11 Mai 2014

Il en est qui font campagne pour l’abstention lors du scrutin européen du 25 mai. Examinons leurs raisons.

Certains disent : « pourquoi voter pour un Parlement européen (P.E.) qui n’a aucun pouvoir ?»  Ce n’est pas exact ; ils devraient s’informer et lire les traités actuellement en vigueur. Ils devraient lire cet excellent petit livre « Le Parlement européen, pour faire quoi ? » dont les auteurs qui ne peuvent être qualifiés d’européistes (B. Cassen, H.Michel, L. Weber). On n’argumente pas en travestissant la réalité. Reprenons leurs principales critiques :

– le P.E. n’a pas le pouvoir de proposer. C’est vrai. Mais qu’en est-il de ce pouvoir dans les parlements nationaux ? Quelle est la part réelle de l’initiative parlementaire dans le travail législatif national ? Dérisoire. Depuis le début de l’actuelle législature (depuis le 20 juin 2012), 125 des 157 lois adoptés étaient d’origine gouvernementale, soit près de 80% des textes votés.

– le P.E . n’est que co-législateur puisque tous les textes législatifs qu’il adopte doivent avoir l’agrément du Conseil des Ministres et de la Commission. C’est vrai. Mais encore une fois qu’en est-il au Parlement français ? Les textes adoptés ne doivent-ils pas, dans les faits, avoir l’accord du gouvernement ?

Par contre, ce qu’on passe trop souvent sous silence, c’est que le Parlement européen dispose du pouvoir de rejeter les textes proposés. Mais la majorité droite-pseudo gauche de ce Parlement préfère les approuver. Il est extrêmement rare qu’un texte législatif soit rejeté: au cours des trois dernières législatures (en quinze ans donc), seule la directive sur la libéralisation des services portuaires a été rejetée suite à l’intense mobilisation des dockers. Dans tous les autres cas, la majorité droite-PS a accepté les textes proposés.

Il ne fait aucun doute qu’au regard de l’idéal démocratique qui demeure à appliquer en France, le PE pourrait disposer de pouvoirs plus larges. Mais nous savons que ce sont les gouvernements des Etats qui limitent ces pouvoirs. C’est d’abord aux gouvernements successifs de la France qu’il faut s’en prendre si on veut changer d’Europe.

Ils affirment que « ce PE soutient les politiques néo-libérales proposées par la Commission européenne et adoptées par les 28 gouvernements réunis en Conseil des Ministres. » C’est vrai. Et cela prouve que le PE a du pouvoir. Puisqu’il pourrait ne pas les soutenir. Mais à qui la faute si les choix sont de droite ? Pas à l’institution qu’est le PE ! Mais bien aux partis politiques de droite et de la pseudo-gauche qui votent ensemble l’écrasante majorité des textes. Comme l’écrivent très justement les auteurs de cet excellent petit livre intitulé « Le Parlement européen, pour faire quoi ? » c’est à l’alliance des chrétiens-démocrates et des sociaux-démocrates qu’il faut attribuer le caractère néo-libéral des textes adoptés. Et les auteurs de conclure « si le Parlement veut, il peut ». Cette orientation dépend donc avant tout du vote des électeurs.

Enfin, ils proclament « il faut s’abstenir pour manifester notre rejet de cette Union européenne qui nie la démocratie et la justice sociale parce qu’elle nie la souveraineté des peuples ». Je suis d’accord sur le constat, mais je ne considère pas que ce soit la bonne méthode pour changer d’Europe, ni même pour changer l’UE. En effet, lors du précédent scrutin européen, en 2009, il y a eu, votes blancs et nuls compris, 62, 12% d’abstentions en France. En quoi cela a-t-il changé les choix politiques de l’UMP puis du PS ? En quoi cela a-t-il empêché la majorité PS – EELV de ratifier tel quel le pacte budgétaire Merkel-Sarkozy ? En quoi cela a-t-il modifié les orientations de l’UE ? Quelle révolution cela aurait été si seulement la moitié de ces abstentionnistes en 2009 avait soutenu l’une ou l’autre des listes de la gauche de gauche !

Quant à affirmer qu’en délégitimant le Parlement européen par un boycott massif de l’élection « les décisions européennes n’auront plus aucune portée en France », c’est oublier que les décisions européennes sont pour l’essentiel prises avec l’accord des 28 Etats, c’est-à-dire des 28 gouvernements et que ce sont donc aussi des décisions qui engagent le gouvernement français et qui s’appliquent en France.

De plus, cette année, alors que se négocie le grand marché transatlantique (GMT), nous allons élire les députés européens qui auront à le ratifier, si la négociation aboutit. Puisque, désormais, le Parlement européen a le pouvoir d’adopter ou de rejeter de tels traités. Il a usé de ce nouveau pouvoir le 4 juillet 2012 en refusant l’ACTA, un traité au contenu liberticide négocié par l’UE dans le plus grand secret. Affirmer, comme les partisans du boycott le prétendent que « le résultat du scrutin n’aura aucun impact » sur l’avenir du GMT, c’est tout simplement se faire les complices des partisans du GMT.

Il nous est donc possible de choisir des candidats qui sont radicalement et sincèrement opposés à ce projet funeste pour les peuples d’Europe. Et de faire de cette élection un référendum pour ou contre le GMT.

Je veux ajouter ceci. A côté de ceux qui s’abstiennent, il y a ceux qui ne s’abstiennent pas : les électeurs du FN. Et ce parti, on l’a vu aux récentes municipales, profite des abstentions pour gagner plus de sièges qu’il en obtiendrait s’il y avait moins d’abstentions. S’abstenir aux européennes, cela équivaudra à donner plus encore de députés européens au FN. Et ce choix discréditera la France et n’aura aucune influence sur la nécessité de faire rupture avec les orientations politiques de l’UE et les institutions qui les portent. Parce que ce sera un choix d’extrême-droite.

S’abstenir est une grave erreur. Une faute politique majeure. Il faut au contraire se mobiliser massivement pour ceux qui ont combattu le traité constitutionnel européen en 2005 au nom des valeurs de gauche et qui sont restés fidèles à ce choix, pour ceux qui au Parlement européen n’ont jamais mêlé leurs voix à la sainte alliance de la droite et des sociaux-démocrates, pour ceux qui rejettent le capitalisme rose comme le capitalisme vert.

