19 Juil 2011

Alain Ruscio, historien

Je voterais Jean Jaurès… si j’en avais la possibilité. Les bons manieurs de la langue française savent que le conditionnel s’accompagne d’un “s“ final à la première personne du singulier des verbes du premier groupe… et que ce dit conditionnel implique un choix, une éventualité. 

Donc, je voterais Jaurès… si je me déplaçais, comme m’y invite, avec une insistance quelque peu racoleuse, la direction du PS, afin de choisir entre l’un des siens, moi qui ne suis pas l’un des leurs. Mais, non, décidément, définitivement, non, je n’irai pas dans un local du PS. Comme beaucoup, beaucoup, la ficelle me paraît un peu grosse. Je n’ai jamais, au grand jamais, envie de cautionner ce véritable complot contre la démocratie, cet insupportable hold-up sur les valeurs de gauche qui se prépare sous nos yeux.  

Car enfin, il faut tout de même que des voix de simples citoyens viennent dire à ces “messieurs-dames qu’on nomme grands“ que, finalement, leur valse des egos commence sérieusement à leur taper sur le système, que l’organisation de ces primaires est peut-être un coup de génie de marketing, mais qu’elle n’a pas grand’ chose à voir avec l’expression du peuple de gauche.  

Oui, mesdames et messieurs les dirigeants du PS, votre principe de démocratie directe s’est transformé en une mise en scène, au sens théâtral du terme, des nuances entre vous, des petites phrases, des postures et, ce week-end, des “avignoneries“ qui ont dû irriter jusqu’aux cendres de Vilar et de Vitez. C’est pas la Valse des egos, ai-je écrit : ce n’est plus du socialisme, c’est de l’ego-ïsme… Ce principe était-il vicié depuis le début ? Je le crois. Fut-ce à votre corps défendant ? Permettez-moi d’en douter. Vous avez tout fait, vous faites tout – et les médias, ignominieusement, participent à l’opération – pour que le peuple de gauche finisse par croire que le choix est entre les ténors socialistes, et non entre vous et une autre gauche. 

Mais Jaurès, là dedans ? Voyons, réfléchissons. Ce que nous savons de lui – et nous en savons beaucoup – nous permet de dire sans hésiter qu’il n’aurait pu partager les options de ce Parti-là. 

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27 Oct 2010

Bonjour à toutes et à tous,

Comme vous avez pu le constater, je redonne peu à peu vie à cet outil d’information et d’échanges. Je suis en effet rentré il y a peu en France après un séjour d’un an au Cambodge où j’ai travaillé comme conseiller du gouvernement sur les questions de frontières (le sujet de ma thèse doctorale).

Grâce à Internet et à TV5 (une des meilleures chaînes publiques pour la qualité des infos), j’ai essayé de rester informé de ce qui se passe en France. Et les odeurs qui me sont parvenues étaient nauséabondes : racisme d’Etat, corruption des élites dirigeantes, instrumentalisation de la Justice, déclin de l’Etat de droit, discriminations en tous genres, affaiblissements répétés de la santé publique et de l’école publique, poursuite des privatisations, poursuite de la régression sociale et de la casse des acquis sociaux. L’injustice comme modèle de société.

Avec, en face, un PS dont on ne sait qui il faut écouter pour connaître sa position, dominé par ses libéraux, incapable d’offrir une alternative authentique à un système qui se renforce chaque jour du chacun pour soi, de la concurrence de tous contre tous, du déclin de l’intérêt général.

Au sens où Jaurès entendait le mot, le socialisme n’est plus défendu en France.

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11 Nov 2008

« Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage »
Jean Jaurès

Tu n’en reviendras pas
Tu n’en reviendras pas toi qui courais les filles
Jeune homme dont j’ai vu battre le cœur à nu
Quand j’ai déchiré ta chemise et toi non plus
Tu n’en reviendras pas vieux joueur de manille

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19 Oct 2008

C’est la crise ! Mais, si on y réfléchit un instant, c’est tout le temps la crise ! Avons-nous connu depuis 30 ans des périodes où ce n’était pas la crise ?

Et même avant. Je suis né au début de ce qu’on a appelé « les Trente glorieuses ». Mais elles étaient glorieuses pour qui ?  Pour les mineurs dont on fermait les charbonnages ? Pour les ouvriers de la sidérurgie dont on fermait les usines ? Pour tous les autres qui ont du attendre le plus grand mouvement social de l’après guerre, Mai 68, pour recevoir enfin quelques miettes des profits engrangés par le patronat ?

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27 Août 2008

Parce que nous sommes internationalistes, nous avons fait, avec Jaurès, le rêve d’une Europe où les peuples vivent en amitié, après des siècles de guerres civiles européennes. Mais ce rêve est devenu un cauchemar lorsque certaines chancelleries ont favorisé l’éclatement de la Yougoslavie et de la sorte un règlement violent du conflit.

Parce que nous sommes les enfants de l’Europe des Lumières, nous avons fait le rêve d’une Europe qui soit une communauté de valeurs. Ce rêve devient un cauchemar chaque fois que nous vérifions qu’il ne s’agit que d’une communauté d’intérêts ou, pour le dire avec les mots de Pierre Bourdieu, une Europe des banquiers et des hommes d’affaires.

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30 Juin 2008

C’est la première fois, depuis très, très longtemps, que j’interviens à une tribune pour parler d’un parti politique. Et tout compte fait, c’était peut-être plus facile de parler de la proposition Bolkestein, du TCE ou des accords de l’OMC.  Mais bon, les années passent et j’appartiens à cette génération qui rêve depuis trop longtemps d’un parti de gauche enfin conforme dans les actes à ses valeurs et aux espérances qu’il porte. Alors, j’ai décidé de ne plus me contenter de rêver.

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22 Mar 2008

 Le débat est relancé et je m’en réjouis. Et tant pis si des esprits chagrins viennent ici avec leurs sarcasmes. Ils se trompent de débat. Dans cet échange forcément bref, essayons d’aller à l’essentiel.

Que voulons-nous ? Transformer la société.

Tout de suite, vient la question : dans quel sens ? Qui ne voit aujourd’hui  que les exigences sociales ne peuvent être séparées d’un questionnement sur  les finalités de la production et donc de la croissance ? Qui ne voit que  les altérations de notre environnement affectent en premier lieu les plus  faibles ?

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