22 Sep 2011

J’ai créé ce blog en 2008. Jusque-là, j’envoyais régulièrement des notes à un fichier qui était devenu ingérable puisqu’il comportait près de 9000 adresses.  Cette habitude d’écrire des textes à diffuser tient sans doute d’abord au fait que j’aime écrire et que, bien entendu, sauf à tenir un journal intime, on n’écrit pas seulement pour soi. D’autant moins quand on s’engage. Et l’engagement est une constante de toute ma vie. Quoi de plus normal, dès lors que la plume, ou plutôt le clavier, soit l’outil principal de cet engagement.

En 1999, cet engagement a donné naissance à l’URFIG, née avec le soutien de Pierre Bourdieu. Un site internet a été créé pour partager les résultats d’une expertise acquise dans des domaines très pointus, rarement évoqués dans les médias : les accords internationaux et les négociations qui ont produit la mondialisation néolibérale. Ce qui m’a amené à m’intéresser de plus près au rôle de l’Europe dans ce domaine et, ensuite, à étendre mon exploration à toutes les activités de l’Union européenne. Ce qui s’est traduit par de nombreux textes et finalement par trois livres dont je ne renie pas une ligne.

La suite quasi logique fut l’engagement dans la campagne contre le TCE et, en vue de l’échéance de 2007, la recherche inlassable d’un prolongement politique à l’unité réalisée dans ce combat. Les déceptions qui ont suivi m’ont détourné d’une ligne indépendante  qui avait été la mienne jusque-là : soutien à la candidature de Bové et ensuite, en l’absence, alors, de toute autre initiative à gauche après 2007, adhésion au processus constitutif du NPA suivie d’une participation aux élections européennes. C’est dans ce contexte que ce blog fut créé. Son image en a été affectée.

A la différence de l’URFIG, dont l’image d’indépendance était forte, par ma faute, ce blog est apparu comme celui d’un partisan au sens qu’on donne à ce mot pour désigner quelqu’un qui a fait allégeance à un parti. Avec tout ce que peut signifier le mot allégeance. Je le regrette profondément.

Depuis mon départ du NPA début 2010, je me suis efforcé d’exprimer mon point de vue sans m’occuper le moins du monde s’il correspondait à la position de tel ou tel parti ou de tel ou tel acteur politique. Je suis résolu à maintenir cette ligne. Et c’est en toute indépendance que j’exprime mon accord, voire mon soutien, avec telle ou telle proposition ou tel ou tel projet. Comme c’est en toute indépendance que j’apporte mon appui au Front de Gauche pour l’échéance présidentielle de 2012. Ce qui ne peut en aucune façon être interprété comme une adhésion à l’une ou l’autre des composantes de ce FdG. Je suis redevenu libre de toute attache. Et j’entends le rester.

Comme je m’adresse à un public qui veut bien me lire, j’accepte bien entendu les commentaires que suscitent mes propos. Mais j’y mets une limite et je suis de plus en plus enclin à devenir intraitable sur ce point : la limite au-delà de laquelle il n’y a plus d’échange courtois.

J’accepte qu’on critique ce que j’écris; je n’accepte pas qu’on s’en prenne à ma personne. Il semble qu’Internet libère et souvent libère le pire : grossièretés, insultes, caricatures, épithètes en tous genres tiennent lieu d’arguments. Et bien cela, je ne l’accepte pas et si cette règle ne convient pas à certains qui se sont inscrits, c’est avec plaisir que je les invite à se dés-inscrire.

Je tiens à dire aussi, en toute clarté, que les adeptes de l’identité raciale, ethnique, religieuse et linguistique, les partisans de l’exaltation de l’individu en tant que membre d’une collectivité identifiée par le sang et par le sol, les intégristes religieux qui entendent imposer à tous la bible, le coran ou la thora, les fascistes dissimulés comme les négationnistes affichés, les adversaires de l’humanisme et de l’universalisme, ne sont pas des interlocuteurs acceptables et qu’ils ne sont pas les bienvenus sur ce blog.

Je me définis comme un disciple des Lumières. Kant, Montesquieu, Rousseau sont des références essentielles à mes yeux. Comme  Jean Jaurès et Rosa Luxemburg.  Je suis un partisan résolu de la laïcité que j’entends comme le droit de chacun de croire ou de ne pas croire sans que son choix représente une contrainte et un trouble pour les autres, ces opinions relevant à mes yeux de la sphère privée.  Je privilégie ce mode institutionnel d’organisation des sociétés qui favorise les appartenances multiples et qu’on appelle le fédéralisme.

J’aspire à un monde différent, fondé sur des pratiques  qui interdisent l’exploitation de l’homme par l’homme, où la liberté est inséparable de la solidarité, où le rapport entre les humains et la nature cesse d’être antagoniste. Et qu’on ne vienne pas me dire que c’est le cas de tout le monde !

Je suis animé par une conviction absolue, c’est que la fin se trouve déjà dans les moyens. C’est pourquoi, je privilégie les formes non-violentes de la révolte légitime qu’appelle le système qui nous est imposé.

Ce blog est destiné à en débattre. Pas à s’invectiver.

 

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19 Nov 2008

 Il n’est pas difficile de comprendre la satisfaction que ressentent bien des gens lorsqu’ils apprennent qu’une personnalité du PS quitte ce parti sur une posture de gauche. Une telle démarche a été attendue depuis si longtemps, surtout s’agissant d’un acteur politique exprimant avec talent les valeurs de gauche, qu’elle suscite une sorte d’engouement. Enfin ! pensent beaucoup. Et cela les comble, tant les postures suffisent, aujourd’hui, à emporter les adhésions.

« Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas » aurait dit Voltaire. On ne fera donc pas grief à Mélenchon d’avoir changé, même si, en dépit de sa marginalité au sein du PS, il a avalé toutes les couleuvres néolibérales de ce parti depuis 1983, y compris la synthèse du Mans qui effaçait le « non » de gauche au TCE dont, pourtant, il fut un défenseur éloquent. On le fera d’autant moins que son geste contribue à désacraliser une des pires dérives de la gauche : la primauté du parti sur ses raisons d’être. Le culte quasi religieux du parti, entretenu par quasiment toutes les églises de la gauche, inspirées par Lénine ou par Blum, explique pour une grande part que furent acceptées toutes les dérives, staliniennes, social-démocrates ou néolibérales. Je me réjouis de voir le NPA inscrire dans son texte fondateur qu’un parti politique n’est pas une fin en soi, mais seulement un outil pour réaliser des objectifs.

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31 Mai 2006

 
Conférence de presse au Parlement européen (Bruxelles)

Non à une zone de libre-échange euro-américaine !

Intervention de Raoul Marc JENNAR au nom de la Fondation Copernic et de l’URFIG (France)

1. rappel historique

C’est sur recommandation du TransAtlantic Business Dialogue (TABD) et à l’initiative du Commissaire au commerce international Leon Brittan que l’idée d’un « nouveau marché transatlantique » (NMT) est lancée par le biais d’une communication de la Commission le 11 mars 1998.

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