France Insoumise. Si elle reste rassemblée.

Ces 7 millions peuvent même devenir neuf ou dix, si s’opère autour de ce projet authentiquement alternatif un rassemblement non pas d’appareils discrédités, mais de femmes et d’hommes pour qui résister, c’est beaucoup plus que faire barrage. C’est construire.

 

Raoul Marc Jennar

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18 Réponses pour “Le piège, les menaces et l’espoir”

  1. Marco JEAN-MONTCLER a dit :

    Bonjour à toustes, ce texte que je viens de lire me conforte dans la décision que j’avais pris de m’abstenir au 2ème tour, mais de militer et voter ensuite pour les candidats de la France insoumise de ma circonscription aux législatives.

    Merci à RM Jennar pour ces réflexions que je vais partager sur facebook.

    Marco JEAN-MONTCLER

  2. Octavio Alberola a dit :

    Enfin, cher Raoul-Marc, tu deviens abstentionniste, et tu rejoins tous ceux et celles pour qui l’abstention est un acte politique de refus du système (la dictature du Capital) démocratique actuel, qui ne permet aux exploités que de choisir entre la peste et le choléra…
    En effet, s’abstenir c’est un acte civique s’il est fait pour continuer à lutter contre la dictature du Capital, version Macron ou version Le Pen.
    A chacun et chacune d’évaluer si, pour mener cette lutte, c’est mieux le faire face à Macron ou à Le Pen.
    Donc, tu dois en convenir, que le problème c’est comment mener cette lutte: soit continuant en tout moment la résistance au système ou retombant dans l’illusion de la mener à travers le vote d’une opposition de gauche au Parlement, comme tu proposes et bien que cela nous replonge dans la politique politicienne des partis et des candidatures, etc., etc. qui nous a mené là où nous sommes aujourd’hui.
    S’il faut attendre un sursaut, soyons lucides, cohérents et pragmatiques: contribuons à le produire; mais dans la lutte; pas à nouveau par le vote…
    Salut

  3. Humbert a dit :

    Tout est dit ! et si bien !…

  4. Face à la menace FN, un aveuglement suicidaire | ASPRO a dit :

    […] http://www.jennar.fr/2017/05/02/le-piege-les-menaces-et-lespoir/ […]

  5. morin a dit :

    Belle analyse mais comment lutter contre les GOPE si nous sommes toujours dans l’Europa ? Quittons l’Europa et ensuite discutons pour une nouvelle Europe !

  6. Raoul Marc Jennar a dit :

    Je n’ai aucun dogme; je ne suis pas « abstentionniste » par principe ; l’abstention ou le vote blanc répondent à mes yeux au refus du piège dans lequel le système nous enferme. Et pour ma part, je voterai blanc parce que je veux exprimer un choix.

  7. clement a dit :

    Entièrement d’accord avec cette analyse qui dit tout haut ce que pensent beaucoup d’insoumis ou de « non-insoumis ».

  8. Jean Bourgeois a dit :

    Excellente analyse. Résistons.
    Vu la situation concrète, si bien décrite par Raoul, le meilleur choix, la meilleure façon de résister aujourd’hui me paraît bien un vote blanc.

  9. carlin jean-pierre a dit :

    J’adhère totalement à cet article qui invite à une analyse dans les moindres détails, documenté comme toujours sur les grands sujets traités par Raoul.
    C’est en particulier les conclusions auxquelles conduit l’analyse de cet « effrayant » article 16 de la constitution qui, au-delà de l’état d’urgence, permet « l’exercice des pouvoirs exceptionnels », du 36 (sur l’état de siège) et du 38 (sur les ordonnances) – conclusions qui traitent du futur immédiat de l’élection qui retiennent plus particulièrement l’attention.