S’abstenir, c’est faire du score du FN l’événement médiatique majeur du scrutin ; voter massivement Front de Gauche, c’est créer l’événement politique et annoncer aux peuples d’Europe, et en particulier au peuple grec martyr de l’UE, qu’un espoir est né en France de remplacer l’UE par une union des peuples d’Europe fondée sur la démocratie, la justice sociale, l’exigence écologique et le respect absolu de la souveraineté populaire.

Raoul M. Jennar

Lu 24 552 fois Imprimer Imprimer
1 Etoile2 Etoiles3 Etoiles4 Etoiles5 Etoiles (15 votes. Moyenne : 4,73 sur 5)
Loading...

47 Réponses pour “S’abstenir aux européennes : une faute grave”

  1. Manu a dit :

    SI VOUS CROYEZ QUE VOUS ALLEZ ÉLIRE LE PRÉSIDENT DE LA COMMISSION EUROPÉENNE, VOUS ALLEZ ÊTRE DÉÇU

    http://www.slate.fr/france/86729/europe-president-commission-argument-ps-bidon

  2. ariment a dit :

    oui oui pour ces réactions face aux boycott des élections européennes mais vous omettez de parler des lobbies européens de la banque et des affaires ( 4200 accréditations pour conseiller les rapporteurs , commissaires, eurodéputés, Dragi à la BCE …) ce sont les mêmes qui ont créé l’Europe et sa vision ultra libérale , cela dure depuis 60 ans ! ( excellent article de Fakir tchio là dessus)
    Il y a aussi le pillage de la démocratie , la gauche de gauche repensez le système de démocratie représentatif dans laquelle l’Europe , la France se trouvent ( pour 50 % d’ouvriers et employés moins de 1% de députés Français ! ) je n’ai pas les chiffres au niveau Européen .
    Beaucoup sont fatigués de ce jeu pseudo démocratique , la classe des riches gagne encore et toujours ? mobilisons nous contre TAFTA et la vision libérale des eurodéputés . Pour le mandat destitutif à la Chavez

  3. René de VOS a dit :

    Evidemment, je partage ton opinion. On peut quand même y ajouter que l’on peut aussi appeler au vote pour donner des voix au NPA qui présente des listes et qui radicalisent le discours contre l’Europe des capitalistes mais sans en réclamer la dissolution institutionnelle. Grace à nos élus, même minoritaires, plus nous serons nombreux à débattre de façon contradictoire et sincère de la vraie question qui est celle de la domination capitaliste, plus nous pourrons peser au PE et plus nous aurons de chances d’ouvrir la voie à une Fédération des peuples européens.

  4. Peretz a dit :

    « – le P.E. n’a pas le pouvoir de proposer. C’est vrai. Mais qu’en est-il de
    ce pouvoir dans les parlements nationaux ? Quelle est la part réelle de
    l’initiative parlementaire dans le travail législatif national ? Dérisoire.
    Depuis le début de l’actuelle législature (depuis le 20 juin 2012), 125 des
    157 lois adoptés étaient d’origine gouvernementale, soit près de 80% des
    textes votés. »
    Justement, c’est ce qu’il y a de critiquable dans notre système parlementaire : la démocratie bafouée. Ceci pour s’en remettre à l’exécutif sous prétexte d’efficacité. On voit les résultats ! Et encore le parlement en France a un peu d’initiative. Et il est possible de renverser le gouvernement. Le principe démocratique est la transmission du pouvoir du peuple, le plus directement possible. Dont l’initiative est l’instrument essentiel pour y parvenir.

  5. Robert Spire a dit :

    Je suis entièrement d’accord avec le contenu de ce texte, sauf que sans des listes communes réunissant toutes les forces de gauche il ne peut y avoir un engouement contre l’abstention. Travaillons d’abord cette union (comme à Grenoble) sinon c’est peine perdu!

  6. Richard Bouillet a dit :

    Voyons vos deux principaux arguments:

    1- Le Parlement européen n’a pas le pouvoir de proposer, c’est vrai, mais il dispose du pouvoir de rejeter les textes qui le sont par le Conseil.

    La belle affaire! Vous avez beau dire que le parlement français n’a guère plus de pouvoir par rapport à l’exécutif, notre intention à nous n’est pas de reproduire à puissance dix le système bancal de notre pseudo démocratie.

    2- S’abstenir équivaudra à donner plus encore de députés européens au FN, ce qui discréditera la France et n’aura aucune influence sur les orientations politiques de l’UE et les institutions qui les portent. Parce que ce sera un choix d’extrême-droite.

    Pseudo droite, droite ou extrême droite majoritaire parmi *nos* députés européens, qu’est-ce que ça changera? RIEN! Or le résultat du scrutin n’a aucune chance d’échapper à l’un de ces clans. Si par miracle ce n’était pas le cas, quelle influence cela aurait-il au sein des 27 pays concernés, largement acquis au Parti Populaire Européen (PPE, droite)? ABSOLUMENT AUCUNE!

    L’Europe telle que nous la connaissons est une arme libérale dirigée contre nous les fainéants, les dépensiers, cessons de l’alimenter par nos voix, chacune d’elles est une balle qui se retourne contre nous. Afficher 75 et pourquoi pas 80% d’abstention aurait un autre impact que d’envoyer deux/trois des nôtres rejeter des textes à Strasbourg.

  7. Bernard a dit :

    En écho ma modeste « contribution »
    http://pourmaconlhumaindabord.fr/lettre-fille-abstention-piege-con/
    Amitiés

  8. Gerardo a dit :

    Il y a quand même une différence majeure entre le parlement français et le parlement européen, c’est que dans ce dernier les députés français représentent moins de 10% du total. Cela pose un problème démocratique de fond (démos = peuple).

    Par ailleurs, l’article 17 du TUE stipule que « La Commission exerce ses responsabilités en pleine indépendance. Sans préjudice de l’article 18, paragraphe 2, les membres de la Commission ne sollicitent ni n’acceptent d’instructions d’aucun gouvernement, institution, organe ou organisme. Ils s’abstiennent de tout acte incompatible avec leurs fonctions ou l’exécution de leurs tâches ». Autrement dit la « Commission » est indépendante des états (mais pas des lobbys comme cela a été démontré par les journalistes).

    Pour modifier de fond en comble les traités il faut l’unanimité des 28 (article 48 du TUE) ce qui est hautement improbable puisque comme cela transparait en filigrane dans votre article, tout est verrouillé au niveau structurel et politique.

