11 Fév 2017

Voici un texte que j’ai recopié sur Facebook. J’espère que son auteur ne m’en voudra pas de le recopier avec sa signature.

Sur le « personnage » Mélenchon et l’essentiel, le programme dont il est le porte-parole.

On montre le programme, et les gens ne voient que le porte-parole. C’est là le drame.

Le PS ou les autres font des promesses, et se font élire.

On préfère voter pour des gens calmes à des gens en colère, même si la colère est liée à l’indignation, et le calme au cynisme et la dissimulation. C’est comme ça dans tous les rapports humains. On va naturellement se ranger du côté des gens calmes, pour passer pour « raisonnables » (ambiance CFDT). Socialement, les gens d’apparence énervée sont facilement décridibilisés alors même que leur indignation et colère est légitime.

Vu l’offre politique proposée, entre nationalisme débridé, libéralisme sauvage, libéralisme avec un coulis rose (mais des promesses encore de sociale-démocratie) et le nouveau paquet de lessive à la mode, si les citoyens n’arrivent pas à se focaliser uniquement sur le programme et des objectifs de gauche, nous sommes morts, et on fera 10 ou 11.

Faut arrêter de penser à Mélenchon. On ne vote pas Mélenchon, on vote pour nous.

Je vote pour mon gamin à venir, pour la protection de mes parents qui deviennent vieux et dont la santé chancelle ; je pense à mes amis qui galèrent dans des squatts à Paris alors qu’ils travaillent, mais ne peuvent se loger, je vote pour préserver les emplois de nos paysans face aux usines-fermes ignobles, pour les ouvriers dont on ferme les usines pour les envoyer vers des ouvriers-esclaves en Chine ou au Bangladesh, je vote pour une vision coopérative de l’Europe.

Mélenchon, je m’en fous. Ce qui compte est le contenu du programme « l’avenir en commun », notamment issu de l’Humain d’abord ».

Je comprends l’énervement sur Mélenchon, j’ai parfois le même. Mais le mec, on s’en fout. Qui nous propose de le dégager une fois élu ? De manifester pour appuyer des décisions enfin de gauche ?

Nous avons une occasion unique. Et un risque majeur en face, entre pétainisme de plateau TV et lessiveuse libérale « tout nouveau tout beau « . Et le PS qui se pose encore en alternative à lui-même !

Soyons solidaires ! Non de Mélenchon, mais d’un programme de gauche, puissant, conquérant, qui réfute utilement et efficacement la doctrine de la droite et de la 2è droite.

Courage, Résistance et Fraternité !

Xavier Deddec

Et voici ma réaction telle que je l’ai mise sur Facebook :

Voilà une argumentation extrêmement convaincante. Merci à Xavier Deddec.

Je gardais un énorme doute, vu ce que je connais de la personnalité de JLM.

Mais c’est vrai, je ne vais pas voter pour lui ; je vais voter pour un projet. En espérant que JLM ne copiera pas ce Mitterrand qu’il admire beaucoup trop.

Mitterrand, à mes yeux, est bien plus un personnage de roman qu’un politique respectable car, de son discours d’Epinay sur la rupture à son livre « Le coup d’Etat permanent », il a renié ses plus fermes engagements.

rmj

 

22 Déc 2016

Le programme « santé » de Fillon avant qu’il soit effacé sur son site : http://www.lecanardenchaine.fr/fillon-a-deja-supprime-la-secu/

13 Nov 2016

Pourquoi les 38 documents interprétatifs de l’accord avec le Canada ne sont-ils toujours pas publiés au Journal Officiel de l’U.E. ? Treize jours après l’accord intervenu, alors que ces documents forment un tout indissociable, qui engage toutes les parties, ils ne sont connus que grâce à des fuites.

Craint-on, au Conseil des Ministres de l’UE et à la Commission européenne, qu’on puisse découvrir qu’ils ont du concéder à la Wallonie, des clarifications, des précisions et même des compléments ayant valeur d’amendements qu’ils auraient pu défendre quand ils négociaient avec le Canada ? Et qu’ils ont négligés.

Décidément, plus Madame Malström parle de transparence, moins elle la pratique. Elle n’a toujours rien dit, dans l’optique des leçons qu’elle prétend tirer, de l’ACS-TISA, cette négociation ultra-secrète sur les services qui a pour ambition d’aller beaucoup plus loin que l’AGCS (voir Le Monde diplomatique de septembre 2014).

Mon analyse de l’accord du 30 octobre paraîtra dans un prochain numéro du Monde diplomatique.

 

29 Oct 2016

Pour aider à la compréhension.

Une fois l’accord intra-Belges intervenu, la Commission chargée des questions européennes du Parlement Wallon a été réunie pour débattre de cet accord le 27 octobre. Vous obtiendrez le compte-rendu des débats de cette Commission avec le lien suivant :

http://nautilus.parlement-wallon.be/Archives/2016_2017/CRAC/crac27.pdf

Pour la compréhension, si les sigles PS (dans la majorité, mais dans l’opposition au niveau national) et Ecolo (dans l’opposition) vont de soi, le sigle MR identifie les libéraux (droite dure, dans l’opposition en Wallonie, mais présente au gouvernement national), le sigle CdH désigne le Centre démocrate humaniste, autrefois parti social-chrétien (dans la majorité), le PTB, Parti du travail de Belgique (dans l’opposition) qui après avoir été marxiste-léniniste a adopté aujourd’hui une ligne plus dans le style « gauche radicale » assez comparable à ce qu’est en France le NPA.

