Je suis athée et je milite en faveur de la laïcité.
Je suis profondément convaincu que la laïcité est le plus acceptable des cadres légaux pour qu’ensemble des femmes et des hommes qui croient ou qui ne croient pas en quelque dieu que ce soit puissent avoir en commun une même volonté de transformation de la société en vue de l’émancipation.
Je suis aux côtés des femmes qui ont lutté et luttent encore âprement pour la libre disposition de leur corps et de leur vie. Mais cela ne me paraît pas incompatible avec les réponses qu’elles se donnent personnellement aux grandes questions fondamentales.
Une femme qu’elle soit de confession musulmane, de confession chrétienne ou de confession hébraïque, peut très bien défendre le droit des femmes à l’IVG et, éventuellement, le refuser pour elle-même.
On se bat pour des libertés – même celles dont on n’entend pas user - pas pour des interdits. On se bat pour refuser que les interdits des religions deviennent (ou demeurent) des interdits de toute la société.
Les motivations à l’origine du port d’un signe désignant une opinion (la croix des chrétiens, le foulard des musulmanes, la kippa des hébreux) ou une adhésion ( la branche d’acacias des francs-maçons) sont multiples. J’observe que cette motivation va du simple signe de reconnaissance à la manifestation délibérée d’une solidarité entre opprimés. A l’image du keffieh, signe de solidarité avec le peuple palestinien.
Des femmes du NPA s’insurgent parce qu’une militante de ce parti, Ilham, porte le foulard alors qu’elle est candidate dans le Vaucluse pour les élections régionales. Pourtant, à ce qu’il me revient, Ilham défend avec beaucoup de détermination les objectifs de son parti tels qu’ils sont formulés dans les principes fondateurs du NPA. Sans la moindre restriction.
Il me semble qu’il y a, chez ces militantes hostiles à la candidature d’Ilham, une confusion. Un amalgame entre croyance et église. Nul ne peut nier que ceux qui ne sont pas croyants ont été victimes pendant des siècles de la tyrannie de l’Eglise catholique. Mais des chrétiens l’ont été également : les Cathares, les Protestants et tous ceux qui, croyants, ne croyaient pas selon les dogmes et les rites convenus par l’église dominante du moment.
C’est le cléricalisme, c’est-à-dire le pouvoir de l’institution qui prétend détenir la juste interprétation de la croyance et – logique monothéiste – l’imposer à toutes et tous, qui a infligé des souffrances immenses à telle enseigne qu’on peut qualifier de crimes contre l’humanité les maux infligés par l’Eglise catholique et son clergé. Comme d’autres églises d’ailleurs, puisque le monothéisme porte en lui l’intolérance, l’arbitraire et le totalitarisme.
Le combat contre le pouvoir des églises n’est d’ailleurs pas terminé loin s’en faut. Les exemples abondent dans la République française proclamée laïque des avantages concédés par les pouvoirs publics à des institutions relevant d’une église. Autre exemple, lors de la conférence de l’ONU sur les droits de la femme, on a vu l’alliance des clergés des grandes religions monothéistes s’opposer au droit fondamental de la femme à disposer d’elle-même. Une alliance qui se reforme chaque fois que les droits des femmes sont en débat dans les enceintes internationales.
Croire ou ne pas croire est une liberté individuelle fondamentale. Sauf à brimer la liberté de pensée, ce n’est pas la religion qu’il faut combattre, ce sont les institutions qui veulent l’imposer. Ce n’est pas l’opium qu’il faut combattre, c’est celui qui le vend.
C’est le rôle des églises et non les croyances individuelles qu’il faut combattre. Ce qui peut, ce qui doit unir toutes les femmes et tous les hommes qui se réclament de la laïcité, c’est le combat contre le pouvoir des églises sur la société. Pas la négation des opinions personnelles.
