08 Fév 2012

Nous sommes convaincus que les peuples d’Europe ont en partage non seulement le désir de vivre en paix, mais aussi une conception commune du rôle de la puissance publique qui concilie solidarité collective et liberté individuelle. Nous tirons cette conviction du désenchantement général, voire de la colère que provoquent les orientations de l’Union européenne et qui se traduit par l’abstention et des dérives identitaires et nationalistes.

En 2005, les peuples de France et des Pays-Bas ont fait le choix de dire « non » à la poursuite et à la consolidation d’un projet d’intégration européenne qui se traduit par un formidable recul démocratique, un démantèlement des politiques de solidarité (droit du travail, services publics), une dérégulation systématique en vue de soumettre l’intérêt général à la toute puissance du monde des affaires et de la finance. Au-delà des discours trompeurs formulés depuis 1957, l’Union européenne nous est apparue sous son vrai jour : une entreprise voulue par le patronat pour reconquérir, par la voie supranationale, tout ce qu’il avait dû concéder depuis des décennies et en particulier à partir 1945 au niveau de chaque Etat. Nous avons dit non à cette Europe-là et ce « non » fut massivement un « non » de gauche : 80 % des ouvriers, 67% des employés, 71% des chômeurs, 56% des électeurs PS et 60% des électeurs des Verts se sont opposés au TCE.

Depuis, les analyses qui ont justifié notre « non » ont montré leur pertinence avec une acuité accrue. En particulier avec la crise qui a débuté en 2008. Nous avons eu mille fois raison de dénoncer les dérégulations, le primat du marché et de la concurrence, le statut et les missions de la Banque Centrale Européenne, l’opacité de la Commission européenne. Nos mises en garde se sont révélées dramatiquement prémonitoires pour des millions de femmes et d’hommes qui ne vivent que de leur travail.

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14 Sep 2011

Le Mouvement politique d’éducation populaire (M’PEP) interpelle le Front de Gauche sur le volet européen de son programme. Un volet majeur puisqu’on le sait, le droit communautaire conditionne quasiment tous les aspects des politiques nationales au point qu’en fait, chaque chapitre d’un programme politique global devrait être assorti d’un volet européen. Cette interpellation du M’PEP ne manque pas de pertinence.

A juste titre, il observe que la plupart des propositions avancées dans le programme du Front de Gauche ne peuvent devenir des réalités qu’avec l’accord des 26 autres Etats membres de l’Union européenne et que de très nombreuses réformes au niveau national se heurteraient au gardien de la prééminence des traités européens sur le droit national, c’est-à-dire le Conseil constitutionnel, que l’opposition ne manquerait pas de saisir.

A juste titre, il observe que le traité de Lisbonne et la Constitution de la Ve République ne sont pas compatibles avec les politiques présentées par le Front de Gauche.

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22 Juin 2011

Extraits d’un entretien publié dans L’Humanité du 21 juin

Face à Sarkozy, que porte d’original à gauche le Front de gauche ?

Jean-Luc Mélenchon. Il est le seul à porter l’ambition de regrouper une majorité pour gouverner la France sur un programme de radicalité concrète, sociale, écologique et républicaine. Il est le seul à appeler à une implication populaire forte à travers des assemblées citoyennes. Et il s’en donne les moyens : le Front de gauche incarne l’unité, comme va le confirmer dans les jours à venir son élargissement à plusieurs mouvements politiques.

Le Front de gauche peut-il forcer le passage face au vote utile qui se profile ?

Jean-Luc Mélenchon. C’est tout l’enjeu de la bataille. Personne ne peut en prédire l’issue. Nos idées sont en phase avec l’exaspération sans précédent que provoque la mise en coupe réglée des sociétés par les intérêts financiers. Dans la campagne, notre objectif sera de montrer que le peuple peut reprendre le pouvoir que l’oligarchie lui a confisqué. Si nous y parvenons, tout est possible. Nous sommes le vote utile pour le grand nombre. Les autres votes sont des votes de résignation ou d’accompagnement de la crise en cours.

Le débat est ouvert au sein du Front de gauche pour qu’il trouve sa voie dans son élargissement. Quelle est votre opinion ?

Jean-Luc Mélenchon. Cet élargissement est en train de se réaliser avec l’entrée de nouvelles organisations. J’invite maintenant tous ceux qui nous regardaient avec intérêt, mais hésitaient en se demandant si nous étions capables de continuer ensemble à franchir le pas, à venir participer à notre campagne. Surtout, j’appelle chaque personne qui se sent concernée par notre action à s’y impliquer elle-même à son rythme et avec ses méthodes. Face aux millions d’euros que les autres vont mobiliser pour faire campagne, notre grande force est celle qui vient du terrain, c’est notre nombre, notre savoir-faire, notre intimité avec notre peuple.

