04 Mai 2017

Je n’oublierai jamais Michel Boutros, le merveilleux militant antifasciste qu’il incarnait dans « Une femme à sa fenêtre » si justement décrit dans le roman éponyme de la plume d’un écrivain fasciste.

Avec des dialogues qui sonnent juste, écrits par cet homme hors du commun que fut Jorge Semprun.

Un très grand film de Pierre Granier-Deferre.

Un immense acteur vient de partir. Louis la Brocante se disait un « artiste du peuple ». C’était bien vrai.

03 Mai 2017

Il se dit et s’écrit beaucoup que face au mal immédiat et définitif que représenterait l’élection de Mme Le Pen, celle de Macron n’apporterait, à tout prendre, qu’un mal passager.

C’est perdre la mémoire et s’aveugler.

Perdre la mémoire, car c’est oublier que jamais il n’a été possible de revenir sur une avancée néo-libérale depuis 1983.

Jamais, il n’a été possible de revenir sur un traité européen. Quand deux peuples, par la voie du référendum, l’ont tenté, en 2005, on leur a infligé le plus antidémocratique des démentis.

A-t-il jamais été possible de revenir même sur une directive européenne ? Il suffit de constater l’impossibilité de réviser la directive sur les travailleurs détachés, qui organise la concurrence déloyale entre travailleurs de différents pays de l’UE pour s’en convaincre. Pas une seule fois, une avancée antisociale initiée par l’Union européenne n’a pu être remise en question.

A-t-il été possible de revenir sur les pouvoirs exorbitants de la Commission européenne dont certains membres détiennent tout à la fois du pouvoir législatif, exécutif et judiciaire ? Jamais.

A-t-il été possible de modifier les décisions européennes une fois qu’elles ont été intégrées dans le droit national ? Jamais. Lire la suite »

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02 Mai 2017

2002 : pour repousser le père Le Pen, ce nostalgique de Vichy, de l’Indochine et de l’Algérie françaises, ce négationniste des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité et du génocide commis par la barbarie nazie, des millions de Françaises et de Français ont voté pour un Jacques Chirac dont ils ne partageaient pas les choix politiques. Nombreux sont ceux qui, cette année-là, se sont fait violence en votant contre leurs convictions. Rien n’est plus malsain dans une démocratie.

Mais c’est de là qu’est née la stratégie du vote utile. Le scénario parfait pour les tenants du système. La garantie de l’élection systématique d’un des leurs. Ils ne furent pas obligés d’y recourir lors du scrutin de 2007 puisque ni Ségolène Royal, ni à fortiori Nicolas Sarkozy ne remettait en cause l’ordre établi, celui du « il n’y a pas d’alternative ».

Sarkozy devenu à juste titre un épouvantail pour une majorité du peuple, c’est contre lui qu’on invoqua le vote utile. Ce fut l’opération menée à bien en 2012. Au premier, comme au deuxième tour, il fallait donner toutes ses chances au disciple du social-libéral Delors et ne prendre en aucun cas le risque que Sarkozy puisse être réélu.

Sarkozy évacué par son propre camp en vue de l’élection de 2017, la nouvelle menace surgit d’une opération bien menée depuis des années par la presse dominante, Le Monde en tête : la dédiabolisation du FN. Tout au long des dix années écoulées que n’a-t-on lu dans la presse dominante qui contribuait à faire du FN un parti comme un autre ? Que n’a-t-on entendu dans la bouche d’un Sarkozy ou d’un Valls des propos qui flirtaient avec la xénophobie et le racisme du FN ? Lire la suite »

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25 Avr 2017

Le Soir, (Bruxelles), mardi 1 mars 2016
La carte blanche de Manuela Cadelli, présidente de l’Association syndicale des magistrats :
Le temps des précautions oratoires est révolu ; il convient de nommer les choses pour permettre la préparation d’une réaction démocrate concertée, notamment au sein des services publics.
Le libéralisme était une doctrine déduite de la philosophie des Lumières, à la fois politique et économique, qui visait à imposer à l’Etat la distance nécessaire au respect des libertés et à l’avènement des émancipations démocratiques. Il a été le moteur de l’avènement et des progrès des démocraties occidentales.
Le néolibéralisme est cet économisme total qui frappe chaque sphère de nos sociétés et chaque instant de notre époque. C’est un extrémisme.
Le fascisme se définit comme l’assujettissement de toutes les composantes de l’État à une idéologie totalitaire et nihiliste.
Je prétends que le néolibéralisme est un fascisme car l’économie a proprement assujetti les gouvernements des pays démocratiques mais aussi chaque parcelle de notre réflexion. L’État est maintenant au service de l’économie et de la finance qui le traitent en subordonné et lui commandent jusqu’à la mise en péril du bien commun. Lire la suite »

25 Avr 2017

Petit rappel à ceux qui ont combattu, au nom de la démocratie, de la justice sociale et de la protection de notre cadre de vie,
– les accords de l’OMC organisateurs de la mondialisation néo-libérale la plus débridée et en particulier l’AGCS (qui privatise à terme les services publics) et les accords sur la propriété intellectuelle (qui limitent la possibilité de fabriquer des médicaments génériques et permettent les OGM),
– le traité constitutionnel européen de 2005
– le traité de Lisbonne
– les accords de partenariat de l’UE avec l’Afrique qui la mettent sous la tutelle des multinationales européennes
– le traité budgétaire Merkel-Sarkozy-Hollande (TSCG)
– le MES (mécanisme européen de stabilité)
– la fausse loi de séparation bancaire de Moscovici-Hollande
– les cadeaux de Hollande au MEDEF
– la loi Macron
– la loi EL Komri
– le TAFTA
– le CETA
– l’ACS (aggravation de l’AGCS).
comment donner sa voix à Macron qui a défendu et défend tout cela,  qui creuse les inégalités, accroît l’injustice sociale, n’enrichit que les riches et met la planète en danger  ?