Etre laïque, c’est être anticlérical ; ce n’est pas imposer l’athéisme. La laïcité ce n’est pas la négation des religions, ni davantage la promotion de l’athéisme. La laïcité, c’est le refus de donner à quelque clergé que ce soit une emprise sur les choix de la société. Léon Gambetta le rappelait : « le cléricalisme, voilà l’ennemi ! »
Que la présence d’Ilham, courageuse révélatrice d’un débat essentiel, sur une liste pour les élections régionales pose problème à des membres de son parti témoigne des limites de ceux-ci quand ils prétendent lutter pour l’émancipation. L’émancipation ne signifie pas l’alignement des opinions personnelles sur un mode de pensée unique. « La liberté, c’est d’abord la liberté de celui qui pense autrement » (Rosa Luxemburg).
rmj
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février 3rd, 2010 à 21 h 55 min
analyse un peu légére!
février 3rd, 2010 à 22 h 00 min
Et bien non Raoul, sur ce point nous ne sommes pas d’accord. Ce voile, est plus qu’un symbole religieux, il est le symbole de l’oppression de la femme, de sa relégation comme personne de 2ème rang, impure, coupable d’éveiller le désir de ces pauvres hommes innocents. Je le perçois, comme beaucoup de femmes, comme une insulte à notre sexe et comme une menace.
Si cette jeune-femme veut exhiber sa religion qu’elle l’écrive sur son T-Shirt qu’elle ne s’en prenne pas aux femmes.
Une insulte, je crois que c’est évident puisqu’il implique que les femmes ont à se dissimuler, sans parler de toutes les femmes de par le monde à qui on l’impose de force.
Une menace, on sait très bien comment ça fonctionne à terme, la fille bien est voilée, l’autre est une salope sur laquelle tout est permis. Et donc fin du choix pour les femmes sauf à vivre dangereusement et bientôt ce sera de leur faute.
Même si individuellement, une femme voilée peut-être sympathique, son voile me fait le même effet qu’une croix gammée!
Trouverais-tu normal d’avoir un candidat arborant une croix gammée?
Comment le NPA pourrait-il encore être crédible en parlant de féminisme avec ce genre de symbole? C’est leur problème, mais je comprend bien que leurs militantes soient aussi choquée que moi!
Bisous
février 4th, 2010 à 3 h 35 min
Un voile jeté sur la laïcité
Dans une société rêvée, sans hiérarchisme d’aucune sorte, donc sans capitalisme ni patriarcat si intimement mêlés, sans religion, nous pourrions sans soucis nous montrer nu(e)s ou totalement dissimulé(e)s cela n’aurait aucune conséquence, ni d’importance, autre que d’attraper froid, chaud ou un coup de soleil suivant le temps.
Les codes vestimentaires n’étant que les symboles des groupes, de leurs principes, morale, traditions, habitudes. Ils ne servent qu’à nous différencier les uns des autres et par là même à mieux nous séparer, nous diviser, nous gouverner, nous manipuler ; l’autre, le différent désigné comme ennemi potentiel, moins humain que notre groupe, barbare, esclave, femme…
Nous subissons ces divisions car nous vivons sous le joug de hiérarchismes puissants où les plus forts s’imposent aux autres, où ils divisent pour mieux régner, riches contre pauvres, religion contre religion, classe contre classe et plus grave que tout, puisque ça traverse tous les milieux hommes contre femmes, ils sont les grands gagnants et, comble de notre aliénation, nous ne la voyons même plus !
Le NPA se targue de lutter contre le capitalisme, pourquoi pas, encore que ça pourrait se discuter, mais là n’est pas le propos ; mais se dire féministe, sans se contenter d’ajouter féminisme à son « catalogue » c’est aussi lutter contre le patriarcat. Présenter une jeune femme d’obédience musulmane ne pose aucun souci, nous sommes dans un pays laïc, juste qu’il n’y a pas lieu d’afficher sa religion, voilée c’est encore autre chose, c’est une attaque contre toutes les femmes.
Laïcité ne signifie ni sans religion, ni imposer l’athéisme, mais de permettre à chacun(e) de vivre sa foi librement sans faire de prosélytisme.
