25 Avr 2017

Le Soir, (Bruxelles), mardi 1 mars 2016
La carte blanche de Manuela Cadelli, présidente de l’Association syndicale des magistrats :
Le temps des précautions oratoires est révolu ; il convient de nommer les choses pour permettre la préparation d’une réaction démocrate concertée, notamment au sein des services publics.
Le libéralisme était une doctrine déduite de la philosophie des Lumières, à la fois politique et économique, qui visait à imposer à l’Etat la distance nécessaire au respect des libertés et à l’avènement des émancipations démocratiques. Il a été le moteur de l’avènement et des progrès des démocraties occidentales.
Le néolibéralisme est cet économisme total qui frappe chaque sphère de nos sociétés et chaque instant de notre époque. C’est un extrémisme.
Le fascisme se définit comme l’assujettissement de toutes les composantes de l’État à une idéologie totalitaire et nihiliste.
Je prétends que le néolibéralisme est un fascisme car l’économie a proprement assujetti les gouvernements des pays démocratiques mais aussi chaque parcelle de notre réflexion. L’État est maintenant au service de l’économie et de la finance qui le traitent en subordonné et lui commandent jusqu’à la mise en péril du bien commun. Lire la suite »

25 Avr 2017

Petit rappel à ceux qui ont combattu, au nom de la démocratie, de la justice sociale et de la protection de notre cadre de vie,
– les accords de l’OMC organisateurs de la mondialisation néo-libérale la plus débridée et en particulier l’AGCS (qui privatise à terme les services publics) et les accords sur la propriété intellectuelle (qui limitent la possibilité de fabriquer des médicaments génériques et permettent les OGM),
– le traité constitutionnel européen de 2005
– le traité de Lisbonne
– les accords de partenariat de l’UE avec l’Afrique qui la mettent sous la tutelle des multinationales européennes
– le traité budgétaire Merkel-Sarkozy-Hollande (TSCG)
– le MES (mécanisme européen de stabilité)
– la fausse loi de séparation bancaire de Moscovici-Hollande
– les cadeaux de Hollande au MEDEF
– la loi Macron
– la loi EL Komri
– le TAFTA
– le CETA
– l’ACS (aggravation de l’AGCS).
comment donner sa voix à Macron qui a défendu et défend tout cela,  qui creuse les inégalités, accroît l’injustice sociale, n’enrichit que les riches et met la planète en danger  ?

Pour moi, cela reviendrait à renier 20 ans d’engagement militant. Impossible.

Même si la rigueur intellectuelle interdit de qualifier de « fasciste » le programme nationaliste et xénophobe de Mme Le Pen, le FN plonge ses racines dans Vichy et l’OAS. Et  je suis, depuis toujours, un adversaire des régimes fascistes que ma génération a connus puisque, après la Deuxième guerre mondiale, nous avons eu trois régimes fascistes en Europe (Espagne, Portugal, Grèce), tous protégés par l’OTAN (au nom de la démocratie) contre lesquels j’ai milité (interdit de séjour par la Grèce des Colonels). Voter Le Pen est donc impensable.

Macron et Le Pen sont tous deux porteurs de politiques profondément néfastes et extrêmement dangereuses pour nos libertés, pour le bien être du plus grand nombre, pour la préservation de la planète.

Je n’invite personne à partager mon point de vue. Je me contente de l’exposer.  Car j’ai toujours combattu le principe du mot d’ordre électoral que je considère comme une insulte à l’intelligence des gens et une arrogance insupportable des partis qui s’arrogent la propriété des votes dont ils ont bénéficié. Il y a d’ailleurs de mon point de vue une contradiction fondamentale entre prôner la révocabilité de l’élu et le fait de lancer des mots d’ordre de vote. C’est opposer un acte de liberté citoyenne à un acte de servitude citoyenne.

Alors que chacun fasse en conscience ce qu’il estime devoir faire, mais le faire en conscience cela suppose de bien s’informer.

24 Avr 2017

19,2%, 7.011.856 voix (provisoirement), quel beau résultat !

Surtout, si on pense à la campagne de désinformation systématique menée par l’essentiel des médias, campagne relayée par presque tous les autres candidats. Un homme de talent et de cœur, un authentique humaniste en phase avec son temps et les défis auxquels l’humanité est confrontée a emporté la conviction de bien des scepticismes et a suscité des adhésions enthousiastes et une nouvelle confiance dans l’engagement politique. Cette campagne n’a pourtant pas atteint son objectif, le deuxième tour. Quel dommage !

Les gens dont toute la vie fut guidée par les idéaux de gauche, peu importe dans quel cadre partisan ils ont inscrit leur engagement, savent, comme le disait le grand Jaurès, que « L’Histoire enseigne aux hommes la difficulté des grandes tâches et la lenteur des accomplissements, mais elle justifie l’indicible espoir. » Comme me l’écrivait un ami, cette nuit : « on continue ».

Et c’est à la lumière de cette détermination, qu’il faut se tourner vers l’avenir non sans porter un regard lucide sur les raisons de cet échec. Lire la suite »

\\ Mots Clés : , ,

23 Jan 2017

Prévisions IPSOS , 1er tour
Jadot (s’il a ses signatures) 2%
Hamon 8%
Mélenchon 13%
Macron 20%
Fillon 26%
Le Pen 27%

Valls ferait 9% s’il emportait la primaire du P$. Il n’est en rien le candidat qui peut se retrouver au 2e tour.