Pour moi, cela reviendrait à renier 20 ans d’engagement militant. Impossible.

Même si la rigueur intellectuelle interdit de qualifier de « fasciste » le programme nationaliste et xénophobe de Mme Le Pen, le FN plonge ses racines dans Vichy et l’OAS. Et  je suis, depuis toujours, un adversaire des régimes fascistes que ma génération a connus puisque, après la Deuxième guerre mondiale, nous avons eu trois régimes fascistes en Europe (Espagne, Portugal, Grèce), tous protégés par l’OTAN (au nom de la démocratie) contre lesquels j’ai milité (interdit de séjour par la Grèce des Colonels). Voter Le Pen est donc impensable.

Macron et Le Pen sont tous deux porteurs de politiques profondément néfastes et extrêmement dangereuses pour nos libertés, pour le bien être du plus grand nombre, pour la préservation de la planète.

Je n’invite personne à partager mon point de vue. Je me contente de l’exposer.  Car j’ai toujours combattu le principe du mot d’ordre électoral que je considère comme une insulte à l’intelligence des gens et une arrogance insupportable des partis qui s’arrogent la propriété des votes dont ils ont bénéficié. Il y a d’ailleurs de mon point de vue une contradiction fondamentale entre prôner la révocabilité de l’élu et le fait de lancer des mots d’ordre de vote. C’est opposer un acte de liberté citoyenne à un acte de servitude citoyenne.

Alors que chacun fasse en conscience ce qu’il estime devoir faire, mais le faire en conscience cela suppose de bien s’informer.

24 Avr 2017

19,2%, 7.011.856 voix (provisoirement), quel beau résultat !

Surtout, si on pense à la campagne de désinformation systématique menée par l’essentiel des médias, campagne relayée par presque tous les autres candidats. Un homme de talent et de cœur, un authentique humaniste en phase avec son temps et les défis auxquels l’humanité est confrontée a emporté la conviction de bien des scepticismes et a suscité des adhésions enthousiastes et une nouvelle confiance dans l’engagement politique. Cette campagne n’a pourtant pas atteint son objectif, le deuxième tour. Quel dommage !

Les gens dont toute la vie fut guidée par les idéaux de gauche, peu importe dans quel cadre partisan ils ont inscrit leur engagement, savent, comme le disait le grand Jaurès, que « L’Histoire enseigne aux hommes la difficulté des grandes tâches et la lenteur des accomplissements, mais elle justifie l’indicible espoir. » Comme me l’écrivait un ami, cette nuit : « on continue ».

Et c’est à la lumière de cette détermination, qu’il faut se tourner vers l’avenir non sans porter un regard lucide sur les raisons de cet échec. Lire la suite »

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13 Mar 2017

Ceux qui me lisent savent les réserves que m’inspire Jean-Luc Mélenchon, pourtant candidat incontournable pour toute reconstruction d’une gauche de gauche. Cette précaution prise, je suis choqué par les critiques injustes qui lui sont adressées suite à ses propos sur les travailleurs détachés. Certains qui semblent ériger la liberté de circulation des personnes en dogme absolu oublient les abus auxquels conduit une liberté qui n’est pas régulée. En cette matière comme en d’autres, il ne faut jamais oublier que l’hymne à la liberté si cher aux femmes et aux hommes de 1789 fut, depuis, très souvent détourné par ceux qui entendaient user de la liberté pour opprimer et exploiter.

La question du détachement des salariés est complexe. J’avais écrit en 2014 un article sur ce sujet pour la publication du conseil scientifique d’Attac. Le voici. Puisse-t-il permettre une meilleure compréhension des objections exprimées par Mélenchon. J’indique qu’il y a peu, les pays de l’est de l’UE se sont farouchement opposés à toute nouvelle remise en cause de la « directive détachement ».

Le détachement des salariés dans l’Union européenne

Devant l’Assemblée nationale, Jean Jaurès prononçait ces paroles prophétiques : « Ce que nous ne voulons pas, c’est que le capitalisme international aille chercher la main-d’œuvre sur les marchés où elle est le plus avilie, humiliée, dépréciée, pour la jeter sans contrôle et sans réglementation sur le marché français, et pour amener partout dans le monde les salaires au niveau des pays où ils sont le plus bas. »[i]

C’était le 17 février 1894. Ce qu’il redoutait alors est devenu la réalité cent vingt ans plus tard. Et tout, dans les orientations fondamentales de l’Union européenne (UE), y contribue depuis les origines.

Il faut rappeler que la liberté de circulation et d’installation des personnes et des services fait partie des « libertés fondamentales » de l’UE. Comme le rappelle la littérature de la Commission européenne, « la libre prestation de services est ancrée dans l’Union depuis la création de la Communauté économique européenne en 1957 et constitue une pierre angulaire du marché unique européen. »[ii] Le droit des entreprises de proposer des services dans un autre État membre de l’Union et de détacher temporairement des travailleurs pour assurer ces services en est la concrétisation[iii].

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