Je suis outrée quand un président de la république se signe devant les caméras, ce geste est déplacé dans un état laïc, qui plus est et plus rare, séparé de l’église. Il n’y a pas à faire état de ses croyances dans le débat public, c’est la solution actuellement proposée pour pouvoir vivre ensemble or, quoi de plus public qu’une élection?
Les élu(e)s et/ou candidat(e)s se doivent d’être les garant(e)s de ce respect de la laïcité et des droits fondamentaux dont fait partie, dans notre pays, l’égalité de droits entre femmes et hommes.
Ces hiérarchismes nous sont imposés, toujours grâce à différentes formes de coercitions. Qu’y a-t-il de plus coercitif que le voile du dogme jeté sur la brutalité des relations sociales ?
Il ne s’agit pas que d’un symbole religieux, ce qui déjà est déplacé lors d’une élection dans un état laïc, il s’agit d’une insulte faite aux femmes à toutes les femmes mais aussi aux hommes.
Insulte car encore une fois plus désignées comme objet de désir, que comme humaines composant la moitié de l’humanité.
Insulte car présumées coupables d’être ce que nous sommes.
Insulte car ce voile nous relègue toujours à une condition de sous humanité.
Insulte faite aux hommes ainsi considérés comme esclaves de leurs pulsions.
Insulte, car c’est faire bien peu de cas de la vie de millions de femmes qui partout dans le monde se voit imposer ces lois patriarcales par la force et qui luttent pour leur liberté, souvent au prix de leur vie !
Les religions ont toujours permis aux hiérarchismes comme le patriarcat, le capitalisme de maintenir leur ordre à moindre coût, le voile, est plus qu’un symbole religieux, il est le symbole de l’oppression des femmes, impures à jamais. Il est la menace qui pèse sur nous toutes, nous rabaissant que nous le portions ou pas.
Avec : comme objet à dissimuler, à protéger de la concupiscence des hommes.
Sans : comme provocatrices donc coupables.
Dans tous les cas prisonnières de désirs qui ne sont pas les nôtres, dans tous les cas dépossédées de nos corps qui ne peuvent nous appartenir, dont nous ne pouvons disposer librement dans ces conditions.
Trotskystes, auriez-vous perdu votre âme ?
Défendre le prosélytisme clérical au nom de la liberté de s’habiller : c’est comme défendre le droit d’exploiter au nom d’une Parisot pour cent patrons mâles ! Même porté par une femme, un symbole religieux reste symbole de trop nombreux siècles d’obscurantismes théocratiques.
Si on peut être « féministe, laïque et voilée », c’est à s’interroger si on peut encore être trotskyste et sérieux…
février 4th, 2010 à 9 h 55 min
Monsieur Jennar
je partage generalement les opinions véhiculées par le NPA mais là!
Pourrions nous accepter qu’un femme se présente en burqua (integralement voilée, même les mains et les yeux) pour représenter un groupe d’individu?
Vous citez: “La liberté, c’est d’abord la liberté de celui qui pense autrement” (Rosa Luxemburg). Vous auriez aussi pu citer » la liberté des uns commence ou s’arrete celle des autres »
Accepter une prison corporelle c’est l’ imposer à toutes les femmes du monde qui luttent ou esperent deseperement s’en défaire. Il me semble entendre des voix de femmes aux confins de certains pays dictariaux nous supplier de ne pas accepter le port de la burqua. Que leur repondez vous Raoul Jennar? que : »Ce n’est pas l’opium qu’il faut combattre, c’est celui qui le vend. » mefiez vous de ne pas être aujourd’hui un marchand d’opium.
février 4th, 2010 à 14 h 45 min
@Elise – Ben voyons maintenant le voile et la burka, même combat (bravo pour les racourcis !!!) Pour revenir à Ilham, écoutons cette jeune femme. Ce qu’elle dit semble sensé et en accord avec les valeurs du NPA. Alors où est le problème ? Sur les listes du NPA, il y a aussi certainement un certain nombre de circoncis, mais ça ne se voit pas sur la photo ! Je pense que cette jeune femme a sûrement tort de croire qu’il y a un sauveur suprême (mais c’est son problème), mais si je veux un NPA « parti de masse », il va bien falloir admettre des gens qui ne sont pas marxistes ni athées pur sucre. Je préfère lutter avec des croyants de gauche et sociaux contre des athées qui n’ont pour religion que le taux de profit. Sur les listes de droite et d’extrême droite (et peut-être même PS), il y a un certain nombre de foulards Hermès. C’est aussi un symbole aujourd’hui, une marque distinctive de la défense des inégalités sociales ! Et que « Ni Putes ni soumises » ne viennent pas faire la leçon avec le Karcher de Fadéla Amara !
