25 Avr 2017

Le Soir, (Bruxelles), mardi 1 mars 2016
La carte blanche de Manuela Cadelli, présidente de l’Association syndicale des magistrats :
Le temps des précautions oratoires est révolu ; il convient de nommer les choses pour permettre la préparation d’une réaction démocrate concertée, notamment au sein des services publics.
Le libéralisme était une doctrine déduite de la philosophie des Lumières, à la fois politique et économique, qui visait à imposer à l’Etat la distance nécessaire au respect des libertés et à l’avènement des émancipations démocratiques. Il a été le moteur de l’avènement et des progrès des démocraties occidentales.
Le néolibéralisme est cet économisme total qui frappe chaque sphère de nos sociétés et chaque instant de notre époque. C’est un extrémisme.
Le fascisme se définit comme l’assujettissement de toutes les composantes de l’État à une idéologie totalitaire et nihiliste.
Je prétends que le néolibéralisme est un fascisme car l’économie a proprement assujetti les gouvernements des pays démocratiques mais aussi chaque parcelle de notre réflexion. L’État est maintenant au service de l’économie et de la finance qui le traitent en subordonné et lui commandent jusqu’à la mise en péril du bien commun. Lire la suite »

12 Mar 2017

Nous sommes gouvernés par des irresponsables ou par des lâches, souvent par les deux. S’il en était autrement, les peuples n’auraient pas subi les deux guerres mondiales. Car la guerre n’est pas une fatalité, même s’il est des facteurs et des acteurs qui y poussent.

Depuis trois ans, nous commémorons la guerre 1914-1918. Nous commémorons, mécaniquement, car la compassion est devenue un comportement de circonstance. Nous commémorons sans conséquence. Où sont les colloques, les livres, les débats qui devraient interroger les causes de cette horrible boucherie qui en a engendré une seconde plus terrible encore ? Où sont les analyses des fautes politiques commises par les différents gouvernements ?

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14 Fév 2017

Près de 13 000 personnes auraient été exécutées dans la prison syrienne Saidnaya entre 2011 et 2015. Pour le cinéaste Rithy Panh, cette violence demande notre pleine attention.

LE MONDE | 14.02.2017 à 06h37 • Mis à jour le 14.02.2017 à 07h15 | Par Rithy Panh (cinéaste)

« Je n’ai pas de solution pour la Syrie. Mais je veux savoir. Je ne détourne pas les yeux »

Par Rithy Panh, cinéaste

Je ne sais pas s’il y a un abattoir humain à Damas. Je ne dispose pas d’informations particulières mais je suis comme vous : j’ai lu ce nom, Saidnaya, le rapport d’Amnesty international, j’ai écouté les témoignages terrifiants, la soif, la faim, la torture, les pendaisons. J’ai observé cette photo prise du ciel, comme une araignée noire inapprochable. Je suis épouvanté.

Je me suis arrêté sur ce chiffre, entendu d’abord à la radio : 13 000 morts en quatre ans, dans ce seul lieu. Treize mille. Je l’écris sous deux formes, que chaque chiffre perdu dans le flux quotidien prenne sa signification. Se cherche un visage. Quatre années : le temps des Khmers rouges. 13 000 morts : ce chiffre m’a fait penser au centre d’extermination S21, à Phnom Penh, tout de suite – il ne faudrait pas dire « penser », c’est comme un réflexe de connaissance, une intuition, une estimation abjecte. Il y a tant d’images impossibles dans le monde. L’image des suppliciés, si proche, à portée de nos mains, nos mains impuissantes.

Dans l’approche du mal

Il y a tant de méthodes pour détruire l’homme et le faire parler. De quoi, et pour quoi, nul ne sait vraiment. Sauf peut-être Donald Trump, qui parle beaucoup mais ne sait rien de la guerre et de la violence véritable. L’homme démocratique peut aussi être un imbécile. A S21, on faisait manger aux prisonniers leurs excréments. On frappait. On électrocutait. On questionnait la nuit, le jour, pendant des semaines, des mois. Puis quand le dossier était complet, presque archivé déjà, le supplicié partait dans la nuit vers le champ de la mort.

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06 Fév 2017

Ce dimanche, le mouvement Ensemble – dont je ne fais pas partie – a adopté un texte interminable au terme duquel il vient à l’essentiel : sept grandes exigences qui devraient être à la base d’un « Pacte pour une alternative de gauche » et qui, selon Ensemble, sont déjà des points de convergence possible entre Mélenchon, Hamon et Jadot :

1. La mise en place d’une VIème République et d’une assemblée constituante pour construire une véritable démocratie à l’échelle des territoires, des entreprises et du pays.

2. La rupture avec les politiques d’austérité et les politiques pro-patronales (abrogation du CICE, de la Loi Travail, etc.) pour donner la priorité, à l’égalité hommes femmes, aux besoins sociaux et écologiques, et la reprise des discussions sur les progrès à faire au profit des salarié.es et de tou.te.s, chômeurs, précaires … Garantir un droit de regard des salariés sur ce que produit leur entreprise, un droit de préemption sur leur avenir.

3. La construction d’une Sécurité Sociale Intégrale, basée sur un système de cotisations et de répartition en prenant sur les profits, qui permette d’en finir avec le chômage et la précarité et qui prévoit : la continuité du revenu entre période d’emplois, recherches d’emplois et de formation, une conférence citoyenne pour aller vers une sécurité sociale professionnelle ; la réduction du temps de travail, vers les 32 heures hebdomadaires, sans perte de salaires et avec embauche, l’égalité professionnelle entre hommes et femmes.

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04 Fév 2017

(à qui profite le crime ?)