Le lendemain, le Parlement Wallon s’est  réuni en séance plénière. En voici le compte-rendu :

http://nautilus.parlement-wallon.be/Archives/2016_2017/CRA/cra6.pdf

Je me permets d’observer que ce souci d’un pouvoir Exécutif (le Gouvernement Wallon) de consulter, dans les formes requises (commission parlementaire puis séance plénière) n’a fait l’objet d’aucune procédure de ce genre à l’Assemblée nationale française alors que la France a donné son feu vert à la signature du CETA et à l’instrument interprétatif belge.

La France, si prompte à donner des leçons au monde entier, avec une arrogance sans pareil, n’est en rien exemplaire dès lors qu’il s’agit de démocratie.

rmj

 

 

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28 Oct 2016

Pour ceux qui douteraient de son caractère contraignant, je précise qu’il est fait explicitement référence, au point 1,e du texte, à la Convention de Vienne sur le droit des traités qui en son article 31, §2, dispose que :

« Aux fins de l’interprétation d’un traité, le contexte comprend outre le texte, préambule et annexes inclus : a) tout accord ayant rapport au traité et qui est intervenu entre toutes les parties à l’occasion de la conclusion du traité; b) Tout instrument établi par une ou plusieurs parties à l’occasion de la conclusion du traité et accepté par les autres parties en tant qu’instrument ayant rapport au traité « .

Si les 27 autres Etats membres de l’UE et le Canada acceptent l’instrument interprétatif proposé par la Belgique, ce document aura la même valeur que le traité lui-même.

28 Oct 2016

Contrairement à ce que je craignais, le statut de ce texte ne prend pas la forme d’une réserve de la Belgique, mais bien d’un document interprétatif du CETA qui doit donc être approuvé par les 27 Etats membres et par le Canada. Et qui aura la même valeur juridique que le CETA lui-même.

Une première lecture de ce texte qu’on trouvera ci-dessous interdit de parler de « capitulation ». Il y a des avancées considérables. Ainsi par exemple à propos des services publics, il est écrit que « l’AECG (CETA en français et merci à la Wallonie d’avoir imposé le sigle français) n’empêchera pas les pouvoirs publics de fournir des services publics précédemment assurés par des fournisseurs privés ni de ramener sous le contrôle public des services qu’ils avaient choisis de privatiser. L’AECG n’implique pas que l’adjudication d’un service public à des fournisseurs privés fait irrémédiablement entrer celui-ci dans le domaine des services commerciaux. » Rien que cette disposition représente une petite révolution par rapport à l’AGCS comme par rapport à ce qui se négocie dans le cadre du TISA. C’est la fin de l’effet de cliquet. C’est la fin de l’irréversibilité des privatisations telle qu’elle se trouve dans le TISA.

Jamais un document de ce statut n’a été aussi loin dans la remise en cause d’avancées néo-libérales observées dans les négociations en cours. C’est pourquoi je me demande s’il va être accepté. Que va en dire la Commission européenne qui n’a pas obtenu ce qui se trouve dans le texte belge ? Et les 27 autres Etats qui n’ont pas fait davantage ? Et le Canada ?

Est-ce solide ? Cela dépend du statut juridique du texte, mais tout est écrit qui le rende contraignant. Est-ce assez ?  Pour ma part, habitué à ce genre de textes, je salue les avancées obtenues. Elles sont impressionnantes. Mais je laisse à chacun le soin d’en juger.

Voici le texte :

Instrument interprétatif commun concernant l’accord économique et commercial global (AECG) entre le Canada, d’une part, et l’Union européenne et ses États membres, d’autre part

 1. Préambule

 À l’occasion de la signature de l’accord économique et commercial global (AECG), l’Union européenne et ses États membres ainsi que le Canada font l’instrument interprétatif commun ci-après. Lire la suite »

28 Oct 2016

Ce que j’ai lu est un texte d’un jargon juridique imbuvable. Il demande une analyse minutieuse.

Ce que j’ose avancer à ce stade très précoce, c’est que le texte semble davantage se présenter comme « une réserve globale » de la Belgique à un traité qui demeure inchangé. Il est fréquent – et les traités européens en comptent beaucoup – qu’un Etat partie à un traité émette des réserves ou s’exclue de l’application de certains éléments du traité avec l’accord des autres Etats signataires (les Britanniques ont fait cela pour chaque traité européen).

Si l’accord intra-Belges n’est que cela, et si les 27 autres Etats membres acceptent la réserve belge sans la prendre à leur compte (ce qui est fort probable) alors le CETA va s’appliquer dans son entièreté sauf, sur certains points, en Wallonie voire en Belgique.

Je pense que les 27 Etats vont accepter la réserve belge. Ils soutiennent le CETA et les USA, dont il ne faut jamais oublier la présence en coulisses, font tout pour qu’il en soit ainsi (40.000 firmes américaines au Canada). La Commission sera bien obligée de suivre à moins qu’elle ne soulève des arguties juridiques pour tenter d’annuler la réserve belge qui souligne quand même certains dangers du CETA. Il faudra voir si le Canada acceptera aussi la réserve belge, mais c’est probable. Ils feront tous l’effort d’accepter une exception belge pour imposer le CETA partout ailleurs sans la moindre restriction.

Une fois le CETA accepté, il n’y aura plus de raison de refuser son jumeau, le TTIP (Tafta pour les Français). D’où la pression US.

L’hypothèse de voir les 27 Etats reprendre à leur compte les réserves demandées par la Belgique est quasi nulle, car cela impliquerait en fait une renégociation du CETA, ce à quoi le Canada s’oppose (et les 27 aussi).

Mais attendons encore un peu. Magnette va présenter sa lecture de l’accord au Parlement wallon. On en saura plus aujourd’hui.