21 Fév 2011

par

Philippe Marlière, Rue 89, 18 février 2011

Il y a deux ans, Philippe Marlière, maître de conférences en science politique à l’University College London, qui a beaucoup nourri l’argumentaire contre le traité constitutionnel européen, qui s’est beaucoup interrogé dans ses livres sur la social-démocratie, avait écrit à Martine Aubry pour expliquer pourquoi il quittait le PS pour rejoindre le NPA. J’avais alors publié sa lettre. Il me semble normal que je reproduise l’article qu’il vient de publier sur Rue 89 pour expliquer pourquoi il quitte le NPA. Je partage l’essentiel de ce qu’il exprime.

Comme tant d’autres camarades, je quitte le Nouveau Parti anticapitaliste sur la pointe des pieds. Je ne regrette pourtant pas de l’avoir rejoint il y a deux ans. Le NPA souhaitait se donner les moyens d’en finir avec l’hégémonie à gauche d’un Parti socialiste qui n’a tiré aucune leçon de la crise du capitalisme et qui vient de se rallier aux institutions monarchiques de la Ve République.

Le nouveau parti semblait le mieux placé pour rassembler une gauche de gauche, plurielle et unitaire. Il apparaissait le plus résolu dans son combat anticapitaliste, le plus à même de susciter un espoir dans les milieux populaires et chez les jeunes. L’objectif était ambitieux, aléatoire, mais réalisable.

Le « pari du grand parti » de la gauche anticapitaliste a, selon moi, spectaculairement échoué.

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14 Fév 2011

Le NPA, c’est fini. Il ne reste sous cette étiquette que la vieille LCR lénino-trotskiste avec son arrogance, son sectarisme, son dogmatisme. Triste échec d’une belle espérance ! Mais aussi terrible irresponsabilité de militants qui prétendent se préoccuper par priorité des plus faibles, des victimes de l’exploitation capitaliste. Avec une morgue qui est un aveu, ils ont fait, lors de ce congrès-enterrement, la démonstration de leur mépris pour celles et ceux qui souffrent et qui n’en peuvent plus d’attendre des changements qui ne viennent pas.

Quant à nous, les déçus et les trompés de cette pénible expérience, ce qui nous importe, c’est l’absolue nécessité et l’urgence d’une vraie alternative. Nous ne crachons pas avec dédain sur le suffrage universel qui offre à nos yeux, conjugué à une pression populaire pacifique, la seule voie vers cette alternative.

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21 Nov 2009

 

  1. Lorsque la LCR a décidé de se dissoudre pour créer un rassemblement qui la dépasse quantitativement et qualitativement, pour forger avec d’autres une force anticapitaliste et antiproductiviste, bref pour être à l’origine d’un puissant mouvement écosocialiste, j’ai décidé de rejoindre le processus de création du NPA. Militant altermondialiste, je ne venais d’aucun parti politique.
  2. Lors du congrès de fondation, j’ai défendu pour les élections européennes, une conception de l’unité sur un contenu, de l’unité dans les urnes et dans les luttes et surtout de l’unité dans la durée. Je reste convaincu que c’était la seule position possible.
  3. Nous avons échoué à faire connaître et faire comprendre cette position largement majoritaire, une partie d’entre nous, considérant que notre démarche allait de soi, n’éprouvaient aucun besoin de se lancer sans tarder dans une campagne nationale d’explication. De même, certains ont été lents à s’impliquer dans la campagne électorale et à défendre les aspects antiproductivistes de nos principes fondateurs avec la même ardeur que les aspects anticapitalistes. Ce sont, à mes yeux, deux des explications principales de notre échec aux européennes. Lire la suite »
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02 Fév 2009

1- Pourrais-tu nous présenter ton parcours militant ? Comment t’a-t-il mené au NPA, et avec quelles attentes ?

 Mon engagement dans la vie sociale a d’abord été une implication en faveur des droits humains fondamentaux, individuels et collectifs ; je suis devenu sensible progressivement aux questions écologiques à mesure de l’amoindrissement des ressources naturelles, de la disparition croissante des espèces et des dégâts à l’environnement mettant en cause la santé du plus grand nombre. Il y a dix ans, je suis devenu un militant altermondialiste et j’ai pris progressivement conscience que l’exploitation des humains et l’exploitation de la terre ont une même cause : le capitalisme. Jusque-là je mettais en cause le néo-libéralisme, qui n’est que la phase actuelle du capitalisme. Le livre d’Hervé Kempf  « Comment les riches détruisent la planète » m’a fait passer de la contestation du néolibéralisme à la remise en cause du capitalisme.

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19 Oct 2008

C’est la crise ! Mais, si on y réfléchit un instant, c’est tout le temps la crise ! Avons-nous connu depuis 30 ans des périodes où ce n’était pas la crise ?

Et même avant. Je suis né au début de ce qu’on a appelé « les Trente glorieuses ». Mais elles étaient glorieuses pour qui ?  Pour les mineurs dont on fermait les charbonnages ? Pour les ouvriers de la sidérurgie dont on fermait les usines ? Pour tous les autres qui ont du attendre le plus grand mouvement social de l’après guerre, Mai 68, pour recevoir enfin quelques miettes des profits engrangés par le patronat ?

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22 Sep 2008

Voici un texte que j’ai envoyé au groupe de travail NPA qui prépare un projet de statuts. Je le mets sur mon blogue parce que je crois que le NPA doit être différent des partis tels qu’ils fonctionnent. Je suis convaincu que le débat politique ne peut plus être réservé à des initiés dans des comités. Je suis convaincu que les statuts de cette nouvelle formation politique constituent un enjeu majeur pour montrer qu’il y a rupture avec des pratiques qui réservent le débat à une minorité et qu’on entend pratiquer en son sein les changements radicaux qu’on veut apporter à la société.

RMJ

Fait extrêmement rare dans l’histoire politique française et en particulier dans celle de la gauche, un parti politique propose de se dissoudre pour intégrer ses membres dans une nouvelle formation politique différente par son projet de société, par son programme, par ses statuts et ses modes de fonctionnement.

Au moment où, dans l’espace politique traditionnellement appelé la gauche, la perte de sens est plutôt la caractéristique dominante, l’initiative de la LCR tranche avec l’enlisement des autres formations. On saura gré à l’équipe dirigeante de ce parti d’avoir ainsi offert une ouverture et suscité une dynamique portant un nom provisoire tout à fait insatisfaisant : Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA).

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27 Août 2008

Parce que nous sommes internationalistes, nous avons fait, avec Jaurès, le rêve d’une Europe où les peuples vivent en amitié, après des siècles de guerres civiles européennes. Mais ce rêve est devenu un cauchemar lorsque certaines chancelleries ont favorisé l’éclatement de la Yougoslavie et de la sorte un règlement violent du conflit.

Parce que nous sommes les enfants de l’Europe des Lumières, nous avons fait le rêve d’une Europe qui soit une communauté de valeurs. Ce rêve devient un cauchemar chaque fois que nous vérifions qu’il ne s’agit que d’une communauté d’intérêts ou, pour le dire avec les mots de Pierre Bourdieu, une Europe des banquiers et des hommes d’affaires.

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