    Je suis d’accord qu’il ne faut pas s’abstenir aux européennes car cela fera le jeu du FN. Un vote massif du FdG n’aura cependant aucun effet puisque quand bien même le FdG obtiendrait 30 euro-député en étant très optimiste, cela ne ferait que 4% du parlement européen.. il faudrait un vote massif majoritairement d’extrême-gauche dans toute l’Europe or ça n’est jamais arrivé il me semble.

    Faute de pouvoir réformer l’UE, la solution la plus sage reste de s’en retirer comme l’autorise l’article 50 du TUE et de redevenir un état souverain comme le sont la Suisse, la Norvège, l’Islande et les 90% des pays qui ne sont pas dans l’UE… Je suis donc plus favorable au vote en faveur des formations politiques qui propose cette solution et qui seront présente aux européennes (EPAM en Grèce, IPU en Finlande, UPR en France…).

    Cdt

  9. Christian Bordeaux a dit :

    La démocratie la plus élémentaire ne peut priver les parlementaires du droit d’être à l’initiative de la création de lois. C’est le cas pour les élus nationaux français. Pas pour ceux du PE . Ils peuvent être co-législateur. Oui, mais… sur un nombre limités de sujets. Interdiction de toucher à la nature, au rôle de l’UE. La concurrence libre et non faussée est un impératif sacré. Intouchable. Le Parlement français peut modifier la Constitution.

    Il est curieux de la part d’un juriste comme vous M. Jennar, doté d’une expérience internationale précisément dans le domaine dont il est question ici, de se laisser aller à partager pareille simplification des auteurs du livre cité.
    Pour ma part je regrette que les parlementaires français soient devenus pour l’essentiel des « greffiers » de l’UE. Mais leur charge de travail peut-elle s’inverser sans que la France recouvre sa souveraineté, ses prérogatives régaliennes ? Certainement pas.

    L’UE est une institution antidémocratique, à caractère dictatorial, sa procédure législative que nous venons d’effleurer le démontre. Mais il y a plus grave encore.
    L’autoritarisme de l’UE, son mépris des peuples, est une réalité qu’il faut avoir le courage politique de regarder en face. Dans « Faut-il faire sauter Bruxelles ? » François Ruffin / Fakir édition/ 7€, après 3 ans d’enquêtes à Bruxelles au cœur de l’Euroland, nous fournit une description terrible de ce milieu inhumain. Avant la fin de la lecture à la question posée par le titre on a déjà dit oui. Où alors c’est du masochisme.

    Tout vote le 25 mai cautionnera l’UE, confortera sa légitimité, validera la forfaiture de Sarkozy soutenu par le PS.
    C’est de l’incivisme. Je n’ai jamais fait une croix sur mon NON de 2005.
    Vive l’union libre des peuples indépendants.

  10. ERASMI Christian a dit :

    Ce texte est caricatural : tu ne nous avais pas habitué à cela. Du coup je me suis senti obligé de te répondre
    Boycotter les élections européennes : un acte de résistance. A lire sur http://www.agauche.info/

    RMJ – le P.E. n’a pas le pouvoir de proposer. C’est vrai. Mais qu’en est-il de ce pouvoir dans les parlements nationaux ? Quelle est la part réelle de l’initiative parlementaire dans le travail législatif national ? Dérisoire. Depuis le début de l’actuelle législature (depuis le 20 juin 2012), 125 des 157 lois adoptés étaient d’origine gouvernementale, soit près de 80% des textes votés.
    CE – Le parlement français (Assemblée Nationale et Sénat) a le pouvoir de proposer des projets de loi au débat des parlementaires. Et s’ils n’en usent pas ce n’est pas faute de pouvoir, mais de VOULOIR : le fonctionnement de la Vème République a réduit progressivement la volonté des élus, jusqu’à en faire les godillots du monarque républicain, mais rien dans la constitution n’interdit le travail législatif. Alors qu’aucun traité européen, de Maastricht à Lisbonne, ne le permet.

    RMJ Ils affirment que « ce PE soutient les politiques néo-libérales proposées par la Commission européenne et adoptées par les 28 gouvernements réunis en Conseil des Ministres. » C’est vrai. Et cela prouve que le PE a du pouvoir.
    CE – Démonstration plutôt osée : le fait de soutenir pourrait éventuellement donner du pouvoir, mais en aucun cas il est la preuve de l’exercice d’un réel pouvoir. D’ailleurs, que se passerait-il si le Parlement Européen ne les soutenait pas ? Rien ! La commission et les 28 gouvernements réunis en Conseil des Ministres continueraient à imposer aux peuples les politiques libérales.

    RMJ -Enfin, ils proclament « il faut s’abstenir pour manifester notre rejet de cette Union européenne qui nie la démocratie et la justice sociale parce qu’elle nie la souveraineté des peuples ». Je suis d’accord sur le constat, mais je ne considère pas que ce soit la bonne méthode pour changer d’Europe, ni même pour changer l’UE.
    CE – Exprimer son accord ou son désaccord n’implique pas automatiquement que l’on ait raison. D’élections en élections ce parlement est de plus en plus mal élu (seulement un tiers des français se déplacent aux urnes – ils n’étaient que 20% en Slovaquie), ce qui tendrait à démontrer que non seulement la méthode est mauvaise, mais aussi que l’organisation géopolitique imposée est en question.

    Argument contre argument, ta démonstration n’en est pas une. Pire même, elle divise à gauche. Et politesse rendue, c’est une faute grave.

    L’argument ultime selon lequel le choix du « boycott militant » serait un choix d’extrême droite nous rappelle de triste mémoire la campagne délirante des partisans du « OUI » à l’occasion du projet de traité constitutionnel européen en 2005. La majorité du PS en tête, nous accusait déjà de faire le jeu du FN.
    Comment l’élection en nombre de députés européens FN, qui représenteraient au pire 6 à 7% du corps électoral constituerait un évènement politique exceptionnel ? Quant au rouleau compresseur médiatique qui s’en suivra, il ne fera que continuer la campagne déjà engagée depuis des années. Quels que soient les résultats d’ailleurs, tout est déjà prêt. On ne manque pas d’exemple.

