22 Mai 2017

EL KHOMRI, LE FOLL, TOURAINE, VALLS, quatre ministres du quinquennat Hollande contre lesquels Macron ne présente aucun candidat. Quatre ardents défenseurs des thèses libérales, des cadeaux au patronat, du démantèlement du droit du travail, du soutien à l’agro-business et aux pesticides, de la privatisation de la santé publique. Quatre parlementaires qui soutiendront Macron s’ils sont élus puisqu’ils s’inscrivent dès à présent dans l’orientation présidentielle.

Il fallait tout faire, si on a combattu leurs politiques, pour les empêcher d’être élus. Mais d’autres considérations très bassement politiciennes l’ont emporté et les voix de gauche vont s’éparpiller favorisant de la sorte leur élection.

Ceux qui ont fait le choix d’affaiblir l’alternative démocratique, sociale et écologique portent une écrasante responsabilité car rien, absolument rien, ne justifie que  ces gens-là ne soient pas sanctionnés pour leurs  nuisances passées et empêchés d’en commettre dans le futur.

On rêve d’un sursaut, d’un désistement, dans chacune des quatre circonscriptions concernées, en faveur d’une seule candidature afin de créer une dynamique unitaire et de priver Macron de ces quatre soutiens qui sont de sinistres symboles du quinquennat Hollande.

Quelle est la crédibilité des différent(e)s candidat(e)s à gauche, alors qu’ils ne font pas tout ce qui s’impose pour que leurs propos aient du sens ?

Les électrices et les électeurs des 4 circonscriptions (1ère de l’Essonne, 18e de Paris, 4e de la Sarthe, 3e d’Indre-et-Loire) devraient montrer qu’ils sont plus sages et plus déterminés que les dirigeants des différents appareils et forcer à l’unité et aux désistements indispensables.

Devant la défaillance et la duplicité des appareils, il ne reste que le peuple. Mais quand il le veut, le peuple peut tout.

rmj

Lu 2 776 fois Imprimer Imprimer
1 Etoile2 Etoiles3 Etoiles4 Etoiles5 Etoiles (4 votes. Moyenne : 5,00 sur 5)
Loading...

14 Réponses pour “Les quatre qui ne doivent pas être élus.”

  1. Humbert a dit :

    Il n’y a même pas d’ambigüité: Marisol Touraine se présente carrément sous les couleurs MACRON !
    Amitiés à toi
    Humbert

  2. Octavio Alberola a dit :

    Nous y sommes et une fois de plus la politique électorale divise la Gauche et la « vrai gauche »… Et, comme toujour, le Système gagne; car, les éléctions sont faites pour ça… Non seulement l’illusion de « changer » en votant nous fait abandonner la lutte et attendre chaque fois cinq ans, mais nous sommes confrontés chaque fois aussi à « la duplicité des appareils » et aux égos des candidats, en plus des sectarismes idéologiques, etc., etc.
    Il faut être vraiment ingenu pour croire encore au changement par ce chemin…
    Bien sûs, c’est le plus commode.

  3. carlin jean-pierre a dit :

    Coïncidence de réactions, sur ce qu’il conviendrait de faire dans l’urgence d’une campagne qui avance, vite.
    Je viens de relayer auprès de Raoul un intéressant article de Thomas Guénolé (politologue/Sc. Po) qui analyse la démarche de Mélenchon pour les législatives ( incomprise comme ses précédentes, comme souvent de la part d’un JLM qui a souvent deux coups d’avance, pourtant).

    Et je rebondis immédiatement sur le propos fort juste ci-dessus. Au-delà du « rêve d’un sursaut » que Raoul espère de la sagesse des électeur.trice.s des 4 circonscriptions visées, (mais pas seulement celles-ci !), on peut pointer que, hors de « la défaillance et la duplicité des appareils » (dixit Raoul) incontestables, il y a, fait unique, la démarche de ‘La France insoumise’ qui refuse toute « offre de balkanisation » des partenaires potentiels (voir le comportement, cité par Raoul, dans le 18° arr. Paris, de C. de Haas, appuyée hélas par ses alliés… à l’exception des Insoumis, bien sûr, qui s’en tiennent à leur Charte et maintiennent leur candidat).

