27 fév 2008

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21 août 2015

Depuis quelques mois, je me suis clairement exprimé, à travers mes articles et en réponse aux commentaires qu’ils ont suscités, à la fois sur ma position par rapport à l’Union européenne, sur la vanité de toute tentative de la réformer de l’intérieur et donc sur la nécessité d’en sortir et sur l’absence consternante d’une alternative de gauche à la dictature de l’UE. J’ai déploré, notamment dans Politis, les ambiguïtés du Parti de Gauche dans la résolution adoptée lors de son congrès de juillet. Aujourd’hui, je découvre un éditorial signé par Eric Coquerel, un des rares fondateurs du Parti de Gauche non contaminé par la culture eurolâtre du PS.

Il a fallu du courage à Eric pour dépasser les ambiguïtés du dernier congrès du PG, formuler l’analyse lucide qui consiste à reconnaître à propos de celui-ci, que « envisager, ne fut-ce que comme moyen de pression, de sortir de l’euro, ne fait pas partie de ses scénarios dominants » et lancer cette proposition d’un sommet international sur un plan B.

Il est impérieux de proposer une alternative crédible, donc réfléchie, à l’Union européenne. Munis d’un plan B, qui ne soit pas exclusivement franco-français, nous offrirons non seulement une alternative internationaliste et de gauche, mais nous redonnerons au peuple de gauche, en France et dans bien d’autres pays, l’espérance dont le PS et ses équivalents ont cessé d’être porteurs. Un tel plan B est l’outil indispensable de la reconquête, dans la formidable bataille des idées que nous inflige l’oligarchie.

J’ai quitté le PG notamment à cause de ses ambiguïtés sur l’Union européenne. Mais je soutiens totalement l’idée d’un tel sommet et je suis prêt à y apporter ma contribution, en toute indépendance. Voici le texte de Coquerel, daté du 18 août. Il constitue, à mes yeux, l’événement de la rentrée, à gauche.

rmj

 

 » Le 3ème mémorandum imposé à la Grèce en échange d’un nouveau prêt de 86 milliards d’Euros a donc été adopté à la fois par le parlement Grec et par les pays de l’Eurogroupe. Nous l’avons analysé dès sa sortie : il est pire que celui soumis au vote du référendum du 5 juillet. Il est même pire que les mémorandums précédents contre lesquels la victoire de Syriza s’était bâtie. Il va donc accroître l’austérité dans une Grèce sous perfusion, privée de tout moyen de relancer son activité économique. Impossible dans ces conditions d’éviter l’aggravation de la récession.

Jusqu’au bout les responsables allemands auront menacé de ne pas valider l’accord. Comme s’ils faisaient un cadeau mirifique à la Grèce. Pour justifier ce jeu de massacre, des responsables de l’Eurogroupe auront, la mine grave, expliqué que « les sommes prêtées sont conséquentes ». Que dire quand on sait que l’évasion fiscale coûte 1000 milliards d’euros aux peuples de l’UE sans émouvoir un instant ses mêmes instances dirigeantes ?

Les sommes en jeu n’expliquent donc pas la rigidité de l’Eurogroupe vis à vis de la Grèce  : il s’agit de questions politiques. Il leur fallait punir et humilier le gouvernement de la gauche radicale en Grèce coupable de s’être opposé six mois durant à l’ordo-libéralisme et d’avoir indiqué la possibilité d’une nouvelle voie en Europe. Il fallait non seulement l’amener à la capitulation mais réclamer de lui qu’il fasse au moins mine de se soumettre à la logique politique de ses vainqueurs. D’où cette phrase dans l’accord reconnaissant dans la politique menée par Athènes les seules raisons de la situation du pays. Toute proportion gardée, les procès de Moscou ont eu recours à de pareilles méthodes…

Il fallait aussi placer la Grèce en situation de rembourser les intérêts et les créances des financiers. C’est d’ailleurs, une fois encore, à cela que servira la quasi-totalité des 86 milliards peut-être prêtés. Nous disons « peut-être » car comme le montre l’analyse de Romaric Godin dans un de ses excellents articles pour la Tribune , l’Eurogroupe peut à tout moment interrompre le goutte à goutte…

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18 août 2015

C’est avec plaisir que je publie cette analyse de Frédéric Viale, compagnon de multiples luttes communes.

