22 Jan 2012

Jusqu’il y a peu consultant en relations internationales, je continue à recevoir des informations sur certains grands dossiers du monde. Hier, j’ai pris connaissance d’une note de synthèse sur la situation militaire dans le Détroit d’Ormuz. Après avoir procédé aux recoupements d’usage lorsqu’on reçoit une information aussi sensible, je peux confirmer que cette note décrit bien ce qui se passe réellement dans cette région hyper sensible du monde.

Mais d’abord il n’est pas inutile de rappeler pourquoi il y a lieu de s’intéresser au Détroit d’Ormuz .

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13 Jan 2011

En 2005, le premier ministre du Liban, Rafic Hariri, un homme d’affaires très lié à l’Arabie saoudite, est tué lors d’un attentat à Beyrouth. Immédiatement, Jacques Chirac, très proche du millionnaire libanais (dont il occupe actuellement un appartement quai Voltaire à Paris) et Georges W. Bush désignent la Syrie comme commanditaire de l’attentat et font adopter par le Conseil de Sécurité une résolution créant un tribunal spécial chargé d’identifier, de mettre en examen et de juger les auteurs et les commanditaires de cet attentat.

Cette décision a surpris de très grands spécialistes du droit pénal international. Ainsi l’article publié dans Le Monde diplomatique d’avril 2007 par trois éminents juristes, Géraud de Geouffre de La Pradelle, Antoine Korkmaz et Rafaëlle Maison, « Douteuse instrumentalisation de la justice internationale au Liban ». En effet, pour la première fois depuis la création de l’ONU, un tribunal pénal international ad hoc est créé non pas pour juger des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité ou des crimes de génocide. Mais d’un assassinat politique. Un assassinat comme il y en a eu, hélas, des centaines, sinon des milliers depuis 1945. Rares sont ceux qui ont connu des suites judiciaires.

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18 Mar 2010

Le 18 mars 1970, les deux assemblées parlementaires du Cambodge réunies en congrès, par appel nominal et en présence, dans l’hémicycle, de militaires armés votaient la destitution du Chef de l’Etat, le Prince Norodom Sihanouk, alors que le Parlement était encerclé par les chars (témoignage que m’a confié, en 1989,  M. In Tam, qui présidait la réunion). 

Ce coup d’Etat, orchestré par le général d’extrême-droite Lon Nol, premier ministre, et par le prince Sisowath Sirik Matak, éternel rival de Sihanouk au sein de la famille royale, s’est déroulé à l’instigation des Etats-Unis. Il s’est accompagné de massacres de populations civiles vietnamiennes aux allures de pogrom, voire de génocide.

Les USA de Nixon et Kissinger supportaient d’autant moins la neutralité officielle du Cambodge que celle-ci était devenue toute relative. En effet, alors que la guerre américaine au Vietnam faisait rage, Sihanouk avait du accepter un double fait accompli : l’installation de sanctuaires vietcongs (communistes et nationalistes du Sud-Vietnam) et le passage sur le territoire national de la « piste Ho Chi Minh » (du Vietnam du Nord communiste vers le Vietnam du Sud via le Laos et le Cambodge) destinée à permettre l’appui au Vietcong. Il avait également donné son feu vert au ravitaillement du Vietcong par la marine chinoise via le port de Sihanoukville et la route vers le sud-est cambodgien baptisée par analogie, « piste Sihanouk. »

Immédiatement, le nouveau pouvoir, bientôt baptisé République Khmère, appelait à l’aide les USA, le Sud-Vietnam, la Thaïlande et leurs alliés (comme par exemple l’Australie et les Philippines) afin de combattre le communisme. Le Cambodge de Lon Nol rejoignait le camp américain.

Le Cambodge de Sihanouk, de son côté, lançait depuis Pékin un appel à la résistance en sollicitant l’aide de toutes les forces cambodgiennes hostiles au nouveau régime (patriotes, royalistes, communistes pro-Hanoi et communistes ultranationalistes) et des pays du camp socialiste, en particulier la Chine, le Nord-Vietnam, le FNL au Sud-Vietnam.

Très vite, les alliés respectifs des deux protagonistes cambodgiens interviennent sur le sol khmer. Et la guerre du Vietnam s’étend à l’ensemble du territoire cambodgien. La guerre va durer cinq ans. Elle fera entre 800.000 et un million de morts ; le pays sera complètement détruit atteignant le triste record de pays le plus bombardé au km² dans l’histoire de l’humanité. Elle se terminera par la victoire des communistes ultranationalistes de Pol Pot. On connaît la suite.

