10 nov 2009

Depuis la mi-octobre, le matraquage audiovisuel ne cesse pas. L’anniversaire de la chute du mur est ressassé à longueur d’antenne comme condamnation définitive de tout socialisme, identifié à la caricature totalitaire et sanglante de la contre-révolution stalinienne. La victoire du « monde libre », lisez de la spéculation folle, de l’inégalité croissante, de la destruction systématique de la planète, du milliard et demi d’affamés quand le pape anti-contraception en réclame deux ou trois de plus, semble ignorer que rien ne se serait passé, sans le choix  historique de Gorbatchev. Curieusement, c’est en Allemagne même que le succès de die Linke, animé par les démocrates et révolutionnaires de l’ex RDA, montre le chemin de l’espoir à une gauche européenne, fourvoyée dans la veulerie libérale. Là réside le mauvais exemple pour notre Badinguet qui voit son étoile décroître, créant un début de panique à droite, en France où les forces révolutionnaires, certes dispersées, constituent toujours un potentiel d’une dangereuse contestation.

 D’où le vacarme publicitaire avec lequel on fait d’un non événement un énorme leurre destiné à faire oublier les nuages de crise qui s’accumulent sur le salariat et l’urgence d’une solution de remplacement au capitalisme obsolète. Cela n’est pas sans rappeler le tintamarre orchestré à  chaque visite publicitaire du Pape à la recherche de ses troupes : la religion est une affaire privée, respectons ses adeptes comme ils doivent respecter notre peu d’intérêt pour la chose. Personne ici, sil n’y avait eu ce battage, ne songerait au Mur détruit. Il faut redonner des couleurs à l’épouvantail communiste disparu pour masquer la disparition annoncée d’un capitalisme en implosion.

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15 jan 2009

 

Le 15 janvier 1919, à Berlin, des soudards des Corps Francs aux ordres du social-démocrate Gustav Noske, qui a reçu les pleins pouvoirs de Friedrich Ebert, un autre social-démocrate qui préside le gouvernement, ont massacré Rosa Luxemburg. Un sort identique était réservé le même jour à Karl Liebknecht, qui avait refusé de voter les crédits de guerre à l’automne 1914, et avait fondé avec elle La Ligue Spartakus en 1915 et le parti communiste allemand en 1918.

Cette exégète de l’œuvre de Marx, cette militante révolutionnaire est beaucoup trop peu connue en France alors que sa pensée est d’une actualité étonnante. Analysant la révolution russe, elle a perçu les dangers d’un pouvoir confisqué par un petit groupe, fut-il l’avant-garde révolutionnaire. Car, aucun groupe n’est à lui seul le prolétariat. Pour Rosa Luxemburg, « c’est un fait absolument incontestable que, sans une liberté illimitée de la presse, sans une liberté absolue de réunion et d’association, la domination des larges masses populaires est inconcevable ». Pour elle, démocratie et socialisme sont intimement liés : « La liberté seulement pour les partisans du gouvernement, pour les membres d’un parti, aussi nombreux soient-ils, ce n’est pas la liberté. La liberté, c’est toujours la liberté de celui qui pense autrement. »

Rosa Luxemburg est une référence pour les socialistes révolutionnaires qui se battent pour un communisme démocratique et combattent le capitalisme : « « Or, le but final du socialisme est le seul élément décisif distinguant le mouvement socialiste de la démocratie bourgeoise et du radicalisme bourgeois, le seul élément qui, plutôt que de donner au mouvement ouvrier la vaine tâche de replâtrer le régime capitaliste pour le sauver, en fait une lutte de classe contre ce régime, pour l’abolition de ce régime. »

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14 juil 2008

 Un système électoral qui favorise le parti dominant, une Justice qui criminalise les actes d’opposition politique et consacre le délit d’opinion, une presse sous contrôle, une adhésion sans réserve au capitalisme, une alliance inconditionnelle avec les USA, tel est le régime mis en place à Singapour par Lee Kuan Yew, qui en fut le premier ministre pendant 31 ans. Lorsqu’il est sorti de charge, il est devenu conseiller du gouvernement communiste du Vietnam, qui venait de décider de passer à l’économie de marché et présentait sa candidature à l’Organisation Mondiale du Commerce. Le principal conseil de Lee Kuan Yew aux communistes vietnamiens fut : « surtout ne modifiez rien à votre régime politique ; il garantit la stabilité indispensable pour les investisseurs étrangers. »

Cette anecdote, Harold Meyerson, aurait pu la rappeler dans l’article qu’il vient de publier dans le Washington Post sous le titre « Pourquoi étions-nous au Vietnam ?» (9 juillet 2009).

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07 juil 2008

C’est sous ce titre que 21 personnes, membres de la coordination des collectifs unitaires ou qui en sont proches, ont rédigé un document important. Ce texte, selon ses auteurs, a pour ambition de « contribuer à préciser des éléments d’analyse, et à faire s’affirmer une perspective. Il appelle à un débat qui permette d’élaborer une alternative politique de gauche, dans le respect des expériences et des parcours. » Il a une « fonction précise : rendre visible et lisible une attente largement partagée : cristalliser les volontés et les énergies qui ne se résignent pas à la loi du marché ». Il se veut « une incitation au débat, à la confrontation constructive des idées. »

On trouvera ce document sur le site de la coordination des collectifs unitaires : http://www.gauchealternative.org

Pierre Cours-Salies, un des auteurs de ce document, m’a demandé mon opinion. J’y trouve de très nombreux passages auxquels je peux souscrire sans la moindre difficulté. Mais il suscite également quelques réserves sérieuses.

Avant de formuler ces appréciations critiques, je voudrais, en ces temps incertains où le débat d’idées évolue trop souvent en  attaques personnelles, dire aux nombreux signataires de ce document, qui furent aussi des compagnons dans la campagne contre le TCE et dans la tentative de donner un prolongement politique à la démarche commune de la campagne référendaire, que mes réserves concernent ce document et non ses auteurs. Cela va sans dire, mais il me semble qu’il vaut mieux le dire.

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