    Cela donc dans un contexte très difficile où, 1) d’une part FI essaie via Mélenchon « d’imposer une cohabitation » en rupture fondamentale avec le positionnement traditionnel de la gauche « anti-système » et 2) parallèlement, de développer une « contre-culture de gauche anti-système », via un média alternatif notamment.
    Même si voilà un pari innovant,je concède qu’ il tient un peu de la quadrature du cercle (ainsi que je le disais à RMJ il y a un instant)… Ne reste donc que le peuple (dixit Raoul). « Mais quand il le veut, le peuple peut tout ».

    J’accepte cet optimisme. Pour commencement d’argumentation, je renvoie les lecteurs du Canard du 17, en page 2 – non au pavé central titré de façon polémique « Le sms assassin de M. au PCF » – mais juste contre, à « En marche pour la majorité absolue », beaucoup plus subtil : la force de FI n’échappe pas à Macron lui-même. Citation : « Il y a quelque chose de commun entre En marche! et les Insoumis de Mélenchon. Nous avons près de 90% de nouveaux candidats. Mais M. n’a pas l’arithmétique dont nous disposons ni la dynamique de la victoire. Car pour être au 2° tour, il faut avoir 12,5% des inscrits, et ensuite pouvoir rassembler pour pouvoir remporter l’élection. Nos candidats seront en mesure de le faire, pas ceux de M. Même lui aura des problèmes à Marseille »…
    Dit « devant ses intimes », donc moins bravache que le « Vous êtes les porteurs du dépassement du vieux système » pour galvaniser ses troupes.
    Pointe d’inquiétude sujette à développements ? A méditer comme un signe d’espoir !

    PS : désolé de ne savoir relayer ici l’entretien précité avec T. Guénolé… vu mon incompétence en informatique. Satisfait cependant d’avoir pu relayer l’info.

  4. carlin jean-pierre a dit :

    J’ai trouvé le moyen de vous éviter toute recherche de cet article de T. Guénolé qui me semble devoir être partagé. Le voici, ci-après… « Pour JLM, qui convoite l’hégémonie de l’opposition à gauche, l’union des partis ne fait pas sa force »…
    Bonne lecture. JPC

    22 Mai 2017
    Publié par El Diablo (et aussi, semble-t-il, par Politis,- note JPC)

    Thomas Guénolé : « Mélenchon veut imposer la cohabitation ».

    Thomas Guénolé Politologue, professeur à Sciences Po

    Jean-Luc Mélenchon désarçonne une partie de la gauche par ses positionnements et sa stratégie. Pour Thomas Guénolé, le leader de la France insoumise est cohérent.

    La campagne des législatives s’ouvre sur fond de divisions des candidatures à gauche, éloignant la probabilité d’une présence élargie au Parlement.
    Pour Jean-Luc Mélenchon, qui convoite l’hégémonie de l’opposition à gauche, l’union des partis ne fait pas sa force. Thomas Guénolé analyse cette stratégie.

    Nadia Sweeny : Jean-Luc Mélenchon analyse-t-il de manière « juste » la nature du vote qui l’a porté à 19,56 % au premier tour de la présidentielle ?

    Thomas Guénolé : Il cite souvent le même chiffre : 80 % de son score du premier tour serait un vote d’adhésion. Cela correspond à la réunification quasi totale de l’électorat du « non » de gauche à la politique économique pro-mondialisation. Ce que j’appelle la « gauche antisystème », celle du « non » à la constitution européenne et qui représente un quart de l’électorat français : soit la somme du résultat de Jean-Luc Mélenchon et de Benoît Hamon. La base électorale de la France insoumise est évaluée à 16 %, ce qui coïncide avec les 80 % de ses électeurs du premier tour dont il se réclame. D’autant que le taux d’adhésion à Jean-Luc Mélenchon est l’un des plus solides.