La levée de boucliers de certaines militant(e)s « plus féministe que moi tu meurs » me donne mal au ventre. Jamais on ne demande aux autres femmes, quand elles rentrent au NPA si elles sont réellement féministes (avec ou sans foulard), encore moins à un homme. Dans la société en général (et dans le NPA en particulier), lorsqu’on voit une femme aux allures de vamp, va-t-on lui interdire de s’habiller ainsi sous prétexte qu’elle conforte une vision rétrograde, machiste, mercantile de la femme ? Dans ce cas là il faudrait interdire aux militantes anticapitalistes et à leurs candidates aux élections, les talons aiguille, le maquillage, les produits amincissants, les crèmes dépilatoires, les crèmes anti-rides, les soutien-gorge rembourrés, tous les produits « light « qui vous font perdre du poids ou vous empêchent d’en prendre, les décolletés, les mini-jupes, etc, etc, autant de produits, de marchandises, de symboles d’oppressions diverses et variées que subissent et/ou acceptent de subir les femmes (et même les plus féministes d’entre elles).En tout cas on arrive au point nodal pour les débats que cela suscite au sein du NPA (et je parle même pas des polémiques que cela suscite ailleurs) : l’apparence de cette militante compte manifestement plus que son travail militant qui lui vaut d’être candidate.
février 4th, 2010 à 17 h 20 min
@ Sabine.
Ce n’est pas un raccourci que de passer du voile au foulard quand, je dis bien quand, il s agit de militer pour une cause politique dans une démocratie.
Le port du voile , le port du turban amèneront certains à vouloir le port de la burka, celui du kirpan…
Les politiciens doivent exclure toutes formes de signes religieux afin de mettre en exergue les opinions qu’ils portent et non leur appartenance à une communauté.
Sans cela à quoi peut bien servir la laïcité…revenons donc à la toute puissance des églises et ne separons plus l’Etat du clérgé.
février 4th, 2010 à 17 h 22 min
@ Sabine.
rectification
Ce n’est pas un raccourci que de passer de la burka au foulard quand, je dis bien quand, il s agit de militer pour une cause politique dans une démocratie.
Le port du voile , le port du turban amèneront certains à vouloir le port de la burka, celui du kirpan…
Les politiciens doivent exclure toutes formes de signes religieux afin de mettre en exergue les opinions qu’ils portent et non leur appartenance à une communauté.
Sans cela à quoi peut bien servir la laïcité…revenons donc à la toute puissance des églises et ne separons plus l’Etat du clérgé.
Répondre — Citer
février 4th, 2010 à 18 h 17 min
Bonne idée Sabine!
Que la circoncision devienne un signe visible du prosélytisme religieux, mmmmhhh, je trouverai ça assez « fun » ça nous changerait un peu ;-D.
février 4th, 2010 à 23 h 33 min
assez d’
février 4th, 2010 à 23 h 34 min
ah oui Anne, ce serait vraiment une bonne idée!!!
février 5th, 2010 à 15 h 00 min
rmj : « Etre laïque, c’est être anticlérical »
Ce ne serait pas plutôt être neutre ?
