24 Fév 2019

Il y a bien évidemment la négation du génocide des Arméniens par les descendants de ceux qui l’ont perpétré. Il y a la négation de la Shoah par les antisémites d’hier et d’aujourd’hui et leurs complices. Il se trouve des Cambodgiens pour nier les crimes contre l’humanité et le génocide perpétrés par des Cambodgiens sous le régime de Pol Pot. Et nombreux sont les Hutus à nier le génocide commis au Rwanda.

Je suis stupéfait de la montée en puissance de ce déni du réel. Dans les quatre cas que je viens de citer, les faits sont établis. Les preuves existent. Les procédures judiciaires quand elles ont eu lieu, les travaux d’historiens rigoureux qui s’accumulent avec le temps ont confirmé la matérialité des faits.

On ne lave pas la honte des crimes commis en les niant, si tant est que la honte soit la motivation du déni. Ce qui peut être le cas. Mais chaque peuple doit assumer son passé et refuser une version de ce passé qui s’accommode d’une réécriture complaisante. Aucune cause d’aujourd’hui ne justifie la négation d’un passé criminel. Pire. Nier les crimes d’hier, c’est s’autoriser à les répéter.

La violence des négationnistes, dans leurs propos et parfois dans leurs actes, atteste qu’on se trouve non pas dans l’ordre de la raison, mais dans celui de la passion, aveugle et sourde aux évidences.

Je reçois des messages niant la Shoah, niant les crimes de Pol Pot. Je refuse de les publier. Je refuse de propager des propos qui salissent la mémoire des victimes, qui travestissent l’histoire et pervertissent le débat public.

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