05 Sep 2011

Des commentaires récents à un texte posté sur ce blog remettent en cause le clivage gauche/droite qui, selon leurs auteurs, serait daté, obsolète. Il ne correspondrait plus aux réalités de notre temps où, nul ne peut le contester, on voit des acteurs politiques (soutenus par des intellectuels) étiquetés à gauche promouvoir et, quand ils sont en capacité, mettre en oeuvre des choix qui appartiennent incontestablement aux options de la droite en ce qu’elles sont celles du monde des affaires et de la finance. Ce fut manifeste sous les gouvernements socialistes, à partir de 1983. C’est encore le cas des principaux candidats aux primaires du PS qui proposent un socialisme d’accompagnement d’un capitalisme plus débridé que jamais.

Faut-il dès lors abandonner ce clivage gauche/droite ? Au motif que des acteurs politiques qui se disent de gauche alors qu’ils adhèrent à ce que la gauche est censée combattre, faut-il renoncer à ce mot pour désigner une orientation, des valeurs et des principes ? Je livre des éléments de réflexion forcément incomplets. D’abord parce que je ne dispose pas ici, au Cambodge, des références et des notes personnelles que je voudrais consulter. Ensuite et surtout, parce que je n’ai pas la prétention de fournir ici et maintenant un texte que je pourrais considérer comme définitif.

Lire la suite »

\\ Mots Clés : , , , , , , , ,

10 Mai 2010

Eric Toussaint [1]

Presque tous les dirigeants politiques, qu’ils soient de la gauche traditionnelle ou de la droite, qu’ils soient du Sud ou du Nord, vouent un véritable culte au marché, aux marchés financiers en particulier. Il faudrait plutôt dire qu’ils fabriquent une religion du marché. Chaque jour, une messe est dite pour honorer le dieu Marché dans chaque foyer muni d’une télévision ou d’une connexion internet, au moment où l’on rend compte de l’évolution des cotations en Bourse et des attentes des marchés financiers. Le dieu Marché envoie des signaux par la voix du journaliste économique ou du chroniqueur financier. Ce n’est pas seulement vrai pour tous les pays les plus industrialisés, c’est vrai aujourd’hui pour la majeure partie de la planète. Que l’on soit à Shanghai ou à Dakar, à Rio de Janeiro ou à Tombouctou, on recevra les « signaux envoyés par les marchés ». Par exemple, en Europe, tout un chacun saura le matin comment a évolué le Nikkei à la Bourse de Tokyo alors que quasiment personne n’est concerné : les rares personnes à l’être sont tenus au courant par d’autres biais que la radio d’information en continu.

Partout, les gouvernants ont procédé à des privatisations, on a créé l’illusion que la population pouvait participer directement aux rites du marché (en achetant des actions) et recevoir un bénéfice en retour dans la mesure où l’on a bien interprété les signaux envoyés par le dieu Marché. En réalité, la petite partie de ceux d’en bas qui ont fait l’acquisition d’actions n’ont aucun poids sur les tendances du marché.

Lire la suite »

\\ Mots Clés : , , , , , , ,

18 Oct 2009

Les suicides à France Télécom ne sont pas une mode qui déferle, mais une éclosion de graines empoisonnées, semées depuis des décennies.

Dans les années 80/90, j’étais ergonome dans une grande direction de France Télécom délocalisée de Paris à Blagnac, près de Toulouse. A l’époque, tous les délocalisés (souvent des couples) étaient volontaires en raison d’avantages palpables : primes de mobilité, autre qualité de vie, de transport, de logement. Cette direction nationale comptait environ 800 personnes à Blagnac et 6000 dans ses directions « régionales » dont les sièges étaient à Lyon, Metz, Nantes, Paris, Toulouse. A Paris, la DG (direction générale), sous l’impulsion d’un DRH éclairé et de quelques collaborateurs convaincus, avait mis en place un service national comptant une centaine d’ergonomes ou assimilés pour 150 000 agents.

 A quoi sert un ergonome ? En résumé, c’est un analyste du travail dont la tâche est de créer des situations où les opérateurs sont placés dans de meilleures conditions de confort, de sécurité et d’efficacité. Confort, on voit là le profit pour les agents. Efficacité, on voit celui de l’entreprise. L’intérêt commun est dans la sécurité, la diminution des accidents de travail. En ces lieux de coopération et d’antagonisme que sont les entreprises, les ergonomes développent des opérations gagnant- gagnant, en collaboration avec les directeurs d’établissements, les cadres, les agents, les syndicats et les CHSCT.