    Nadia Sweeny : Comment aborde-t-il les législatives ?

    Thomas Guénolé : Aux législatives, tous les électorats vont se démobiliser : on va passer d’une participation de 80 à 60 %, comme cela se fait habituellement. La clé du succès réside dans la « démobilisation différenciée » : celui qui va baisser le moins va gagner. Certes, le refus de Jean-Luc Mélenchon d’appeler à voter Macron au deuxième tour lui coûte quelques électeurs parmi ceux qui n’ont pas voté pour lui par adhésion, mais il s’adresse à son socle électoral – les 80 % restants – pour limiter la démobilisation.
    Il aborde les législatives comme un véritable troisième tour de la présidentielle, en utilisant les mêmes codes que pendant sa campagne, à cela près qu’il endosse le costume de Premier ministre. Il est sur un modèle de campagne nationale. C’est cohérent avec l’objet du scrutin et la position de la France insoumise (FI), dont la quasi-totalité des candidats n’a pas de mandat électif en cours, activant moins le levier local que national.

    Nadia Sweeny : Que cherche-t-il à faire ?

    Thomas Guénolé : Imposer une cohabitation. D’après les enquêtes électorales les plus sérieuses, il n’est pas en mesure de le faire, mais il peut empêcher une majorité de se créer au Parlement. Cela dit, le simple fait de fixer comme objectif la cohabitation revient à positionner la France insoumise comme un parti de gouvernement et non plus un parti de simple contestation. C’est une rupture fondamentale avec le positionnement traditionnel de la gauche « antisystème », laquelle a intériorisé son statut d’éternelle minoritaire, à l’écart de la conquête du pouvoir.

    Nadia Sweeny : Ne pas s’unir avec d’autres, n’est-ce pas une volonté de rester minoritaire ?

    Thomas Guénolé : Il veut être en monopole sur ses 20 % et rompre avec la culture des luttes de chapelles pour mettre en place un bloc compact et unifié. Depuis quelques années, la gauche fonctionne avec un astre central, le Parti socialiste, qui penche à droite. Son aile gauche ne conteste pas réellement ce leadership alors qu’une série de satellites – EELV, le Parti radical de gauche, le PCF, etc. – opèrent une stratégie « parasitaire », basée sur la menace de candidatures dissidentes. Maintenant que le PS s’est écroulé, les satellites essayent, comme par réflexe, de reconstituer cette stratégie face à la nouvelle force en présence : la France insoumise. Or, l’obsession de Mélenchon, c’est de rester groupé : il ne cesse de le rappeler. Quand le PCF ou les Verts demandent des circonscriptions et après « chacun fait ce qu’il veut » : c’est une offre de balkanisation. C’eût été mieux qu’ils s’accordent, mais la France insoumise préfère accueillir tout le monde en son sein, sous condition de signer la charte. Mécaniquement, cette logique va faire place nette dans la gauche « antisystème ». Certes, pour le PCF, signer la charte pose le risque d’une dissolution. Mais la question de la finalité et de l’utilité du PCF en tant que parti politique se pose. Si ce calcul est gagnant, il y aura une seule grande force de gauche « antisystème » : la France insoumise.

    Nadia Sweeny : Mais cette uniformisation n’est-elle pas porteuse de danger ?

    Thomas Guénolé : La France insoumise porte une logique de discipline qui se rapproche de celle de la droite. La gauche a toujours eu, culturellement, un problème avec la discipline. Mais il ne faut pas confondre discipline, dans un paysage balkanisé, et uniformisation dictatoriale sur le modèle de l’extrême droite. De la même manière, il ne faut pas confondre leader charismatique, vécu comme le ciment de l’unité, et dictateur : je ne crois pas que le management de la France insoumise soit de type dictatorial, ne serait-ce que par la façon dont le programme s’est construit.