    Par ailleurs, je souhaite rebondir sur ce que Raoul qualifie de « piège dans lequel le système nous enferme » :
    le souci actuel de limiter la victoire de Macron au regard de la légitimité (dans le moins nocif des cas) m’inspire l’ observation suivante concernant le vote (blanc ou nul), ou le non-vote (l’abstention) :
    si l’usage, pervers mais admis, fait que l’on ne retient toujours (et malgré les résultats détaillés officiels) que les « suffrages exprimés », c’est à l’évidence pour ‘oublier’ les précités et, vite, assimiler ces ‘suffrages exprimés’ aux ‘inscrits’. Enorme escroquerie dont la responsabilité incombe surtout aux médias et autres ‘faiseurs d’opinion’ !
    Considérant que la différence Votants – (Blancs + Nuls) mettrait en évidence : 1°) le total des seconds, au lieu de les jeter à la poubelle ; 2°) que cette différence = « Suffrages exprimés » serait la base d’expression des pourcentages obtenus par chaque candidat, mais – et c’est capital – en les rapprochant du nombre des inscrits, ces derniers constituant la seule base de référence honnête au regard de la légitimité du ‘vainqueur’ : bien ou… mal élu ?!
    Le conditionnel ci-dessus va devoir, le plus vite possible, se muer au temps présent ! Au-delà des démarches pour la reconnaissance du vote blanc, on attend une initiative forte en ce sens.

  10. carlin jean-pierre a dit :

    A l’instant, j’ai omis de préciser que ma réflexion se situait dans le droit fil de la perspective évoquée par le dernier paragraphe de Raoul / § L’espoir… Mais cela va sans dire, sans doute.

  11. Jacques CAMBON a dit :

    Simplement merci Raoul pour cette analyse détaillée et objective. Mais Macron non plus n’aura pas de majorité si la France Insoumise se mobilise! Tout est encore possible!

  12. Nadine Berthier a dit :

    Que direz-vous le 8 mai, lorsqu’il faudra compter les insoumis dans les abstentionnistes et dans les bulletins blancs ? Seront-ils donc si nombreux que les voix pour EM seraient moins audibles ? et celles des insoumis suffisamment fortes pour porter un projet à moins d’un inscrit sur sept ? (1/6,74)
    C’est là que je crois aussi la question sensible. Où sont les « fameux » cahiers de doléances ? voir https://campagne.jlm2017.fr/evenements/convention/synthese_2
    Ceux-là seraient une base constructive pour un mouvement de fond. Ceux qui comme moi n’ont pas vu se réaliser, hormis la création du SMIC et quelques libéralisations des mœurs, de véritables transformations sur les grèves générales de 68, doutent d’un bouleversement suffisant avant la fin du printemps.
    Des responsables politiques ont construit, depuis les années 50, une France de petits propriétaires, quand l’Espagne et l’Allemagne sont en tête des pays européens pour l’habitat collectif. Le livre de Bourdieu « la Misère du Monde » en rappelle les méfaits.
    Qui construira une communauté de résistance ? ceux qui n’ont pas voulu dialoguer ni s’écouter ni coopérer ? Donnez-moi des éléments tangibles d’un futur de rénovation, de renouvellement, de révolution… Si la présence de MLP me suffit à poursuivre un combat de militance jamais achevé, son élection le verrait jusqu’à mes derniers jours anéanti… celle d’EM le vitalise, sans l’annihiler.
    J’en ai pour preuve une intrusion dans mon ordinateur lors d’une visite sur un site anodin, le samedi 22 avril.

  13. bonnet patrick a dit :

    point de vue d’un insoumisLAMBDA à des candidats insoumis(es) aux élections législatives.Entant qu’insoumis lambda,pas de vote Lepen et donc choix :Macron,abstention,blanc
    Mais vous les candidats vous n’etes pas des insoumis lambda ,tout comme JLMélenchon car vous etes les porte-paroes d’un programme « l’avenir en commun ».
    Si j’étais un adversaire politique lors de ces élections législatives ,il me serait facile de voir si vousavez émargé sur les listes électorales. 2 possibilités vous avez émargé et donc je ne pourrai que conclureque vous avez voté Macron ou Blanc. Par contre si vous n’avez pas été voté et donc vous etre abstenu,ce serait pour moi,comme adversaire politique du pain béni.
    Imaginons qu jlMélenchon ne vote pas !!! quelle en serait les conséquences pour notre mouvement?
    Mais ceci n’est qu’un avis d’un insoumis d’Hier, d’Aujourd’hui et de Demain

  14. Georges Pons a dit :

    @Jacques CAMBON – Le retour de la consultation proposée par JLM au soir du premier tour à ses militants de campagne, avec un peu plus seulement de la moitié de réponses et un partage, pour ceux qui se sont exprimés, entre « voter Macron » et voter blanc ou nul, en dit assez long sur le peu de fiabilité de cette ambitieuse partie de l’électorat. Et ça ne va malheureusement pas dans le sens de ce que relève JP Carlin.

