08 Fév 2011

Après les élections européennes où le NPA a connu une cuisante défaite, l’unité de la gauche de gauche semblait à l’ordre du jour au sein du parti. A la veille des élections régionales, des initiatives heureuses avaient été prises. Mais en fin de parcours, les vieux réflexes ont repris le dessus et le NPA est allé seul aux élections campé dans sa pureté doctrinale et stratégique. Certes, les partenaires possibles n’ont pas toujours facilité le rassemblement, loin de là. Mais qui a dit que l’unité serait un long fleuve tranquille ?

Et pourtant, le calcul de ce qu’aurait donné l’unité aux européennes aurait du faire réfléchir : les Le Pen père et fille n’auraient pas été élus, la gauche de gauche française aurait représenté à elle seule (sans compter ses partenaires dans d’autres pays) un poids significatif. Et pourtant, le Limousin a offert le superbe exemple, aux directions nationales du NPA comme du PCF, que loyauté et unité sont possibles entre partenaires de cultures politiques différentes.

Je n’oublie pas que j’ai défendu à la veille des européennes la position du NPA et que je l’ai portée pendant la campagne. Ce fut pour moi l’occasion de vérifier notre erreur et donc la mienne. J’en ai tiré les conclusions qui s’imposaient.

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04 Nov 2010

Point n’est besoin de démontrer la nécessité absolue de chasser la doite en 2012. Avec Sarkozy – mais ce serait la même chose avec Copé ou un autre – ce ne sont pas seulement les acquis sociaux arrachés au patronat depuis plus de cent ans qui sont démantelés, c’est la démocratie qui régresse, ce sont les pratiques mafieuses qui sont érigées en mode de gouvernement, c’est le racisme d’Etat qui se met en place, c’est la France qui cesse d’être elle-même.

La conviction extrêmement forte d’un pouvoir injuste, au service exclusif de la toute petite minorité des puissants, est aujourd’hui partagée par une très grande majorité des habitants de notre pays et le désir de chasser Sarkozy l’emporte très nettement. Mais le changement d’une personne par une autre ne suffit pas. Il faut être en capacité d’obtenir un changement de politique.

Est-il besoin de rappeler que le PS n’offre pas une véritable alternative à la droite, ni sur le plan financier, économique et social, ni sur celui de la démocratie. Parce qu’il a contribué à leur élaboration, le PS ne remet absolument pas en cause les lois nationales et les traités européens qui favorisent la dérégulation financière, qui organisent la destruction des services publics, qui démantèlent le droit du travail, qui réduisent les libertés de toutes et de tous et l’égalité entre tous les êtres humains, qui dégradent l’Etat de droit.

Le PS, ce n’est pas seulement Strauss-Kahn, le directeur général du FMI, le soutien à la réforme Sarkozy/Fillon des retraites, le patron des plans de destruction des programmes sociaux. Le PS, c’est aussi Pascal Lamy, le directeur général de l’OMC, un intime d’Aubry, le patron de la dérégulation mondiale. Le PS d’Aubry, c’est le PS du « oui » à une Europe de la concurrence de tous contre tous, « oui » à une Europe du démantèlement des services publics », « oui » à une Europe dont les experts imposent partout la rigueur et l’austérité, « oui » à une Europe qui traduit en directives les exigences des banquiers et des hommes d’affaires, « oui » à une Europe qui vide de son contenu la souveraineté populaire. A un Sarkobrun, le PS n’oppose qu’un(e) Sarkorose.

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07 Avr 2010

Licencié pour délit de manifestation en 2003 pour défendre les retraites, condamné  pour avoir défendu mon emploi, les lois de sécurité intérieure de N.Sarkozy m’imposent désormais de me soumettre au prélèvement d’ADN.

Après une procédure judiciaire de 7 ans, une condamnation pour « séquestration » à 3 mois de prison avec sursis et 20 000 € d’amende, j’ai décidé de ne pas me soumettre à ce prélèvement que je juge dégradant, dangereux pour la démocratie, stigmatisant les militants syndicaux comme des criminels en puissance. Je n’accepte pas que l’on puisse aujourd’hui en France banaliser ce que l’on appelle communément la criminalisation du mouvement social et à travers cela la condamnation à de lourdes peines, des militants, des syndicalistes.  

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28 Mar 2010

Les conseillers régionaux du Parti de Gauche élus le 21 mars ne participeront pas aux exécutifs régionaux. Dans le Limousin et le Nord Pas de Calais, les élus du PCF ont pris une décision identique. Nous respectons ainsi le texte du 28 octobre qui a constitué la base du protocole national d’accord des listes «Ensemble pour des régions à gauche» et/ou Front de Gauche.

Dans ce texte, les partis signataires de cet accord disaient leur «volonté de porter des projets de transformation sociale réelle dans les régions. Si les conditions en sont créées nous pourrons travailler à leur mise en œuvre jusque dans les exécutifs régionaux car la gestion des régions s’envisage comme un moyen d’atteindre nos objectifs. Notre participation est donc liée aux conditions qui la rendent possible. Il s’agit de la possibilité de mettre en œuvre les points essentiels de notre programme et du rapport de force permettant effectivement de les appliquer.Cette hypothèse exclut toute participation du Modem ou d’une quelconque organisation de droite.»

