15 Juin 2011

Voici la version française du texte posté il y a quelques jours en anglais.

Fin mai, deux journées d’audience se sont tenues à la Cour Internationale de Justice, à La Haye, Pays-Bas. A l’ordre du jour, la requête introduite par le Cambodge en vue d’obtenir des mesures  conservatoires dans le cadre d’une « Demande en interprétation de l’arrêt du 15 juin 1962 en l’affaire du Temple de Préah Vihear (Cambodge c. Thaïlande) ».

Pendant ces deux journées, les représentants de la Thaïlande ont tenté de convaincre la Cour que ce pays a toujours été désireux d’entretenir des relations de paix et d’amitié avec le Cambodge et que cette « tradition pacifiste » est une valeur fondamentale de la politique étrangère thaïlandaise.

Selon l’Ambassadeur Plasai, la  politique étrangère de la Thaïlande – ou le Siam, ainsi qu’il s’appelait autrefois – « s‘inscrit dans le cadre d’une longue et traditionnelle diplomatie thaïlandaise qui est avant tout une diplomatie pacifiste. » Et il a essayé de démontrer à la Cour que « le tableau du grand méchant loup qui guette le petit agneau que le Cambodge essaie de peindre est tout à fait faux. » Cet effort pour donner de la Thaïlande une image très positive fut poursuivi par le professeur Alain Pellet, un des conseils français du Gouvernement de Bangkok. Tous deux usèrent d’une méthode bien classique pour parvenir à leurs fins : mentir par omission. Mais les faits historiques sont là.

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03 Août 2010

Il faut avoir la chance d’être étroitement associé à certains évènements pour se rendre compte à quel point certains journalistes déforment les faits et par là même désinforment l’opinion.

Deux exemples puisés dans des dossiers qui me sont familiers : le procès des dirigeants Khmers rouges et la tension entre le Cambodge et la Thaïlande à propos de leur frontière commune.

Commençons par le procès des dirigeants Khmers rouges. Les survivants de la barbarie communiste représentent aujourd’hui un peu moins d’un quart d’une population très jeune. L’intérêt fut lent à se manifester. Pour deux raisons au moins. Première explication, les procès interviennent plus de trente ans après les faits. Parce que pendant dix ans à partir de 1979, la communauté internationale (y compris la France et la Belgique) a fait le choix de considérer que les représentants légitimes du peuple cambodgien étaient ses bourreaux. Il a fallu encore une décennie avant que la pacification intervienne, l’ONU ayant échoué dans cette mission. Enfin, compte tenu des lenteurs onusiennes, six ans ont été nécessaires pour définir un tribunal qui tienne compte à la fois de la souveraineté du Cambodge et de la nécessité de respecter les critères internationaux du droit pénal. Trente longues années tout au long desquelles, les Cambodgiens n’ont pas eu d’autre choix que de s’accommoder d’un passé lourd de souffrances morales et physiques. Deuxième explication, la vie. Et la force qu’elle donne de continuer, même quand on a été confronté au pire du pire. Avec pour seul remède le silence. Un silence de la même nature que celui observé lors du retour des survivants des camps nazis. Le silence de ceux qui ont survécu à Pol Pot et ses complices n’est en rien différent du silence de ceux qui sont revenus de Buchenwald, de Ravensbrück ou d’Auschwitz.

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25 Juil 2008

La frontière khméro-thaïlandaise et le Temple de Preah Vihear

La crise profonde que connaît la vie politique thaïlandaise depuis plusieurs années s’est accompagnée en septembre 2006 d’un coup d’État militaire. Lorsqu’un gouvernement civil succède au pouvoir de l’armée, celui-ci est l’objet d’une contestation croissante par une opposition à la fois parlementaire et extra-parlementaire. Des manifestations de grande ampleur sont organisées par une « Alliance pour la démocratie » pendant des mois. Cette crise de la société thaïlandaise a connu un tournant, lorsque le temple cambodgien de Preah Vihear a été inscrit sur la liste du Patrimoine Mondial de l’Humanité de l’UNESCO. Comme l’Histoire l’enseigne, le recours aux passions nationalistes est toujours une tentation lorsqu’un pays est extrêmement divisé.

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