02 Mai 2017

2002 : pour repousser le père Le Pen, ce nostalgique de Vichy, de l’Indochine et de l’Algérie françaises, ce négationniste des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité et du génocide commis par la barbarie nazie, des millions de Françaises et de Français ont voté pour un Jacques Chirac dont ils ne partageaient pas les choix politiques. Nombreux sont ceux qui, cette année-là, se sont fait violence en votant contre leurs convictions. Rien n’est plus malsain dans une démocratie.

Mais c’est de là qu’est née la stratégie du vote utile. Le scénario parfait pour les tenants du système. La garantie de l’élection systématique d’un des leurs. Ils ne furent pas obligés d’y recourir lors du scrutin de 2007 puisque ni Ségolène Royal, ni à fortiori Nicolas Sarkozy ne remettait en cause l’ordre établi, celui du « il n’y a pas d’alternative ».

Sarkozy devenu à juste titre un épouvantail pour une majorité du peuple, c’est contre lui qu’on invoqua le vote utile. Ce fut l’opération menée à bien en 2012. Au premier, comme au deuxième tour, il fallait donner toutes ses chances au disciple du social-libéral Delors et ne prendre en aucun cas le risque que Sarkozy puisse être réélu.

Sarkozy évacué par son propre camp en vue de l’élection de 2017, la nouvelle menace surgit d’une opération bien menée depuis des années par la presse dominante, Le Monde en tête : la dédiabolisation du FN. Tout au long des dix années écoulées que n’a-t-on lu dans la presse dominante qui contribuait à faire du FN un parti comme un autre ? Que n’a-t-on entendu dans la bouche d’un Sarkozy ou d’un Valls des propos qui flirtaient avec la xénophobie et le racisme du FN ? Lire la suite »

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24 Avr 2017

19,2%, 7.011.856 voix (provisoirement), quel beau résultat !

Surtout, si on pense à la campagne de désinformation systématique menée par l’essentiel des médias, campagne relayée par presque tous les autres candidats. Un homme de talent et de cœur, un authentique humaniste en phase avec son temps et les défis auxquels l’humanité est confrontée a emporté la conviction de bien des scepticismes et a suscité des adhésions enthousiastes et une nouvelle confiance dans l’engagement politique. Cette campagne n’a pourtant pas atteint son objectif, le deuxième tour. Quel dommage !

Les gens dont toute la vie fut guidée par les idéaux de gauche, peu importe dans quel cadre partisan ils ont inscrit leur engagement, savent, comme le disait le grand Jaurès, que « L’Histoire enseigne aux hommes la difficulté des grandes tâches et la lenteur des accomplissements, mais elle justifie l’indicible espoir. » Comme me l’écrivait un ami, cette nuit : « on continue ».

Et c’est à la lumière de cette détermination, qu’il faut se tourner vers l’avenir non sans porter un regard lucide sur les raisons de cet échec. Lire la suite »

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20 Jan 2012

Les relais médiatiques du système ont fait grand cas d’un communiqué de presse signé par trois personnalités qu’il est convenu de ranger à l’aile gauche du PS et de la réaction du destinataire de ce message public.

En fait, s’il ne s’agissait pas de l’avenir du pays et surtout de l’humaine condition de l’écrasante majorité du peuple, on pourrait parler d’une comédie.

Premier acte. Sur un ton d’apparence rebelle, ces leaders s’inquiétaient des intentions réelles de Hollande s’agissant de l’enseignement. On peut comprendre, tant le flou et les contradictions de leur candidat tiennent lieu de projet.

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22 Juin 2011

Extraits d’un entretien publié dans L’Humanité du 21 juin

Face à Sarkozy, que porte d’original à gauche le Front de gauche ?

Jean-Luc Mélenchon. Il est le seul à porter l’ambition de regrouper une majorité pour gouverner la France sur un programme de radicalité concrète, sociale, écologique et républicaine. Il est le seul à appeler à une implication populaire forte à travers des assemblées citoyennes. Et il s’en donne les moyens : le Front de gauche incarne l’unité, comme va le confirmer dans les jours à venir son élargissement à plusieurs mouvements politiques.

