13 Oct 2012

Parmi les personnalités connues qui ont joué un rôle de premier plan dans le lancement du processus d’intégration européenne, on connaît la biographie du Luxembourgeois Bech, de l’Italien De Gasperi, du Belge Spaak. Des hommes qui, confrontés au fascisme, n’ont pas failli. Trois Français ont aussi joué un rôle extrêmement important. Deux sont présentés aujourd’hui comme des « pères fondateurs » de l’Union européenne. Le troisième, moins connu, est néanmoins célébré comme « le père du droit communautaire ». Et pourtant, leur passé justifie qu’on s’interroge sur le bien fondé des honneurs qui leur sont rendus.

 Jean Monnet

Originaire de cognac, négociant en spiritueux, un secteur très tôt intégré dans le commerce international, Jean Monnet a fait fortune aux Etats-Unis dans le contexte trouble de la prohibition en vigueur depuis 1919. Son enrichissement est tel qu’il est en capacité, en 1929, de créer à San Francisco la Bancamerica. L’homme d’affaires est devenu un financier international qui conseille divers gouvernements. En 1940, c’est lui qui va convaincre Churchill de proposer une fusion de la France et de la Grande-Bretagne. Après la capitulation de la France, il est à Londres. Non pas aux côtés du général de Gaulle, mais aux côtés du gouvernement britannique. Il n’aura de cesse d’empêcher la création de la « France Libre ».  Il va jouer un rôle d’intermédiaire entre les Britanniques et les USA, devenant peu à peu le Français que les Américains écoutent. Ainsi, il rédige, en 1943, une note, restée longtemps secrète, à l’intention de Roosevelt à propos du chef de la France libre dans laquelle il écrit : « c’est un ennemi du peuple français et de ses libertés ; c’est un ennemi de la construction européenne, en conséquence il doit être détruit (sic) dans l’intérêt des Français. »

Après la guerre, nommé commissaire au plan, Monnet, à l’inverse des efforts du moment pour encadrer et réguler l’économie, favorise les idées libre-échangistes. Sa planification est strictement indicatrice. Il n’impose pas d’objectifs. En 1946, il est le négociateur d’un accord qui ouvre le marché français à la production cinématographique américaine.

Avec l’appui et la pression des Etats-Unis (les menaces de suspension du plan Marshall vont servir de levier) qui réclament la libération des échanges européens, il va lancer l’idée de la CECA. La CECA, c’est la mise en commun de la production de charbon et d’acier de France et d’Allemagne sous l’égide d’une Haute Autorité dotée de pouvoirs supranationaux absolus. Monnet en sera le premier président. Les effets de cette mise en commun seront très bénéfiques pour les industriels du charbon et de l’acier. Et le modèle d’intégration européenne qui est lancé va servir pour la rédaction du traité de Rome de 1957. Ce modèle consiste à conférer des compétences politiques de plus en plus importantes dans des secteurs essentiels à des institutions de nature technique échappant à tout contrôle démocratique.

Ce modèle est très imprégné d’une idéologie : celle qui est née en réaction aux idées des Lumières, en réaction aux avancées démocratiques de la Révolution de 1789, qui s’est manifestée tout au long du XIXe siècle et jusqu’en 1944 contre le parlementarisme, c’est-à-dire contre cette conception de la démocratie représentative basée sur le principe proclamé par les Lumières et affirmé en 1789 : tous les pouvoirs émanent du peuple. L’assemblée parlementaire qui flanque la CECA, comme celle qui est instaurée avec la Communauté européenne est purement consultative et constituée de parlementaires choisis par les parlements nationaux. Il faut attendre 1979 pour que cette assemblée soit élue au suffrage universel et, malgré des progrès réels, le Parlement européen d’aujourd’hui n’est pas encore, loin s’en faut, un authentique parlement.

L’antiparlementarisme de l’homme d’affaires Jean Monnet va s’accorder parfaitement avec l’antiparlementarisme du catholique conservateur Robert Schumann.

Robert Schuman

Après des études de droit à Bonn, Berlin, Munich et Strasbourg, il s’installe comme avocat à Metz en 1912. Devenu citoyen français en 1919, sur le conseil de son aumônier, ce catholique fervent s’engage dans l’action politique et est élu député de la Moselle en 1919. Il sera réélu sans interruption. C’est avant tout l’homme du Comité des Forges, des Wendel, des Schneider, des Laurent. En 1924, il est le colistier de Guy de Wendel. Parlementaire catholique ultra conservateur et anti-laïque, il milite pour le maintien du Concordat et combat les réformes du Front populaire. Il affiche sa sympathie pour les régimes corporatistes, catholiques et autoritaires de l’Autrichien Dollfuss, du Hongrois Horthy, du Portugais Salazar et de l’Espagnol Franco. Il soutient la cause croate. Le 30 septembre 1938, il applaudit aux Accords de Munich.

