24 Avr 2017

19,2%, 7.011.856 voix (provisoirement), quel beau résultat !

Surtout, si on pense à la campagne de désinformation systématique menée par l’essentiel des médias, campagne relayée par presque tous les autres candidats. Un homme de talent et de cœur, un authentique humaniste en phase avec son temps et les défis auxquels l’humanité est confrontée a emporté la conviction de bien des scepticismes et a suscité des adhésions enthousiastes et une nouvelle confiance dans l’engagement politique. Cette campagne n’a pourtant pas atteint son objectif, le deuxième tour. Quel dommage !

Les gens dont toute la vie fut guidée par les idéaux de gauche, peu importe dans quel cadre partisan ils ont inscrit leur engagement, savent, comme le disait le grand Jaurès, que « L’Histoire enseigne aux hommes la difficulté des grandes tâches et la lenteur des accomplissements, mais elle justifie l’indicible espoir. » Comme me l’écrivait un ami, cette nuit : « on continue ».

Et c’est à la lumière de cette détermination, qu’il faut se tourner vers l’avenir non sans porter un regard lucide sur les raisons de cet échec. Lire la suite »

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07 Mar 2012

(S’)OCCUPER (DE) LA GAUCHE, OU L’IGNORER ?

Christophe Aguiton et Nicolas Haeringer

La Découverte | Mouvements 2012/1 – n° 69

pages 116 à 127 ISSN 1291-6412

Article disponible en ligne à l’adresse:

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http://www.cairn.info/revue-mouvements-2012-1-page-116.htm

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Pour citer cet article :

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Aguiton Christophe et Haeringer Nicolas, « (S’)occuper (de) la gauche, ou l’ignorer ? », Mouvements, 2012/1 n° 69, p. 116-127. DOI : 10.3917/mouv.069.0116

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31 Jan 2012

Je récuse d’emblée toute accusation de germanophobie. Un qualificatif trop vite jeté à la figure de ceux qui n’oublient pas l’Histoire. Il y a une Allemagne que nous aimons, celle de Rosa Luxemburg, de Willy Brandt, d’Oskar Lafontaine, celle de Ludwig van Beethoven, de Bertolt Brecht, de Günther Grass, d’Hans-Magnus Enzensberger, de Jürgen Habermas. Mais il y a aussi une Allemagne de droite qui, aujourd’hui comme hier, porte en elle la conviction de la supériorité de l’Allemagne et du modèle allemand, quel qu’il soit.

Comme je l’ai écrit à de multiples reprises, je désire plus que tout la paix et l’union entre les peuples d’Europe. Le rêve des Etats-Unis d’Europe de Victor Hugo est le mien.

Mais je réclame le droit de dénoncer les dérives de ce qui s’appelle erronément la « construction européenne » comme je l’ai fait dans mes livres et articles et lors des dizaines de conférences que j’ai présentées depuis 2004.

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05 Sep 2011

Des commentaires récents à un texte posté sur ce blog remettent en cause le clivage gauche/droite qui, selon leurs auteurs, serait daté, obsolète. Il ne correspondrait plus aux réalités de notre temps où, nul ne peut le contester, on voit des acteurs politiques (soutenus par des intellectuels) étiquetés à gauche promouvoir et, quand ils sont en capacité, mettre en oeuvre des choix qui appartiennent incontestablement aux options de la droite en ce qu’elles sont celles du monde des affaires et de la finance. Ce fut manifeste sous les gouvernements socialistes, à partir de 1983. C’est encore le cas des principaux candidats aux primaires du PS qui proposent un socialisme d’accompagnement d’un capitalisme plus débridé que jamais.

Faut-il dès lors abandonner ce clivage gauche/droite ? Au motif que des acteurs politiques qui se disent de gauche alors qu’ils adhèrent à ce que la gauche est censée combattre, faut-il renoncer à ce mot pour désigner une orientation, des valeurs et des principes ? Je livre des éléments de réflexion forcément incomplets. D’abord parce que je ne dispose pas ici, au Cambodge, des références et des notes personnelles que je voudrais consulter. Ensuite et surtout, parce que je n’ai pas la prétention de fournir ici et maintenant un texte que je pourrais considérer comme définitif.

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29 Mai 2011

Il y a six ans, le peuple français – massivement le peuple de gauche –  rejetait le « traité établissant une Constitution pour l’Europe ». Pendant les longs mois qui avaient précédé le référendum, en fait depuis octobre 2004 et « l’appel des 200 », peu à peu le peuple s’était réapproprié son destin.

Comme on l’a vu rarement dans le passé,  on a assisté à un intense travail de prise de connaissance et d’analyse du texte proposé – en fait, la collection des différents traités européens adoptés depuis 1957 auxquels s’ajoutaient de nouvelles dispositions.