Le Front de gauche peut-il forcer le passage face au vote utile qui se profile ?

Jean-Luc Mélenchon. C’est tout l’enjeu de la bataille. Personne ne peut en prédire l’issue. Nos idées sont en phase avec l’exaspération sans précédent que provoque la mise en coupe réglée des sociétés par les intérêts financiers. Dans la campagne, notre objectif sera de montrer que le peuple peut reprendre le pouvoir que l’oligarchie lui a confisqué. Si nous y parvenons, tout est possible. Nous sommes le vote utile pour le grand nombre. Les autres votes sont des votes de résignation ou d’accompagnement de la crise en cours.

Le débat est ouvert au sein du Front de gauche pour qu’il trouve sa voie dans son élargissement. Quelle est votre opinion ?

Jean-Luc Mélenchon. Cet élargissement est en train de se réaliser avec l’entrée de nouvelles organisations. J’invite maintenant tous ceux qui nous regardaient avec intérêt, mais hésitaient en se demandant si nous étions capables de continuer ensemble à franchir le pas, à venir participer à notre campagne. Surtout, j’appelle chaque personne qui se sent concernée par notre action à s’y impliquer elle-même à son rythme et avec ses méthodes. Face aux millions d’euros que les autres vont mobiliser pour faire campagne, notre grande force est celle qui vient du terrain, c’est notre nombre, notre savoir-faire, notre intimité avec notre peuple.

Entretien réalisé par Mina Kaci


 

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10 Mai 2010

Le rapport du Conseil d’orientation des retraites (COR) donne lieu à un intense pilonnage catastrophiste. Le lever de rideau du grand débat sur les retraites commence par un grossier conditionnement des citoyens ! Une lecture tantôt aveuglée, tantôt erronée du rapport est en cause. Le pays et l’enjeu méritent mieux.

 On doit d’abord interroger la prétention du COR à prédire l’avenir économique dans quarante ans. Prévoir pour 2050, c’est affirmer qu’en 1970 on aurait pu décrire l’état de la société actuelle. En 970, nous aurions donc été capables de prédire des événements tels que la disparition du camp socialiste, la réintégration dans l’économie de marché de 100% de la population humaine, la révolution informatique, le recours massif à l’énergie nucléaire, l’existence d’une industrie spatiale et des technologies de la communication ? Qui avait prévu ces changements majeurs ?

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19 Nov 2008

 Il n’est pas difficile de comprendre la satisfaction que ressentent bien des gens lorsqu’ils apprennent qu’une personnalité du PS quitte ce parti sur une posture de gauche. Une telle démarche a été attendue depuis si longtemps, surtout s’agissant d’un acteur politique exprimant avec talent les valeurs de gauche, qu’elle suscite une sorte d’engouement. Enfin ! pensent beaucoup. Et cela les comble, tant les postures suffisent, aujourd’hui, à emporter les adhésions.

« Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas » aurait dit Voltaire. On ne fera donc pas grief à Mélenchon d’avoir changé, même si, en dépit de sa marginalité au sein du PS, il a avalé toutes les couleuvres néolibérales de ce parti depuis 1983, y compris la synthèse du Mans qui effaçait le « non » de gauche au TCE dont, pourtant, il fut un défenseur éloquent. On le fera d’autant moins que son geste contribue à désacraliser une des pires dérives de la gauche : la primauté du parti sur ses raisons d’être. Le culte quasi religieux du parti, entretenu par quasiment toutes les églises de la gauche, inspirées par Lénine ou par Blum, explique pour une grande part que furent acceptées toutes les dérives, staliniennes, social-démocrates ou néolibérales. Je me réjouis de voir le NPA inscrire dans son texte fondateur qu’un parti politique n’est pas une fin en soi, mais seulement un outil pour réaliser des objectifs.

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