    Et c’est bien là l’un des enjeux de ce scrutin : affirmer qu’il ne suffit pas de clamer son opposition à l’Europe pour aller ensuite user les fonds de culotte sur les bancs du parlement, et empocher les indemnités de fonction. Refuser l’Europe, son organisation, son diktat permanent, l’asservissement de nos peuples, c’est aussi refuser le mode d’emploi qui nous est proposé : « les élections sans la démocratie ».

    Nous sommes donc d’accord sur l’objectif, me semble-t-il, qui est de nous libérer de cette « Union Européenne » pour construire de nouvelles solidarités entre les peuples fondées sur l’entraide et la justice sociale. Nous divergeons sur la méthode : il n’y a pas de quoi nous stigmatiser mutuellement. D’autant que les élections européennes passées, nous devrons bien unir nos forces pour poursuivre le combat, et RESISTER.

  11. Joseph Meyer a dit :

    Cher Monsieur Jennar,
    merci pour cet excellent plaidoyer pour une participation active aux élections européennes! Vous avez parfaitement raison: Ne pas voter renforce les mouvements extremistes de droite.
    D’ un côté je respecte et je trouve admirable le courage de tous les participants au « Front de Gauche ». D’ un autre côté je regrette que l’ on doive toujours se différencier en « droit », « gauche », « centriste », »conventionnel », etc.

    Pourquoi ne pas se définir selon son programme? Par exemple le parti « POUR »: Pour la sauvegarde de l’ environnement et du climat, Pour une monnaie souveraine de l’ Etat, Pour un revenu de base inconditionnel et individuel, Pour une gouvernance basée sur le referendum sur iniative populaire, Pour un désarmement généralisé et simultané, Pour un approvisionnement énergétique à 100% renouvelable, Pour une alimentation biologique sans OGM, hormones, antibiotiques, pesticides, Pour etc. etc.

    Bien à vous,
    Joseph Meyer

  12. renault a dit :

    En France oui absolument ! Et ce d’autant plus que depuis avril 2014 le vote blanc est reconnu et sera comptabilité hors votes nuls !!

  13. martin a dit :

    Super ton article et d’une nécessité brulante. Je salue ton effort permanent d’argumentation et ton respect des contradicteurs lorsqu’ils sont sincères. J’ai déjà pu vérifier dans le débat avec Chouard (sur la constituante et le tirage au sort)!!!

  14. Van Muy Bernard a dit :

    Bonjour, Monsieur Jennar, je comprends votre raisonnement mais à l’heure actuelle, même si les citoyens ont encore le droit étroit d’émettre un vote pour les Européennes, et personnellement, je voterai, il faut se rendre à l’évidence : l’UE est une institution pourrie jusqu’à la moelle, travaillée continuellement et depuis sa création par les quelque 30.000 lobbies qui rôdent comme des vautours autour de l' »élite » des technocrates qui gouvernent l’UE et des parlementaires dont la majorité sont des proies désignées et somme toute, faciles à dévorer.
    L’institution est, on ne le sait que trop, tout sauf démocratique, encore moins que nos gouvernements nationaux, ce qui n’est déjà pas peu dire.
    Il n’y a rien à espérer de cette institution, totalement inféodée de plus à la finance internationale, aux multinationales et aux E-U, par OTAN interposé. Ceux-ci l’ont conçue depuis les années 20, avec des transfuges européens, dont Jean Monnet, il faut bien le dire.
    Dans les conditions actuelles qui nous voient assister à des dérives de toutes sortes, il est urgent de sortir de l’UE et de l’OTAN qui confisquent totalement la politique étrangère des Etats-nations ou de ce qu’il en reste et poussent ceux-ci dans des aventures militaires de plus en plus agressives à l’égard de tous ceux qui ne plient pas devant le développement de leurs intérêts.
    Je voudrais rappeler une phrase de Madame Aminata Traore, anciennne ministre de la Culture du Mali, prononcée en janvier 2014 sur les ondes de France Inter, suite à la parution de son livre : « La Gloire des imposteurs » : « La paix du monde est tributaire des efforts que l’occident déploie pour maintenir son empire au détriment du reste de la planète. »
    Devant ce constat, je préconise de nous décoloniser littéralement de cet empire et de récupérer notre souveraineté, dans chaque Etat-nation qui est le seul niveau où il est encore possible de sauver notamment nos acquis sociaux en voie de délabrement avancé mais aussi de concevoir et de réaliser notre avenir selon nos valeurs propres.

  15. Galliano Eve a dit :

    Bravo pour cet article très utile et qui permet de mieux répondre à celles et ceux qui pensent que le boycott des élections est un acte quasi « révolutionnaire ».
    Merci encore

  16. zamengo pierre a dit :

    Bonjour,
    j’ai bien lu votre article en faisant des recherches pour prendre une décision… Et pas de réponse à ma question ! Les positions du Front de Gauche, comme du NPA d’ailleurs, ne font pas état de choix concret concernant la Défense. Or, selon moi, le combat antimilitariste reste primordial… Nonobstant le fait que les « économies » tant réclamées y trouvent leur réponse ! Quant à ceux qui opposeraient, comme l’ont toujours fait les communistes, la question de l’emploi, je leur rappellerai que nous manquons cruellement de personnel dans l’Educatif, la Santé, et autres ! Et qu’un employé de ces structures nous coûte bien moins cher ! Mais ceci reste un détail : aucune déclaration ni aucun combat antimilitaristes chez nous ! La grande muette nous aurait-elle touchés aussi ?… Je ne voterai jamais à droite, mais si la gauche ne prend pas clairement position sur la question militaire, je n’irai pas voter. La question est trop grave pour qu’on l’élude en permanence.

  17. olivier RUBENS a dit :

    Bonjour Monsieur,

    J’adhère à l’une des organisations qui appellent au boycott
    actif des élections du 25 Mai.

    J’ai lu avec intérêt vos arguments dont certains sont de valeur, d’autre moins. C’est un débat qui se poursuivra car nous nous retrouverons dans l’action, par exemple contre le pacte de responsabilité…..

    Dans cette perspective, dire que les boycotteurs se font « les complices des partisans du GMT » est sans doute une expression qui a dépassé votre pensée
    mais qui s’avèrera en tout état de cause contre-productive pour un avenir commun de luttes contre le néo-libéralisme…

    Cordialement,

    Olivier RUBENS

  18. Christian GRIALOU a dit :

    Je ne ferai pas le jeu du FN. Mais il n’y a pas que le front de gauche qui refuse
    le GMT. Moi, je voterai Europe Ecologie qui s’est clairement opposé au traité de libre échange avec les Etats Unies.