Entretien réalisé par Mina Kaci


 

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10 Juin 2011

Pour une dynamique populaire du Front de gauche : engageons nos énergies citoyennes

Il faut chasser la droite du pouvoir en 2012. Massivement présente dans les mobilisations contre la réforme des retraites, cette exigence lance à la gauche un défi auquel elle ne peut se dérober : elle doit se rassembler pour lutter contre les effets de la crise dans laquelle nous plonge un capitalisme dépassé par sa propre cupidité et son aveuglement, et ouvrir une véritable alternative politique.

Ce ne sera pas facile. La désespérance et la colère ont creusé un fossé profond entre les couches populaires et la gauche, nourrissant l’abstention et la protestation sans perspectives politiques. Impossible de surmonter cet obstacle sans s’engager sur des mesures qui s’attaquent énergiquement à l’accumulation des richesses et des pouvoirs entre les mains de quelques uns et restaurent concrètement les valeurs de liberté, d’égalité, de solidarité et de justice sociale.

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21 Fév 2011

par

Philippe Marlière, Rue 89, 18 février 2011

Il y a deux ans, Philippe Marlière, maître de conférences en science politique à l’University College London, qui a beaucoup nourri l’argumentaire contre le traité constitutionnel européen, qui s’est beaucoup interrogé dans ses livres sur la social-démocratie, avait écrit à Martine Aubry pour expliquer pourquoi il quittait le PS pour rejoindre le NPA. J’avais alors publié sa lettre. Il me semble normal que je reproduise l’article qu’il vient de publier sur Rue 89 pour expliquer pourquoi il quitte le NPA. Je partage l’essentiel de ce qu’il exprime.

Comme tant d’autres camarades, je quitte le Nouveau Parti anticapitaliste sur la pointe des pieds. Je ne regrette pourtant pas de l’avoir rejoint il y a deux ans. Le NPA souhaitait se donner les moyens d’en finir avec l’hégémonie à gauche d’un Parti socialiste qui n’a tiré aucune leçon de la crise du capitalisme et qui vient de se rallier aux institutions monarchiques de la Ve République.

Le nouveau parti semblait le mieux placé pour rassembler une gauche de gauche, plurielle et unitaire. Il apparaissait le plus résolu dans son combat anticapitaliste, le plus à même de susciter un espoir dans les milieux populaires et chez les jeunes. L’objectif était ambitieux, aléatoire, mais réalisable.

Le « pari du grand parti » de la gauche anticapitaliste a, selon moi, spectaculairement échoué.

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14 Fév 2011

Le NPA, c’est fini. Il ne reste sous cette étiquette que la vieille LCR lénino-trotskiste avec son arrogance, son sectarisme, son dogmatisme. Triste échec d’une belle espérance ! Mais aussi terrible irresponsabilité de militants qui prétendent se préoccuper par priorité des plus faibles, des victimes de l’exploitation capitaliste. Avec une morgue qui est un aveu, ils ont fait, lors de ce congrès-enterrement, la démonstration de leur mépris pour celles et ceux qui souffrent et qui n’en peuvent plus d’attendre des changements qui ne viennent pas.

Quant à nous, les déçus et les trompés de cette pénible expérience, ce qui nous importe, c’est l’absolue nécessité et l’urgence d’une vraie alternative. Nous ne crachons pas avec dédain sur le suffrage universel qui offre à nos yeux, conjugué à une pression populaire pacifique, la seule voie vers cette alternative.

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08 Fév 2011

Après les élections européennes où le NPA a connu une cuisante défaite, l’unité de la gauche de gauche semblait à l’ordre du jour au sein du parti. A la veille des élections régionales, des initiatives heureuses avaient été prises. Mais en fin de parcours, les vieux réflexes ont repris le dessus et le NPA est allé seul aux élections campé dans sa pureté doctrinale et stratégique. Certes, les partenaires possibles n’ont pas toujours facilité le rassemblement, loin de là. Mais qui a dit que l’unité serait un long fleuve tranquille ?

Et pourtant, le calcul de ce qu’aurait donné l’unité aux européennes aurait du faire réfléchir : les Le Pen père et fille n’auraient pas été élus, la gauche de gauche française aurait représenté à elle seule (sans compter ses partenaires dans d’autres pays) un poids significatif. Et pourtant, le Limousin a offert le superbe exemple, aux directions nationales du NPA comme du PCF, que loyauté et unité sont possibles entre partenaires de cultures politiques différentes.

Je n’oublie pas que j’ai défendu à la veille des européennes la position du NPA et que je l’ai portée pendant la campagne. Ce fut pour moi l’occasion de vérifier notre erreur et donc la mienne. J’en ai tiré les conclusions qui s’imposaient.

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