Pour une nouvelle stratégie d’Attac

Contribution de Frédéric VIALE

Juillet-2015 : l’imposition à la Grèce de la continuation d’une politique austéritaire dont elle ne voulait pas par les membres de l’eurogroupe est une leçon de choses politique, et il est bon que Attac, membre du mouvement social, sache en tirer les conséquences. L’action, les objectifs, le discours même de l’association doivent tenir compte de la réalité qui s’impose à elle. C’est bien le fondement de notre vivre-ensemble, la démocratie, qui est massivement attaqué. Cela n’est pas nouveau mais apparaît désormais de manière si éclatante que nous ne pouvons pas continuer comme s’il ne s’était rien passé.

La « crise grecque » n’est pas une crise, et elle n’est pas grecque.

La crise de juillet 2015 n’est pas une crise, car elle ne constitue en rien une rupture. Simplement, les évènements de juillet de cette année montre l’Union européenne telle qu’elle est vraiment : une machine à punir, anti-démocratique, conçue pour empêcher toute avancée progressiste, quelque soit la volonté des peuples. Il est clair désormais que l’Union européenne sert certains intérêts limités, contre les populations, véritables ennemis de l’intérieur à qui il s’agit d’interdire toute perspective de changement, même modeste.

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13 août 2015

Quand je vivais en Wallonie (Belgique), je défendais l’apprentissage du wallon, ce « latin venu à pieds du fond des âges » (Julos Beaucarne). Depuis que je vis dans le sud de la France, je défends l’Occitan et le Catalan. Mais par dessus tout, ici ou là, en Europe ou dans le monde, je défends la langue et la culture françaises. Elles portent des valeurs, un art de penser et de vivre qui contribuèrent à façonner un modèle européen. Tout du moins jusqu’au milieu du XXe siècle.

J’observe avec effroi le recul du français. En France même, où il est combattu par tous ceux qui préparent notre pays à devenir une colonie américaine. Dans l’Union européenne où l’anglais est imposé avec la complicité du gouvernement français. A l’ONU et dans presque toutes les institutions du système des Nations unies. Et dans des pays que je connais mieux comme le Cambodge, le Laos ou le Vietnam. Parce que le plus mauvais défenseur de la langue française, c’est le gouvernement de la France.

Je parle et j’écris en anglais. Je n’ai aucun complexe à cet égard. Shakespeare, Steinbeck, Hemingway, Faulkner, Orwell, sont, parmi tant d’autres, des auteurs qui méritent d’être lus dans le texte. Mais comme bien d’autres auteurs, russes, italiens, espagnols, grecs, chinois,…

Dans la mise en place de la globalisation (encore appelée mondialisation néo-libérale) voulue par le patronat occidental et décidée par les gouvernements occidentaux, il y a un obstacle : l’esprit des Lumières. Certes, je n’oublie pas que Kant ou Locke, grands philosophes des Lumières n’étaient pas Français. Mais ils participaient de ce puissant mouvement de la pensée si intensément nourri de Condorcet, de Diderot, de Montesquieu, de Rousseau et de Voltaire.  L’égalité des humains non seulement en droit, mais en dignité est l’idée la plus forte proposée au monde par les philosophes des Lumières. Cette idée d’égalité est ce que la globalisation  veut absolument détruire. Elle implique la solidarité qui est contraire à un monde du chacun pour soi, à un monde de la compétition, à un monde de la concurrence de tous contre tous, à ce modèle de société que nous construisent ceux qui sont devenus les serviles pantins du monde des affaires et de la finance et dont l’Union européenne est un des instruments.

Dans ce combat contre l’égalité en droit et en dignité, la République française est un obstacle. Il faut donc, par tous les moyens, l’affaiblir. Par le bas, en privatisant toutes les activités de service et en créant des régions – concurrentes, bien entendu – qui affaiblissent la cohésion nationale et encouragent les égoïsmes  identitaires. Par le haut, en vidant la souveraineté nationale au profit d’une Union européenne sur les choix de laquelle les citoyens n’ont plus aucune prise. La langue française, seule langue officielle dans notre pays, est un ciment de la cohésion nationale. Il faut donc l’affaiblir en octroyant aux langues régionales – qui méritent d’être protégées et perpétuées – un statut concurrent à celui de la langue française. C’est un nouveau mauvais coup porté à la France par la droite complexée qui, à chaque occasion, rallie les choix de la droite décomplexée.