Aujourd’hui encore, il se trouve dans la diaspora cambodgienne, des gens pour défendre le coup d’Etat du 18 mars 1970 et nier qu’il soit à l’origine de la tragédie qui suivit. Mais posons un instant la double question : que ce serait-il passé si Sihanouk n’avait pas été renversé ? Que ce serait-il passé si tout avait été évité pour que la guerre du Vietnam ne s’étende pas davantage au territoire cambodgien que ce qui était subi ou toléré avant le 18 mars ?  Les Khmers rouges – les polpotistes – n’étaient rien en 1970.

On ne refait pas l’histoire, bien entendu. Mais il faut tenir compte de ses leçons si on ne veut pas la revivre.

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21 Jan 2009

Bilan et perspectives d’action, par Michel Collon

Le cessez-le-feu ne représente ni une victoire d’Israël, ni la paix, mais la préparation d’une nouvelle agression d’ici un, deux ou trois ans. D’où notre responsabilité pour tirer le bilan de ces trois semaines de souffrances. Et surtout : que pouvons-nous faire pour protéger les gens de Gaza, pour oeuvrer à une véritable paix, pour une information plus correcte de nos concitoyens ? Quelques réflexions rapides rédigées en urgence depuis Beyrouth où j’étais invité par le Forum Social Mondial en sa première session tenue dans le monde arabe…

Beyrouth, 19 janvier

1. Israël poursuit un plan à long terme

« Jusqu’à présent, j’étais partisan d’Israël à 100%, mais là, je me demande qu’est-ce que c’est pour un Etat ? »

– « Un Etat raciste qui veut agrandir son territoire »

– « Oui, à présent, je le crois bien »

Ce dialogue entre deux pères, entendu par un ami à la porte d’une école de Luxembourg, est typique. La cruauté de l’agression contre Gaza a ouvert les yeux de nombreuses personnes. Viser des femmes, des enfants, des hôpitaux, des ambulances, des écoles, de façon aussi répétée, ce ne sont pas des « bavures » ou des dérapages. Des faits semblables ont été commis en 1948, 1967, 1982, 1987-1993, 2000, 2006… En fait, Israël poursuit la réalisation d’un plan à long terme : agrandir son territoire jusqu’à l’ensemble de la Palestine, ce qui implique de terroriser la population et de la forcer à évacuer le territoire.

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25 Juil 2008

La frontière khméro-thaïlandaise et le Temple de Preah Vihear

La crise profonde que connaît la vie politique thaïlandaise depuis plusieurs années s’est accompagnée en septembre 2006 d’un coup d’État militaire. Lorsqu’un gouvernement civil succède au pouvoir de l’armée, celui-ci est l’objet d’une contestation croissante par une opposition à la fois parlementaire et extra-parlementaire. Des manifestations de grande ampleur sont organisées par une « Alliance pour la démocratie » pendant des mois. Cette crise de la société thaïlandaise a connu un tournant, lorsque le temple cambodgien de Preah Vihear a été inscrit sur la liste du Patrimoine Mondial de l’Humanité de l’UNESCO. Comme l’Histoire l’enseigne, le recours aux passions nationalistes est toujours une tentation lorsqu’un pays est extrêmement divisé.

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07 Juil 2008

C’est sous ce titre que 21 personnes, membres de la coordination des collectifs unitaires ou qui en sont proches, ont rédigé un document important. Ce texte, selon ses auteurs, a pour ambition de « contribuer à préciser des éléments d’analyse, et à faire s’affirmer une perspective. Il appelle à un débat qui permette d’élaborer une alternative politique de gauche, dans le respect des expériences et des parcours. » Il a une « fonction précise : rendre visible et lisible une attente largement partagée : cristalliser les volontés et les énergies qui ne se résignent pas à la loi du marché ». Il se veut « une incitation au débat, à la confrontation constructive des idées. »

On trouvera ce document sur le site de la coordination des collectifs unitaires : http://www.gauchealternative.org

Pierre Cours-Salies, un des auteurs de ce document, m’a demandé mon opinion. J’y trouve de très nombreux passages auxquels je peux souscrire sans la moindre difficulté. Mais il suscite également quelques réserves sérieuses.

Avant de formuler ces appréciations critiques, je voudrais, en ces temps incertains où le débat d’idées évolue trop souvent en  attaques personnelles, dire aux nombreux signataires de ce document, qui furent aussi des compagnons dans la campagne contre le TCE et dans la tentative de donner un prolongement politique à la démarche commune de la campagne référendaire, que mes réserves concernent ce document et non ses auteurs. Cela va sans dire, mais il me semble qu’il vaut mieux le dire.

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11 Mai 2007

 

Je remercie les organisateurs de cette rencontre de m’y avoir associé. C’est avec une émotion certaine que je m’exprime dans ce lieu de culture et d’échanges qui fut, il y a dix mois, la cible des bombes israéliennes et qui a été, signe du dynamisme du peuple libanais, remarquablement reconstruit en si peu de temps.

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