    Je voterai évidemment blanc, conforté, si besoin était, par l’analyse de Raoul.

  15. Raoul Marc Jennar a dit :

    Ce propos ne s’adresse pas à moi; je ne suis candidat à rien. Et je n’exerce aucune responsabilité au sein de la France Insoumise. Je me contente d’être un observateur engagé.

  16. Raoul Marc Jennar a dit :

    Il y a grande erreur à croire que ce que Macron détruira pourra aisément être reconstruit et que son élection n’annihilera pas de grands espoirs. Si on veut bien réfléchir : quel recul démocratique et social a-t-on été capable d’enrayer depuis que s’est mise en marche, en 1983, la révolution conservatrice néo-libérale ? Quel traité européen a-t-on été capable de modifier ? Quelle directive européenne a-t-on pu abroger ? Sachant que ces textes ont été intégrés dans le droit national. Sur quel recul social est-on revenu ? A-t-on abrogé la loi Macron ? A-t-on abrogé la loi El Komri ? Ce que Macron nous annonce n’est pas davantage porteur d’avenir que ce sur quoi les médias nous alertent à propos d’une éventuelle élection de Le Pen. La dictature fasciste est certes plus brutale et la dictature de la finance plus insidieuse mais ce sont toutes les deux des dictatures. Quand Macon annonce qu’il ne cèdera rien et qu’il gouvernera pas ordonnances, c’est tout aussi peu démocratique que les intentions prêtées au FN. A moins que l’espoir se réduise à la perspective de belles et grandioses manifs qui ne changeront rien mais feront plaisir.

  17. elisabeth geral a dit :

    Merci à Raoul Marc pour son analyse que je partage, mais que je n’aurais peut être pas su rédiger aussi clairement. J’ ai quand même quelque chose à ajouter : Pourquoi tous ceux qui justifient par la création d’un « front républicain » leur exigence de faire voter Chirac en 2002 puis Macron maintenant, n’en tirent pas la conséquence immédiate pour que cela ne se reproduise plus:? C’est à dire, dissoudre au nom de la démocratie ce parti qu’ils jugent implicitement « anti républicain » et qui interdit ainsi aux citoyens de voter librement pour le candidat républicain de leur choix..Dans les année 80/90, nos mots d’ordre dans les manifs’ les tracts, les articles appelaient clairement à la dissolution du FN, pourquoi abandonner cette revendication aujourd’hui ? Pourquoi ne pas avoir commencé dès le début de la campagne à manifester physiquement et à travers articles et tracts pour justifier cette demande de dissolution ? Pourquoi ne réclamons nous pas la déchéance des droits civiques pour les politiciens de tous bords condamnés pour leur racisme, leurs malversations et autres malhonnêtetés ? Je m’étonne vraiment qu’aucun politique et notamment JLM pour qui j’ai voté en 2012 et 2017,ne parlent pas de ça. En 68 De Gaulle ne s’est pas gêné pour dissoudre arbitrairement les partis trotskistes et maoïstes !
    Après bien des hésitations, j’ai choisi (comme en 2002) de voter nul dimanche afin de revendiquer la dissolution du FN. sur mon bulletin. de vote. C’est un choix personnel qui ne critique aucunement ceux qui préfèreront le vote blanc ou l’abstention.

  18. carlin jean-pierre et nicole a dit :

    Je concède à G. Pons (n°14) que, hélas, les résultats de la consultation post 1° tour des Insoumis ne va pas dans le bon sens. Pour autant, la capacité de re-mobilisation de la FI pour les 3° et 4° tours est là : donc « tout est encore possible » et J. Cambon (n°11) a raison. Aussi bien, existe-t-il un autre choix ?