Je vous invite à lire à ce propos l’excellent article d’André Bellon dont voici le lien :

http://www.pouruneconstituante.fr/spip.php?article1085

rmj

 

 

09 août 2015

2.500 anciens collaborateurs belges des nazis reçoivent encore une pension de guerre de l’Allemagne. C’est le résultat d’une enquête scientifique menée par un fils de résistant et qui sera bientôt publiée par le Centre de recherches et d’études « Guerres et sociétés contemporaines ».

C’est une information du quotidien flamand « De Morgen ». Il s’agit de 2500 anciens collaborateurs ou leurs veuves, dont quelque 300 du côté francophone.

La RFA, puis l’Allemagne réunifiée ont assumé les obligations légales et sociales du IIIème Reich, auxquelles elles ont succédé, dont les pensions. Et là, quoi qu’en dise la morale, tant pour les soldats allemands pour leurs « années » de guerre, les serviteurs zélés et collaborateurs même hors d’Allemagne que pour les victimes de guerre, déportés ou travailleurs obligatoires. Cela représente 900 000 personnes au total après-guerre dans toute l’Europe, 100 000 de plus après la chute du Mur. Sauf qu’en 2010, le gouvernement allemand, à la recherche d’économies a décidé de taxer à 17% toutes les pensions de guerre, avec effet rétroactif à 2005. Or, dans l’organisation institutionnelle allemande, c’est le Fédéral qui est chargé des pensions, les länder ou entités fédérées qui décident en matière d’impôts. Avec une loi sur la vie privée qui empêche un service d’avoir accès aux données d’un autre.

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06 août 2015

Eric Toussaint, interviewé par le journal digital espagnol Diagonal, 4 août

Eric Toussaint est porte-parole du CADTM international et est membre du conseil scientifique d’ATTAC France. Il a été membre de la commission d’audit de la dette en Equateur. Il est actuellement le coordinateur scientifique de la Commission pour la vérité sur la dette publique grecque.

« Désormais le gouvernement de Tsipras se fait le complice des créanciers en violation des droits humains. ». C’est Eric Toussaint qui prononce cette phrase, le coordinateur scientifique de la Commission pour la vérité sur la dette publique grecque, mise en place par la présidente du parlement hellénique au mois d’avril 2015, et qui en affronte aussi les conséquences. « Nous continuerons tant que la présidente continuera, et à défaut nous continuerons de manière autonome », soutient-il. Le politologue belge a proposé des alternatives pour faire face à la « capitulation ».

Comment évalues-tu la capitulation signée par Tsipras ?

C’est une vraie capitulation, avec des effets ravageurs, parce qu’aujourd’hui le gouvernement de Tsipras devient le complice des créanciers dans le viol des droits humains. De février 2015 jusqu’à l’approbation par le gouvernement grec de l’accord du 13 juillet, ce n’était pas le cas, parce que les lois qu’avait adopté le gouvernement grec étaient des lois qui cherchaient à rétablir les droits humains même de manière partielle et insuffisante, mais c’était tout de même des lois de rétablissement des droits affectés par cinq années de politique dictée par la Troïka. Les conséquences de cette capitulation vont sûrement surgir aux yeux des citoyens à partir de l’automne prochain.

Mais dès à présent, et ça se voit de manière très claire avec ce qui a été adopté au cours des nuits du 15 au 16 et du 22 au 23 juillet, le Parlement a adopté des lois proposées par le gouvernement mais qui sont en fait dictées par les créanciers et qui affectent de manière très grave la population grecque : je parle de violation des droits économiques, sociaux, civils et politiques.

Une des lois qu’ils ont voté dans la nuit du 22 au 23 est une loi qui permet aux banques d’organiser l’expulsion de leur logement des familles qui ont une dette hypothécaire qu’elles ne sont pas en mesure de rembourser.