février 5th, 2010 à 15 h 51 min
Raoul, ton texte est tout à fait…….jésuite, je suis déçue profondément, je regrette. D’autant que tu ne sais rien de la façon dont le « coup » a été monté dans la plus grande tradition de la LCR. Quelle déception pour un NPA que l’on voulait ouvert et démocratique. Après avoir subi la violence des attaques verbales et presque physiques de camarades du comité populaire d’Avignon, l’insulte et le mépris, les pressions, je peux te dire que ces camarades se vantaient déjà tout haut du soutien direct de Besancenot deux mois auparavant. Et que nos tentatives de discussions sur la laïcité étaient bien naïves alors que tout était déjà arrangé. Je ne quitterai pas le NPA, mais je veux faire savoir très largement au delà du parti ce qui vient réellement de se passer, afin de perdre le moins de gens possible, de camarades et de sympatisants. C’est juste un coup médiatique catastrophique qui vient de se passer, le congrès arrive qui permettra de rétablir les choses et de se donner les moyens du parti que nous voulions tous construire. C’est juste un retard, ne partez pas, nous ferons de belles choses ensemble quand le résultat désastreux de ce coup là mettra chacun face à ses responsabilités. Il faut en finir avec le stalinisme une fois pour toute.
février 5th, 2010 à 20 h 15 min
Un coup médiatico-politique tenté par un NPA coupé dans son élan par un Front de gauche de bric et de broc, opportunément apparu de ce point de vue, et qui espère avoir trouvé ainsi un moyen de marquer des points auprès d’une partie de l’électorat en s’attirant un nombre de suffrages relativement limité en valeur absolue mais qui permettrait en relatif de grapiller une partie de son retard dans le duel au sommet fratricide et désespérant de stérilité que se livrent les nains de la gauche de gauche.
Ceci étant dit, la religion doit rester dans la sphère privée, a fortiori dans le contexte de clivage civilisationnel : pas de croix pour Christine (Boutin), pas de foulard pour Ilham ! L’évocation d’une appartenance religieuse n’est d’aucun intérêt pour le gouvernement des territoires. En faire état ne peut répondre qu’à des motivations racoleuses, sur des fondements qui ne peuvent que dégrader un climat politique déjà passablement éloigné des sujets prioritaires.
Du point de vue de la liberté des femmes, l’attitude vis-à-vis du port du foulard peut être considérée à l’aune du doigt du travail. Celui-ci est fait pour protéger les moins aptes à résister à la volonté de celles et ceux qui détiennent le pouvoir de les contraindre. Alors pour une femme qui opte pour le foulard en pleine liberté et en totale conscience, combien l’adoptent parce que c’est ainsi, en adhérant en pleine connaissance de cause à la signification de cette option vestimentaire. Aussi, les femmes émancipées et éclairées qui font le choix de dissimuler leur chevelure doivent aussi prendre en considération les implications de cette pratique sur les plus vulnérables de leurs soeurs.
Dans l’absolu, on ne peut être que pour la liberté totale. Mais dans les faits, on sait qu’il n’y a pas de liberté totale dès lors qu’il n’y a pas totale liberté pour tous (toutes en l’occurence). Et puis on sait que dans certaines situations, ce thème est exploité par les religieux tendance intégriste.
Par conséquent, inutile de jouer avec le feu politiquement… pour des questions boutiquières ! Il ne faut pas confondre engagement politique pour l’intégration des minorités ethniques victimes de discriminations et défense voire promotion des particularismes religieux pour récupérer ces minorités frappées de découragement et légitimement exaspérées au point pour une partie de leurs membres de se tourner en désespoir de cause vers les solutions prêchées les clergés ! Sachant qu’en l’occurence, des (très) (jeunes) femmes (filles) se trouvent prises en otage et en étau ! Et plus généralement les femmes qui pourraient être un jour prochain choisies dans le rôle du bouc-émissaire exutoire, une fois que les étrangers (iceux sans papier d’abord), les profiteurs et les assistés (liste non exhaustive) ne suffiront plus pour expliquer les problèmes de sociétés accablées par les affres du capitalisme (forcément débridé) !
février 6th, 2010 à 13 h 34 min
Colonisateurs misogynes contre intégristes religieux.