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25 Mai 2011

Bonjour,

Après mon départ du NPA, de bons esprits, incapables de comprendre ma volonté de redevenir ce que je n’aurais jamais du cesser d’être – un intellectuel engagé mais libre – ont  gentiment annoncé que j’allais passer au PG. Pour des raisons alimentaires, de surcroît ! Je ne suis toujours pas au PG, même si j’apprécie beaucoup  – mais pas tout – de la démarche de Jean-Luc Mélenchon. Mais l’incapacité du Front de Gauche à s’ouvrir aux Alternatifs, à la FASE, à tous les unitaires à la gauche du PS me consterne. Et ma liberté m’incite à regarder partout où le renouveau socialiste espéré lors de la création du NPA semble poindre.

Il y a peu, j’ai lu le livre d’Arnaud Montebourg « Des idées et des rêves ».  Ce livre m’a beaucoup plu parce qu’il reprend des thèmes chers au mouvement altermondialiste et en particulier à Walden Bello, un universitaire philippin qui analyse la mondialisation néolibérale comme un phénomène nuisible qui frappe également le Nord et le Sud. Mais aussi un militant très actif du réseau « Notre monde n’est pas à vendre » que j’ai côtoyé à de multiples reprises.  Il m’a plu aussi parce que chaque chapitre se termine par une série de propositions concrètes.

Incontestablement, Montebourg, dont je ne n’oublie pas ses campagnes pour une VIe République bien avant l’arrivée de l’actuel occupant de l’Elysée et  contre les paradis fiscaux bien avant la crise de 2008, tranche avec la direction du PS et cette génération des Fabius, Aubry/Delors, Hollande, Royal, Moscovici, etc. qui a renié le socialisme. Force est de constater qu’aucune des idées novatrices de Montebourg n’est reprise dans le projet du PS, ni sur la VIe République, ni sur le capitalisme, ni sur l’écologie.

Mélenchon, Montebourg. Voilà deux acteurs politiques que j’aimerais voir ensemble. Voici un entretien de Montebourg dans Libé d’hier.

Hollande et Aubry nous ont fait perdre en 2002″

Député et président du conseil général de Saône-et-Loire, Arnaud Montebourg analyse les conséquences pour le PS de «l’affaire DSK», défend sa candidature «définitive» à la primaire du PS contre les candidats du système Hollande et Aubry et détaille son projet de «démondialisation», auquel il consacre un livre (1) qui sort demain.

Que change le forfait de DSK pour le Parti socialiste et pour vous ?

Ça ouvre le jeu. Je n’exclus pas, pour ma part, puisque ma candidature est définitive, d’être au deuxième tour de la primaire. L’élimination de Dominique Strauss-Kahn est une affaire judiciaire d’ordre personnel. Elle ne peut pas avoir de conséquences politiques.

Il ne faut pas suspendre la primaire ?

Nous avons à retrouver la confiance avec les Français. La primaire a cet objectif en les associant au choix. Il est hors de question de déconstruire ce que nous avons patiemment construit dans le cadre de ces retrouvailles.

Vous publiez ce livre à un mois du dépôt officiel des candidatures. Est-ce pour relancer votre campagne ?

Je ne suis pas écrivain, je suis un acteur politique. Mon livre est un outil de campagne. Les médias ont le nez sur les sondages, mais les Français se cherchent un avenir, le chemin qu’ils veulent donner à notre pays et la place qu’ils y trouveront. Le débat de la primaire doit être un débat d’orientation. Les derniers événements liés à la crise réclament un renouvellement profond de nos choix. La preuve en est ce qui se passe en Espagne (lire pages 4 à 6) où les socialistes qui accompagnent les marchés sont considérés comme étant inutiles ou identiques à la droite.

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15 Nov 2010

Par Benoit Schneckenburger

C’est devenu un lieu commun du commentaire des politologues : dès qu’un mouvement ou un porte parole déroge aux règles du consensus, on le qualifie de populiste. Mais les mots traduisent autant l’intention de celui qui les prononce qu’ils sont le signe de ce qu’ils sont censés décrire. Marx appelle cela l’idéologie.

Du côté des choses, « populisme » ne renvoie à aucune réalité uniforme : parti du peuple américain au XIX° siècle qui voulait défendre les intérêts des petits paysans ; courant russe de socialisme ; expériences très diverses de gouvernements et de mouvements sociaux en Amérique latine ; mode référendaire en Suisse ; en France Le Pen, Tapie, Mélenchon, tous dans le même sac. Du côté de l’intention, on remarque un très net infléchissement entre l’usage péjoratif qui en est fait et son sens littéral, donné par le Larousse : « attitude politique consistant à se réclamer du peuple, de ses aspirations profondes, de sa défense contre les divers torts qui lui sont faits. »

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