05 Sep 2011

Des commentaires récents à un texte posté sur ce blog remettent en cause le clivage gauche/droite qui, selon leurs auteurs, serait daté, obsolète. Il ne correspondrait plus aux réalités de notre temps où, nul ne peut le contester, on voit des acteurs politiques (soutenus par des intellectuels) étiquetés à gauche promouvoir et, quand ils sont en capacité, mettre en oeuvre des choix qui appartiennent incontestablement aux options de la droite en ce qu’elles sont celles du monde des affaires et de la finance. Ce fut manifeste sous les gouvernements socialistes, à partir de 1983. C’est encore le cas des principaux candidats aux primaires du PS qui proposent un socialisme d’accompagnement d’un capitalisme plus débridé que jamais.

Faut-il dès lors abandonner ce clivage gauche/droite ? Au motif que des acteurs politiques qui se disent de gauche alors qu’ils adhèrent à ce que la gauche est censée combattre, faut-il renoncer à ce mot pour désigner une orientation, des valeurs et des principes ? Je livre des éléments de réflexion forcément incomplets. D’abord parce que je ne dispose pas ici, au Cambodge, des références et des notes personnelles que je voudrais consulter. Ensuite et surtout, parce que je n’ai pas la prétention de fournir ici et maintenant un texte que je pourrais considérer comme définitif.

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01 Avr 2011

 

Un rapport parlementaire sur les « modes de financement et de gouvernance des associations de protection de la nature et de l’environnement», cité par le quotidien Libération (16 février 2011), relève notamment ce qui suit :

« La composition du conseil d’administration de la fondation Nicolas Hulot pose d’autres questions. Trois entreprises y occupent un siège : TF1, EDF et L’Oréal. Ceci ne pose, en soi, aucune difficulté: le mécénat de puissantes sociétés en faveur de l’environnement doit être accueilli comme un moyen supplémentaire d’action. Néanmoins, les activités particulières de ces groupes semblent problématiques sans les dimensions environnementales. EDF est une entreprise de pointe dans le secteur nucléaire. Quant à L’Oréal, elle est classée parmi les groupes de cosmétiques dont les produits font l’objet de test sur les animaux, au grand désarroi des opposants à la vivisection. Dès lors, comment interpréter, par exemple, la position très mesurée de Nicolas Hulot sur l’énergie nucléaire ? Quel poids donner à sa parole sur les activités principales de ses deux administrateurs, dont vos rapporteurs ont appris que l’un d’eux finance la fondation à hauteur de 10 % de ses ressources »

On n’est pas crédible quand on défend l’écologie avec l’argent de ceux qui détruisent les écosystèmes.

Les pollueurs font aussi du fric avec la dépolution. Pourquoi cesseraient-ils de polluer ?

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08 Fév 2011

Après les élections européennes où le NPA a connu une cuisante défaite, l’unité de la gauche de gauche semblait à l’ordre du jour au sein du parti. A la veille des élections régionales, des initiatives heureuses avaient été prises. Mais en fin de parcours, les vieux réflexes ont repris le dessus et le NPA est allé seul aux élections campé dans sa pureté doctrinale et stratégique. Certes, les partenaires possibles n’ont pas toujours facilité le rassemblement, loin de là. Mais qui a dit que l’unité serait un long fleuve tranquille ?

Et pourtant, le calcul de ce qu’aurait donné l’unité aux européennes aurait du faire réfléchir : les Le Pen père et fille n’auraient pas été élus, la gauche de gauche française aurait représenté à elle seule (sans compter ses partenaires dans d’autres pays) un poids significatif. Et pourtant, le Limousin a offert le superbe exemple, aux directions nationales du NPA comme du PCF, que loyauté et unité sont possibles entre partenaires de cultures politiques différentes.

Je n’oublie pas que j’ai défendu à la veille des européennes la position du NPA et que je l’ai portée pendant la campagne. Ce fut pour moi l’occasion de vérifier notre erreur et donc la mienne. J’en ai tiré les conclusions qui s’imposaient.

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28 Jan 2011

On savait que, contrairement au discours convenu, le capitalisme ne contribue pas à l’émergence démocratique (voir l’Espagne de Franco, le Chili de Pinochet, la Chine d’aujourd’hui, …). Le totalitarisme, qu’elle que soit la couleur qu’il arbore, n’est pas soluble dans le capitalisme. On vient d’en avoir la plus indécente illustration avec la décision des agences de notation de déclasser la Tunisie suite à la révolution démocratique qui vient de mettre fin à la dictature Ben Ali. Cette obscénité est pourtant passée sous silence y compris dans les réseaux sociaux. Elle est pourtant symbolique d’un système : ce sont les marchés qui déclassent les aspirations démocratiques. La liberté et la justice ne sont pas rentables.