Le sondage (réalisé avant dimanche) ne tient pas compte du soutien de Montebourg à Hamon.

Un rassemblement hors P$ de Jadot, Hamon, Mélenchon et Montebourg permettrait de dépasser Macron en obtenant au moins 23%.

Et l’extraordinaire dynamique dont il serait porteur ouvrirait la voie au deuxième tour. N’est-ce pas cela qu’il faut réclamer de ceux qui ne veulent ni de Valls, ni de Macron, ni de Fillon, ni de Le Pen ?

rmj

 

23 Jan 2017

Dans un récent entretien au JDD, J.-L. Mélenchon analyse avec lucidité ce qui risque d’arriver si ce n’est pas Valls qui emporte la primaire. Il ne fait guère de doute, en effet, que si Hamon emporte la primaire du P$, un grand nombre de députés et de sénateurs P$ vont filer chez Macron et avec eux l’électorat qui approuve le quinquennat finissant.

Dès lors, l’animateur de la France Insoumise considère qu’un désistement en sa faveur prendrait tout son sens, car le candidat du P$ ne pourrait raisonnablement espérer qu’une 4e ou une 5e place au terme du premier tour de la présidentielle.

Toutes celles et tous ceux qui ont renoncé à attendre quelque chose du P$, qui remettent en cause le fonctionnement des partis politiques et des institutions de la Ve République, qui réclament une alternative démocratique, sociale et écologique à la social-démocratie, qui pensent que rien n’est plié et qu’il est encore possible d’éviter Macron-Fillon-Le Pen, vont regretter cette approche.

Quand on veut rassembler, on n’appelle pas à se désister en sa faveur.  On ne fait pas avancer le rassemblement quand on exige un ralliement.

Lire la suite »

15 Jan 2017

Je partage l’analyse de Takis Fotopoulos évoquée par   Mirandela  : le Brexit, le vote Trump et certains votes nationalistes sont des expressions d’un rejet d’une mondialisation néo-libérale négociée et voulue par tous les gouvernements au pouvoir depuis le milieu des années 80. Cette mondialisation n’a été conçue que pour le bénéfice exclusif des firmes privées et des institutions financières privées.  S’il y a bien un phénomène mondial, c’est le rejet de cette globalisation hautement nuisible pour les peuples.

Mais, si je suis convaincu que  tous les électeurs du FN ne sont pas des fascistes, et que beaucoup expriment une colère, une vive protestation, en l’absence d’alternative de gauche à la collusion des droites et des gauches institutionnelles, il demeure, soyons lucides et vigilants, qu’il y a au FN, comme à Aube Dorée, comme dans les Pays Baltes, en Hongrie, en Pologne, aux Pays-Bas, en Belgique, et dans l’électorat de Trump et du Brexit, une frange nettement fasciste, raciste et xénophobe.

Ce qu’il y a de positif dans les meilleurs de ces votes, c’est le rejet du système, le rejet de la collusion des partis de gouvernement avec le monde des affaires et de la finance, le rejet de la professionnalisation du mandat public, le rejet de la concurrence de tous contre tous, le rejet de la dépossession des choix, le rejet de la violence et du discours guerrier. Lire la suite »

\\ Mots Clés : , , ,

24 Oct 2016

Le Gouvernement du Cambodge et l’Ambassade de France à Phnom Penh ont organisé plusieurs évènements pour célébrer le cinquantième anniversaire du discours prononcé à Phnom Penh par Charles de Gaulle, Président de la République française, en 1966.  Parmi les manifestations qui ont eu lieu, une séance académique s’est tenue au cours de laquelle sont intervenus plusieurs orateurs. Il m’est revenu de traiter de l’impact international de ce célèbre discours. Celui-ci fut un évènement important pour tous ceux qui militaient contre l’intervention américaine au Vietnam. Voici le texte de ma communication.

Le discours de Phnom Penh de Charles de Gaulle ne fut pas, comme certains l’ont affirmé, un coup de tonnerre dans un ciel serein.

Ce fut plutôt l’aboutissement d’une réflexion commencée après la défaite des forces françaises en Indochine et les Accords de Genève de 1954. Ce que l’éditorial du journal Le Monde du 2 septembre 1966 confirmait en indiquant que le Général de Gaulle a « surtout donné un aspect plus solennel et plus dramatique aux idées qu’il n’a cessé de soutenir depuis août 1963« [1].

Pragmatique, le Président de la République française a tiré toutes les leçons de la guerre d’Indochine. On peut même déduire de la lettre qu’il adressait au Président Ho Chi Minh le 8 février 1966, qu’il reconnaissait les erreurs qu’il avait lui-même commises en 1945 [1]. Cette reconnaissance implicite deviendra tout à fait explicite en mars 1969 lors d’un entretien du général de Gaulle avec le président Nixon [2].

Convaincu qu’on ne peut imposer un destin différent à un peuple déterminé à faire valoir ses droits, même lorsque le sort des armes lui est défavorable comme ce fut le cas en Algérie, de Gaulle y voyait la confirmation de la force du sentiment national sur toute autre considération. Il avait compris que, comme l’écrivait l’éditorialiste du Monde, « les idéologies ne sont que le masque des ambitions et des rivalités nationales« [3].

Lire la suite »

\\ Mots Clés : , ,