    Nadia Sweeny : Que penser du choix de Jean-Luc Mélenchon de se présenter dans la 4e circonscription de Marseille, et contre un député PS sortant ?

    Thomas Guénolé : C’est le choix de l’efficacité : celui qui maximise la possibilité d’entrée de Jean-Luc Mélenchon à l’Assemblée nationale. C’est la même logique que celle appliquée aux lieutenants clés de la France insoumise : se présenter là où le score de FI est très élevé au premier tour. En termes de trajectoire politique, c’est une équipe qui mange du sable depuis dix ans, aujourd’hui, ils ont une opportunité d’entrée à l’Assemblée, ils la saisissent.

    Nadia Sweeny : Sur des territoires dont les députés sortants pourraient renforcer une présence de la gauche au sein du Parlement, n’est-ce pas contre-productif ?

    Thomas Guénolé : Une stratégie de court terme serait de choisir d’affaiblir tout de suite l’adversaire – la droite et l’extrême droite – avec le risque de ne pas être présent au Parlement. La stratégie de long terme, c’est d’entrer à l’Assemblée afin d’ancrer son mouvement et de pouvoir s’exprimer pendant cinq ans. D’autant que pour Mélenchon, le PS n’existe plus en tant que force politique dans le combat national. Il reste donc quatre blocs : macroniste, mélenchoniste, le peniste et celui de droite – pour le moment. Le reste n’existe plus.

    Nadia Sweeny : Ce « bloc mélenchoniste » peut-il durer ?

    Thomas Guénolé : Oui, pour des raisons simples de financement des partis politiques : les subventions publiques qui découlent des législatives vont permettre de stabiliser son existence qui, jusque-là, tenait d’un certain sens du système D. L’objectif des cinq prochaines années est d’avoir le plus d’élus possible pour asseoir son implantation sur le territoire.
    Mais j’ai aussi l’impression que se développe une forme de contre-culture, fondée notamment sur leur média alternatif, qui fait des audiences aussi importantes que des chaînes « mainstream ». C’est certes un outil d’indépendance, mais cela peut être aussi une voie d’expression différente. S’ils réussissent à valoriser et diffuser ces contre-cultures de gauche « antisystème » qui existent déjà, ils peuvent garder un socle de soutien populaire très important tout en étant une voie d’expression d’un autre projet de société.

  5. Raoul Marc Jennar a dit :

    Jean-Pierre, tu sollicites mes propos. Je suis très loin de considérer que la FI ait raison dans chaque circonscription et j’estime que son intransigeance, en particulier dans le cas du 18e arr. de Paris, est tout aussi coupable que celle des autres parties dans cette affaire. Je ne considère absolument pas que la FI détienne le monopole de la raison. Cette Charte, en présence de candidatures qui n’appartiennent pas à un parti et qui veulent garder un certain libre arbitre, est un instrument de repli sur soi, de fermeture et de sectarisme. Si je pouvais voter dans le 18e, je voterais pour C. de Haas tout aussi respectable à mes yeux que bien des candidats validés par l’appareil dirigeant de FI (qui compte en son sein des gens pour qui je ne voterai jamais tant ils perpétuent les vieilles et sales pratiques du PS). Je crains que le sectarisme des dirigeants de la FI se traduise, dans un certain nombre de circonscriptions, par la victoire de gens qu’ils prétendent combattre. L’espoir formulé par JLM, fondé sur son résultat du 23 avril, de pouvoir imposer des triangulaires dans un très grand nombre de circonscriptions le 11 juin et de l’emporter le 18 juin repose sur un postulat : un report de ses voix sur les candidats de la FI et eux seuls. C’est considérer que les « gens », comme il dit, ne vont porter aucune appréciation sur l’ensemble des candidatures proposées dans leur circonscription et qu’ils vont aveuglément voter FI. Calcul très réducteur à mes yeux qui assimile les législatives à un scrutin national et qui repose uniquement sur la répétition de la dynamique suscitée par sa personne.En tout état de cause, pour revenir aux limites de mon papier, je considère qu’un traitement particulier aurait du être accordé aux 4 circonscriptions en question vu l’énorme charge symbolique que porterait un échec des quatre candidats qui à mes yeux ne doivent pas être élus.