Il est nommé sous-secrétaire d’Etat aux réfugiés dans le gouvernement Raynaud le 21 mars 1940. Dans cette fonction, il déclare le 12 juin qu’il « faut mettre bas les armes ». Le 16 juin, il est maintenu dans le même poste dans le gouvernement Pétain.

Le 10 juillet 1940, à Vichy, à la différence de quatre-vingt héros, il participe à la suppression de la République en votant les pleins pouvoirs au maréchal Pétain. Il est écarté par Laval dans le gouvernement mis en place deux jours plus tard.

A l’inverse de beaucoup qui fuient l’Alsace-Lorraine annexée par le IIIe Reich, il rentre à Metz. Aux yeux des Nazis, c’est un citoyen allemand suspect. Il est arrêté et emprisonné pendant sept mois. En avril 1941, il n’est pas envoyé en déportation comme d’autres parlementaires français, mais placé en résidence surveillée dans une région de vignobles du Palatinat d’où il s’évade sans difficulté en août 1942. Il passe le reste de la guerre en se cachant dans des abbayes successivement dans le Tarn, en Ardèche puis dans la Vienne.

A la Libération, à la demande d’André Diethelm (inspecteur des finances, directeur de cabinet de Georges Mandel de 1938 à 1940 ayant rallié la France Libre dès 1940), ministre de la guerre, ce « produit de Vichy » est frappé d’indignité nationale et d’inéligibilité. Ce qui n’empêche pas ses amis mosellans de le faire siéger au comité départemental de libération où il s’efforce de freiner l’épuration. Le clergé et le Vatican interviennent en sa faveur auprès du Général de Gaulle auquel lui-même écrit le 4 juillet 1945 pour solliciter une révision de son cas. Un non lieu est prononcé par la Haute Cour le 15 septembre 1945. Il reprend une activité politique au sein du MRP, le parti chrétien-démocrate et siège dans les gouvernements qui suivent le départ de Charles de Gaulle.

En octobre 1949, alors qu’il est ministre des Affaires étrangères, Schuman donne 20.000 francs prélevés sur les fonds spéciaux du Quai d’Orsay à Marie-Louise Vallat, l’épouse de Xavier Vallat qui fut le premier Commissaire général du Commissariat général aux Questions juives et qui purge alors une peine de dix ans de prison dont il fera à peine plus de cinq ans. Xavier Vallat avait été, avant la guerre, un des parlementaires les plus violemment antisémites. Sorti de prison en décembre 1949, il n’a pas cessé de professer ses théories antisémites jusqu’à sa mort en 1972.

Robert Schuman, en collaboration étroite avec Jean Monnet, va prononcer la déclaration du 9 mai 1950 qui annonce la création de la CECA à l’origine d’un nouvel ordre juridique, l’ordre juridique européen.

Maurice Lagrange.

Lorsqu’on lit son curriculum vitae sur le site de la Cour Européenne de Justice, on s’étonne du silence sur la période qui va de 1934 à 1945. Avant, ce diplômé de l’Ecole Libre des Sciences politiques, est entré au Conseil d’Etat en 1922 comme auditeur et il devient maître des requêtes en 1934. Après, il devient Conseiller d’Etat, commissaire du gouvernement pour la négociation du traité CECA, avocat général à la Cour de Justice de la CECA puis, à partir de 1958, à la Cour de Justice des Communautés européennes. Mais pendant ces années passées sous silence, que fait-il ?

Catholique fervent, ultraconservateur, il partage les idées de ceux qui militent en faveur d’une régénérescence de la nation française « gangrenée par les idées de gauche véhiculées par les judéos-maçons » selon la phraséologie commune à la droite extrême. Dès la capitulation de juin 1940, il adhère à la « révolution nationale » de Pétain et du régime de Vichy. C’est un maréchaliste convaincu. Il va publier une série d’articles dans la Revue des Deux Mondes qui témoignent de son adhésion sans réserve aux thèmes de la « révolution nationale ».

Maître des requêtes au Conseil d’Etat, il en est détaché pour devenir, en octobre 1940, fonctionnaire au secrétariat général du gouvernement.