  19. Yggdrasil a dit :

    Si je suis tout à fait d’accord avec vous pour ne pas s’abstenir le 25 mai, je ne partage pas vos orientations quant à la ligne qu’il faut soutenir.
    Deux choses me gênent dans les choix du FDG :
    – en matière économique, il dit quasiment la même chose que le FN : rétablir les frontières, protectionnisme, repli sur soi, dont on sait que cela ne fonctionnera pas
    – si je partage les objectifs du FDG en matière sociale, je ne vois pas du tout de réalisme dans la mise en oeuvre concrète des moyens pour atteindre ces objectifs. C’est nier la réalité, et cela conduit au faut kon yaka qui font plaisir aux électeurs, mais ne mènent à rien.
    Enfin, comme je l’ai dit sur le forum du MPEP, vous avez tendance à annexer les voix du FN dans le non de 2005. A l’époque, le FN et les souverainistes représentaient en gros 20% de l’électorat. Ce qui donne au résultat la signification suivante :
    – 45% Oui à la Constitution Giscard
    – 35% Non car il faut plus d’Europe, plus de justice sociale, plus de coopération en Europe
    – 20% Non car l’Europe détruit les nations et il en faudrait beaucoup moins
    Dommage qu’il ait fallu voter bêtement pour ou contre un texte sans pouvoir dire pourquoi on en voulait ou on n’en voulait pas.

  20. Bernard Van Muy a dit :

    J’ai joint un commentaire à l’article ci-dessous le 13 mai. Est-il toujours en cours de modération ?

  21. gilles a dit :

    Monsieur Jennar, j’ai pris connaissance il y a quelques jours d’un document écrit par un lobbyiste professionnel concentré sur les institutions européennes appartenant à l’« European Training Institute » Daniel Guéguen. Ce document apprend beaucoup de choses sur la comitologie, le pouvoir de comités consultés par la Commission Européenne et dont les membres sont aussi nommés par la Commission. Pratique lorsque l’on veut qu’un rapport d’expertise aboutisse aux conclusions que l’on souhaite ! Ces comités laissent les grandes déclarations de principe qui n’engagent à rien au Parlement Européen et décident des détails pratiques qui accumulés changent tout.

    Voici le lien vers le document :
    Lien : https://www.ksap.gov.pl/ksap/file/publikacje/Comitologie_confisquee.pdf

    Lisez, c’est une fois de plus affligeant concernant les institutions européennes.

    Cela me confirme encore dans mon idée qu’après toutes les déconvenues du rêve européen, je serais à tout le moins nettement plus nuancé que vous sur l’espoir d’y insérer un contenu progressiste surtout par l’intermédiaire d’un vote quelqu’il soit, le meilleur serait-il. Je vous souhaite le meilleur courage pour votre combat. Ne renoncez pas à ce que vous croyez, mais n’espérez me convaincre que je vais changer le sort atroces des grecs par un vote.

  22. Raoul Marc Jennar a dit :

    Il ne s’agit pas de changer la nature de l’UE en votant pour des candidats hostiles au GMT ; il s’agit d’envoyer un signal de refus du GMT. Rien d’autre. Pour changer l’UE, il faut d’abord changer la France. On oublie trop souvent que les politiques européennes ne sont que la résultante d’une étroite complicité entre les pouvoirs dominants en Europe et dans chaque Etat. Il n’y aurait pas une mauvaise UE et de gentils Etats. C’est la même oligarchie au pouvoir dans les Etats et dans les institutions européennes.

  23. Raoul Marc Jennar a dit :

    Sauf que les deux ministres EELV ont, en conseil des ministres à Paris, donné leurs accord. C’est toujours la même chose avec EELV : un pied dedans, un pied dehors. A chacun d’en tirer les conclusions, d’autant qu’aujourd’hui, Bové, hostile au TCE en 2005 (alors que les Verts étaient pour le oui) écrit dans son dernier livre « je me fais le gardien des traités européens ». Les Verts ont contribué, avec le PS, en février 2008 à faire entrer le traité de Lisbonne dans le droit français lors de la révision de la Constitution à Versailles. Avoir la mémoire courte, c’est se tromper avec certitude.

  24. yann guérin a dit :

    Merci m. Jennar. votre billet me permet de me décider sur ce que j’allais faire le 25 mai prochain. j’ai bien relu, vous confirmez que le parlement européen n’a aucun pouvoir. il s’agit donc bien d’une dictature . Je ne vais donc pas apporter mon vote à ce régime là qui détruit ma nation et tout ce qui la compose. Je voulais aussi vous signaler l’abstention ne fera pas le jeu du front nazional puisque les études réalisées sur les dernières élections montrent que plus l’abstention est faible, plus haut est le score de l’extrême droite.

  25. Julia a dit :

    (je reposte mon commentaire car le précédent a interverti des paragraphes quand je l’ai posté, désoléé mon ordi bug!)

    Monsieur Jennar,

    Comme de nombreuses personnes j’ai beaucoup de respect pour le travail de qualité que vous faites pour décortiquer les traités qu’on essaye de nous imposer.

    Je suis d’accord avec vous pour ne pas oublier que Verts et PS ont contribué à faire voter en 2008 un traité que les français avaient rejetté en 2005 (cependant pas que pour des raisons antilibérales, mais passons là dessus).

    Puisque je n’oublie rien, je n’oublie pas que Mr Mélenchon a été pendant très longtemps au PS, dont il aurait du s’affranchir dés 2005. J’ai voté pour lui en 2012 mais sans espoir futur car à mon avis il a trop trainé avant de se démarquer du PS, qui était devenu libéral depuis 2003 (au moins, certains diront 1983…)

    De votre côté vous dites qu’ils ne faut se tromper de certitude. Mais franchement je crois que vous repprochez aux autres ce que vous avez du mal à voir chez vous. Encore une fois je ne remet pas en cause votre compétence en terme de politique théorique, mais question pratique il y a des questions à se poser : vous êtes allés soutenir José Bové, alors que celui-ci ne représentait que lui même et avec un avenir que certes on peut vous épargner mais il y avait quand même des signes évidents, notamment quand il appelait avant le premier tour de 2007 à voter Royal! Ensuite vous avez été en 2010 rejoindre le NPA, qui clairement avait pris une mauvaise tournure (le moment pour le rejoindre c’était en 2006/2007 avec des CUAL dans l’échec). Enfin, vous avez attendu 2012 pour rejoindre le PG, c’est à dire sans doute un moment où le PG a atteint son apogée, bref trop tard encore une fois.