    En ces jours glauques où nous touchons le fond, avant ce 2° tour aux turpitudes jamais atteintes précédemment,c’est le « quelque chose à ajouter » – et si bien ajouté par E. Geral (n°17), qui me réconforte dans la recherche d’une nouvelle source d’énergie nécessaire à la re-mobilisation en cause.
    NB au passage : Je n’ai pas le flegme de R.M. Jennar pour « me contenter d’être un observateur engagé » (… et un peu plus, Raoul, car tes actes parlent pour toi… mais modestie oblige, sans aucun doute).

    Donc, pour moi, ce « quelque chose » est très important parce qu’il est une réponse aujourd’hui à des comportements d’intolérance et de culpabilisation que l’on ne peut accepter de la part de gens qui ne se sont pas engagés quand il en était temps, ou pire (?) en jouant les vibrions de la dernière heure !
    Par ailleurs, il est évident que ça n’est pas la solution – radicale – qu’il préconise, qu’on peut retenir pour une application en « conséquence immédiate » : l’auteure, E. Geral, le sait mieux que quiconque, car ce serait allumer la mèche de troubles. Mais il faut que ce soit noté clairement au niveau de ‘cahiers de doléances’.
    Car à terme, il faudra bien créer ces dissolutions et ces déchéances de droits civiques préconisées, voire levées plus facile d’immunités avec renforcements de sanctions encourues. Notons avec satisfaction que cela correspond bien à ce qu’énonce largement le programme ‘L’Avenir en commun’ dès ses premiers paragraphes sur ‘l’urgence ‘démocratique’ pour la révolution citoyenne.
    Mais avec le souci, toujours présent en parallèle, de ne pas pas glisser vers le ‘tout répressif’, sachant en particulier que, du fait du système représentatif incontournable, il ne faudra pas ôter le goût aux citoyens de se porter candidats à une mandature. Se rappeler à cet égard ce que le philosophe Henri Pena-Ruiz – Insoumis – plaçait en tête de son bel article, il y a quelques jours, citant l’incontournable Montesquieu (de mémoire) : le despotisme est le gouvernement par la peur…

    … Et nous voici revenus à nos problèmes immédiats. Je ne paraphraserai pas ce que dit, et dit bien, E. Geral (n° 17). Je ‘rebondirai’ seulement sur un autre aspect de son propos : je suis sensible à son évocation de ces actions des années 1980/90 pour la dissolution du FN : ma femme et moi avons été signataires de la pétition initiée par le Charlie de l’époque, en ce sens… J’hésite à le dire, mais je rappelle quand même que, malgré près de 200.000 signatures, Philippe Val (celui d’avant son action musclée inacceptable pour le TCE en 2005) céda à… la peur (celle du despotisme susvisé) et obtint en 1996 du ministre de l’intérieur, l’illustre J.L. Debré, que cette pétition soit finalement déchirée… C’était avant l’internet, mais peu (m’)importe que la promesse ait été tenue. Car ce fut finalement un lamentable fiasco.
    Alors, pour demain, c’est de ce genre de choses qu’il faut tenir compte, sachant que les adversaires (ennemis ?) politiques ne font pas de cadeaux. L’outil est là ; que la FI remette tout cela sur le métier, c’est notre souhait le plus cher. L’opportunité ‘historique’ des 11 et 18 juin risque ne pas se représenter de si tôt. Soyons confiants dans la lucidité et le potentiel des actifs (je ne peux plus en être, hélas) pour développer dans le bref délai imparti tous les moyens nécessaires à une réactivation de la prise de conscience et au rassemblement pour ce combat crucial, qui ne concerne pas le seul hexagone-et-« îles »-associées : le sort de la planète ne peut attendre !
    J’en ai déjà oublié ce vote blanc/nul – passage obligatoire de ce triste dimanche prochain qu’il va falloir subir. En revanche, je n’accepte pas tous ces donneurs de leçons de la dernière heure – j’y insiste – et remercie encore E. Geral d’avoir recadré historiquement l’action des plus lucides, des plus responsables.
    Confiance et courage !

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