Nous n’avons toujours pas de pouvoir, ce sont toujours les hommes qui nous
disent ce qui est bon pour nous. La meilleures des réponses contre le port
de la burqa et le voile islamique aurait été de ne pas interdire le port du voile ou de la burqa, ou symétriquement de présenter une femme voilée au élections comme s’apprête à le faire le NPA, mais de déclarer la France « pays d’accueil » pour toutes les femmes opprimées dans leur pays.
Lors de la révolution française, le procureur de la Commune de Paris dit ceci : « Nous voulons que les femmes soient respectées c’est pourquoi nous les forcerons à se respecter elles-mêmes. »
Les religieux de tous poils nous ordonneraient de baisser la tête et de regarder nos pieds quand on circule, les « laïques » pondraient-ils une loi pour nous interdire de regarder nos chaussures ?
Tiraillées dans un sens ou dans l’autre, nos corps sont les enjeux de batailles de misogynes. Nous en avons marre que nos corps soient le paillassons de vos enjeux de pouvoir qu’ils soient religieux ou faussement laïque.
février 8th, 2010 à 16 h 53 min
@Boyer Frédérique –
La journaliste du figaro qui a écrit l’article elle même dit qu’il n y a pas de stratégie préparée du NPA:
source :http://www.arretsurimages.net/vite.php?id=7070
»Pas de stratégie du npa » (Ravinel, le Figaro)
»Non, il n’y a pas de stratégie de la part du NPA pour faire sortir cette information ». Ravinel est catégorique et insiste sur l’existence d’un débat au sein du parti à propos de cette candidature. Un débat désormais public. Pour Olivier Besancenot, venu s’expliquer sur le plateau d’i-Télé, la discussion est « complexe », « ça fait débat, y compris dans nos propres rangs », a-t-il reconnu. « C’est un débat qu’on va trancher dans le cadre de notre congrès ».
Le blog du Monde.fr consacré aux élections régionales (et réalisé par la rédaction du site) rappelle par ailleurs qu’ « en 2004, lors du débat sur la loi sur le voile à l’école, la LCR s’était déchirée entre partisans et adversaires de l’interdiction. La candidature d’Ilham Moussaïd risque de créer des remous en interne ». Donc pas de « stratégie » à proprement parler, un travail journalistique qui semble classique, mais une présence médiatique renforcée pour le NPA à six semaines des élections régionales.
————–
février 9th, 2010 à 3 h 39 min
@Nathalie-
Pas du tout. La neutralité, c’est un principe passif d’indifférence au cours des choses, c’est-à-dire, objectivement, de soutien à l’ordre établi, quel qu’il soit. La laïcité est un principe actif de défense de la société contre toutre intrusion des églises et de leur clergé dans les choix de la Cité (clérical, signifiant qui est relatif au clergé, ). Une défense indispensable puisque le but des églises, c’est de convaincre, de pratiquer le prosélythisme et de tenter d’imposer leurs dogmes à toute la société.
février 9th, 2010 à 7 h 07 min
Cher Raoul,
Merci pour votre texte, il me paraissait très précis, je me suis permis d’en produire un dans les commentaires suivant le texte concernant les prise de position de Mélenchon, sur la burka.
Ce texte était sans doute moins précis, mais allait dans le même sens que le vôtre, et celui de votre dernier commentaire en réponse à Nathalie.
Que nos amies se rassurent foulard ou pas, foulard au NPA ou pas, c’est ce qu’il y a dans la tête qui compte, c’est l’engagement laïc qui importe, et si ce foulard permet d’établir un contact avec les autres femmes au niveau de la communication, et les aide ainsi à entendre autre chose que les dogmnes de leurs hiérarchies cléricales et familiales respectives ce sera certainement un aspect positif.
Les femmes de ce pays étaient dans le même cas il n’y a pas bien
longtemps elles durent pendant quelques décennies suivrent les règles religieuses, certes en baissant la tête, mais en faisant fonctionner ce qu’il y avait dedans… elles n’obtinrent le droite de vote qu’en 1947, la séparation de l’église et de l’état datait elle de 1905, et les femmes dans leur combat pour l’égalité y étaient engagées depuis beaucoup plus longtemps.