Pour arriver à leurs résultats, ils pratiquent de minutieuses observations du travail, dialoguent avec les opérateurs, avec les cadres, étudient les locaux, les documents de travail, les matériels, les notes de service, les modes opératoires, etc. Ils interviennent sur les ambiances thermiques, lumineuses, sonores, l’agencement des postes de travail, le contenu du travail, son rythme et son organisation même. Leur formation emprunte entre autres à la psychologie, à la sociologie, à la physiologie. Dans le jargon des directeurs de France Télécom (essentiellement issus de l’Ecole Polytechnique) adeptes des« sciences dures », il s’agissait là de « sciences molles », donc de théories fumeuses.

A l’époque (je doute que cela ait beaucoup changé depuis), un diplômé d’une grande école, pouvait entrer dans le monde du travail à moins de 30 ans et gérer illico des dizaines, voire des centaines de salariés, sans avoir reçu une seule heure de formation sur ces sciences méprisées. Le fait qu’elles ne soient pas enseignées à Polytechnique suffisait d’ailleurs à prouver qu’elles servaient tout juste à sodomiser les diptères.

Lire la suite »

\\ Mots Clés : , , , , , ,

20 Fév 2009

 Les mobilisations contre le démantèlement de l’école publique, de l’université publique, de l’hôpital public sont-elles le fruit d’une formidable intox ? Face à la rumeur, le gouvernement serait impuissant à démentir les intentions de privatisation qui lui sont prêtées.  Pauvre Darcos ! Pauvre Pécresse ! Pauvre Bachelot !  On ne les croit pas. On ne croit pas à la pureté de leurs intentions et à leur « engagement » en faveur du service public.  A cause des méchants mensonges qui circulent sur Internet !

Dans le style « faux-cul » qui lui est incomparable, le quotidien « Le Monde » (édition du vendredi 13 février 2009, p.10) s’inquiète des effets de la rumeur, du « buzz », un anglicisme qui désignerait la fausse information disséminée par Internet. Reconnaissant que l’information véhiculée sur la toile est devenue un des principaux éléments de formation de l’opinion, l’auteur de l’article dénonce un « travail de sape » où « les petites rumeurs préparent le terrain aux plus grosses ».

Lire la suite »

\\ Mots Clés : , , , , , , ,

10 Juin 2008

L’aspiration à l’unité à gauche est extrêmement forte chez les citoyennes et les citoyens. Je crois même qu’elle l’est à un point qu’on apprécie insuffisamment chez les militants politiques. Je pense qu’elle explique le succès de la campagne du « non » au TCE. Et le succès des appels unitaires qui se répètent.

Conscient qu’il a le nombre pour lui, le peuple de gauche se désespère de l’impuissance de la gauche face à l’offensive d’un capitalisme dont l’arrogance rappelle le 19e siècle du « laisser faire, laisser passer ». Et il s’impatiente des divisions qui se perpétuent. Mais suffit-il de se rassembler pour résister et avancer valablement ?

Lire la suite »

\\ Mots Clés : , , , , , , , , ,

10 Oct 2006

contre-la-privatisation-edf-gdf.jpgIl est du devoir de toute société organisée de garantir et donc de contrôler son approvisionnement énergétique et d’en assurer la distribution au coût le plus faible en particulier pour les catégories sociales les moins favorisées. C’est la raison pour laquelle, le statut de la production et de la distribution du gaz et de l’électricité provoque un véritable débat. La droite française vient de détruire ce qu’avait fait le Général de Gaulle à la Libération et, en privatisant GDF après avoir privatisé EDF, de permettre aux fonds de pension américains de s’approprier le contrôle de l’approvisionnement énergétique du pays.

Lire la suite »

\\ Mots Clés : , ,

28 Août 2006

 Qui dit mieux ! 30 950 amendements, pas un de moins ont été déposés à l’Assemblée Nationale par le Parti Socialiste. En cette rentrée parlementaire du 7 septembre, les députés PS entendent mener tambours battants  » la bataille du gaz« . La guerre se devant d’être pédagogique, « l’utilisation massive du droit d’amendement » aura pour objectif de « faire comprendre aux français la portée et les conséquences de la privatisation de GDF« . On est prié de ne pas rire et d’attendre courtoisement les explications du PS pour comprendre ce que privatiser veut dire.

Lire la suite »

\\ Mots Clés : , , , , , , , ,