  6. Raoul Marc Jennar a dit :

    Jean-Pierre, tu sollicites mes propos. Je suis très loin de considérer que la FI ait raison dans chaque circonscription et j’estime que son intransigeance, en particulier dans le cas du 18e arr. de Paris, est tout aussi coupable que celle des autres parties dans cette affaire. Je ne considère absolument pas que la FI détienne le monopole de la raison. Cette Charte, en présence de candidatures qui n’appartiennent pas à un parti et qui veulent garder un certain libre arbitre, est un instrument de repli sur soi, de fermeture et de sectarisme. Si je pouvais voter dans le 18e, je voterais pour C. de Haas tout aussi respectable à mes yeux que bien des candidats validés par l’appareil dirigeant de FI (qui compte en son sein des gens pour qui je ne voterai jamais tant ils perpétuent les vieilles et sales pratiques du PS). Je crains que le sectarisme des dirigeants de la FI se traduise, dans un certain nombre de circonscriptions, par la victoire de gens qu’ils prétendent combattre. L’espoir formulé par JLM, fondé sur son résultat du 23 avril, de pouvoir imposer des triangulaires dans un très grand nombre de circonscriptions le 11 juin et de l’emporter le 18 juin repose sur un postulat : un report de ses voix sur les candidats de la FI et eux seuls. C’est considérer que les « gens », comme il dit, ne vont porter aucune appréciation sur l’ensemble des candidatures proposées dans leur circonscription et qu’ils vont aveuglément voter FI. Calcul très réducteur à mes yeux qui assimile les législatives à un scrutin national et qui repose uniquement sur la répétition de la dynamique suscitée par sa personne.En tout état de cause, pour revenir aux limites de mon papier, je considère qu’un traitement particulier aurait du être accordé aux 4 circonscriptions en question vu l’énorme charge symbolique que porterait un échec des quatre candidats qui à mes yeux ne doivent pas être élus. J’espère qu’une pression populaire forte dans ces quatre circonscriptions va amener les désistements qui s’imposent.

  7. carlin jean-pierre a dit :

    « Coïncidence » de réactions ne signifie pas similitude de réactions, conviens-en Raoul. Plutôt que « solliciter tes propos », j’ai tenté d’en élargir la portée au-delà du « rêve d’un sursaut » dans l’espérance de la sagesse des électeur.trice.s (ce que toi-même avais qualifié jadis de ‘surgissement’ du peuple), sursaut ou surgissement qui tarde à venir : aux 3° et 4° tours, à défaut du 1° ?

    Car si nous sommes bien d’accord sur le fond (sans te solliciter), l’urgence est dans la recherche des moyens à mettre en oeuvre, efficacement. A cet égard, il m’a semblé que l’analyse faite par Th. Guénolé pouvait, sinon emporter la conviction (d’ailleurs lui-même, bien qu’insoumis, reste dans une prudente distance), du moins ouvrir une piste sérieuse, même si, je l’admet, son côté pari peut l’emporter auprès de certains plus sceptiques. Mais avons-nous le choix ? C’est bien la question qui s’est posée à « l’appareil dirigeant de FI » : a-t-il réellement le choix ? Je ne relèverai pas ton jugement très dur à l’encontre de celui-ci, car on pourrait formuler l’équivalent à l’égard d’une… C. de Haas, par exemple, que tu cites, même si, à l’égal d’un Mélenchon, elle a eu le courage de s’extraire du PS – mais in extremis et surtout avec quel objectif bien défini ?