Il en va de même pour tous les gens qui subissent des règles issues de la nuit des temps, en particulier le système économique dont l’antériorité et le développement va « pile poil », avec celui du fait religieux.
Pensez-vous que tous ceux qui baissent la tête par obligation matérielle, ne pensent pas?… je suis persuadé du contraire.
Pour la Burka, il en va tout autrement, mais là comme je l’avais indiqué dans un précédent commentaire, pas besoin de légiférer, hors période de carnaval, les déguisements sont interdits en France, et ça c’est la loi…
Il est quand même nécessaire de constater, constat surtout destiné à nos amis Islamistes si d’aventure ils nous lisent, que le premier Hold-up, vient d’avoir lieu avec comme acteurs dans le rôle des voyous, deux types, qui se sont présentés, à midi moins 2 à la porte d’un établissement financier. Pour ne pas tomber dans le sectarisme,, et sans doute éprouvant un peu de compassion pour ces deux « femmes », l’employée les fit rentrer, ils braquèrent tout le monde, et repartir burka au vent avec leur maigre butin…
Sur ce point du foulard, si le NPA est jugé comme opportuniste, ce n’est en fait pas si grave. Je ne verrai pour ma part aucun problème à ce que des femmes portant foulard soient sur les listes Europe Ecologie, d’ailleurs il y à quelques années lors de la sortie je crois du film « babette s’en va-t en guerre », la plupart de nos jeunes compagnes portaient un foulard pour sacrifier à la Bardomania… et certains trouvent certaines de nos religieuses assez sexy alors…Je sais ce ne sont pas des exemples particulièrement édifiants, mais sur des sujets aussi sensibles je pense qu’il n’est pas inutile de plaisanter un peu pour détendre l’atmosphère…. je viens de m’apercevoir que j’avais employé l’adjectif « sexy », je m’attends donc au pire.
Bonne continuation, continuons le combat et ne mettons pas les voiles….
Pierre Gaugain.
février 10th, 2010 à 14 h 53 min
@Gaugain Pierre
Trois choses :
1- Puisque de vous même vous avez relevé le mot « sexy », je ne m’étendrais donc pas d’avantage sur la symétrique de l’injonction misogyne à nous couvrir ou à nous dévoiler.
2- Votre question posée de savoir si nous considérons que les femmes portant le foulard, le voile, la burqua n’ont pas de tête, ne nous appartient pas.
3- Le foulard est-il le signe :
- d’une religion ?
- le signe d’une des nombreuses oppressions des femmes ?
- les deux à la fois ?
- rien de tout ça ?
Autrement dit :
-Ce parti politique, présente t-il, un curé, une none ?
-Ce parti politique instrumentalise t-il les femmes ?
-Les deux à la fois ?
-Rien de tout ça ?
février 10th, 2010 à 19 h 48 min
Chère Nathalie,
Je veux simplement préciser, que l’emploi du mot « sexy », se voulait un clin d’oeil pour détendre un peu l’atmosphère…
Maintenant qu’un parti politique présente un curé ou none, à l’instar d’un penseur beaucoup plus connu que moi (je crois bien que c’était Lénine, mais bon ce n’est pas obligatoirement la référence de la pensée absolue), je ne verrai aucun inconvénient à ce qu’un curé ou une none se présente au suffrage de quelque élection que ce soit, sur une liste à laquelle j’appartiendrais ou pas, à la condition unique qu’ils se présentent sur un programme parfaitement laïc et républicain, les croyances et pratiques des cultes relevant de la sphère privée, de l’intériorité spirituelle.
Je ne sais plus qui disait, « laissons l’administration des hommes aux hommes et laissons à Dieu ce qui lui revient », c’est le sens de la loi de séparation de l’église et de l’état de 1905.
Je suis agnostique alors vous pensez bien que pour les histoires de Dieu, je ne me trouve pas particulièrement compétent.
Je n’ai pas particulièrement plus de compétence pour définir qui est sexy ou non, mais j’interdis par contre à quiconque de m’interdire le fait de penser ou de dire si je trouve telle ou tel sexy, pour le tel ceci ne pouvant être qu’un avis d’observation sans volonté si jose dire de l’approndir.
