04 Jan 2017

Sur ces trois questions, à la demande du site « la sociale » (http://la-sociale.viabloga.com), j’ai rédigé un texte destiné à susciter un débat sur la question de l’Europe. Ce texte reflète l’état présent d’une réflexion personnelle qui a connu un grand tournant en mai 2015 lorsque, dans un article marquant le dixième anniversaire du « non » de gauche au TCE, j’ai exprimé ma conviction que l’UE n’est pas réformable.

Mon analyse des grands mouvements qui sont à l’oeuvre sur la planète depuis les années 80 m’a conduit à insérer cette réflexion sur l’UE dans le cadre plus global d’une offensive généralisée contre l’Etat dont le seul bénéficiaire est le secteur privé. « Réduire le périmètre de l’Etat » est devenu l’objectif de tous les libéraux, ceux de droite, bien entendu, et ceux qui se cachent derrière un vocabulaire de gauche. Pour réaliser cet objectif, l’UE est, pour ce qui concerne les peuples d’Europe, l’instrument privilégié.

***

L’Europe, c’est d’abord et avant tout un ensemble de peuples qui vivent depuis des siècles sur de vastes étendues à l’ouest de la Russie, de la Mer Noire et de la Mer Egée jusqu’aux rives de l’Atlantique. Née de l’empire romain, sa matrice commune plus vaste qu’elle-même, l’Europe est un héritage commun qui a généré des valeurs diversement partagées et respectées à travers un ensemble de nations, fières de leur passé, de leurs traditions, de leur culture, de leur langue, de leurs différences. Ces valeurs ont rayonné au point d’imprégner profondément d’autres peuples hors du périmètre européen. Constituées en Etats qui se sont affrontés pour des ambitions territoriales ou des rivalités religieuses, ces nations ont survécu à travers les siècles aux pires vicissitudes et même aux terribles déflagrations du XXe siècle.

Elles sont aujourd’hui menacées comme jamais elles ne l’ont été. Non par la guerre, mais par une monstruosité technocratique au service d’une idéologie libre-échangiste qui a nom « Union européenne ». L’UE n’est pas l’Europe. C’est même la négation de ce que le meilleur de l’Europe a pu proposer au monde. Lire la suite »

\\ Mots Clés : , ,

31 Jan 2012

Je récuse d’emblée toute accusation de germanophobie. Un qualificatif trop vite jeté à la figure de ceux qui n’oublient pas l’Histoire. Il y a une Allemagne que nous aimons, celle de Rosa Luxemburg, de Willy Brandt, d’Oskar Lafontaine, celle de Ludwig van Beethoven, de Bertolt Brecht, de Günther Grass, d’Hans-Magnus Enzensberger, de Jürgen Habermas. Mais il y a aussi une Allemagne de droite qui, aujourd’hui comme hier, porte en elle la conviction de la supériorité de l’Allemagne et du modèle allemand, quel qu’il soit.

Comme je l’ai écrit à de multiples reprises, je désire plus que tout la paix et l’union entre les peuples d’Europe. Le rêve des Etats-Unis d’Europe de Victor Hugo est le mien.

Mais je réclame le droit de dénoncer les dérives de ce qui s’appelle erronément la « construction européenne » comme je l’ai fait dans mes livres et articles et lors des dizaines de conférences que j’ai présentées depuis 2004.

Lire la suite »

\\ Mots Clés : , , , , ,

29 Mai 2011

Il y a six ans, le peuple français – massivement le peuple de gauche –  rejetait le « traité établissant une Constitution pour l’Europe ». Pendant les longs mois qui avaient précédé le référendum, en fait depuis octobre 2004 et « l’appel des 200 », peu à peu le peuple s’était réapproprié son destin.

Comme on l’a vu rarement dans le passé,  on a assisté à un intense travail de prise de connaissance et d’analyse du texte proposé – en fait, la collection des différents traités européens adoptés depuis 1957 auxquels s’ajoutaient de nouvelles dispositions.

Lire la suite »

\\ Mots Clés : , , , ,

10 Mar 2011

 

A lire : les réalités du pouvoir pontifical sur la vie politique italienne et les projets de reconquête de l’emprise vaticane sur l’Europe dans le livre de Martine Nouaille, Benedetto, roi d’Italie. Chroniques d’un pays à l’ombre du Vatican, Editions Stock.

\\ Mots Clés : , , ,

08 Fév 2011

Finance Watch souhaite devenir un vrai pôle européen d’expertise, de communication et de lobbying pour faire contre-poids aux banques. A l’origine de cette initiative en lançant un appel pour constituer un « Greenpeace de la finance », Pascal Canfin (Europe Ecologie) est revenu pour Touteleurope.eu sur les raisons de la création de cette organisation.