    Bref vous avez toujours un train de retard et permettez moi de vous dire que vous n’êtes pas un visionnaire, bien au contraire (et je vous dis ça en toute sympathie car je sais que vous voulez bien faire). Dans ces conditions votre analyse de la situation globale et des possibilités qu’offrent le vote ne me semblent pas crédibles, alors que de toute façon la réponse à vos propos qu’a faite le M’PEP me parait être clairement imparable.

    Dans ces conditions j’irai voter blanc le 25/05 (ou je ne voterai pas j’hésite encore!), et certainement pas pour le Front de Gauche, qui de toute façon est pour moi désormais banni de mon vote, vu qu’il a fusionné dans de nombreuses villes avec le PS. Comme vous dites ‘un pied dehors et un pied dedans’ ça n’est pas correct 🙂 (et je ne parle même pas de ce qui s’est passé à Paris avec le PCF)

    Bové se trompe, mais vous aussi, quand vous affirmez qu’on peut lutter de l’intérieur de l’UE (ce que Bové dit aussi)

    Bonne continuation au PG (je ne sais pas dans combien de temps vous n’y serez plus, peut être après les européennes!?), de toute façon nous nous retrouverons dans les luttes communes, car comme l’AMI avant lui, le GMT peut et doit être vaincu. Cordialement

  26. Raoul Marc Jennar a dit :

    Libre à vous de penser ce que vous voulez de moi et de mes engagements. Mais je ne vous permets pas de caricaturer mon propos. J’ai, quant à moi, l’honnêteté de reconnaître quand je me suis trompé (ce fut le cas avec Bové et le NPA); j’ai écrit ici même, mais il est commode de faire semblant de l’oublier, qu’après avoir cru l’UE réformable, j’étais arrivé à la conviction qu’elle ne l’est plus et qu’il faut une « rupture »; c’est le mot que j’ai utilisé dans mon texte du 14 février et que vous feignez d’ignorer. Dommage. Cordialement.

  27. Raoul Marc Jennar a dit :

    @yann guérin – Il faut être d’une insigne malhonnêteté intellectuelle pour affirmer que j’ai écrit que le parlement européen n’a aucun pouvoir. La rigueur intellectuelle, qui semble totalement vous échapper, impose de s’en tenir aux textes qui décrivent les pouvoirs du Parlement européen.Mais je sais qu’il est des individus qui méprisent la vérité et préfèrent affirmer le contraire de ce qui est pour justifier leurs comportements. Je regrette qu’ils polluent mon blog.

  28. Christian Bordeaux a dit :

    @Raoul Marc Jennar

    Effectivement M. Jennar en vous lisant, on ne peut que conclure que le P.E. n’a aucun pouvoir permettant de le qualifier de Parlement. C’est ma lecture de Yann Guérin. Au mieux c’est un fantasme que de s’accrocher à nommer ainsi cette structure.

    Il en résulte que l’UE est d’abord une structure de gestion économique pour le seul l’intérêt des dirigeants financiers avec en conséquence une stratégie politique de destruction de la protection sociale qui « coûte » au capital. L’UE est une structure dictatoriale.
    Et bien Monsieur je ne me rendrais pas le 25 mai au bureau de vote, je ne participerais pas à cette mascarade électorale qui ne servira qu’à lé-gi-ti-mer cette institution, l’UE, qui à fait de la Grèce un laboratoire d’expérience ô combien exemplaire du néolibéralisme. Son action y est meurtrière.
    Dans ce pays de 2008 à 2013, 10% de la population à émigrer, le chômage augmenté de 20%, le SMIC baissé de 22%, les suicides de + 43%, la dépense des hôpitaux en médicaments baissée de 53%. Et qu’aurait pu faire les députés (s’ils l’avaient voulu) avec leurs pouvoirs pour l’empêcher ?

    Vous avez raison la stratégie inhumain (je rajoute) de l’UE est le résultat des décisions prises par les chefs d’États et de gouvernements particulièrement lors des Conseils européens. Et alors ?
    Curieux argument de vote pour ce parlement bidon, créé précisément par les participants à ces fameux Conseils. Faire vivre par sa participation active l’UE c’est légitimer son existence.

    Faut changer la politique des États suggérez-vous. Ce qui dans le cadre du traité de Lisbonne implique 28 changements (!!!!). Vous avez cependant raison de rappeler la réalité politique, mais restons en France. Il y a un hic pour y parvenir. Comment se fait-il alors que la crise sociale s’aggrave chaque jour , que tout le monde a compris que la dégradation allait s’accélérer avec le plan gouvernemental, que le FdG stagne (Cf. derniers sondages) ? La réponse a déjà été donné, mais la leçon pas tirée, après l’échec de JL Mélanchon planté par MLP et son insuccès de la présidentielle. Lisez la propagande du FN pour ces européennes, c’est un vocabulaire radicalement offensif que la gauche (partis et syndicats) a abandonné depuis bientôt deux décennies. Comment faire ami, ami avec le PS ce parti de droite plus du tout complexé, frayer avec EELV, pourraient donner confiance aux électeurs.
    Enfin je ne peux que relever que MLP et le FN comme vous, qui êtes candidat, ont peur de l’abstention.Toujours l’histoire de la paille et de la poutre.

  29. Raoul Marc Jennar a dit :

    Et c’est quoi votre solution ? Facile de critiquer, mais proposer quelque chose de réalisable et sortez de l’incantation. cela étant, ne vous en déplaise, le Parlement européen a de réels pouvoirs. Mais, c’est vieux comme le monde, mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose. Lisez les traités européens puisque vous prétendez être expert en droit public.

  30. Raoul Marc Jennar a dit :

    Et c’est quoi votre solution ? Facile de critiquer, mais proposez quelque chose de réalisable et sortez de l’incantation. Cela étant, ne vous en déplaise, le Parlement européen a de réels pouvoirs. Mais, c’est vieux comme le monde, mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose quand on est partisan plutôt que chercheur rigoureux. Lisez les traités européens puisque vous prétendez être expert en droit public. Vous apprendrez ce que, manifestement, vous ignorez.