Pour ce qui est des femmes par contre je serai bien tenté de poursuivre l’observation plus loin si affinité.
Quant à la définition du mot sexy et de normes s’y afférant, nous avons fort heureusement tous nos critères pour l’établir, et ce n’est pas de ma faute si la grande partie des hommes préfèrent les femmes « belles et rebelles », que moches et remoches, mais in fine c’est chacun qui voit…je pense d’ailleurs que les femmes ont la même approche par rapport aux hommes. Dans les deux cas il ne faut pas exclure que si les intéressées et intéressés, sont en plus dotés des moyens de réfléchir, cela ne gâche aucunement la situation.
Tout ceci n’étant qu’une réflexion amicale, en réponse à votre bien normal questionnement, et au fait que vous vous adressiez à moi.
J’espère ne pas vous avoir choquée, et suis conscient que j’ai de gros progrès à faire dans bien des domaines, que voulez vous je ne suis qu’un homme, j’allais dire un humain terme qui convient mieux de façon générale à ma réflexion.
bien respectueusement,
Pierre Gaugain.
février 12th, 2010 à 3 h 08 min
» Laissons l’administration des hommes aux hommes… »
En effet….
février 13th, 2010 à 16 h 44 min
Suis étonné qu’on mélange si facilement foulard et voile
- le foulard peut être une façon de mettre sa beauté ou sa féminité, en valeur.
- pas le voile !
- le foulard peut être une façon d’afficher son appartenance à une communauté ou à un groupe. Est-ce ce qu’a voulu Ilham ?
-le foulard n’est pas forcément religieux. Dans le contexte français actuel, il est en train de le devenir, à cause de la confusion des deux. Dommage ! Quelle n’a pas été ma surprise après avoir beaucoup lu et entendu sur Ilham de la voir à la télé pour la première fois. Je la croyais derrière une burqa !Je serais tenté de m’excuser auprès d’elle de la confusion des deux, surtout si elle y a réfléchi ; et elle l’a surement fait..
– Il me semble nécessaire de réfléchir plus au sens politique et religieux du voile. Le vrai : burqa ou niqab. Celui-ci renvoie clairement à un mélange des deux : la théocratie. La religion des islamistes n’est pas une religion intérieure, une philosophie ou une sagesse. C »est une organisation politique de la société. Pour les catholiques, c’était- ou c’est encore de nos jours- moins flagrant. . On l’a un peu oublié, mais les cléricaux ( » à bas la calotte ! ..), en plus d’être » du clergé », étaient ceux qui revendiquaient le pouvoir de la religion sur la politique. De leur côté, les « laïcs » étaient d’ailleurs autrefois les cathos « de base »..ceux qui n’étaient pas membres du clergé..
Bref, dans le contexte actuel, le voile » d’Ilham a une signification surtout politique qui renvoie à une théocratie très antiféministe et c’est une grosse erreur de l’accepter dans un parti, s’il se veut féministe.
En tout cas cela a peu à voir, ou en tout cas indirectement, avec la religion et la laïcité.
février 15th, 2010 à 9 h 30 min
@job Lamer –
L’analyse est dans l’ensemble correcte et reprend plusieurs point important, par contre votre réponse est légère à souhait!
février 15th, 2010 à 14 h 32 min
Samuy Durand, je trouve pertinente votre position telle qu’exposée, notamment en sa conclusion … En l’occurence ce qui compte ce ne sont pas tant les intentions de la candidate et de son parti, invérifiables, que la signification que cet événement prend sur la scène politique nationale dans un contexte donné connu de tous. Quand on fait de la politique, on cesse de s’appartenir totalement : on devient responsable devant la collectivité et l’histoire… à l’échelle de l’impact médiatique provoqué (plus ou moins délibérément).
Par ailleurs, en vertu des limites de toute communication, la marge d’erreur est grande de voir la signification d’un message débordé et échappé à l’émetteur. C’est jouer avec le feu en certaines circonstances lorsqu’on évolue dans les parages d’une poudrière !