Indignons-nous et, ici, en France, chassons les acteurs de ce système et les politiques qui, de l’UMP au FN, mais aussi au PS, les soutiennent. Ni Sarkozy, ni Sarkorose!

rmj

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04 Juin 2010

Entretien de Emmanuel Lévy, Marianne2, 8 mars 2010  vendredi 12 mars 2010,

avec Frédéric Lordon :

Emmanuel Lévy : Dans un long papier paru dans le Monde Diplomatique vous préconisez la fermeture de la Bourse. Est-ce vos options politiques de dangereux gauchiste désireux de couper des têtes, ou vos motivations s’inspirent-elles d’une argumentation compatible avec un monde capitaliste ?

Les idéologues libéraux, qui ont l’amnésie intéressée, voudraient faire oublier cette période du fordisme dans laquelle la finance a été cadenassée, la Bourse inexistante… et la croissance étincelante. Or que je sache, le fordisme, ça n’était pas le Gosplan ni les soviets mais bien le capitalisme. Mais la vraie réponse à cette question est ailleurs. Elle consiste à dire que, dans la logique même des entreprises d’aujourd’hui, la Bourse est une aberration : 1) les entreprises vont moins s’approvisionner en capital à la Bourse qu’elles n’y vont s’en faire dépouiller, puisque ce que les actionnaires leur extorquent (en dividendes et en rachat d’actions) finit par l’emporter sur ce qu’ils leur apportent, de sorte que ce n’est plus la Bourse qui finance les entreprises mais les entreprises qui financent la Bourse ! ; 2) la contrainte actionnariale censure une part de plus en plus importante de l’investissement en écartant les projets jugés insuffisamment rentables (et l’«insuffisance » commence à 10 % voire 15 %…), par conséquent la Bourse est un frein au développement économique ; 3) les entreprises sont soumises par l’actionnaire à des contraintes de gestion (modes managériales successives, court-termisme…) incompatibles avec la conduite de moyen-long terme de projets industriels ; 4) et le comble du paradoxe est atteint lorsque les actionnaires finalement découragent eux-mêmes le financement par action puisque les nouvelles émissions ont des propriétés dilutives…

Mais la Bourse s’est imposée dans le paysage, tout comme la météo ?

C’est là typiquement le genre d’énoncé qui offre un concentré pur de l’idéologie néolibérale : la naturalisation des faits sociaux. Alain Minc n’est pas capable de bâtir un « argument » économique sans invoquer la loi de la pesanteur. Or la Bourse est une forme institutionnelle, elle n’est pas sortie du cul d’une poule ni tombée du ciel. Elle a été faite de main d’homme. Par conséquent elle peut être défaite s’il apparaît qu’on y a plus d’avantages que d’inconvénients — ce qui me semble notoirement le cas. Il y a eu un moment où on s’est dit que l’institution « monarchie de droit divin » était pénible. Elle a fini dans le même panier que la tête du roi et depuis ça va mieux. On pourrait dire cependant que c’est bien la loi de la pesanteur qui a fait tomber le couteau de la guillotine… Mutatis mutandis bien sûr — on n’est pas des sauvages — il se pourrait, vu sous cet angle, que MM. Minc & Co découvrent un jour un aspect de la loi de la pesanteur qui ne leur était pas apparu.

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01 Juin 2010

Dans ses livres qui ont marqué l’opinion, Jean Ziegler n’a cessé de dénoncer le caractère absurde et criminel des politiques du capitalisme envers les peuples du tiers monde. Il a été le rapporteur spécial pour le droit à l’alimentation du Conseil des droits de l’homme aux Nations unies de 2000 à 2008. Michel Collon l’a interrogé à Genève sur la crise, la Bourse, la faim, Obama, Israël… 

La crise t’a surpris ?
Dans sa violence, oui. Je ne pensais pas que les truands de la finance allaient ruiner l’économie mondiale à une telle vitesse : 1.800 milliards de valeurs patrimoniales ont été détruites. Pour les pays du tiers-monde, c’est une catastrophe totale. Mais aussi pour les pays industrialisés.

Ce sont encore les pauvres qui paient ?
Oui. Le 22 octobre 2008, les quinze pays de l’euro se sont réunis à Paris. Sur le perron de l’Elysée, Merkel et Sarkozy ont dit : « Nous avons libéré 1.500 milliards d’euro  pour le crédit et pour  augmenter le  plafond d’autofinancement de 3 à 5% ». La même année, les mêmes pays européens ont réduit leurs subventions pour le programme alimentaire mondial (qui ne vit que de ces subventions) de 40 %. De six milliards de dollars à moins de quatre milliards. 
Ce qui fait qu’au Bangladesh, on a supprimé les repas scolaires. Un million d’enfants  sont gravement et en permanence sous-alimentés. Ces enfants meurent donc à cause des gangsters de la Bourse. Il y a là des morts véridiques. Les spéculateurs, aujourd’hui, devraient être jugés au tribunal de Nuremberg.

Quelle leçon les puissants ont-ils tiré de la crise ?

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30 Mai 2010

 

Voici le lien :

http://www.france.attac.org/spip.php?rubrique1178

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