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31 juil 2015

(la traduction en français suit le texte en espagnol)

Me permito escribiros porque asumís una responsabilidad histórica, y porque la derrota sufrida por quienes aspiran a una sociedad más democrática, más justa y más humana, con el acuerdo del 13 de julio sobre Grecia es una catástrofe, no solamente para el pueblo griego, sino para todos los pueblos de Europa.

Primera cuestión ¿Porqué Tsipras ha aceptado un acuerdo aún más grave que el rechazo por referéndum de lo que Europa imponía una semana antes?

Tal vez se pensó que con el no griego del 5 de julio se quería al mismo tiempo dar un sí a Europa y al Euro. Era la apuesta de creer que se puede conciliar la lógica neoliberal de la UE y de la zona euro con una política de rechazo de austeridad. Era la apuesta de pensar que la UE es un espacio democrático respetuoso de la voluntad del pueblo. Y que Tsipras se encontró preso de esa apuesta.

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22 juil 2015

Marie-Laure Coulmin-Koutsaftis est très connue dans les milieux littéraires français car c’est une des plus éminentes traductrices en français des oeuvres de la littérature grecque. Cette amie partage sa vie entre Athènes et la France. Elle m’adresse ce message en demandant qu’il soit diffusé très largement pour permettre à chacun de savoir ce que les médias, dans leur écrasante majorité, déforment ou passent sous silence. N’hésitez donc pas à le copier et à l’envoyer à vos connaissances.

Chers amis, il est urgent de communiquer sur la Grèce ces jours-ci, compte tenu de la propagande incroyable à laquelle se livrent les médias français.

Juncker, Sapin, Lagarde, Moscovici, tous mentent comme des marchands de bestiaux et même Merkel les a démentis, tant leurs mensonges étaient grossiers.

Je reprends la doxa: selon l’Eurogroupe, les Grecs et Tsipras seraient sortis de manière incontrôlée en appelant soudain, le vendredi 27/06 dans la nuit, au referendum et au NON. alors que des propositions sérieuses avaient été faites venant des créanciers, jusqu’au samedi où Varoufakis « est parti ». En vérité, chaque « nouvelle proposition » des créanciers reprenait un petit bout de ce que la précédente avait déjà rogné, en traitant le gouvernement grec de manière inacceptable (faire venir Tsipras par aller-retour de quelques heures le mardi matin pour lui remettre une copie grecque biffée de rouge sur toutes les « lignes rouges » (retraites, tva dans les îles, augmentation de la taxe sur les entreprises). Pour finalement aboutir à une proposition ultimatum, sine qua non, le vendredi, inacceptable et niant toutes les discussions des derniers mois, comme si rien n’avait changé (ce qui a été formulé tel quel par Schaüble et Dijsselbloem), impasse et camouflet qui ont provoqué le départ de Tsipras rentrant en Grèce et convoquant un conseil des ministres qui a débouché dans la nuit sur l’annonce du référendum.

Lundi et mardi, Juncker, Moscovici, Dijsselbloem, Sapin, Lagarde se sont succédé pour jouer la comédie des négociateurs bienveillants, de bonne foi abusés et trahis par des Grecs caractériels et menteurs. En prétendant que jusqu’au départ de Varoufakis de l’Eurogroupe du samedi (dont il a été de fait expulsé par Dijsselbloem), les créanciers continuaient à travailler en souplesse pour plaire aux Grecs, en y incluant un accord sur la dette, un recul sur les basses retraites, sur la TVA dans les îles etc, ils se sont livrés en association de malfaiteurs inventant une version destinée autant à leurs propres électeurs que surtout, aux citoyens grecs « qu’il faut aider à se débarrasser de ce gouvernement criminel et menteur ».

Or, cette version des faits est fausse, archi-fausse : et d’ailleurs, Merkel elle-même l’a déclaré à la télé allemande le lundi 30 juillet : « Tout ce que je sais, c’est que la Grèce sort aujourd’hui du programme (celui prolongé le 20 février). Je n’ai jamais entendu parler d’une proposition Juncker après le vendredi soir. »

Les « bruits de couloir » des journalistes français « très informés » qui « déjeunent avec Mosco », « avec Valls », etc, etc … ne sont que des intox que même les « alliés allemands » refusent de relayer.

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