Touteleurope.eu: Quelle va être la mission de Finance Watch?

Pascal Canfin: La mission de cette ONG sera triple. Tout d’abord, elle doit assurer une contre-expertise en matière de réglementation bancaire et financière, puis mettre en place un contre-lobbying. Le lobbying est un métier particulier qui consiste à aller peser sur les décideurs publics. Les industriels le font mais personne dans la société civile n’est présent sur ce champs bancaire et financier.

Lire la suite »

\\ Mots Clés : , ,

27 Oct 2010

Bonjour à toutes et à tous,

Comme vous avez pu le constater, je redonne peu à peu vie à cet outil d’information et d’échanges. Je suis en effet rentré il y a peu en France après un séjour d’un an au Cambodge où j’ai travaillé comme conseiller du gouvernement sur les questions de frontières (le sujet de ma thèse doctorale).

Grâce à Internet et à TV5 (une des meilleures chaînes publiques pour la qualité des infos), j’ai essayé de rester informé de ce qui se passe en France. Et les odeurs qui me sont parvenues étaient nauséabondes : racisme d’Etat, corruption des élites dirigeantes, instrumentalisation de la Justice, déclin de l’Etat de droit, discriminations en tous genres, affaiblissements répétés de la santé publique et de l’école publique, poursuite des privatisations, poursuite de la régression sociale et de la casse des acquis sociaux. L’injustice comme modèle de société.

Avec, en face, un PS dont on ne sait qui il faut écouter pour connaître sa position, dominé par ses libéraux, incapable d’offrir une alternative authentique à un système qui se renforce chaque jour du chacun pour soi, de la concurrence de tous contre tous, du déclin de l’intérêt général.

Au sens où Jaurès entendait le mot, le socialisme n’est plus défendu en France.

Lire la suite »

\\ Mots Clés : , , , , , ,

02 Juin 2010

L’attaque de la flottille par les militaires israéliens constitue un crime de guerre qui engage la responsabilité pénale de ses auteurs, et qui doit être jugée.

 Gilles Devers, avocat, sur son blogue : http://lesactualitesdudroit.20minutes-blogs.fr/r

 1 juin 2010

 La population de Gaza, victime de crime contre l’humanité

 Une violation jamais connue de la IV° Convention de Genève. L’attitude de l’Etat d’Israël vis-à-vis du territoire palestinien de Gaza s’analyse dans la durée comme une violation, à un niveau jamais atteint, du droit international. En droit international humanitaire, l’occupation est acceptée comme un état temporaire, le temps nécessaire à la recherche de la paix. Mais, rien en droit ne peut justifier une occupation de plus 43 ans, sauf la volonté de laminer l’adversaire. C’est que fait Israël, devenu un lieu de culture de l’apartheid. Et alors qu’au titre de la IV° Convention de Genève, la puissance occupante doit la protection à la population, Israël a imposé aux Palestiniens, fait unique dans l’histoire, un blocus économique, qui constitue une punition collective. Enfin, Israël a conduit l’opération militaire Plomb Durci en décembre 2008 – janvier 2009 sur cette population qui n’avait la possibilité ni de se protéger, ni de fuir, et le blocus a été maintenu empêchant l’organisation des secours. Début 2010, l’OMS a démontré que la réponse à des besoins primaires de santé est devenue impossible. 

Territoires occupés ? Non, processus de colonisation. Aussi, il ne suffit pas de parler de territoires occupés. L’occupation est devenue une politique de colonisation, à savoir l’annexion de territoires et de richesses par la force, accompagnée de punitions collectives, ce qui constituent des crimes contre l’humanité au sens de la IV° Convention de Genève et du Statut de la Cour Pénale Internationale. L’opération militaire sanglante conduite le 31 mai s’inscrit dans ce contexte. 

 Une question de principe, et pas de disproportion

 Déjà, les explications des braves fusent de tous cotés : l’attaque a été disproportionnée ! Il en ont trop fait ! Il nous faut une enquête ! Non, avant d’ouvrir l’enquête, il faut dire l’évidence : c’est un crime de guerre car l’attaque a eu lieu dans les eaux internationales, et la flottille n’est pas partie au conflit armé. L’enquête est nécessaire, mais pour les circonstances aggravantes de violence. Soutenir que l’enquête est nécessaire pour savoir s’il y a un crime de guerre est une injure faite aux victimes. 

 Cela résulte de trois constats juridiques. 

  Lire la suite »

\\ Mots Clés : , , , , , , , , ,