Fin 1940, il est chargé de la coordination de la cessation d’activité des fonctionnaires juifs dans tous les départements ministériels en application du statut des Juifs publié au Journal Officiel le 18 octobre. Il procède de manière rigoureuse à la mise à l’écart des 2.900 agents juifs et veille à ce qu’il y ait le moins possible d’exceptions pour les anciens combattants et les Juifs ayant rendu des « services exceptionnels ».

Lorsque l’Amiral Darlan devient vice-président du Conseil en février 1941, Lagrange devient son conseiller pour les affaires juives en charge de la coordination des mesures antijuives. A ce titre, il est l’auteur de la loi créant le Commissariat général aux Questions juives adoptée le 29 mars. De même, il est associé à la rédaction de tous les textes relatifs au statut des Juifs et à la spoliation de leurs biens, ainsi qu’à la création de l’Union Générale des Israélites de France. Il fut sans conteste un des principaux rédacteurs du droit antisémite du régime de Vichy. En mai 1941, il préside la commission chargée d’examiner les demandes de dérogation à la loi qui retire la citoyenneté française aux Juifs d’Algérie. En juillet, puis en novembre de la même année, il préside une conférence interministérielle chaque fois chargée de discuter de l’application du statut des Juifs. Au cours de ces réunions, il manifeste une grande dureté.

Pour mémoire, le Commissariat général aux Questions juives fut l’administration de la persécution des Juifs dont 3.000 sont décédés dans des camps français, dont plusieurs milliers furent exécutés sommairement en France et dont 75.721 furent déportés vers les camps d’extermination allemands. De ces derniers, à peine 2.900 sont revenus.

En avril 1942, Lagrange retourne au Conseil d’Etat où il remplit la fonction de ministère public en qualité de commissaire du gouvernement Pétain-Laval.

Après la Libération, ce passé ne fait pas obstacle à ce qu’il soit nommé conseiller d’Etat en 1945. Il est affecté à la section des Finances. Il s’intéresse alors aux questions coloniales et publie en 1948 un ouvrage intitulé « Le nouveau régime législatif de la France d’Outre-Mer ».

En1950, Jean Monnet, que le passé vichyssois de Lagrange ne dérange pas, fera appel à lui pour la rédaction du traité créant la CECA en 1951. Ce qui lui vaudra d’être nommé en 1952 avocat général à la Cour de Justice créée par ce traité. Il occupera cette fonction pendant douze années, jusqu’au 8 octobre 1964 au sein de ce qui est devenu la Cour de Justice des Communautés européennes.

Maurice Lagrange est reconnu comme un des « maîtres du droit communautaire ». Il s’est exprimé sur une soixantaine de sujets juridiques. Il a joué un rôle décisif dans l’adoption de l’arrêt Costa contre Enel (15 juillet 1964) décrétant la primauté du droit européen sur les droits nationaux. Il a contribué de manière absolument capitale à faire du droit communautaire un ordre juridique autonome qui s’impose non seulement aux Etats, mais à leurs habitants.

Maurice Lagange, le père du droit antisémite français devenu le père du droit communautaire européen !

Pour conclure

Les trois personnalités françaises considérées comme des fondateurs de l’Union européenne ont en commun le rejet du principe arraché en 1789, après 1200 de tyrannie et d’obscurantisme : tous les pouvoirs émanent du peuple.

Raoul Marc JENNAR

Sources :

– ASSELINEAU François, La face cachée de Robert Schuman, Paris, UPR, 2010 (www.u-p-r.fr)

– BARUCH Marc Olivier, Servir l’Etat français. L’administration en France de 1940 à 1944, Paris, Fayard, 1997

– CHEVENEMENT Jean-Pierre, La faute de M. Monnet, Paris, Fayard, 2006.

– COHEN Antonin, De Vichy à la Communauté européenne, Paris, Presses Universitaires de France, 2012.

– GARAUD Marie-France, Impostures politiques, Paris, Plon, Tribune libre, 2011.

– JOLY Laurent, Vichy dans la « solution finale ». Histoire du Commissariat général aux questions juives 1941-1944, Paris, Grasset, 2006.

– LACROIX-RIZ Annie, L’intégration européenne de la France. La tutelle de l’Allemagne et des Etats-Unis, Paris, Le Temps des Cerises, 2007.

– MANGENOT Michel, Le Conseil d’Etat et l’institutionnalisation du système juridique communautaire. Intervention au colloque Les juristes et la construction d’un ordre politique européen, avril 2004. Sur Internet :

http://halshs.archives-ouvertes.fr/docs/00/28/86/26/PDF/Mangenot_Systeme_juridique_communautaire_2004.pdf

– POIDEVIN Raymond, Robert Schuman, un itinéraire étonnant, Editions Beauchesne, 1988.