  31. Raoul Marc Jennar a dit :

    Je ne trouve rien. Désolé.

  32. Raoul Marc Jennar a dit :

    Qui a jamais parlé de cela ? Il s’agit de combattre le GMT.

  33. Peretz a dit :

    Sauf erreur la Commission a donné son aval aux négociations. Sauf erreur les négociations ont débuté et aboutiront pays par pays branche par branche. Qu’est-ce qui obligerait, en droit européen, les négociateurs de mettre en pratique les accords sans être obligés d’en faire un traité réunissant tous les éléments en un ensemble qu’ils devraient soumettre au Parlement pou approbation ?

  34. Peretz a dit :

    Un Parlement, même croupion comme le nôtre, a encore la possibilité d’initier des lois. C’est la caractéristique essentielle d’une démocratie sans quoi la volonté du peuple ne peut s’exprimer !!! Est-ce le cas avec le PE ?

  35. Frieh a dit :

    Bonjour et merci pour cette éclairage, mais j’entends déjà les partisans de l’abstention dire que tout est déjà joué d’avance, que la majorité restera à droite centre droite PSE, qu’il y a encore trop de naïf à gauche à vouloir voter PSE, que le système est verrouillé comme aux Etats Unis…. J’ai pour ma part faillit m’abstenir pour la première fois de ma vie, lorsque j’ai entendu que la commission se gardait le droit de choisir le président de l’UE.
    François

  36. Christian Bordeaux a dit :

    QUI DIRIGE L’UE ?

    Dans « The business Bruxelles » la démonstration est brillante, en 45′ les réalisateurs démontrent qui commande et dirige l’UE: https://www.youtube.com/watch?v=dRgBEyPjzSc

    Tout magistral que soit ce documentaire on demeure chagrin de devoir le conseiller à des acteurs très voyants de la lutte pour la victoire du NON en 2005 et contraint d’y ajouter un conseil de lecture : « Faut-il faire sauter Bruxelles », 3 ans d’enquête de François Ruffin ( édit. Fakir /7€) dans les arcanes de l’empire bruxellois.

    L’UE est absorbante… neuf ans plus tard la gauche à perdu toute sa vigueur, elle s’est accommodée, quant aux syndicats leurs griffes emboulées comme les cornes des vaches landaises ils ont trouvé les fauteuils confortables
    (…)

    Début d’un commentaire paru sur:
    http://www.jennar.fr/?p=3143

  37. Raoul Marc Jennar a dit :

    Contrairement à ce que vous écrivez, ce n’est pas la Commission qui a donné son aval aux négociations. C’est exactement le contraire : le 14 juin 2013, les ministres représentants les différents Etats membres de l’UE ont confié un mandat de négociation à la Commission, la chargeant de réaliser les objectifs inscrits dans les 46 articles de ce mandat. Depuis lors, les négociateurs européens de la Commmission rencontrent chaque mois les négociateurs américains ; ce qu’ils font cette semaine du 19 au 23 mai à Washington. A l’issue de la négociation, le résultat sera soumis au Conseil des Ministres qui décidera alors d’envoyer ou pas le texte pour ratification au Parlement européen, celui-ci disposant de l’entière liberté de l’accepter ou de le refuser. Tel est le processus décrit dans les articles 207 et 218 du traité sur le fonctionnement de l’UE.

  38. Christian Bordeaux a dit :

    @Raoul Marc Jennar

    Vous écriviez le 16 mai :
    «  Il ne s’agit pas de changer la nature de l’UE en votant pour des candidats hostiles au GMT ; il s’agit d’envoyer un signal de refus du GMT. Rien d’autre. »
    S’il ne s’agit que de cela je ne vois vraiment pas l’utilité de ce vote. Car les dirigeants néolibéraux étasuniens et de l’UE ont besoin de plus d’un signal pour mettre un genou à terre. Avez-vous oublié 2005.
    « Pour changer l’UE, il faut d’abord changer la France. » Vous avez raison.
    C’est bien ce que s’évertuent à dire tous ceux qui luttent pour le boycott de ces élections.
    Le PE ne peut rien changer et surtout pas la nature de l’UE, institution faite par et pour les financiers.
    Effectivement pas la peine de se déplacer dimanche ça ne servirait à rien sauf à la légitimer, cette UE qui a permis au chefs d’États et de gouvernement d’aggraver et d’amplifier la dégradation des conditions de vie, de créer des tensions entre les populations, de favoriser ainsi les extrêmes droites dans chacun de leur pays. Mais il faut aller plus loin. Il faut osez.

    Certes si ce système économique et politique recouvre une très grande partie de la planète, constatons pour nous en réjouir qu’il subit de sérieux revers depuis plus d’une décennie sur le continent latino-américain.

    J’ai une certitude : Si la gauche française qui se proclame radicale, passait aux actes comme là bas, c’est dire osez le combat clair et déterminé contre les puissances financière et politiciens à sa solde (comme ici), le FN retournerai dans l’oubli d’où Mitterrand l’avait sorti (le PS d’aujourd’hui poursuivant la démarche.) pour fourvoyer les luttes sociale dans le vote utile.

    L’incommodité que ressent une grande partie de la population, principalement celle qui dimanche s’abstiendra résulte de la peur de cette gauche « radicale » à affronter la lutte des classes ailleurs que sur les tréteaux électoraux, et encore pas chaque fois.

  39. Peretz a dit :

    @Gerardo – Sortir de l’UE, pouquoi pas. mais ce n’est pas en y entrant que ça serait possible.
    Comment imaginer que le Conseil des ministres déciderait de soumettre le résultat des négociations à la ratification (combien de milliers de pages?) qui n’aurait pas les mêmes avantages et inconvénients selon les pays, s’ils savaient qu’il y aurait le moindre risque de refus. Du pipeau ! Il y a une loi inéluctable qui dit qu’on ne change pas un système de l’intérieur. Tout au plus le modifier un certain temps. La loi des marchés est qu’ils doivent s’étendre.