 

Ce vieil adage du droit romain a gardé toute sa pertinence. Appliqué avec rigueur, il permet souvent de déconstruire les propagandes gouvernementales et les manipulations médiatiques. A qui profitent les récents affrontements dans l’est pro-russe de l’Ukraine ? La question mérite d’être posée face au torrent de propagande diffusée à grands flots par la presse au service des intérêts US/OTAN.

Rappelons qu’avant et après son élection, D. Trump a annoncé son intention de normaliser les relations des USA avec la Russie, allant même jusqu’à envisager la levée des sanctions contre la Russie.

Quels sont les opposants à une telle politique ?

1) Une coalition guerrière au Congrès des USA dont le leader le plus éloquent est le sénateur républicain John McCain. Elle rassemble des républicains et des démocrates qui, avant même que débutent les évènements de 2014 en Ukraine, désignaient la Russie comme « la plus grande menace » ;

2) le complexe militaro-industriel américain et ses prolongements en Europe, toujours inquiets à la perspective de voir un conflit se terminer ;

3) l’OTAN dont la raison d’en perpétuer l’existence après la disparition de l’URSS est de conserver un ennemi russe au prix de multiples provocations dont la première fut de renier les engagements pris après l’effondrement de l’URSS de ne pas prolonger sa sphère d’influence au-delà de l’Allemagne réunifiée ;

4) certains pays de l’est de l’Union européenne qui entretiennent un climat revanchard à l’égard de la Russie ;

5) l’Union européenne, membre en tant que telle de l’OTAN depuis le traité de Lisbonne

6) enfin et surtout l’Ukraine, dont tout accord avec la Russie l’obligerait au minimum à respecter les accords de Minsk.

La Russie avait-elle intérêt à susciter les affrontements qui sont intervenus dans l’est de l’Ukraine depuis quelques jours ?

On sait que le bon sens et la logique ne président pas toujours aux choix politiques. Mais s’il est une qualité dont on peut créditer Vladimir Poutine, c’est d’une remarquable intelligence tactique.

Disposé à rencontrer les intentions affichées de D. Trump, connaissant les adversaires américains et européens d’un rapprochement entre les USA et la Russie, il n’avait aucun intérêt à ce que des incidents de cette nature surgissent avant même une première rencontre entre les deux dirigeants.

Néanmoins, tout étant possible dans le monde tel qu’il est, avançons l’hypothèse que c’est bien la Russie qui a provoqué ces récents incidents, avec comme raison, tester la détermination de Trump à ne pas tenir compte des opposants à son projet.

Cette hypothèse ne résiste pas à une réalité : Poutine sait parfaitement que Trump va avoir besoin du Congrès pour obtenir la ratification des décrets qu’il signe depuis qu’il a prêté serment. En effet, le droit public américain impose des limites strictes aux « executive orders » : (a) lorsqu’ils abrogent une loi (ex : Obama Care), cette abrogation doit être confirmée par une loi votée par le Congrès ; (b) ces décrets ne peuvent provoquer de dépenses nouvelles (ex : le mur contre le Mexique) ; (c) seul le pouvoir législatif peut modifier ou abroger un traité (ex : OTAN), (d) une loi du Congrès peut annuler un décret.  La Cour Suprême aussi. Un décret a moins de valeur qu’une loi. C’est ce que vient de rappeler avec éclat John McCain.

Trump va donc avoir besoin du Congrès alors que celui-ci est opposé de manière « bipartisane », comme on dit là-bas, à un rapprochement avec la Russie.

Poutine sait cela. En aucun cas, donc, il ne pouvait prendre le risque de faire un tel cadeau aux opposants américains à un rapprochement entre les USA et la Russie.

Donc, en aucune façon, le déclenchement des incidents ne pouvait être le fait de la Russie et des éléments pro-russes du Donbass qu’elle contrôle aujourd’hui plus que jamais.

La puissante machine de propagande US/OTAN s’est mise à l’œuvre pour dissimuler que ces incidents ont été provoqués par le pays le plus concerné et le plus hostile à un tel rapprochement : l’Ukraine. Un seul pays n’est pas tombé dans le piège : l’Allemagne dont les services de renseignement ont parfaitement identifié le rôle de Kiev.

Et Trump, piégé, n’a pu faire autrement que de suivre. D’où les déclarations de son ambassadeur à l’ONU.

Quant à la plupart des médias, sans effectuer la moindre analyse indépendante, ils véhiculent les mensonges fabriqués de toutes pièces par l’OTAN.

rmj

 

 

 

24 Jan 2017

Magazine international m’a posé un certain nombre de questions sur mon itinéraire, mes engagements en Belgique, en France et au Cambodge, sur l’Europe, sur le Liban, sur l’élection présidentielle :

Interview de Raoul Marc Jennar

 

23 Jan 2017

Prévisions IPSOS , 1er tour
Jadot (s’il a ses signatures) 2%
Hamon 8%
Mélenchon 13%
Macron 20%
Fillon 26%
Le Pen 27%

Valls ferait 9% s’il emportait la primaire du P$. Il n’est en rien le candidat qui peut se retrouver au 2e tour.

Le sondage (réalisé avant dimanche) ne tient pas compte du soutien de Montebourg à Hamon.

Un rassemblement hors P$ de Jadot, Hamon, Mélenchon et Montebourg permettrait de dépasser Macron en obtenant au moins 23%.

Et l’extraordinaire dynamique dont il serait porteur ouvrirait la voie au deuxième tour. N’est-ce pas cela qu’il faut réclamer de ceux qui ne veulent ni de Valls, ni de Macron, ni de Fillon, ni de Le Pen ?

rmj