15 Juin 2011

Voici la version française du texte posté il y a quelques jours en anglais.

Fin mai, deux journées d’audience se sont tenues à la Cour Internationale de Justice, à La Haye, Pays-Bas. A l’ordre du jour, la requête introduite par le Cambodge en vue d’obtenir des mesures  conservatoires dans le cadre d’une « Demande en interprétation de l’arrêt du 15 juin 1962 en l’affaire du Temple de Préah Vihear (Cambodge c. Thaïlande) ».

Pendant ces deux journées, les représentants de la Thaïlande ont tenté de convaincre la Cour que ce pays a toujours été désireux d’entretenir des relations de paix et d’amitié avec le Cambodge et que cette « tradition pacifiste » est une valeur fondamentale de la politique étrangère thaïlandaise.

Selon l’Ambassadeur Plasai, la  politique étrangère de la Thaïlande – ou le Siam, ainsi qu’il s’appelait autrefois – « s‘inscrit dans le cadre d’une longue et traditionnelle diplomatie thaïlandaise qui est avant tout une diplomatie pacifiste. » Et il a essayé de démontrer à la Cour que « le tableau du grand méchant loup qui guette le petit agneau que le Cambodge essaie de peindre est tout à fait faux. » Cet effort pour donner de la Thaïlande une image très positive fut poursuivi par le professeur Alain Pellet, un des conseils français du Gouvernement de Bangkok. Tous deux usèrent d’une méthode bien classique pour parvenir à leurs fins : mentir par omission. Mais les faits historiques sont là.

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19 Mai 2010

Depuis le 12 mars, un mouvement populaire paralyse une partie de la capitale thaïlandaise pour réclamer l’organisation d’élections libres. Même si on a pu observer à Bangkok des gens de condition modeste le soutenir (chauffeurs de tuk-tuk ou de taxis, policiers, agents des services publics dont des soldats et des sous-officiers), ce mouvement est très largement d’origine provinciale. Une coalition l’encadre. Elle s’appelle Front Uni pour la Démocratie et contre la Dictature (United front for Democracy and against Dictatorship – UDD). On y trouve des adeptes de la non-violence et des partisans du recours aux armes, des défenseurs de Thaksin Shinawatra, l’ancien premier ministre évincé par l’armée et des gens qui instrumentalisent sa popularité, des adeptes et des adversaires de la monarchie, des partisans de la démocratie parlementaire et des révolutionnaires, des gens qui veulent un gouvernement issu d’élections libres et d’autres qui veulent un changement de régime. Les militants dont certains appartiennent au parti de Thaksin, se sont donné le rouge comme couleur de ralliement.

Ce mouvement s’oppose à l’establishment : palais royal, armée, administration, magistrature, business, bourgeoisie aisée. Celui-ci est défendu par une coalition qui s’appelle Alliance du Peuple pour la Démocratie (PAD) dont les militants arborent la couleur de la monarchie, le jaune. Ils défendent les élites aristocratiques et financières de Bangkok. Ces militants appartiennent pour l’essentiel aux différents partis de la coalition gouvernementale présidée par le Premier ministre Abhisit Verjjajiva, disciple de Chuan Leekpai, figure historique du Parti démocrate qui fut deux fois Premier ministre. Le PAD se présente comme un défenseur de la monarchie, des traditions, de la loi et de l’ordre. Ce qui ne l’a pas empêché d’organiser des manifestations et d’occuper, sous la conduite de l’actuel ministre des Affaires étrangères, les deux aéroports de Bangkok pendant une semaine fin 2008. Le PAD s’est créé contre le gouvernement de Thaksin en 2005. Il a soutenu le coup d’Etat qui a chassé celui-ci du pouvoir. Lorsque les élections de 2007 ont ramené des amis de Thaksin au gouvernement, le PAD a organisé les manifestations monstres qui ont provoqué un renversement d’alliances parlementaires et amené Abhisit à la tête du gouvernement.

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18 Mar 2010

Comme conseiller du gouvernement cambodgien, je fais partie d’une unité qui suit attentivement l’évolution de la situation politique en Thaïlande, un pays avec lequel le Cambodge partage depuis plus de cent ans une frontière internationale que le gouvernement de Bangkok, espérant recréer l’unité du peuple autour d’une question nationale, remet en question depuis deux ans.

Il faut savoir que depuis quatre ans et le 18e coup d’Etat militaire depuis 1932, la Thaïlande vit une crise profonde. Et semble incapable jusqu’ici de sortir de l’impasse. Plusieurs éléments expliquent cette crise.

Premier élément : la fin du règne du roi Bhumipol (Rama IX),. Ce souverain, dont l’autorité morale est incontestable, est âgé (83 ans) et souffrant. Sa succession préoccupe un très grand nombre de Thaïlandais, son fils ne manifestant guère les qualités requises pour exercer une telle fonction, c’est le moins qu’on puisse en dire.

Deuxième élément, la popularité de Thaksin Shinawatra, un homme d’affaires qui s’est enrichi dans le secteur des télécommunications, devenu très populaire dans les campagnes par ses politiques favorisant l’accès des plus pauvres à la santé (sécurité sociale) et à l’éducation (salaire minimum). Il a mené une politique très dure contre les trafiquants de drogue avec des opérations de police qui ont fait plus de 2000 morts. Il n’a pas oublié cependant les milieux d’affaires. Il est, à ce jour, le seul premier ministre démocratiquement élu et réélu dans l’histoire du pays. Il a exprimé des inquiétudes largement partagées sur le futur de la monarchie. Il est soutenu par la population pauvre. Elu en 2001, il est réélu premier ministre en 2005, ayant très bien géré la crise provoquée par le tsunami de décembre 2004.

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25 Juil 2008

La frontière khméro-thaïlandaise et le Temple de Preah Vihear

La crise profonde que connaît la vie politique thaïlandaise depuis plusieurs années s’est accompagnée en septembre 2006 d’un coup d’État militaire. Lorsqu’un gouvernement civil succède au pouvoir de l’armée, celui-ci est l’objet d’une contestation croissante par une opposition à la fois parlementaire et extra-parlementaire. Des manifestations de grande ampleur sont organisées par une « Alliance pour la démocratie » pendant des mois. Cette crise de la société thaïlandaise a connu un tournant, lorsque le temple cambodgien de Preah Vihear a été inscrit sur la liste du Patrimoine Mondial de l’Humanité de l’UNESCO. Comme l’Histoire l’enseigne, le recours aux passions nationalistes est toujours une tentation lorsqu’un pays est extrêmement divisé.

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24 Jan 2006

logo-efta-aele.gifOn se souvient que pour combattre l’Union européenne naissante, la Grande-Bretagne avait suscité la création d’une organisation qu’elle voulait concurrente : l’Association Européenne de Libre-Echange (AELE) qui correspondait davantage aux seules ambitions européennes des Britanniques. Cette association a survécu à ses fondateurs qui l’ont désertée lorsqu’ils ont rejoint l’UE. Elle ne compte plus que la Norvège, l’Islande, le Lichtenstein et la Suisse. Des petits pays, certes, mais qui pèsent lourd dans l’économie et la finance.

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