  40. Raoul Marc Jennar a dit :

    La négociation ne porte pas sur des milliers de pages. Pour ce qui concerne le man fat européen, il s’agit de 46 articles qui font 12 pages A4. Et ne vous en déplaise, le Conseil des Ministres devra se prononcer sur le résultat de la négociation. Evidemment, si aucune manifestation de refus de ce traité n’émerge des peuples, les gouvernements se sentiront libres de faire ce qu’ils veulent. Une de ces manifestations, c’est le vote dimanche en faveur de candidats résolument hostiles à ce partenariat transatlantique, et depuis longtemps. Et pas pour des raisons d’extrême-droite. Vous avez raison : on ne change pas un système de l’intérieur. Mais ce n’est pas de cela dont il s’agit. Il s’agit de savoir si on peut faire obstacle à ce GMT. Une bataille qui est immédiatement devant nous. Alors que la remise en question de l’UE, par des voies pacifiques, appelle soit une victoire de ses partisans aux prochaines législatives (2017) soit une grève générale européenne que j’appelle de mes voeux depuis 2004.

  41. Raoul Marc Jennar a dit :

    Qu’appelez-vous « passer aux actes » ? Qu’attendez-vous de la gauche radicale qu’elle ne fasse pas ? Elle informe, elle alerte, elle dénonce une UE capitaliste, elle appelle à la mobilisation. Les confédérations syndicales restent passives ; le peuple ne bouge pas. Moi, j’appelle depuis 2004 à une grève générale européenne contre cette UE. Soyons lucides : les peuples, mis en condition par les médias toxiques et prisonniers de la société de consommation ne s’insurgent que lorsqu’ils n’ont plus rien à perdre. Comme en Grèce. Et si la bonne nouvelle vient d’Athènes dimanche soir, c’est parce que le peuple grec a été mis à genoux. Manifestement, le peuple français ne souffre pas encore assez.

  42. soleni a dit :

    <TOUT à fait d'accord avec votre réponse à l'article de Raoul-Marc,
    il devient nécessaire de remettre en question l'institution démocratique
    qui ne porte ce nom que par mensonge, dissimulation et manipulation
    des électeurs dont il serait temps de voir que leurs votes alimentent et renforcent une classe… qui gagne la guerre ce l'a dit Warren Buffet

  43. Pons Georges a dit :

    Merci à René De Vos de rappeler qu’il y a au moins un parti en France, le NPA, pour engager à voter autrement que pour les partis dominants en adoptant, bien que réputé extrémiste, une position nuancée en faveur d’une autre Europe que celle du fric.

  44. Pons Georges a dit :

    J’oubliais: un sujet politique qui doit être identifié sous trois appellations différentes, GMT, TAFTA et j’ai oublié la troisième, voilà qui en fait déjà un sujet repoussoir qui évitera les mobilisations massives et hostiles.
    Erasmi a complètement perdu les pédales, mais bon …!

  45. Raoul Marc Jennar a dit :

    Vous avez raison; mais ces différentes appellations proviennent des mouvements sociaux qui n’ont pas été capables de s’accorder sur une dénomination, qui ont inventé Tafta (ce qui n’a aucune signification officielle, mais parce que « cela faisait bien »). Le troisième que vous avez oublié est le sigle officiel : PTCI : partenariat transatlantique pour le commerce et l’investissement. J’ai choisi GMT parce que nous sommes en France, qu’on y parle le français et que cela évoque ce que nous ne connaissons que trop bien : un grand marché.

  46. Christian Bordeaux a dit :

    @Raoul Marc Jennar

    Après les élections, poursuite électoraliste ou luttes revendicatives?

    Qu’appelez-vous « passer aux actes » ? Écriviez- vous M. Jennar le 24 mai…le 25 vous aviez la réponse !
    (Ma référence aux changements en Amérique latine n’était pas anodine. Est-elle gênante)
    La majorité de l’électorat a condamné une fois de plus l’UE en s’abstenant. Preuve que les médias ne peuvent pas tout, malgré leurs turpitudes pour pousser à voter. Dans cette condamnation il serait injuste de ne pas ajouté bon nombre de votant FdG qui s’illusionnent en croyant que le FTUE peut être transformé en son contraire. Plus le mensonge est gros, mieux il passe. Il faut aussi ajouté une importante partie des votants du FN, illusionnés eux aussi, mais par des slogans radicalement de gauche de ce parti qui n’a jamais était un adversaire de la construction européenne et qui est prioritairement ennemi des salariés qui luttent et des syndicats.
    Peut-on espérer que la gauche autoproclamée radicale, ses élus à tous niveaux, tirent enseignements de ces élections et laisse un moment le terrain exclusivement électoraliste pour soutenir les luttes pas seulement en paroles, agissent pour des mesures : de relance d’économie, de lutte contre le chômage, contre la circulation des capitaux etc. qui sont il est vrai radicalement opposé au directives de l’UE.
    Certaines déclarations font craindre que non. Ainsi le candidat de la GUE à la Présidence de la Commission européenne le grec Alexis Tsipras, à décider de mettre les pouces et appelé le 3 juin les députés européen à soutenir le candidat de la droite Jean Claude Juncker. Serait pas un peu social démocrate le bon Alexis, type nouveau Pasok (PS grec devenu inexistant) ? Il semblerait que JL Mélenchon appelle quand même à voter…Alexis Tispras. Mieux, va-t-on après l’éclat de l’extrême droite au PE vers un blog DE gauche : sociaux démocrate, socialiste, GUE…
    Et en France? C’est clair Valls lançant « la gauche peut mourir » prépare le vote utile pour 2017 ou avant. Certains y rêvent déjà. Dans « Politis » du 4 juin Denis Sieffert sous le titre « Le pari de l’espoir » invite au rassemblement « de la gauche du PS au NPA…gauche de Verts, Nouvelle Donne…mouvement social et associatif…FdG… ». Électoralisme pas mort ! Même pas ébréché. Sortir le pays de la crise, s’affronter au capitalisme ? Oh ! Là là, quel rabat joie celui là. Et pourtant.

  47. Peretz a dit :

    La démocratie n’existe que par l’élection. Le partis politiques sont des formations qui aident en principe à choisir par le vote majoritaire. Le résultat ne permet pas de prétendre que c’est un bon choix dans l’absolu à cause de l’influence des grands partis. Si on ajoute qu’ un parti n’est puissant que par le nombre de ses adhérents qui paient une cotisation, que l’Etat accentue par des aides financières également liées à ce nombre, on comprendra pourquoi le système démocratique est faussé : le fric y est pour beaucoup. Si le FN est devenu ce qu’il est c’est en grande partie parce que J.M Le Pen a hérité à sa formation d’une bonne somme d’argent. Moralité il faut revoir le système des partis instauré par notre Constitution.

Répondre