    Certes, personne n’est irréprochable en la circonstance, mais le sujet, crucial, est ailleurs, tu le sais. On peut regretter que le processus ‘démocratique’ soit dans un triste état, suite aux péripéties qui ont largement pollué le débat, voire aux manipulations qui l’ont orienté dans le ‘bon’ sens. Je n’aime guère le mot ‘réalisme politique’, mais n’est-ce pas à ce qu’il impose dans l’urgence que le comportement de Mélenchon et des Insoumis essaie de répondre ? Les accuser de « sectarisme » me paraît excessif si l’on veut bien regarder leurs ‘partenaires’ potentiels : chacun a hélas des références et exemples (renouvelés ces jours-ci) sur le… « sectarisme » du… PCF (au hasard) qui croit lutter désormais pour sa survie. Que celle-ci soit en cause est probable, comme celle du PS, comme celle de… tous les autres – y compris ceux qui, comme le PG s’y sont lucidement résolu… Mais c’est une autre histoire, qui va découler peut-être des 3°/4° tours.
    Quoiqu’il en soit,cher Raoul, j’aimerais connaître ton point de vue sur l’entretien avec Guénolé (que je me suis permis de copier/coller plus haut) – ainsi que celui de tes autres lecteurs. Merci d’avance à chacun pour sa contribution à la progression du débat au plan général, même si les illustrations à partir des circonscriptions sont significatives aussi.

  8. Guillou a dit :

    Pour fréquenter à Nantes « les Insoumis », je suis considéré comme « des leurs, dans un « groupe d’appui »…

    Pourtant je suis non seulement « des leurs » mais « du peuple de gauche »: Les Insoumis comme tout le « vrai peuple de gauche » ou peuple de « la gauche de gauche », sont trahis en profondeur par le refus des « leaders » ici comme ailleurs, d’entendre l’attente d’unité , « front contre front », justement contre ce « front ultra-libéral » que Macron réalise. La logique partidaire est partout présente , et insidieusement chez JLM: je crains le fort désenchantement de tous ces nouveaux venus en politique , chez « Les Insoumis » : les uns stigmatiseront « les staliniens », les autres, « les gauchistes » etc…Pourtant « le peuple est demandeur d’un « travail politique » que les « leaders » refusent…Les logiques dites « d’appareil » cachent des travers bien plus « individualistes » : le carriérisme, le mépris non dit(c’est le pire)…Seules des associations transversales comme « Front Commun » réunissent des citoyens « désintéressés », d’appartenances et de non appartenances diverses…On lance des appels que « les connaisseurs  » autoproclamés méprisent: ils veulent des troupeaux…quitte à les flatter en leur ayant choisi, « aux gens », le beau nom d’insoumis ! Merci en tout cas de la  » réflexion en marche » ici… Sourire…

  9. Raoul Marc Jennar a dit :

    Invoquer l’urgence pour justifier le refus d’un rassemblement susceptible d’empêcher Macron de disposer d’une majorité alors que la question des législatives est en débat depuis des mois, c’est un bien mauvais prétexte. Je crois que Mélenchon fait le pari de la disparition du PS – ce en quoi, il va peut-être vite en besogne – et il rejette ce que Guénolé appelle les « satellites » pour être le seul maître à gauche. Au risque de se retrouver avec un groupuscule parlementaire sans influence aucune. Car le pari que fait Mélenchon d’obtenir le report des voix obtenues le 23 avril traite par le mépris le libre arbitre des électeurs qui vont avoir la possibilité d’un choix plus large dans leur circonscription. Il y a des gens très bien, tout aussi désireux de remettre le système en question, en dehors de la FI. Pourquoi les repousser ? Le report des voix de Mélenchon sur les candidats FI ne sera pas automatique. Non seulement je maintiens qu’il y a du sectarisme chez les dirigeants de la FI, mais aussi une forme de totalitarisme : depuis quand faut-il adhérer à un programme politique et en épouser tous les points sans restriction, sans nuance, sans prise en compte de l’évolution des situations et des problèmes ? Mélenchon a démontré dans la manière dont il a dirigé le PG, puis le M6R qu’il entend être le maître absolu et qu’il ne souffre aucune contestation. La charte n’a pas d’autre raison d’être que de garantir son contrôle absolu sur le groupe parlementaire qu’il espère réunir au terme des législatives. Une fois de plus, je le crains, l’espérance de millions de gens risque d’être déçue.

