24 Sep 2014

Le 18 octobre 2013, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, et le premier ministre canadien, Stephen Harper, ont conclu ce que la Commission appelle un « accord politique » sur les éléments essentiels d’un Accord économique et commercial global (AÉCG) entre l’Union européenne et le Canada.

Les négociations avaient commencé en 2009. Avec la complicité des gouvernements de l’UE, elles se sont tenues dans le plus grand secret. Jamais, les gouvernements, qui ont donné le feu vert à la Commission européenne pour conduire ces négociations et signer cet « accord politique », n’ont informé leur Parlement et encore moins sollicité l’accord de celui-ci pour mener de telles négociations qui, pourtant, remettent en cause des choix de société fondamentaux

Si on a peu parlé jusqu’ici de ce projet de traité, c’est qu’il a fallu longtemps avant que des fuites permettent d’en connaître le contenu. Ce n’est que depuis début août qu’on dispose d’une version du document qui peut être considérée comme définitive (document de la Commission européenne du 5 août 2014 : CETA Consolidated text accompagné de la mention : This document is Limited and should hence not be distributed outside the EU institutions).

Demain, vendredi 26 septembre, à Ottawa, se tiendra un Sommet Canada-Union européenne où l’élite économique et politique va célébrer la conclusion de cet accord de libre-échange Canada-UE (AÉCG ou, en anglais, CETA pour Canada-EU Trade Agreement). Un accord qui va beaucoup plus loin que les accords de l’OMC dans le démantèlement des souverainetés démocratiques.

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07 Nov 2011

Le compositeur grec Mikis Theodorakis et Manolis Glezos , le héros de la résistance qui arracha en 1941 le drapeau hitlérien qui flottait sur l’Acropole durant l’occupation nazie, dénoncent le fascisme financier qui menace et appellent les peuples d’Europe à s’unir pour en finir avec la domination des marchés.

Voici un extrait de leur déclaration.

Une poignée de banques internationales, d’agences d’évaluation, de fonds d’investissement, une concentration mondiale du capital financier sans précédent historique, revendiquent le pouvoir en Europe et dans le monde et se préparent à abolir nos Etats et notre démocratie, utilisant l’arme de la dette pour mettre en esclavage la population européenne, mettant à la place les démocraties imparfaites que nous avons, la dictature de l’argent et des banques, le pouvoir de l’empire totalitaire de la mondialisation, dont le centre politique est en dehors de l’Europe continentale, malgré la présence de banques européennes puissantes au cœur de l’empire.

Ils ont commencé par la Grèce, l’utilisant comme cobaye, pour se déplacer vers les autres pays de la périphérie européenne, et progressivement vers le centre.
 L’espoir de quelques pays européens d’échapper éventuellement prouve que les leaders européens font face à un nouveau « fascisme financier », ne faisant pas mieux quand ils étaient en face de la menace de Hitler dans l’entre-deux- guerres.

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05 Sep 2011

Des commentaires récents à un texte posté sur ce blog remettent en cause le clivage gauche/droite qui, selon leurs auteurs, serait daté, obsolète. Il ne correspondrait plus aux réalités de notre temps où, nul ne peut le contester, on voit des acteurs politiques (soutenus par des intellectuels) étiquetés à gauche promouvoir et, quand ils sont en capacité, mettre en oeuvre des choix qui appartiennent incontestablement aux options de la droite en ce qu’elles sont celles du monde des affaires et de la finance. Ce fut manifeste sous les gouvernements socialistes, à partir de 1983. C’est encore le cas des principaux candidats aux primaires du PS qui proposent un socialisme d’accompagnement d’un capitalisme plus débridé que jamais.

Faut-il dès lors abandonner ce clivage gauche/droite ? Au motif que des acteurs politiques qui se disent de gauche alors qu’ils adhèrent à ce que la gauche est censée combattre, faut-il renoncer à ce mot pour désigner une orientation, des valeurs et des principes ? Je livre des éléments de réflexion forcément incomplets. D’abord parce que je ne dispose pas ici, au Cambodge, des références et des notes personnelles que je voudrais consulter. Ensuite et surtout, parce que je n’ai pas la prétention de fournir ici et maintenant un texte que je pourrais considérer comme définitif.

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07 Juin 2011

C’est la question que pose un livre récent publié par le Centre Europe-Tiers Monde (CETIM) basé à Genève. Dans nos sociétés citadines, on ne perçoit pas du tout l’immense bataille qui se livre autour du vivant, végétal et animal. On ne se soucie guère des bouleversements qui affectent depuis une soixantaine d’années le monde naturel dans lequel, pendant des siècles, les humains ont puisé de quoi se nourrir. Et se soigner. Tout au plus, ceux qui en ont les moyens préfèrent-ils manger « bio » sans connaître vraiment les manipulations auxquelles ce label a donné lieu sous la pression du très puissant lobby agro-industriel et du secteur de la chimie. On ignore pratiquement tout du sort fait au premier et plus important patrimoine de l’humanité : sa biodiversité. L’espère humaine est devenue la première menace de cette biodiversité sans se rendre compte qu’en la détruisant, c’est son propre avenir qu’elle hypothèque irrémédiablement.