– ROTH François, Robert Schuman, Paris, Fayard, 2008.

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12 Réponses pour “Europe : d’étranges « pères fondateurs »”

  1. jc Thumerelle a dit :

    De très précieuses informations ….que les thuriféraires du modèle européen se gardent bien de publier.

  2. Pons Georges a dit :

    Merci, Raoul-Marc. Eh bien, ça y est ! On comprend tout. Je me suis toujours demandé comment ces « pères de l’Europe » avaient bien pu nous en fabriquer une aussi dégueulasse, aussi peu sociale, aussi capitaliste en un mot, alors qu’on nous les présentait comme les Lumières du xx° siècle. Charbon et acier, c’est pas de l’humain ça ?
    Ce pays est décidément expert en construction de mythologies. A quand une hagiographie de Hessel ?

  3. JimLuiVousSalue a dit :

    Georges, l’ami Raoul ne fait que transmettre ce que d’autres ont pensé et dit.
    Mais puisque il y a les renvois en fin d’article, RAS disons…, ça reste à peu près respectable…

    Très bien vue de votre part la remarque sur ce hessel sans majuscule ! 🙂

  4. MC2 a dit :

    Merci infiniment pour ce rappel, essentiel.

    L’avez-vous aussi transmis au président, très europhile, du comité Nobel norvégien Thorbjoern Jagland ?

    MC2

  5. labellebleue a dit :

    tristement sonnée !!!

  6. Christian R. Bordeaux a dit :

    Les trois sinistres personnages portaient ils à l’officialisation des actes le voile marial frappait des douze étoiles de la Vierge ? La papauté aussi était dans les tuyaux.

    Le bonheur des peuples n’étant pas leur objectif, leurs pédigrées le démontrent, ils n’étaient qu’au service des financiers de l’Europe occidentale et des chefs d’Etats ou de gouvernements qui ratifièrent les actes qu’ils avaient préparés en leur qualité de sherpas de l’époque. Cela n’enlève rien à leurs responsabilités, mais éclaire mieux le sens du combat politique.

    L’idée de la construction européenne a été discutée avant 1940 avec les USA. Les conséquences de la guerre, le rapport de forces qui en sont ressortis au niveau mondial et aussi au niveau français, à donné à l’idée « d’une sorte des Etats unies d’Europe » (Churchill 1946) une accélération.
    Créer à l’échelle de l’Europe occidentale un complexe militaro-industriel offrait aux dirigeants des trusts et autres puissances financières le moyen pour les plus corrompus avec le nazisme, de se refaire une virginité, de voir en même temps s’agrandir leurs territoires d’exploitation des peuples et la « guerre froide » (encore Churchill en 49, qui inventa l’expression) aidant, de pouvoir construire et vendre des armes.

    Les trois sinistres personnages furent donc des éléments très actifs parmi tous ceux qui furent un jour appelés « pères fondateurs » par la petite histoire, qui n’est pas sans efficacité dans l’intox.
    Mais les vrais coupables de la création de ce qui est devenu avec toutes ses violences l’Union européenne, ce sont les pouvoirs publics, les États qui ratifièrent les traités. Ce sont les pouvoirs publics, les États qui décident in fine quelle est la politique qui s’appliquent dans tel ou tel pays.

    Les hommes politiques passent, les lois, les textes, les décisions s’imposent après leur mort, y
    compris les plus nauséeuses, tant que les peuples laissent faire.
    « La Révolution Française » ouvrit de grandes portes sur l’avenir, « Elle inventa nos rêves » comme le titra un auteur. La France fut à l’avant-garde. Rien ne lui interdit à nouveau de rouvrir la voie des rêves.

  7. Anny Sire Richard a dit :

    Merci pour toutes ces précisions très utiles en ces temps troublés.
    Je me suis autorisée à en faire un résumé à l’intention de nos camarades du FDG girondin, dont certains sont peu « lecteurs », mais en précisant que vous étiez l’auteur de cette précieuse information.
    M’autorisez-vous à le diffuser ? Cela me semble être dans l’intérêt général.
    Merci encore.
    Votre ouvrage, « La trahison des élites » m’avait permis, courant 2005, avant le référendum, d’organiser des séances de discussion qui ont porté leurs fruits.
    Merci encore.