Sur cette base, une fois l’hypothèque Modem levée, le Parti de Gauche a souhaité proposer à la négociation trois conditions thématiques issues du programme des listes Front de Gauche. Il ne s’agissait évidemment pas de prétendre imposer, de façon jusqu’au-boutiste, l’entièreté de nos mesures à une liste placée en tête par les électeurs et donc légitime. Mais nous pensions vraiment possible que le Conseil Régional reprenne des propositions «structurelles» capables d’indiquer un net fléchissement à gauche des régions en rupture avec la logique libérale et productiviste.

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27 Mar 2010


LE MONDE

Patrick Braouezec, député de la Seine-Saint-Denis et un des piliers du courant rénovateur, a décidé de quitter le Parti communiste français après trente-huit ans de militance. A ses yeux, le PCF n’est pas capable d’impulser un vrai rassemblement de la gauche critique et de porter un projet novateur. Après son éviction par Marie-George Buffet de la tête de liste régionale en Ile-de-France, l’atmosphère interne est devenue irrespirable pour lui.
D’autres figures de ce courant ont décidé de suivre ce mouvement. Il s’agit de Pierre Mansat, adjoint au maire de Paris, Jacqueline Fraysse, députée des Hauts-de-Seine, Patrick Jarry, maire de Nanterre, Roger Martelli, historien, Pierre Zarka, ancien directeur de
L’Humanité et Lucien Sève, philosophe.

Pourquoi quittez-vous le Parti communiste français?

Voilà des mois que je m’interroge avec d’autres camarades pour savoir où nous pouvons encore être utiles à construire une alternative de transformation sociale et écologique. Ce qui est sûr, c’est que moi, je pars. D’autres l’ont aussi annoncé. Nous nous réunissons, vendredi 26 mars, pour décider de la manière et du moment d’une sortie collective en mai. Les départs du PCF, toujours à pas de loup, ont été nombreux ces dernières années. Les conditions sont réunies pour qu’il y ait un départ massif de communistes, élus comme militants.
Nous sommes au terme d’un long processus. Avec mes amis refondateurs, on a travaillé longtemps un pied dedans, un pied dehors, pensant qu’on pouvait encore transformer ce parti de l’intérieur. Depuis l’expérience avortée d’une candidature unique à la présidentielle de 2007 et les différentes tentatives de rassemblement qui ont avorté à cause des appareils, il faut se donner d’autres perspectives. Entre une mort annoncée et une vie potentielle dynamique, je choisis la vie.

Pour vous, le PCF est mort ?

Pour moi, la forme « parti » est dépassée. On voit qu’une des qualités d’Europe Ecologie, c’est d’avoir transcendé cette forme politique traditionnelle. Quand vous avez plus de 50% d’une population qui ne va pas voter, et cela d’une manière structurelle; quand ces pourcentages d’abstention passent à 75 % pour les 18-30 ans; quand on y ajoute entre 4% et 5% qui votent blanc… il y a, à l’évidence, une crise des formes d’organisation qui n’ont plus rien à voir avec le monde contemporain. Appartenant au PCF, je considère que la forme de mon parti est dépassée et morte. Mais c’est une question qui est posée à l’ensemble des partis.

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27 Mar 2010

L’enjeu communiste me paraît pouvoir s’exposer de façon lapidaire : la démocratie est malade ; elle ne va pas bien faute de dynamique de politisation populaire ; cette carence s’explique parce qu’il n’y a pas, face à la crise systémique du capital de projet crédible d’alternative fondée sur l’émancipation et la promotion des classes populaires ; ce projet est dans les limbes, parce que n’existe pas d’espace politique partagé, capable d’agréger les attentes, en les mettant en cohérence, en les portant dans les luttes sociales et en les articulant à une perspective politique à vocation transformatrice majoritaire.

Tel est l’enjeu ; telle est l’urgence. Les récentes régionales en ont été l’illustration éclatante : abstention massive, persistance du vote FN, éclatement de la gauche de gauche. Cette situation, installée depuis 2007, est intenable : il est inimaginable que l’on laisse le terrain politique à gauche, d’un côté au « réalisme » attribué au parti socialiste et, de l’autre côté, à « l’innovation » qui serait la marque d’une Europe-écologie, complexe, non homogène, mais terriblement ambiguë.

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23 Mar 2010

Il y a pour la gauche qui ne veut pas se compromettre avec le social-libéralisme, ni subir l’hégémonie du PS, une leçon manifeste après les régionales : l’unité paie. L’exemple du Limousin est spectaculaire : l’union PCF-PG-NPA fait plus de 19%.

Un tel résultat doit faire réfléchir les militants de ces trois formations. En particulier, au plan national, celles et ceux qui, au PCF comme au NPA, privilégient leur appareil et trouvent toujours prétexte à sacrifier l’union.

Quant à ceux qui ont partagé l’espoir né de la création du NPA, et qui ont refusé de tirer les conséquences de l’échec des européennes, l’heure est venue d’un bilan lucide. Et, pour l’avenir, d’accepter l’idée que ce n’est pas en s’excluant d’un rassemblement du type limousin qu’on évitera le retour de la gauche plurielle.

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