  10. huillet a dit :

    Il me semble que la situation doit aussi s’apprécier localement. Dans notre deuxième circonscription du Jura, le PCF n’a tout l’abord rallié la FI aux présidentielles que lorsque les sondages pour Mélenchon ont explosé, et ce malgré nos propositions, allant jusqu’à refuser de faire des meetings en commun. Maintenant, ils sont alliés au PS,pas le meilleur du parti , et aux verts.. J ‘entends bien toute ta défiance vis à vis de Mélenchon, mais il a quand même prévu une révocation possible des élus. Ne doit on plus croire en aucune parole? Et le PS dernière formule, notamment avec le 49-3 n’a pas vraiment été un modèle de démocratie …

  11. Guillou a dit :

    Le 25 Novembre 2016, 55% des adhérents du PCF s’étaient prononcés pour soutenir JLM, mais 55% du « Comité national du PCF » préféraient « un candidat du parti »…Il y a eu donc beaucoup de « responsables » qui ont trainé, ne respectant pas la majorité des adhérents… Je suis de ceux qui n’oublieront pas cette triste vérité , qui s’ajoute aux « retards » pris par mon parti pour relever son propre « défi démocratique »…Reste que tous ces « sentiments négatifs » n’enlèvent rien au fait : il y avait dans « l’humain d’abord » du FdG beaucoup plus d’avancées pour « reprendre le pouvoir sur la finance », que dans « l’Avenir en commun », et il reste nécessaire de travailler à rassembler sur l’efficacité du « peuple de gauche » pour créer les conditions économiques de la « transformation sociale » voulue par une majorité de français depuis belle lurette selon tous les sondages concernant l’emploi le droit du travail et les « coûts du capital financier »: une prise de conscience politique rassembleuse est due au travail exemplaire des « Insoumis », mais pas seulement : le « monde du travail est sur le front des luttes depuis des décennies ! Evidemment « les appareils » doivent être bousculés par leurs bases, mais je constate aussi qu’ il faut « se méfier des démagogues  » obsédés par leur « récit personnel »…

  12. Guillou a dit :

    Je suis injuste si je traite de « démagogue » JL Mélenchon, mais « chat échaudé craint l’eau froide », et c’est ce genre de réticence qui divise de part et d’autre.
    Par contre je déplore sa stratégie « partisane FI » qui nuit au potentiel même d’un « peuple insoumis » : faire signer comme un passage sous des fourches caudines « une charte », comme pour « arrêter l’histoire », c’est dissuasif, tant que le travail de « mobilisation urgente la plus large possible « n’est qu’à ce stade , même si on peut être « sous le charme » d’un tribun pédagogue génial (là je dis « pédagogue », pas « démagogue »…): la gauche de transformation sociale est nécessairement « à faire bouger autrement », même si le scandale des « hypocrisies partidaires » est décourageant: ne pas sous-estimer « le tissu associatif » !

  13. huillet a dit :

    L’importance de ces quatre circonscriptions est effectivement énorme.Le fait qu’il n’y ait pas un accord fait vraiment douter du bon sens des uns et des autres…

  14. Guillou a dit :

    Le problème d’un « peuple insoumis » restera qu’il ne peut que reproduire le problème qu’il prétend fuir : est-il possible de s’émanciper sans s’organiser ou sans « être organisé » par un maître non identifié ?

    C’est ainsi que je le perçois, et c’est la raison de ma « fidélité partidaire », toujours aussi conflictuelle que doit l’être l’exercice de « l’intelligence »…

    La « nature » n’est pas « divinement exemplaire » !

    Bien sûr s’il y a une « intelligence », elle est due à l’exercice d’un certain « pluralisme » : la « raison dialectique » même si parfois elle fatigue (ou « nous les brise » ), reste l’exercice civique par excellence, à mon sens.

    Amitiés
    Alain

Répondre