Des centaines de milliers d’hectares de forêts ont disparu. Les sols, les cours d’eau et les océans sont pollués. L’air que nous respirons est vicié. Sécheresses ici, inondations là, tornades ailleurs témoignent, par leur fréquence accrue, des bouleversements qui affectent le climat. Partout, des espèces végétales et animales disparaissent. La biodiversité recule. Aucune volonté politique n’entend mettre fin à cette agression massive contre notre maison commune. Que du contraire ! L’oligarchie qui domine nos Etats, au service de la seule logique du profit, avec le plus total mépris de l’intérêt général, poursuit son oeuvre destructrice. La question de la propriété intellectuelle, cette forme particulière de privatisation, en fournit une illustration significative.

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04 Juin 2011

Dix ONG cambodgiennes viennent d’entamer une campagne pour dénoncer les conditions qu’impose l’Union européenne (UE) dans la négociation d’un accord de libre-échange avec l’Inde. Ces ONG, qui sont toutes impliquées dans l’aide aux malades atteints du sida, ont adressé mercredi une lettre à toutes les ambassades à Phnom Penh pour souligner que les exigences de l’Union européenne en matière de droits de propriété intellectuelle vont avoir pour conséquence de réduire l’accès aux versions génériques des traitements antirétroviraux qui sont d’un prix plus abordable.

Les médicaments génériques produits en Inde et dans quelques autres pays émergents (Afrique du Sud, Brésil, par ex.) ont permis depuis une dizaine d’années aux gens qui souffrent du sida dans les pays pauvres de recourir à un traitement qui, sans cela, leur était inaccessible. D’après le Phnom Penh Post, au Cambodge, selon le « Cambodian People Living with HIV/AIDS Network », grâce à la production de médicaments génériques, le prix d’un traitement antirétroviral de base est passé de 10.000 $ à 80 $ par an. Plus de soixante-dix mille personnes sont atteintes du sida au Cambodge et quarante mille suivent un tel traitement avec des médicaments dont 85% viennent de l’Inde.

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01 Avr 2011

 

Un rapport parlementaire sur les « modes de financement et de gouvernance des associations de protection de la nature et de l’environnement», cité par le quotidien Libération (16 février 2011), relève notamment ce qui suit :

« La composition du conseil d’administration de la fondation Nicolas Hulot pose d’autres questions. Trois entreprises y occupent un siège : TF1, EDF et L’Oréal. Ceci ne pose, en soi, aucune difficulté: le mécénat de puissantes sociétés en faveur de l’environnement doit être accueilli comme un moyen supplémentaire d’action. Néanmoins, les activités particulières de ces groupes semblent problématiques sans les dimensions environnementales. EDF est une entreprise de pointe dans le secteur nucléaire. Quant à L’Oréal, elle est classée parmi les groupes de cosmétiques dont les produits font l’objet de test sur les animaux, au grand désarroi des opposants à la vivisection. Dès lors, comment interpréter, par exemple, la position très mesurée de Nicolas Hulot sur l’énergie nucléaire ? Quel poids donner à sa parole sur les activités principales de ses deux administrateurs, dont vos rapporteurs ont appris que l’un d’eux finance la fondation à hauteur de 10 % de ses ressources »

On n’est pas crédible quand on défend l’écologie avec l’argent de ceux qui détruisent les écosystèmes.

Les pollueurs font aussi du fric avec la dépolution. Pourquoi cesseraient-ils de polluer ?

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12 Jan 2011

France 2 a consacré toute sa soirée de mardi à la crise. Bonne idée. Mais quel résultat !

On aurait pu s’attendre à une enquête en profondeur, même sous la forme d’un documentaire, à la manière de la BBC. On a eu droit à ce que le journalisme dominant en France nous offre le plus souvent : la surface des choses, le monde tel qu’il va avec ce qui frappe l’attention, sans jamais aller au fond des problèmes, aux causes et aux acteurs porteurs de ces causes. On nous a fait vivre la crise comme une sorte de fatalité, un tsunami économico-financier. Que peut-on contre un tsunami ?

Voici les commentaires que m’inspire cette émission :

1) en 1984, on avait eu « Vive la crise » avec un Yves Montand qui, par haine du communisme qu’il avait accompagné si longtemps, s’était complètement rallié au libéralisme dominant (on est peu après le « tournant de la rigueur » en France) allant jusqu’à donner raison à Reagan. C’était, à peu de choses près, « vive la crise qui nous débarrasse de l’Etat ».

Cette année, un titre qui frise la provocation : « Fric, krach et gueule de bois, le roman de la crise », comme s’il s’agissait d’un polar ! Avec le souci d’aborder le sujet, mais sans aller à la racine du problème.

2) j’ai trouvé le film introduisant le débat très dans le ton « il y a des méchants capitalistes qui dénaturent le capitalisme, mais le capitalisme est dans l’ordre naturel des choses ».

3) cette tonalité sera d’ailleurs celle de toute la soirée. Avec les méchants à Wall Street et à Pékin. On a beaucoup parlé de Wall Street, on n’a pas dit un mot de Francfort. On a cité Pékin à plusieurs reprises, on n’a pas une seule fois cité Bruxelles.

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