  8. LigneJaune a dit :

    @ Anny Sire Richard

    Il y a une règle tacite et depuis formalisée en mille lieux sur INTERNET, règle qu’il FAUT respecter.

    Cette règle est ancrée dans des valeurs de fond très respectables, qui ne peuvent souffrir le plagiat et la non citation des auteurs originaux de concepts, d’idées, ou d’oeuvres.

    Je vous invite donc à être prudente dans votre éventuelle « diffusion » et dans la citation des sources de ce contenu qui n’est pas une « oeuvre » de Jennar loin s’en faut!, car si vous confondiez le grand intérêt général et votre petit intérêt partisan, ceci en trahissant les règles de l »internet qui fait une SOCIÉTÉ à laquelle vous ne comprenez rien, ce serait très maladroit de votre part.

    Bien à vous!

  9. Raoul Marc Jennar a dit :

    @LigneJaune – juridiquement, il n’y ni plagiat, ni défaut de références dans le travail de synthèse que j’ai fourni et dont je n’ai jamais prétendu qu’il était mon « oeuvre ». Les oeuvres qui ont servi de sources sont explicitement citées. Par contre, votre propos et le vocabulaire utilisé démontrent à l’évidence votre volonté de nuire. Juridiquement.

  10. Michel Bouchet a dit :

    Vous dites en conclusion : « Les trois personnalités françaises considérées comme des fondateurs de l’Union européenne ont en commun le rejet du principe arraché en 1789, après 1200 de tyrannie et d’obscurantisme : tous les pouvoirs émanent du peuple. » Je pense que c’est à la révolution de 1793 qu’il faut attribuer le principe « tous les pouvoirs émanent du peuple. » Car pour reprendre un paragraphe de l’excellent dossier de l’Humanité Dimanche de la semaine dernière (Pourquoi la Droite veut liquider la révolution française !) : « Robespierre dans son discours à la Convention sur la nouvelle Déclaration des droits de l’homme le 24 avril 1793, pose deux principes toujours modernes : limiter le droit de propriété et assurer la nécessaire progressivité de l’impôt en fonction de la fortune. Une rupture avec la Déclaration des droits de l’homme de 1789 qui, pour l’Incorruptible, « paraît faite non pour les hommes, mais pour les riches, pour les accapareurs, pour les agioteurs et pour les tyrans ».
    Je vous propose de consigner dans un article conçu en ces termes :
    « Les citoyens dont les revenus n’excèdent point ce qui est nécessaire à leur subsistance doivent être dispensés de contribuer aux dépenses publiques, les autres doivent le supporter progressivement, selon l’étendue de leur fortune. »
    Car si l’historien Guillaume Mazeau écrit « Depuis la Révolution, c’est la place du Peuple qui constitue la principale ligne de faille entre « la » droite et »la » gauche. », je pense qu’il faut lire « Depuis la Révolution de 1793 » !

  11. PB a dit :

    Raoul Marc,

    J’ai une question importante à vous poser.
    Vous mettez en référence pour votre article, d’une part Francois Asselineau
    qui est cité par certains sites de tendance libertaire ou antifachistes comme
    souverainiste de l’ultra droite et mème conspirationniste, d’autre part Annie Lacroix ritz qui est elle mème soupçonnée d’acquintance avec l’extreme droite alors qu’elle est communiste!!

    2ème question que pensez vous de Asselineau et Lacroix ritz??

    3ème question pensez vous que ces sites libertaires ou antifas font un amalgame excessif ou qu’ils sont un peu dans le délire de voir des extrémistes de droite partout??

    merci

    bonne soirée

  12. Raoul Marc Jennar a dit :

    Bonjour,
    Trois observations :
    – tout d’abord, les « soupçons » ne sont pas un élément de preuve ; les faits et les écrits, par contre, permettent de se faire une opinion, de porter une appréciation ; comme dans toutes les périodes troublées, les « soupçons » empoisonnent le débat démocratique et pervertissent la pensée;
    – ensuite, j’ai cité les deux auteurs que vous évoquez pour les travaux qu’ils ont produits et non pour ce que ces personnes sont ou réputées être, après avoir soumis ces travaux à la rigueur de la critique historique ; dans les deux cas, j’ai jugé les éléments d’information fournis par ces travaux tout à fait fiables. Puis-je ajouter que Mme Lacroix-Riz est une historienne reconnue, dont les travaux se basent sur des sources citées, identifiables et incontestables;
    – enfin, je n’ai pas d’opinion sur les sites que vous évoquez et que je ne fréquente pas.

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